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Les voyages « outremers »…

 

Favorisés par la facilité du transport, la mondialisation d’images magnifiques et le goût pour l’exotisme, nous sommes tous tentés d’expérimenter les plages et les montagnes lointaines, la forêt tropicale ou les déserts que nous vantent les romans et reportages télévisés.

Or, il faut savoir qu’il existe un « gradient parasitaire » : les climats « humidité + chaleur » sont favorables à une infestation parasitaire. Les populations qui vivent depuis des millénaires sous cette pression parasitaire ont sélectionné les sujets les plus résistants (les hyper-immuns), les autres disparaissant rapidement de maladies endémiques.

Ces dernières décennies, depuis que le monde bénéficie de transports aériens rapides, nous avons observé l’explosion des maladies parasitaires, celles-ci trouvant dans les populations de touristes des loges écologiques où il faisait bon se développer. On citait même l’an dernier une vingtaine de cas de paludisme d’importation (via des moustiques passagers clandestins) autour des aéroports parisiens ! Sans être alarmiste, il faut prendre en compte les nombreux facteurs spécifiques à votre problème … 

1/ Vaccinations avant le départ : le moins possible et surtout en fonction des risques réels (se renseigner si vous connaissez quelqu’un sur place – l’OMS et l’institut Pasteur vous conseilleront toujours une gamme de vaccin impressionnante !). S’y prendre à l’avance : les voyageurs polyvaccinés juste avant le départ sont ceux qui présenteront les cibles les plus faciles (une injection au plus tard 10 jours avant le séjour)…

a/ deux vaccins nous paraissent utiles : le Tétanos (si votre vaccination est ancienne, faire un dosage des anticorps spécifiques et une injection de rappel si nécessaire) et la Fièvre jaune dans les pays d’endémie (attention, si certaines régions sont affectées, le reste du territoire peut être sûr, ex. : l’embouchure de l’Amazone, pour le reste du Brésil, c’est inutile).

b/ d’autres vaccins peuvent vous être proposés, ex. : les Hépatites A+B (Twinrisk). Or, l’Europe est un pays d’endémie pour l’hépatite A (il n’y a donc pas plus de « chances » de l’attraper que chez vous), et pour l’hépatite B, si vous n’avez pas l’intension d’échanger des seringues ou de risquer des rapports non protégés, je ne vois pas très bien l’intérêt. La double vaccination : Diphtérique et Polio (DTP) peut être proposée, mais rares sont à présent les zones affectées. La Typhoïde (Typhym) est encore endémique dans quelques pays d’Asie et d’Afrique. 

2/ Les précautions à prendre :

a/ durant le voyage : respectez les rythmes, évitez de trop manger et boire de l’alcool (ou des boissons glacées) dans l’avion (même si c’est gratuit – principale cause d’indigestion à l’arrivée). Le voyage est-il long ? … risque de thrombose veineuse : télécharger la brochure ci-dessous afin d’évaluer votre risque et les précautions à prendre.

Dès votre arrivée, méfiez-vous des climatiseurs (ne les réglez pas trop froid). Prendre volontiers 48 heures à l’arrivée pour se reposer (si décalage horaire) : il faut mieux faire moins de choses et revenir en forme. 

b/ les moustiques : vecteurs de nombreuses maladies (paludisme, fièvre jaune, dengue, chikungunya …). Le paludisme est un véritable fléau, car largement répandu, il n’épargne personne et il en existe des formes mortelles. Il n’existe pas de vaccin et les traitements varient selon les zones (formes résistantes variables) :

  1. Zone 1 : Brésil, Mexique, Chine … Nivaquine
  2. Zone 2 : Afrique sub-saharienne, Inde, Indonésie … Lariam
  3. Zone 3 : Afrique, Indochine et Malaisie … Savarine

Symptômes : sorte de grippe = fièvre, tremblements, vomissements, diarrhées … Le jour, sortez couverts, avec protection vêtements et peau (voir plus loin), la nuit, utilisez une moustiquaire. La prise d’un traitement chimique prophylactique (voir ci-dessus) n’est pas sans effets secondaires et n’est plus conseillée à présent par l’OMS. 

Nous disposons à présent d’un antipaludéen naturel, avec peu d’effets secondaires : ARTEMISIA ANNUA disponibles en gélules chez différents laboratoires. Traitement préventif 2 gélules (soit 14 mg)/jour avec un peu d’eau, 24 heures avant le voyage, durant tout le séjour et encore 21 jours après le retour. Traitement curatif : 3 gélules 4 fois par jour pendant 6 jours – l’amélioration doit être constatée en 48 heures.

c/ les parasites de contact : évitez de marcher pieds nus, de vous baigner hors des piscines ou de la mer (bilharziose), dans certains pays, c’est dangereux (ex. méduses empoisonnées en Australie). 

d/ l’eau de boisson, les crudités et les aliments souillés (bacilles, flagellés, vers et amibes) : ne buvez que de l’eau bouillie (d’où la large usage du thé dans de nombreux pays tropicaux) ou en bouteilles sellées. Les légumes seront lavés et cuits, les fruits épluchés ou lavés à l’eau bouillie (il existe des comprimés stérilisant l’eau pour les trekkeurs : Micropur ou Hydroclonazone). 

e/ dans certaines zones, certains poissons ne sont pas consommés, car concentrant une algue neurotoxique (exemple la « Ciguatéra » des caranques, dans les iles du nord des Antilles). Evitez aussi les laitages et beurres non pasteurisés, ne mangez que des viandes bien cuites. 

f/ évitez de jouer avec les chiens, chats et animaux sauvages (même s’ils paraissent inoffensifs) : le rage est encore d’actualité dans de nombreux pays. Si vous êtes mordu par un rat ou une chauve-souris, allez consulter. Ne ramenez en aucun cas d’animaux exotiques !

3/ la trousse d’urgence : Si vous partez loin de tout (bateau, raid auto …), prenez une trousse d’urgence (type Pharmadose® : produits désinfectants, pansements stériles, ciseaux, bandes Nilex®…), qui comporte le matériel essentiel pour gérer les blessures, les infections cutanées (le moindre petit bouton peut dégénérer rapidement), la fièvre, les infections oculaires ou ORL. Si vous êtes proche d’une grande ville, ne vous encombrez que de peu de choses, les soins d’urgence et les traitements adaptés sont disponibles sur place. Emportez néanmoins :

  1. Un peu d’argile verte (ex. Smecta®) pour les épisodes diarrhéiques
  2. Une moustiquaire imprégnée d’insecticide
  3. Des produits protecteurs (ex.: kit Moustifuide®, Insect-écran, Pickout …)
  4. Quelques tubes homéo : Arnica (traumatisme), Belladonna (coup de soleil, fièvre), Ledum paluste (piqûres d’insectes) …
  5. Attention aussi à la déshydratation et au coup de chaleur … boire suffisamment, porter des vêtements clairs et couvrants ! 

4/ vos rapports avec les populations locales :

–         Interrogez dès votre arrivée des risques réels, car il y a souvent un fort décalage avec ce qu’annonce les agences internationales, qui tiennent peu compte des saisons (pluie ou sèche) et des particularités locales (altitude, marais …). Il existe souvent des traitements naturels (préventifs et curatifs) locaux de ces risques : intéressez-vous, cela vous rendra sympathique et ce peut être fort utile ! Consultez un médecin sur place dès que vous avez un doute : il a plus l’habitude des pathologies locales que la plupart de nos spécialistes européens !

–         Respectez les us et coutumes : pas de bikini pour madame, d’alcool pour monsieur, dans les pays musulmans, ne maltraitez pas les vaches en Inde … Pas de bijoux et peu d’argent sur vous : ne tentez pas le diable, car un bijou vaut là-bas une ou deux années de salaire ! Si vous négociez un achat (c’est une sorte de jeu dans de nombreux pays), ne soyez pas trop dur en affaires : votre interlocuteur se donne souvent beaucoup de mal pour survivre avec son petit négoce. Evitez de vous laisser tenter par les contrefaçons (vu de belles « Rolex » à 15 $ en Indonésie) : outre qu’elles ne fonctionneront guère plus d’un mois, vous aurez de graves ennuis à la douane au retour !

Bon voyage  …

A propos de l'auteur
Jean Yves Henry
Médecin généraliste, homéopathe et acupuncteur. Auteur d'une dizaine d'ouvrages, il coordonne l'enseignement de confrères de toutes spécialités pour promouvoir l'aspect intégré de ce télé-enseignement médical et para-médical.