Anémie

 

   L’ANEMIE

Le tableau de l’anémie est celui d’une hypoxie tissulaire périphérique par insuffisance du nombre des globules rouges ou par une teneur en hémoglobine trop faible. Le niveau de l’atteinte est variable : 

  1. au dessous de 3,5 m./ml = anémie modérée,
  2. au-dessous de 2,5 m./ml = anémie grave avec hypoxie tissulaire qui peut aller jusqu’à l’infarctus du myocarde.

Tous ces patients sont frileux. Les causes sont multiples 

Pour faire un diagnostic de la cause de celle-ci, nous aurons besoin du volume globulaire, de la concentration en Hb et du nombre de réticulocytes (examens classiquement demandés) :

* Normocytaires régénératives : par spoliation de sang (les réticulocytes sont élevés). Fréquentes chez la femme : l’interroger sur ses règles (trop abondantes, trop longues, trop fréquentes). Considérez tout autre type de saignement tel qu’hémorroïdes, hématémèse, méléna… On demande alors un « hémocult » (recherche de sang dans les selles). 

* Microcytaires et hypochromes (le VGM est bas, inférieur à 80) :

  1. Saignement chronique (physiologique – règles ou pathologique – digestif ?), c’est l’étiologie la plus fréquente  
  2. La carence d’apport en fer (ex.: sujets végétariens, nourrissons et femmes enceintes, gastrectomisés, maladie de Crohn …) : ferritine diminuée, augmentation de la transferrine et de sa CTF, diminution de son CSF, puisqu’elle transporte une moindre quantité de fer et, à plus long terme, une diminution du fer sérique
  3. Maladie génétique de la globine : la Thalassémie (à confirmer par une électrophorèse de l’hémoglobine), ou de l’hème : l’anémie sidéroblastique
  4. Si par trouble de la forme des GR = la Drépanocytose (GR en forme d’une faucille). Maladie génétique s’étant développé en Afrique (car les patients porteurs de cette tare sont moins sensibles au paludisme).
  5. Anémie inflammatoire : ferritine mormale ou augmentée et marqueurs inflammatoires élevés. D’étiologies multiples : LED, polyarthrite, néoplasique, tuberculeuse …)
  6. Si anémie du nourrisson et du jeune enfant, pensez à une maladie Minkowski-Chauffard (sphérocytose avec splénomégalie).
  7. Autres causes rares : le saturnisme (dosage de la plombémie) et la carence en vitamine B6 (nourrisson, alcooliques ou tuberculeux).

* Macrocytaires arégénératives (le VGM est élevé):

  • — Recherchez un alcoolisme chronique, une insuffisance rénale ou une chimiothérapie
  • — Ce défaut de fabrication des GR oriente aussi vers une maladie de la moelle osseuse, ou une maladie de carence de la synthèse de l’Hémoglobine (vit. B1 et B9). 
  • — C’est aussi le cas de la Maladie de Biermer (ou « anémie pernicieuse »): auto-immunité gastrique qui induit une carence en Vit B12.  
  • Demandez un myélogramme si une autre lignée sanguine est affectée (leucémie ?).

 

Le cas des enfants d’origine africaine est particulier : le paludisme, l’ankylostomiase, la drépanocytose, les carences en fer et en vit. A et B12 ou en folates, sont à rechercher en priorité.

Les principaux parasites causant la perte de sang chez l’homme et menant à l’anémie par carence en fer directe sont les infections de vers communs. Il s’agit notamment de l’ankylostome (Necator americanus et Ancylostoma duodenale), infection de trichures (Trichuris trichiura) et la schistosomiase (Schistosoma mansoni, S. haematobium et S. japonicum).

En Europe, ce sont la Thalassémie (voir chapitre spécifique) et l’Ellipsocytose qui se rencontrent parfois.

 

L’elliptocytose est une affection hématologique rare caractérisée par des anomalies du cytosquelette des hématies qui prennent une forme d’ellipse. Il s’agit d’une maladie génétique à transmission autosomique dominante et résulte d’une mutation des gènes de protéines constituant le cytosquelette des hématies.Les manifestations sont très disparates jusqu’à l’anémie hémolytique. Le diagnostic repose sur l’examen du frottis sanguin qui contient plus de 15 % d’elliptocytes (hématies en ellipse). Une splénectomie est nécessaire dans les formes graves.

 

Traitement homéopathique :

Anémie légère : cas fréquent chez les femmes (à cause des règles)

  • Ferrum metal. … anémie ferriprive (saignement menstruel trop abondant ou prolongé, prise d’aspirine ?). Soigner d’abord le foie puis supplémenter par la viande rouge et le boudin noir ++ (Spiruline si végétarienne)
  • Ferrum picricum … anémie des cancers
  • Natrum muriaticum … dans un contexte de déshydratation (post corticothérapie ?) et les remèdes du groupe des sodiums : Borax, Cyclamen, Natrum carb. …
  • Silicea … l’anémie des parasitoses chroniques.

Anémie grave : l’atteinte du foie et/ou de la rate est parfois manifeste

  • Arsenicum alb. // China (as) … intoxication, anémie pernicieuse par lyse globulaire (paludisme…)
  • Kalium carb. … anémiques gras
  • ou Kalium phosphoricum … hypotension // tous les tonicardiaques : Strophantus
  • Manganum … anémie hémoglobinique
  • Mercurius et Plumbum … anémie des néphrites chroniques (cf. la toxicité des métaux lourds)

NB. Si la patiente est « témoin de jéhova » et refuse la transfusion, on peut envisager des injections d’EPO

Séquestration sanguine sans hémorragie : Ceanothus americanus (as) … remède spécifique de la rate.

Agranulocytose (BNS indispensable) : « Gallium-heel » / « Molybdan comp. » / « Tonsilla comp. » (complexes du lab. Heel)

NB. Si vous souhaitez réaliser un BNS12 ou 24, cliquez sur ce lien : www.mybiobox.com

Nosodes (si chronicité) :

  • Medorrhinum … la Sycose est anémiante = vide de sang !
  • Spengler … nosode du tuberculinique anémié
  • Tuberculinum bovinum … amaigrissement rapide // fièvre … leucémie ?

Phytothérapie :

  • Gentiana lutea 1 DH … anémie à agglutimines froides
  • Equisetum arvense 1 DH … hémostatique et reminéralisante : fer, soufre et silice

Anthroposophie (si anémie hypochrome) : « Anémodoron » = Fragaria vesca + Urtica dioica + Mel

Organothérapie / Sérothérapie:

  1. Foie … « thésorise le sang » en MTC
  2. Rate … spoliation sanguine : « assure l’étanchéité des vaisseaux »
  3. Estomac … si anémie de Biemer
  4. Moelle osseuse (cellules souches) et Rein (EPO)
  5. Myocarde … hypotension

Lithothérapie :

  • Anémie hypochrome : Hématite D8 3 amp. / semaine
  • avec leucopénie : Monazite D8 3 amp. / semaine.

http://www.2bib.ch/hemato/hemato-fra.pdf

Cas clinique : Mademoiselle M … âgée de 19 ans, est étudiante en première année d’ostéopathie. Elle m’est présentée après une troisième consultation au dispensaire de l’école, alors que je passais y faire un cours de séméiologie :

  1. la première fois, elle se plaignait d’une douleur lombo-sciatique droite, irradiant au genou,
  2. la seconde fois, quinze jours plus tard, malgré un traitement structurel, semblait-il bien conduit, la douleur s’était étendue à la cheville,
  3. la troisième fois, une semaine après, la gène s’étendait de la fesse droite à l’omoplate et au rachis cervical. Les étudiants en fin d’études qui l’avaient prise en charge en étaient désespérés …  

La patiente interrogée me dit qu’elle a souffert à l’âge de 5 ans d’un « purpura rhumatoïde » (maladie auto-immune – c’est à dire maladie de phase 5) traité aux corticoïdes pendant une année environ. Actuellement, elle est fatiguée, frileuse, émotive (conflit en cours avec son père). Elle se plaint en outre de crampes et de remontées acides (pyrosis). Ses règles sont pâles et peu abondantes. 

Le cas semble clair : il s’agit d’une INSUFFISANCE de SANG du FOIE

Cause probable = perturbation ancienne de la fonction rénale (la corticothérapie) ayant induit (« le Rein nourrit le Foie« ) une anémie (le Foie « thésaurise le sang« ),

Manifestations = syndrome spastique sur l’ensemble de la chaîne tendino-musculaire droite (« le Foie gère les émotions et le tendino-musculaire « ), car elle est de plus débordé par un problème émotionnel. Les précédentes manipulations (qui apportent du mouvement – yang) n’ont pu qu’aggraver le cas (état de plénitude de yang apparent du pôle Foie). Le pyrosis est une manifestation secondaire de cette plénitude au niveau hépato-vésiculaire : « le Bois (Foie) soulève la Terre (Estomac)  » dit-on en MTC. 

L’examen clinique met en effet en évidence une zone hépato-vésiculaire extrêmement sensible. La conduite à tenir d’urgence sera double :

  1.  disperser cette plénitude = faire parler la patiente de son actuel conflit (c’est à dire évacuer le trop plein d’émotions par la parole). Pour l’aider, un remède comme Actea racemosa 30 CH me semble indiqué,
  2. nourrir la structure déficiente sous-jacente = apporter du Fer en pondéral (boudin noir ou/et viandes rouges par exemple), or elle était justement végétarienne !

On pourra aussi lui prescrire des sels de Schüssler : Magnesia phosphorica + Ferrum phosphoricum + Silicea 6 DH par exemple. Le BNS devra être proposé, car il faut faire le point des séquelles actuelles de sa grave affection de l’enfance. Un traitement ostéopathique viscéral sera proposé dans un deuxième temps.  

A noter que la latéralité droite est souvent lié à une dysfonction hépato-vésiculaire, alors que la latéralité gauche est plutôt corrélée avec un problème rénal ou surrénalien.

 

A propos de l'auteur
Jean Yves Henry
Médecin généraliste, homéopathe et acupuncteur. Auteur d'une dizaine d'ouvrages, il coordonne l'enseignement de confrères de toutes spécialités pour promouvoir l'aspect intégré de ce télé-enseignement médical et para-médical.