Le risque nucléaire

Japon, avril 2011, c’est le plus grave accident de l’histoire du nucléaire civil, après Tchernobyl !

Suite au séisme et au tsunami dévastateurs, les 6 réacteurs du site de Fukushima se sont arrêtés automatiquement. Sur le réacteur « Daiichi 1 », le système de refroidissement de secours ne s’est pas enclenché, provoquant une difficulté à refroidir le réacteur et une surpression majeure.

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Les  autorités japonaises ont fait évacuer une zone de 3km, puis de 10 km autour de la centrale et ordonnent maintenant le confinement dans une zone encore plus large… NB. la zone contaminée a atteint 50 km sous le vent dominant !

Une explosion s’est produite ensuite, entraînant l’effondrement du toit et des murs. Le réacteur 1 serait en fusion. Puis les réacteurs 2, 3 et 4 sont entrés en fusion et ont du être noyés à l’eau de mer ! Puis le hangar voisin, contenant les déchets nucléaires a pris feu !

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Le 15 mars, ce sont les réacteurs 5 et 6 (pourtant à l’arrêt au moment du séisme) qui montent en température ?! La radioactivité naturelle à Tokyo vient d’augmenter, cf. mesures du dossier joint …

En juin, AREVA (appelée en renfort) admettait que les enceintes de confinement étaient à présent percées et qu’une partie du coeur nucléaire en fusion s’était enfoncé en profondeur (on parle de 250 mètres ?!).

Cet accident illustre dramatiquement ce qu’il se passe quand les circuits de secours ne marchent pas, en cas de panne d’électricité par exemple. Ce n’est pas le séisme qui a engendré directement l’accident, mais un dysfonctionnement des circuits de refroidissement de secours.

Un mois après la catastrophe nucléaire de Fukushima, les yeux du monde se sont tournés le matin du 8 avril vers la centrale nucléaire d’Onagawa. Après une réplique de tremblement de terre (échelle 7), de l’eau s’est échappée des piscines de stockage de combustibles usagés dans les réacteurs 1 et 2 de la centrale !

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La catastrophe a été réévaluée au niveau 6 ou 7 (sur une échelle de 7), sans doute un cran au dessous de Tchernobyl, car les rejets sont estimés (pour le moment) à 10% de l’explosion ukrénienne. 

Le Japon était pourtant un pays extrêmement bien préparé au risque sismique et nucléaire, mais l’accident majeur qui le frappe aujourd’hui nous rappelle qu’il est impossible de garantir un risque zéro. Dans cette optique, il faut souligner la gravité du manquement à la sûreté (défaillances des groupes électrogènes de secours) sur les 34 réacteurs français pour lesquels l’ASN a déclaré le 7 février un incident avec cette phrase particulièrement inquiétante : « En situation accidentelle, pour certaines tailles de brèche du circuit primaire principal, l’injection de sécurité à haute pression pourrait ne pas permettre de refroidir suffisamment le cœur du réacteur » ?!

 

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Rappel : il existe plusieurs unités de radioactivité :

Le becquerel est l’unité dérivée du Système international (ancienne unité = le Curie) pour quantifier l’activité d’un radionucléide et correspond à une désintégration par seconde, au sein d’une certaine quantité de matière.  

Le gray, dans le Système international, est l’unité d’énergie de radiation absorbée par un milieu homogène d’une masse d’un kilogramme lorsqu’il est exposé à un rayonnement ionisant apportant une énergie d’un joule (chaleur dégagée dans les tissus), 1 Gy = 1 J/kg. Le gray est 100 fois plus grand que l’ancienne unité, le Rad, qu’il a remplacé en 1986, 1 Gy = 100 rad. 

Quand il s’agit d’apprécier les effets biologiques d’une dose, on utilise le Sievert, de même dimension. L’irradiation naturelle en Europe de l’ouest est de 2,4 milliSievert par an.

En Europe, dans un premier temps, les doses d’irradiation secondaire à cette série d’accident resteront minimes … donc, pas de précautions particulières à prendre. Mais il est bon de rappeler les mesures à prendre en cas d’accident nucléaire plus proche ou/et plus important.

Conseils aux populations exposés, car les problèmes se succèdent dans le temps :

1 –    A proximité du réacteur = exposition directe, fortes doses : irradiation directe cutanéo-muqueuse (comme un violent « coup de soleil »), les formes graves affectent la moelle osseuse (risque d’infection – on les traite par greffe de moelle si sévère) et les plus graves débutent des troubles digestifs (effet toxique, mortel le plus souvent)

2 –    Lors du passage du nuage = exposition indirecte : contamination. Ce risque est très dépendant de la météo (direction et force des vents, pluies). Si possible, durant le passage du nuage, se calfeutrer, ne respirer que de l’air filtré (à défaut un masque en papier ou en tissu peut faire l’affaire – particules), ne boire que de l’eau en bouteille et des aliments en conserves Il faut savoir que c’est l’ingestion ++ ou la respiration de particules (isotopes instables) qui après irradient 24h/24, dans votre corps même !

Si vous êtes dehors, changez-vous et douchez-vous (comme pour une contamination chimique). Si vous être calfeutré dans une pièce au rez-de chaussé, votre risque de contamination est réduit d’un facteur 30. Si vous êtes dans un abri (comme il en existe tant en Suisse), votre risque de contamination est réduit d’un facteur 100.

Si vous pensez avoir été exposé, il ne faudra pas hésiter à se faire controler dans un service spécialisé (par exemple les services de médecine nucléaire des CHU) pour le calcul de la dose réelle reçue.

3 –       La contamination des sols par la radioactivité déposée = celle-ci sera concentrée par les salades, les champignons, le lait et la viande bovine, l’eau des nappes phréatiques … autant de dommages environnementaux dont il faudra se prémunir par l’achat d’un mini-compteur Geiger(environ 300 euros sur internet), pour le contrôle des ingestats durant les mois/années qui suivent.

4 – L’irradiation médicale est aussi à prendre en compte, pour le calcul des doses cumulées : une mammographie = 1 milli Sievert, un scanner thoracique = 10 milli Sieverts. A partir de 100 milliSieverts, on observe une augmentation des cancers radio-induits.

 

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En période d’exposition, nous conseillons toujours :

  1. CHITOSAN (chélateur digestif) … 2 comprimes aux trois repas
  2. SPIRULINE (chélateur urinaire) … 1 comprimes aux trois repas
  3. IODE (pondéral – protecteur hormonal) … sous forme de Bétadine, de LUGOL ou à défaut de Teinture d’Iode (1 goutte/Kg et par jour ) 
  4. Antioxydants (capteurs d’ions H+) … selon substances et dosages
  5. Dans leur ouvrage « The book of miso », William Shurtleff et Akiko Aoyagi mentionnent que le miso a été longuement étudié par les médecins et chercheurs japonais dans les années qui suivirent l’explosion d’une bombe atomique à Nagasaki. Le Dr Akisuki constata que le personnel de son hôpital ne souffrait pas des suites de la radioactivité. Il attribua ce fait à la consommation régulière de soupe au miso, que faisait le personnel. En 1972 plusieurs scientifiques japonais entreprirent des recherches permettant la découverte d’une substance appelée zybicoline, ayant la capacité d’attirer, absorber et éliminer de l’organisme les éléments radioactifs comme le strontium. 

Après l’irradiation : le GK/GB (extrait de Gingko) et le RNX (ARN ou Real Build – produits expérimentés par M. Beljanski, chez les patients en radiothérapie) sont intéressants pour limiter les effets clastogènes sur les noyaux cellulaires.

Après encore, cela va dépendre des ions relâchés … qui peuvent être différents selon le type d’accident nucléaire. On trouvera toujours néanmoins : CESIUM, STRONTIUM et PLUTONIUM (que l’on peut espérer faire chélater – en partie – avec des doses croissantes, ex. : 9, 12, 15 CH) 

Le premier symptôme biologique d’irradiation à repérer est la baisse des globules blancsA traiter par ARSENICUM ALBUM (haute dilution, une fois) et CHINA (basse dilution répété). 

Puis on peut utiliser des remèdes comme : CAUSTICUM (raideurs et fibrose post radique), NATRUM OXALACETICUM, VERATRUM ALBUM … selon les symptômes dominants. 

En convalescence, on pourra utiliser PULSATILLA ou SULFUR (détoxication et relance métabolique).

Le bêtisier politique : Henri Guaino (conseiller spécial du président Nicolas Sarkozy, à présent ministre de l’intérieur) a dit : « L’accident nucléaire au Japon pourrait favoriser Areva (fabriquant français de réacteurs) dont la sécurité est une marque de fabrique» ?!

Que vont faire les japonais à présent ?

1/ La première étape serait de creuser une tranchée autour des trois réacteurs endommagés. D’une profondeur allant jusqu’au lit rocheux situé à environ 15 mètres de profondeur, cette tranchée serait remplie de zéolithe afin d’absorber le césium radioactif (demi-vie = 30 ans). Puis un « sarcophage » sera construit, un peu à la manière de Tchernobyl.

2/ « Les chercheurs vont lancer une étude épidémiologique parmi les plus ambitieuses jamais menées sur les effets des radiations à faibles doses. La population ciblée comprend tous les résidents de la  préfecture de Fukushima, soit plus de 2 millions de personnes». Et cette étude va durer (au moins) trente ans. De surcroît « tous les 380 000 jeunes de moins de 18 ans recevront un examen de la thyroïde ». On sait en effet que l’iode radioactif émis par la centrale, puis inhalé, a pu aller se fixer sur cette glande, et entraîner une irradiation pouvant provoquer, à terme, le développement d’un cancer. Notre confrère précise par ailleurs que le plan a été dévoilé, « par la préfecture de Fukushima le 24 juillet » lors d’une réunion spéciale. Sachant que le 25 juillet, au niveau national, a été annoncée l’attribution d’un budget de 1,2 milliard de dollars pour la santé publique et des études à long terme.  

NB. Vous pouvez aussi agir préventivement en militant au sein d’un mouvement écologiste, pour le développement des recherches sur les énergies renouvelables (la géothermie ou le photovoltaïque par exemple) : « être actifs aujourd’hui pour ne pas être radioactifs demain » ?!

 

A propos de l'auteur
Jean Yves Henry
Médecin généraliste, homéopathe et acupuncteur. Auteur d'une dizaine d'ouvrages, il coordonne l'enseignement de confrères de toutes spécialités pour promouvoir l'aspect intégré de ce télé-enseignement médical et para-médical.