Antimonium crudum

 

Antimonium crudum

Remède du groupe de l’Arsenic

 » Ne me regardez pas ! « 


Le Sulfur noir d’Antimoine est un élément lourd (de poids atomique 121), donc toxique, chimiquement proche de l’arsenic et du phosphore (tri ou pentavalent comme eux). Avicente, au 7ème siècle, le prescrivait déjà pour ses propriétés vomitives et purgatives.

Causalité : Suite d’alimentation trop copieuse, trop riche, indigestion pour avoir trop mangé ou bu, alors que le repas précédant n’était pas encore digéré, ou suite de bains froids (= réflexe pneumogastrique intense : Xème paire). En raison du radical soufré qu’il contient, il réagit sur les fonctions de nutrition : troubles digestifs épisodiques + engorgement des émonctoires = goutte et éruptions cutanées ++

Problématique : C’est le seul Tuberculinique qui refuse le regard de l’autre

Il ne supporte pas les démonstrations d’affection, d’être touché ni par le geste, ni par le regard (Kalium carbonicum, Cyclamen…), tristesse larmoyante avec dégoût de la vie (aggravé au clair de lune) ! A l’opposé, comme l’émotionnel n’est pas contrôlé, on assiste parfois à des débordements affectifs désordonnés (parfois hystériforme).


C’est un hypo-structuré qui rejette le moyen d’y remédier… polyphagique (relations émotions – nourriture !), il compense cette hypostructure par l’hyperfonction alimentaire !

Psyché : C’est un sentimental mélancolique, au caractère difficile :
Maussade, mécontent de tout, boudeur, se vexant pour un rien, il grogne si l’on s’occupe de lui. Crises soudaines d’évanouissement, prostration (semblable à celle d’Arsenicum).

Soma : «  Jamais l’estomac totalement libéré  » (Hodiamont).


* Gastralgies avec enduit blanc épais de la langue (vide de Qi et de Yang de Rate-Pancréas). Aphtes, nausées et vomissements. Selles plutôt diarrhéiques (ou alternance diarrhée – constipation). Céphalées d’origine digestive. Désir d’acides et de pickles (Sepia).


* Toutes sortes d’éruptions : corne des talons fendillée (pachydermites, cors, durillons, cals),
 eczéma des commissures (paupières, des narines, des yeux, des lèvres et des oreilles…),
 verrues et tumeurs cornées (différent de Staphysagria qui concerne les tumeurs molles).


* Alternance de rhumatismes (ou de goutte vraie) et de troubles ORL ou digestifs : congestion articulaire avec inflammation tendineuse + goutte pharyngée, catarrhe respiratoire : nez bouché et écoulements, toux spasmodique. 


* Frilosité excessive et horreur de l’eau froide, car il a toujours pieds et mains glacés.

Modalités :

Aggravé par : 

– la suralimentation, les douceurs
– les bains froids (vide de Yang), l’humidité,
– la chaleur (de l’été, du soleil…) : comme tous les remèdes soufrés !

Amélioré par : les applications locales chaudes (idem Arsenicum)


A propos de l'auteur
Jean Yves Henry
Médecin généraliste, homéopathe et acupuncteur. Auteur d'une dizaine d'ouvrages, il coordonne l'enseignement de confrères de toutes spécialités pour promouvoir l'aspect intégré de ce télé-enseignement médical et para-médical.