Aphtes

   Les aphtes

L’aphte est le plus souvent de diagnostic facile : foyers dégénératifs du corps muqueux de Malpighi, précédés de picotements ou de brûlures et évoluant en phases vésiculeuse puis ulcéreuse, cicatrisant enfin (3 à 12 jours). C’est une micro nécrose lymphoïde, apparentée à la maladie herpétique : signature d’un véritable blocage diathésique (adaptation-régulation).

Aphtes et Herpès en MTC = « dégagement de chaleur / feu sur ESTOMAC / RATE – Pancréas, dont la bouche est l’orifice (foyer moyen) ».

On distingue en stomatologie, trois types d’aphtes :

  • –> l’aphte commun, de localisation très variée : sur les gencives, les joues ou la langue. Formation caractéristique en cratère avec une auréole érythémateuse et un fond gris jaunâtre de 1 à 10 mm de diamètre. Cette ulcération n’est pas forcément douloureuse chez tous les sujets.
  • –> l’aphte miliaire est une lésion similaire à la précédente, de dimension inférieure (1 à 2 mm) mais multiple et qui a tendance à confluer, formant des érosions larges entourées de plages érythémateuses non infiltrées.
  • –> l’aphte géant est constitué d’une ulcération profonde, très douloureuse, large (10 à 50 mm) entouré d’une infiltration nodulaire débordant largement. La durée d’évolution est proportionnelle à la dimension de la lésion (1 à 6 semaines), laissant généralement une cicatrice fibreuse après guérison.

Les traitements classiques préconisent des applications topiques d’anesthésiques ou de corticoïdes. Certains se sont risqués à l’utilisation d’immuno-supresseurs ou de Thalidomide !

Pour le Pr. Requirand (faculté dentaire de Montpellier), il ne s’agissait pas d’un phénomène immun, car le taux de gammaglobulines reste normal : les théories auto-immunes ou virales doivent donc être écartées (ou tout au moins passer au second plan). Pour lui – c’est aussi notre opinion – ces ulcérations sont la conséquence de micro-thromboses lymphoïdes, résultant de processus pathologiques plus généraux qu’il faut traiter afin d’éviter la récidive. De ce fait, aucune médication standard ne peut régler ce problème durablement. Il mettait en avant plusieurs types de mécanismes physiopathologiques susceptibles d’être responsable du syndrome aphteux : digestif (dyspepsie, aérocolie, spasmes …), vasculaire (hyperlipidémie, HTA …), hormonal (chez la femme surtout), choc émotionnel …

Nous trouvons à la rubrique « aphtes » du répertoire de Kent les remèdes suivants :

  • Degré 3 … Arsenicum alb. / Baptisia (as) / Borax (na) / Mercurius corr. / Merc. sol. / Nux vom./ Sulfur / Sulfuricum acid.
  • Degré 2 … Carbo veg./ Hepar sulf./ Lac caninum (na) / Lachesis

Dans le répertoire de Boger, nous découvrons au mot-clef « aphtes de la langue » :

  • Degré 2 … Borax (na)
  • Degré 1 … Carbo veg. / Sulfur

BNS de type hyper Alpha 1 + Euglobulines Bêta, trois paramètres s’imposent assez systématiquement (en position hyper-floculante sur le profil-robot) : Argentum nitricum, Cuprum et Iodum. Dans ce cas, les régulations sont bloquées, diathèse dominante = DESADAPTATION. Le remède choisi le plus souvent par l’ordinateur est : Arnica montana (hg).

Aphtes douloureux :

  • Borax (na) … très fidèle chez l’enfant.
  • Mercurius solubilis … salivation, haleine fétide, langue chargée.
  • Nitricum acidum … ulcération à bords irréguliers, saignant facilement.
  • Sulfuricum acidum … chute de l’état général (éthyl ?), hyper salivation, haleine fétide, ulcération blanc-jaunâtre, saignante.
  • Chlorpromazine (ba) … lèvres sèches, constipation, dysphagie et gingivite. Cas des patients sous neuroleptiques !
  • Iodum … cryptes multiples blanchâtres: joues, langue, gencives …
  • Sempervivum tectorium (ac) 30K … aphtes + excroissances, tuméfaction ou induration de la langue.

Aphtes peu douloureux :

  • Allium sativum … le mangeur de viande flatulent.
  • Antimonium crudum … fissures des commissures labiales.
  • Hydratis (k) … face interne de la lèvre supérieure (draineur muqueux de Sepia).
  • Juglans regia (s) … aphtes, suite de manger des noix.
  • Kalium bichromicum … aphtes ulcérés « à l’emporte pièce ».
  • Kalium muriaticum … stomatite folliculaire ulcérative (suite médicaments ?).
  • Magnesia carbonica … enfants intolérants au lait.

Aphtes compliqués … Stomatite ulcéreuse : Arsenicum alb. ou Kalium bichromicum surtout, plus rarement :

  • Cantharis (ca) … angine + aphtes
  • Hepar sulfur (ca) … bouche pleine d’aphtes
  • Lachesis … aphtes saignant facilement

Aphtose de l’enfant : Supprimer les aliments acidifiants, le sucre, les douceurs. 90% des cas récidivants sont couverts par deux remèdes essentiels :

Natrum muriaticum

  1. Déminéralisation + problème hormonal
  2. Muqueuse sèche, langue en « carte de géographie », associé à l’herpès labial.
  3. Attention, risques d’aggravation en hautes dilutions.

Sepia

  1. Auto-intoxication + problème sympathique
  2. Sialorrhée, congestion hépatique, langue molle, gardant l’empreinte des dents.
  3. La langue devient propre pendant les règles.

Nosodes :

  • Oscillococcinum 200 (une dose au début de chaque récidive),
  • Tuberculinum ou Proteus mirabilis
  • Candida albicans … surinfection mycosique, elle-même cause de récidives.

Si échec : Isothérapie de salive (6 / 9 / 12 CH) + Thuya occ.

La grande aphtose, ou « maladie de Behçet« , est une vascularite (parfois post vaccinale !) développée au chapitre des maladies auto-immunes de l’œil (service d’immunologie).

Anthroposophie :

Attouchement des apthes avec « Ratanhia composé » (lab. Weleda) = Myrrha, Olea aetherea, Ratanhia radix, Aesculus, Argentum nitricum, Fluorite et Kieserite.

Du point de vue de la Médecine chinoise le symptôme « aphtes » peut être sous-tendu par divers « syndromes ». Parmi eux, « feu du Coeur », « feu du Foie », « Chaleur à l’estomac »……

Oligo-éléments : Chalcopyrite D8 (soufre / cuivre / or / fer) + Ulexite D8 (tétraborate de sodium)

A propos de l'auteur
Jean Yves Henry
Médecin généraliste, homéopathe et acupuncteur. Auteur d'une dizaine d'ouvrages, il coordonne l'enseignement de confrères de toutes spécialités pour promouvoir l'aspect intégré de ce télé-enseignement médical et para-médical.