Autres bilans biologiques

  Autres « bilans biologiques » proposés :

1 – La « Cancérométrie de Vernes« 

C’est une méthode qui associait quelques dosages protéiques et une batterie de tests de floculation (Acétate de Cuivre et les Euglobulines). Elle a été mise au point dès 1930 par le Pr. Arthur VERNES, alors directeur de l’institut prophylactique de Paris. Elle permetait, dans une certaine mesure, d’apprécier la vitesse de l’évolution tumorale et donc l’effet sur celle-ci d’une chimiothérapie (la seule disponible à l’époque !) basée sur l’alternance d’une douzaine de métaux et métalloïdes (les « Métaux de VERNES »). Malheureusement, ces tests sont peu sensibles en cas de cancers hormono-dépendants et peu spécifiques dans de nombreux autres cas.

.

2 – La « Bio-électronique de VINCENT« 

Dès 1956, Louis-Claude VINCENT (1906-1988, ingénieur travaux publics) met en avant les variations du pH, rO et rH2 dans le sang, la salive et les urines. Présentés sur un graphique (ou « Bioélectronigramme »), ces valeurs, lorsqu’elles divergent, signeraient le risque vasculaire ou tumoral. Théoriquement intéressante et d’ailleurs reprise par beaucoup d’enseignants en naturopathie, cette approche souffre de l’extrême variabilité des mesures effectuées (en fonction des boissons, de l’alimentation et des efforts effectués avant le test …).

alt

Certains praticiens l’utilisent toujours, comme notre ami Angelo LUCAS, de Lisbonne, qui bénéficie d’une importante base de données (45 000 patients) et d’une informatique intégrant la dynamique de variation de ces 9 paramètres autorisant le calcul théorique d’un « âge biologique » (?).

.

3 –  Le « bilan du CEIA » (Centre Européen d’Informatique et d’Automation)

L’équipe lyonnaise du CEIA a repris les travaux de Pol HENRY sur la modification des tests de floculation par les teintures végétales dans les années 70. Deux avancées sont à porter à leur actif : la présentation des résultats en écart-types (ce qui permet de comparer la signification de données fondamentalement différentes) et la réalisation de grandes séries (plus d’un million de profils réalisés, grâce à un millier de prescripteurs, dans les années 1970-80).

alt   courbe en « V » du profil CEIA

Malheureusement, le dr. E. REYMOND, à la tête de cette société, l’a entraînée dans la voie d’une complexification croissante : plus de 50 paramètres, plus de 500 remèdes … en même temps qu’il s’efforçait d’éliminer ses éventuels concurrents par des procédés discutables. Plus grave, il pérennisa une présentation protidologique des tests de floculation, ce qui est une erreur méthodologique grossière, qui valu à la « méthode du CEIA » d’être finalement sévèrement critiquée en 1987 dans un rapport de l’Académie de médecine de Paris. C’est à présent une approche historique (chère et compliquée de surcroit) ! Récemment, nous avons vu apparaitre une lecture simplifiée (?) des 52 paramètres de ce bilan :

proteomis

A noter qu’un des utilisateurs de cette méthode, le dr. Bernard VIAL, a développé, dès 1986, deux concepts intéressants :

      — la notion de « Protéïon », organisation très personnelle des structures et des fonctions du milieu intérieur, qui préfigurait le concept, maintenant classique, du « protéome »,

      — l’étude de l’impact psycho-affectif des plantes, classées par familles botaniques et en fonction de leurs usages traditionnels, révélés par les noms vernaculaires, sorte de « clefs » évoquant leurs pouvoirs thérapeutiques. Nous l’évoquons ponctuellement dans l’herbier de ce site.

.

4 – Les « profils protéiques »

A la suite des travaux du pr. S. VARGUES de l’Institut Pasteur, P. GIRAUDET et son équipe en France, reprenant des travaux américains antérieurs, met au point et utilise sur une vaste échelle à l’hôpital dès 1980, huit tests de dosage protéique par néphélémétrie laser. Les résultats sont présentés en % par rapport à une norme calculée, variable selon le sexe et l’âge du patient.

Un laboratoire privé (A. BURKEL à Paris), soutenu par un groupe de médecins (ARPA puis IEDM) étend la gamme des dosages protéiques (jusqu’à 25 protéines différentes, ce qui représente 99% du poids des protéines sériques), puis croise ces résultats avec des typages lymphocytaires ou des dosages d’acides gras. Applications : auto-vaccins de culture microbienne de selles (à présent abandonnés) et micro nutrition.

Durant ces années, alors que nous peaufinions la base de données des BNS, nous avons aussi exploré la voie des profils protéiques. Afin d’y voir clair, nous avons développé sur cette méthode un système expert de 250 règles, ainsi qu’un autodiagnostic par portraits-robots biologiques (plus de 3000 profils réalisés). C’était intéressant, mais très vite, ce système a montré ses limites :

a/ car examen pas très sensible = les variations quantifiables de telle ou telle protéine n’apparaissent qu’au stade où le diagnostic clinique est assez évident et les marqueurs spécifiques connus positifs (par contre intéressant pour suivre l’évolution des pathologies graves),

b/ pas assez de protéines testées = c’est le problème du « râteau avec peu de dents » : on laisse passer beaucoup de choses !

.

5 – Le « Statut des acides gras »

Cet examen étudie les différents acides gras intra-érythrocytaires, regroupés en cinq groupes :

  1. Les acides gras saturés (athérogènes) surtout d’origine animale
  2. Les acides gras mono-insaturés (Oméga 9)
  3. Les acides gras insaturés (Oméga 7)
  4. Les acides gras poly-insaturés Oméga 6 (pro-inflammatoires)
  5. Les acides gras poly-insaturés Oméga 3 (anti-inflammatoires)

Ce profil ne nous a pas totalement convaincus, pour trois raisons :

1 – Les différentes fractions de chaque famille se métabolisant les unes dans les autres, elles devraient présenter des concentrations diminuant, ce qui est rarement le cas. Néanmoins, il est intéressant d’observer les carences relatives de tel ou tel groupe pour pouvoir le compenser spécifiquement.

2 – Le caractère « athérogène » ou « angio-protecteur » des différentes familles d’acides gras étudiées dépend essentiellement de l’état inflammatoire ou scléreux du milieu, donc ces tendances sont à relativiser.

3 – Les supplémentations proposées (huiles d’olive, de Colza, de Bourrache, de poissons …) sont des mélanges des différentes fractions. Les fractions Oméga 3 (protectrices) nécessitant d’être associées, pour éviter leur oxydation, à des acides gras bien plus saturés (donc athérogènes ?!).

Provenance des acides gras érythrocytaires :

— Saturés                      Myr + Pal = huile de Coco  /  Pal = huile de Palme

Mono-insaturés oméga 9       Pol = huile de Macadamia ou Argousier /  AO = Olive / Sésame / Colza / Avocat / noisette

— Insaturés oméga 7                 T-Vac = Fromage / lait / yaourt      EI = Fritures (margarines)

— Insaturés oméga 6                 LN = Tournesol / Noix / Raisin       GLA + DGLA = Bourrache

— Insaturés oméga 3                 LNA = Noix / Lin / Colza / Cameline      EPA / DHA = huiles de poissons

.

6 – Les bilans hormonaux anti-âge : « Après 40 ans, tout le monde devrait envisager un traitement hormonal contre le vieillissement. » Dr Thierry HERTOGHE

« Dans le cadre d’un traitement poly hormonal, il faut, après un diagnostic biochimique et clinique, donner des doses physiologiques d’hormones pour retrouver les taux que l’on avait entre 18 et 25 ans. On obtient de bons résultats et il n’y a pas d’effets secondaires. Avec la mélatonine, la DHEA, l’hormone de croissance (GH), les hormones sexuelles et thyroïdiennes, ainsi que les antioxydants, la médecine a les moyens de prévenir et faire régresser une bonne part des troubles si pénibles de la vieillesse ».

—> Avantages : effet rapide et spectaculaire !

—> Inconvénients :

a/ le premier est théorique : la méthode est basée sur un postulat = le taux hormonal optimal serait celui des 25 ans et la supplémentation, débutée dès 40 ans, va tenter de maintenir ces taux. Or, un paramètre échappe complètement à l’évaluation, c’est la sensibilité des récepteurs hormonaux, qui va forcément évoluer avec l’âge !

b/ le second est logique : l’apport exogène poly-hormonal va tarir la sécrétion endogène et rendre le sujet totalement dépendant de sa supplémentation.

c/ le troisième est économique : une seule ampoule de GH coûte environ 400 euros … Un traitement poly-hormonal revient de 500 à 1000 euros (1500 frs suisses) par mois !

d/ le quatrième est physiologique : il existe des interactions constantes entre ces différentes hormones, interactions qui évoluent avec les diverses contraintes rencontrées : fixer les taux, c’est limiter l’adaptation !

.

7 – Profil nutritionnel antiradicalaire (BNAR) : Bilan du stress oxydatif

  • 6 paramètres de gauche (PAS/Pac/MPX/GPX/SOD)= défense anti-radicalaire
  • 4 paramètres oligo-élémentaires = Cuivre/Zinc/Sélénium (cofacteur de la SOD et de la GPO) /Fer
  • 6 paramètres du risque athéro-thrombogène = ApoB/ApoA/Lp(a)/Trf/Hap/A1G/PCR
  • 3 paramètres de pronostic nutritionnel et inflammatoire = PréAlbumine/Alb./PINI

NB. A1G = Orosomucoïde (marqueur de l’hémolyse intravasculaireou de l’infection)

L’augmentation du Fer signe une inflammation (vasculaire ou auto-immune) ou une surcharge en fer (hémochromatose)

Le BNAR suffit pour apprécier la quantité de radicaux libres présents dans le sérum du patient et évaluer sa capacité à répondre à une agression de stress oxydatif. Cette analyse peut être faite plusieurs fois pour apprécier dans le temps l’efficacité des mesures mises en place pour diminuer le stress oxydatif (hygiène de vie notamment), stimuler et régénérer les défenses anti-oxydantes de l’organisme

Analyses faites sur sérum. Prélèvement dans un tube sérum-gel de 8 ml.

.

8 – Les Profils génétiques (polymorphismes génomiques)

Il est maintenant possible de rechercher dans l’ADN du patient (prélèvement de salive et gouttes des sang) une quinzaine de déterminants de nombreuses pathologies connues  : ostéoporose, troubles métaboliques, diabète type 2, alopécie androgénique, maladies neuro-dégénératives, DMLA, parodontose, cancers de la prostate, du sein ou colorectal, ainsi que de la sensibilité anormale du patient à tel ou tel médicament. Ces tests sont intéressants pour un diagnostic précoce.

.

9 – Bilan des Vitamines

Ce bilan est composé des vitamines suivantes :

  1. vitamine A
  2. vitamine E
  3. vitamine D
  4. vitamine B1 (thiamine) (sang EDTA)
  5. vitamine B2 (riboflavine) (sang EDTA)
  6. vitamine B6 (pyridoxine) (sang EDTA)
  7. vitamine B9 (acide folique)
  8. vitamine B12 (cobalamines)

Analyse faite sur sérum et/ou sang total. Pour le sérum, prendre un tube sérum-gel de 8 ml; pour le sang total, prendre 2 tube EDTA.

 

Une idée des prix …

      Bilan nutritionnel et anti-radicalaire (BNAR) … 61 euros (18 paramètres)

      Bilan CEIA … 140 euros (52 paramètres environ)

      Statut des acides gras plasmatiques (AGS, Oméga 9/6/3) … 70 euros (12 paramètres)

   Les polymorphismes génomiques … 100 à 400 euros, selon les déterminants recherchés.

Réflexion générale :

Ces profils sont passionnants en théorie … En pratique, ils restent limités, car quantifiant quelques molécules, hors de la dynamique de leurs multiples interactions …

Les différents constituants de l’organismes (minéraux, protéines, acides gras, hormones) se répartissent dans l’organisme selon les règles particulières de « l’analyse compartimentale », c’est à dire en fonction :

  1.       du NOMBRE des compartiments, c’est à dire des différents niveaux tissulaires ayant un rôle métabolique précis vis à vis de l’élément étudié.
  2.       du VOLUME du compartiment = capacité de stockage de l’élément dans ce compartiment particulier
  3.       des FLUX d’échanges matériels entre les différents compartiments.

Exemple : le métabolisme de l’ion iode qui comporte dix sept compartiments et dont l’analyse mathématique nécessite l’utilisation d’une série d’équations différentielles.

Ceci est un peu abstrait, prenons donc un exemple plus proche de notre expérience de tous les jours, et répondant aux mêmes lois : une maison de plusieurs pièces (volumes variés), comportant chacune une ou plusieurs portes, l’air circulant plus ou moins rapidement d’une pièce à l’autre selon la largeur des portes et l’ouverture des fenêtres extérieures (flux variés). Un habitant fume un cigare dans la pièce du fond…… L’analyse de l’air des différentes pièces ne pourra nous donner qu’un aperçu très parcellaire de la situation réelle du fumeur !

Les profils biologiques BNS (même principes, mais plus simple) sont des méthodes qui objectivent l’état fonctionnel des principaux récepteurs tissulaires, reposant sur l’étude multifactorielle comparée des réactions des protéines porteuses sériques (vecteurs rémanents de ces différents équilibres ioniques), et à ce jour les outils idéaux pour une vision synthétique de l’état des régulations du patient.

   BNS (12 paramètres, avec explications complètes, pour les naturopathes) … 79 euros

   BNS (24 paramètres, avec explications complètes, pour les homéopathes et acupuncteurs) … 99 euros

A propos de l'auteur
Jean Yves Henry
Médecin généraliste, homéopathe et acupuncteur. Auteur d'une dizaine d'ouvrages, il coordonne l'enseignement de confrères de toutes spécialités pour promouvoir l'aspect intégré de ce télé-enseignement médical et para-médical.