Angor et Infarctus

   Angine de poitrine et infarctus

Après bien des discussions sur les troubles de vascularisation du muscle myocardique impliqués dans l’angor, les chercheurs mettent à présent en avant les troubles de la synthèse de l’ATP (plus que l’hypoxie locale !). Celle-ci utilise la voie de l’oxydation du glucose et la voie de la bêtaoxydation des acides gras productrice d’ions lactate (H+) qui entraîne une acidose intra-cytoplasmique avec douleur. Les remèdes favorisant le shift acides gras -> glucose vont avoir un effet anti-angoreux métabolique, sans effet hémodynamique.

Le « syndrome d’obstruction douloureuse de la poitrine » est une entité clinique de la MTC, où la douleur s’associe avec une sensation d’oppression, des irradiations dans le dos, les membres supérieurs et les hypochondres, une toux, une cyanose … recouvre des diagnostics occidentaux bien différents (angor : syndrome douloureux thoracique caractérisant l’ischémie myocardique, infarctus, péricardite, embolie pulmonaire …). Les causes internes sont les « sept émotions » et les désirs excessifs qui « agitent le Feu du Cœur » et affectent les Poumons, d’où une stagnation du Qi, sur une insuffisance de Yang de Rein (âge), de Cœur ou de Rate … La manifestation est un Froid, une stase de Sang et les Glaires s’accumulent … Traitement : faire circuler (Yang et Qi) le Sang = éliminer les stases. Points clefs en acupuncture : 6 MC 17 JM 3 F 40 Est. et 13/14/15 et 18 Vessie.

De nombreuses plantes et sels du BNS ont une puissante action à ce niveau : Arnica montana (hg) avec courbatures, Asa foetida (au) angor digestif, Cornus sanguinea (as) anticoagulante, Crataegus oxyacantha (ge) avec angoisses, Cuprum muriaticum (cu) les spasmes, Iberis amara (na) sur troubles du rythme, Natrum oxalicum (ac) angor des urémiques, Populus tremula (al) avec artérite des membres inférieurs, Viscum album (pb) sur HTA…

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* Formes névralgiques : hyper-réflectivité de fond, le cœur est l’organe cible de l’angoisse. Exemple : « Sensation de main de fer qui serre le cœur » (Kent) = Cactus, Lilium, Iodum, Lachesis …

1) Elément névrotique (évaluer le contenu narcissique du symptôme exprimé) :

  • Ambra grisea (na) … précordialgies et paresthésies
  • Arsenicum album … digestif intériorisé, incapable de se détendre
  • Asa foetida (au) … « cela remonte »
  • Ignatia amara (na) … une telle boule dans la gorge qu’elle s’en étouffe!
  • Lilium tigrinum (mg) … sur fond de problème utéro-ovarien (bearing-down)
  • Moschus (cu) … « en rajoute », puis ne peut plus s’arrêter (angor hystérique) !
  • Tarentula hispanica (ge) … s’agite sans cesse.

2) Elément spasmodique :

  • Actea racemosa (s) … sur fond de névralgies cervico-brachiales
  • Argentum nitricum … troubles gastriques avec aérophagie.
  • Les cuivres : Cuprum et Spigelia (cu) … palpitations, polyurie, irradiation au bras gauche.
  • Les plombs : Agaricus (le LSD !) et Secale cornutum (la DHE !).

3) Elément d’intoxication : Coffea (s), Nux vomica (si éthyl), Tabacum (am) …

4) Elément vasculaire inflammatoire (avec CRP élevée ?) :

  • Aconitum (s) … douleur – angoisse – agitation, crise cardiaque typique des sujets Sulfur … congestif, ou Nux vom. (s) … spasmé.
  • Glonoïum (s) … congestif (bouffées de chaleur de la ménopause ?), angoisse et sensation d’éclatement.
  • Aurum ou Natrum sulf….mélancolique – suicidaire ?
  • Arnica montana (hg) … tachycardie au moindre effort (insuffisance ventriculaire gauche).
  • Iodum et Spongia (io) … sur dysthyroïdie
  • Oxalicum acid. (ac) ou Lithium carb. (al) … l’angor des uricémiques.

5) Angor intriqué, sur fond de franche psychasthénie : Kalium carbonicum, Phosphorus ou Sepia.

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* Formes d’effort : coronarite vraie / aortite … Remèdes à choisir selon l’irradiation =

A gauche :

  • Aurum … anxieux et jovial par alternance, douleur constrictive, antécédent d’HTA ?.
  • Cactus (zn) … douleur constrictive typique, sensation d’écrasement de la poitrine. Constriction suffocante à la gorge, avec forts battements des carotides
  • Lachesis (ve) … mâchoire et bras gauche, très bavarde. Angor aggravé par le mouvement !

A droite :

  • Lilium tigrinum (mg) … contexte génital et hystérique
  • ou Phytolacca (ka)

En « rayon de roue » :

  • Kalmia lat. … douleur qui va du cœur jusqu’à toutes les parties du corps
  • Oxalicum acid. … mains et pieds froids, mais corps chaud.
  • Naja (ve) … irradiant vers le dos, les mâchoires et la nuque. C’est le remède du cardiopathe (ex.: insuffisance mitrale) neurodystonique : pouls rapide, sensation de mort imminente, toux cardiaque et sueurs froides.

Transfixiante : Cuprum et Cuprum aceticum … de l’appendice xiphoïde au dos, avec crampes dans les mollets.

Sur la lésion endothéliale :

  • Baryta carbonica ou Strontium iod. … palpitations à l’effort.
  • Lycopodium … lithiasique ou uricémique
  • Plumbum … l’HTA, avec problème cardio-rénal ?
  • Kalium carbonicum … patient psychasthénique flatulent.

Cas rebelles hyperalgiques : Latrodectus (ge) … froideur de marbre des extrémités. Remède typique de l’angor ischémique avec trouble respiratoire.

* Formes de décubitus = insuffisance cardiaque grave :

Du cœur droit (hypo-systolie) :

  • Arsenicum album ou Digitalis (as) … pouls lent
  • Lycopodium … avec hypercholestérolémie, goutte

Du cœur gauche (syncopes, dyspnée, tachycardie) : Phosphorus, Strophantus (ph) hypotension, ou Lachesis

L’O.A.P = Ethyl sulfur dichloratum (ph) + Carbo vegetabilis (ou « Camphora comp » CHU)

Antimonium arsenicosum … l’OAP de l’hypertendu artérioscléreux, avec insuffisance cardiaque gauche

Le « syndrome cardio-rénal » : Berberis (al) ou Plumbum, associés, selon le cas à : China (as) épistaxis ou hémoptisie, Nux vomica (s) surcharge ou Solidago (s)

Les remèdes d’action tissulaire :

  • « L’effet béta-bloquant » … Aconitum / Arnica montana, alternés (ou CHU « Aconit comp. » si HTA)
  • « L’effet digitaline-like » … Kalium carb. … régulateur des tachyarythmies (ou CHU « Kalium comp. »)
  • « Les anticoagulants » … Bothrops (risque d’embolie) / Crotalus, alternés (ou CHU « Lachesis comp. »)
  • « La trinitrine »… Cactus (zn) ou Latrodectus mactans (ge)
  • « L’oxygène » … Carbo vegetabilis … l’anoxie tissulaire

Les pseudo-angors de décubitus :

  • Grindelia (ph) … l’asthmatique cardiaque suffoque en s’endormant et au réveil (apnées du sommeil ?).
  • Antimonium tartaricum … obstrué qui ne crachote plus (OAP menaçant ?!).
  • Laurocerasus (ac) … dyspnée cardiaque. Amélioré couché à plat (proche de Hydrocyanicum acidum).

NB. Dans les précordialgies, pensez toujours à vérifier les positions et mobilités des 3, 4 et 5 ème dorsales ++, ainsi que la sensibilité comparée des deux ganglions stellaires (voie antérieure, en sus-claviculaire), relais du nerf Vague.

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L’infarctus se définit traditionnellement comme étant une nécrose du myocarde d’origine ischémique, due à une thrombose coronarienne greffée sur une athérosclérose. ½ des patients ont moins de 65 ans, il y a 10% de mortalité à 5 jours. L’athérome constituant classiquement le lit de l’infarctus. On reconnaît néanmoins un profil psychologique particulier à ces malades : ce sont des hyperactifs, soumis à des responsabilités et à des stress continuels. Certains auteurs proposent une nouvelle étiopathogénie de l’infarctus : ce serait une nécrose primitive du myocarde, la thrombose ne serait qu’un phénomène secondaire à cette atteinte organique primitive.

—> données anatomiques : le réseau vasculaire anastomotique est important et présent dès la naissance,

—> données physiologiques : l’infarctus touche le cœur gauche dans 99% des cas, car celui-ci est deux fois plus épais que le cœur droit. Les couches tissulaires internes du ventricule gauche sont dépourvues de sang en fin de systole (1/5 de la révolution cardiaque), ce qui entraîne une tendance l’anaérobiose qui va libérer de l’acide lactique, à l’origine d’une chute du pH en deçà de 6,7, ce qui induit un phénomène de destruction tissulaire avec libération d’enzymes. Ce phénomène d’acidose est facilité par une infection, une hyperglycémie (diabète), une hyperuricémie (goutte), une décharge anormale d’adrénaline (stress), une insuffisance hépatique ou rénale. La nécrose ne se traduit électriquement que lorsque la surface dépasse 2 cm2. L’origine de la nécrose n’est donc pas due à un manque d’O2, mais à une utilisation insuffisante de l’oxygène.

Le traitement de ce type de trouble passera donc par des thérapeutiques permettant une relative alcalinisation du milieu (sels de sodium, ex. : EFFICOMPLEX n°4) et une meilleure utilisation de l’O2. Parmi les traitements essayés, la Strophantine (remède tonicardiaque classique) donne les meilleurs résultats lorsqu’il existe une résistance circulatoire (HTA), alors qu’elle est classiquement inactive sur la circulation coronarienne.

En aigu, les CHU (formules complexes, à voir sur ce site dans « Complexes Homéopathique d’Urgence ») :

  • « Aconit comp. » (Aconitum + Arnica + Aurum).
  • + « Arnica comp. » (contient Natrum sulfuricum : l’œdème post lésionnel)
  • + « Sulfur comp. » (les sels de soufre)

Puis, selon le cas :

  • Arsenicum album, Antimonium arsenic. ou Arsenicum iodatum
  • Cocculus (am) ou Cactus (zn) … l’épuisement nerveux
  • Bothrops ou Naja (ve) … si assourdissement des bruits du cœur.

La myocardite : Arnica montana toujours, avec :

  • Phosphorus et Bryonia alba (ph) … avec angor –> Phosphoricum acidum
  • Arsenicum alb. ou Lachesis … septicémie ou intoxication –> Camphora ou Veratrum alb. … algidité
  • Adonis vernalis (as) … pouls lent, oligurie, angor et palpitations

éventuellement avec un stock-nosode : Pyrogenium (dissociation pouls / température)

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L’endocardite :

Remèdes inflammatoires :

  • Apis mel. (hg), Belladonna (ca) ou Bryonia alba (ph),
  • Benzoïcum acidum ou Lithium carb. … péricardite ou endocardite avec douleurs articulaires
  • Spigelia (cu)… avec palpitations
  • Spongia (io) ou Iodum … sur fond de dysthyroïdie.

Chez l’homme :

  • Kalium carbonicum … excellent remède de tachyarythmie –> Baryta carb.
  • Aurum … enflure sous les paupières, sensibles des mains et des pieds

Chez la femme :

  • Pulsatilla (si) –> Iberis amara (na) –> puis Aurum muriaticum
  • ou Sepia (mg) –> Phosphoric acid. –> puis Aurum muriaticum

Phytothérapie (BNS souhaitable : si vous souhaitez réaliser un BNS12 ou 24, cliquez sur ce lien : www.mybiobox.com )

  • Cornus sanguinea (as) ou Salix alba (ac) … hypoaggrégants plaquettaires
  • Crataegus oxyac. (ge), Viscum album (pb) … HTA

Défaillance cardiaque : Crataegus complexe (Lehning n° 15)

Organothérapie : « COR compositum » inj. (lab. Heel)

Sérothérapie : « Coeur et Vaisseaux » + « Diencéphale » + « DVPF » (la coagulation et les troubles digestifs associés)

Oligo-éléments :

  • Manganèse ou Mn-Cobalt
  • Iode (si surcharge pondérale) ou Lithium (si algies sourdes)
  • Magnésium + Phosphore (si algies vives, sujet jeune)

Formules complexes du lab. Reckeweg (Allemagne) :

  • « R 3 » Corvosan … 20 gouttes, 1 à 3 fois par jour (Arsenicum alb. D5, Cactus D2, Crataegus D1, Digitalis D2, Kalium carb. D3, Kalmia D3, Phosphorus D5, Scilla D2, Spigelia D3, Strophanthus D2) = Insuffisance cardiaque (œdème), endocardite, infarctus.
  • « R 22 » Najasthen … 10 gouttes, 1 à 3 fois par jour (Grindelia D4, Lachesis D12, Naja D12) = Myocardite et endocardite aiguë.
  • « R 55 » Rutavine … 10 gouttes, 1 à 3 fois par jour (Arnica D3, Belladonna D4, Calendula D3, Echinacea D3, Hamamelis D4, Rhus tox. D6, Ruta D6, Symphytum D6) = Cicatrisant, adjuvant pour l’infarctus.

 

A propos de l'auteur
Jean Yves Henry
Médecin généraliste, homéopathe et acupuncteur. Auteur d'une dizaine d'ouvrages, il coordonne l'enseignement de confrères de toutes spécialités pour promouvoir l'aspect intégré de ce télé-enseignement médical et para-médical.