Aconit napelus

 

 alt   Aconit napelus 

Aconit napelus (Renonculacée haute – jusqu’à 1,50m – des prairies humides de montagne, comme Pulsatilla), vulgairement appelé « Casque de Jupiter », est la plante la plus toxique d’Europe (3 grammes de racines fraiches peuvent entraîner la mort) ! Le seul fait de la cueillir peut provoquer des démangeaisons et des cloques des mains. Son alcaloïde est un narcotique violent, utilisé au moyen-âge pour empoisonner la viande dont on appâtait les loups, d’où l’origine du nom : Aconit « tue-loup ». Il provoque du refroidissement (sphère circulatoire), puis de l’angoisse avec irritabilité sur des manifestations parétiques.

C’est un remède du groupe du Soufre en homéopathie diathésique.

Causalité : Prise de conscience de sa mortalité à l’occasion d’une attaque de froid ou de peur. Le froid et la peur dépendent du REIN en acupuncture : symptômes d’attaque de l’élément EAU (Rein)

  • –> sécheresse de l’élément BOIS (Foie) qui risque de s’enflammer,
  • –> le FEU (Cœur / Shen) n’est plus contrôlé.

Aconit a été le médicament qui a permis aux homéopathes du siècle dernier de traiter les états congestifs vasculaires qui se terminait autrefois par une saignée.

Problématique : Cet homme qui court tout le temps, est-ce un homme en fuite ou quelqu’un qui désire arriver quelque part ? Sa précipitation vient de sa conscience que la mort approche : maintenant sentant que le secret de la vie lui échappe, il n’a que la certitude de la mort … Il sait que sa vie est précaire … la mort annihile tout ce qu’il est et fait. Cet hyperactif, organisé et prévoyant, panique devant une situation qu’il ne maîtrise pas, il ne supporte pas de pas pouvoir faire quelque chose, l’attente de la mort est insupportable… et il perd tous ses moyens !

Key note : Soif ++, mais tout parait amer à Aconit, sauf l’eau.

Psyché de l’adulte : L’attaque de panique avec peur soudaine de la mort.

Angoisse irraisonnée, grande excitabilité nerveuse avec agitation (parfois intense) et appel au secours. Peur au milieu de la foule, dans les premiers bancs d’une église…. Ces craintes perpétuelles rendront sa vie misérable. Accès brutaux, soudains, violents, le soir : le coup de fil affolé à 23 heures … « Docteur, venez vite… je vais mourir ! ». Peur immense de cesser d’exister (il existe, mais il « n’est » pas !) : sensibilité pour tout ce qui symbolise une menace pour la vie. Il a la sensation de n’avoir pas assez de force pour supporter la réalité de sa condition. Il vit une certaine réalité particulière, celle de la Psore… Aconit vit ses sensations : il vit avec une intensité paroxystique ses états d’âme. La sensation du passage entre la vie et la mort est particulièrement vive.

« Les individus pléthoriques, quand ils prennent froid, s’abattent violemment. Ce sont ces patients pléthoriques, vigoureux, ceux qui ont un cœur solide, un cerveau actif, une bonne circulation, qui tombent malades subitement après une exposition intense au froid, qui ont besoin d’Aconit » (J.T. Kent).

Ainsi, entièrement porté vers l’action, gai, entreprenant, agité, exalté, parlant beaucoup…, il a compensé un « manque d’ETRE » par un « surplus d’AVOIR ». N’ayant pas d’espérance, donc pas de devenir (immortalité ?), il masque l’angoisse de sa mortalité par une activité jouissive (même le travail peut-être une jouissance !) …. La sidération de l’attaque de peur ou de froid (Rein), solution de continuité, le déstabilise (= retour à la case départ, car voie sans issue), entraîne une prise de conscience, l’oblige à chercher un nouvel équilibre (vertical ?) ® grande activité de l’esprit, parfois il est presque rationnel, parfois il divague (Hering), humeur variable, un moment gai, un moment découragé, « comme s’il était parfaitement conscient…, la bouche fermée sans pouvoir parler » (Allen).

La lourdeur de la Psore l’a conduit à vivre sans ces intérêts qui amènent à structurer un « Soi » accompli : il a raté le passage de la porte des hommes !

Psyché de l’enfant : Enfant avec une joue rouge et l’autre pâle (= Chamomilla). Il ne veut être ni touché, ni couvert. Ne l’oubliez pas chez le petit enfant qui est réveillé vers minuit par des douleurs inexpliquées, avec peur et agitation.

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Soma : Tableaux cliniques, fébriles ou non, apparus brutalement, avec angoisse extrême.

1 ) les spasmes et congestion avec agitation nerveuse et la peur de mourir « sur le coup ». Les douleurs sont intolérables, quel que soit le lieu d’élection :

  • la colique violente, qu’aucune position ne soulage (dans le contexte psychique, bien sûr),
  • les sciatalgies brutales (Gnaphalium, Colocynthis …),
  • la névralgie faciale « a frigore »,
  • les laryngites (Spongia, Sambucus…) ou otalgies,
  • pendant l’accouchement : la peur de mourir,
  • les céphalées, lors d’une insolation, d’un glaucome aigu…,
  • la poussée aiguë d’HTA avec palpitations ou tachycardie paroxystique, avec pouls dur et tendu,
  • la menace d’accident vasculaire cérébral
  • la crise d’angor coronarien, aggravée par le froid,
  • l’aménorrhée après une peur ou un coup de froid sec.

Aconit

2 ) le brutal accès de fièvre, après coup de froid sec (ou refroidissement), sans transpiration, mais avec soif intense. La peau est sèche et chaude, le visage brûlant … NB. l’apparition de la transpiration signe l’amélioration et contre-indique le remède !

Aggravé par :

  • les émotions violentes : traumatisme, peur ou vexation
  • les refroidissements : air froid et sec (surtout pendant la transpiration)
  • le contact et la pression locale
  • le bruit, la lumière
  • la nuit (allongé au lit, sur le côté)
  • pendant les règles.

Amélioré par :

  • le grand air
  • le repos
  • la transpiration

NB. Végétal hautement toxique, toutes les parties sont empoisonnées, surtout les racines. Les symptômes débutent 1/4 d’heure après l’ingestion (fourmillements, sueurs, frissons …) : à n’utiliser qu’en haute dilution (c’est à dire > à 12 CH ou 200K) !

 

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ACONITUM NAPELLUS essence spagyrique : Favorise l’ouverture de conscience en nous mettant face à nous-même « La réalité au-delà du voile ». Action rapide: retrouver la bonne direction, en équilibrant les polarités qui nous ont leurrés par le passé. Ouverture d’une porte qui s’ouvre sur le chemin du milieu, l’équilibre. « Dynamique de guérison globale ». Délivrant des chocs du passé, nous libère des peurs, relance la stabilité et permet d’apprivoiser l’inconnu.

A propos de l'auteur
Jean Yves Henry
Médecin généraliste, homéopathe et acupuncteur. Auteur d'une dizaine d'ouvrages, il coordonne l'enseignement de confrères de toutes spécialités pour promouvoir l'aspect intégré de ce télé-enseignement médical et para-médical.