BNS et dépression nerveuse

BNS et dépression nerveuse

Les troubles de l’humeur (aussi appelés troubles thymiques) sont divisés en trois groupes :

  • Les dépressions (les formes les plus graves en étant la dépression bipolaire et la mélancolie),
  • Les troubles de l’humeur liées à une affection générale,
  • Les troubles de l’humeur induits par la prise d’une substance.

 

Les phases DEPRESSIFS sont au 3ème rang des troubles mentaux (10% des hommes, 22% des femmes), après les phobies et l’alcoolisme. Ils ne correspondent pas une névrose spécifique, ce sont des états réactionnels transitoires. Ces phases surviennent après une expérience vécue comme une frustration (deuil, rupture, échec), toujours dans des situations qui réactualisent un sentiment d’insécurité (qui est toujours plus ou moins refoulé et que jusque là, le sujet avait réussi à compenser). Le sujet est pris dans d’engrenage névrotique type : frustration, agressivité, culpabilité, crainte de perdre l’estime et l’affection d’autrui. Les sujets ayant souffert une carence dans la première relation maternelle, présentant un sentiment permanent d’insécurité dans la relation avec les autres, sont les plus susceptibles de faire une dépression de ce type en cas d’expérience traumatisante, stressante.

 

On observe 3 symptômes essentiels : les idées dépressives, la fatigue et le sommeil perturbé.

  • Les idées dépressives: le sujet se met à considérer les évènements de sa vie comme insurmontables, il se retire de la lutte et par conséquent échappe à l’angoisse de la confrontation, d’absence d’estime de soi. Il est dans un système permanent d’accusation à l’égard des autres, son avidité affective prend rapidement un caractère tyrannique : « plaignez moi, réconfortez moi ! ». Les réactions de l’entourage seront déterminantes pour l’évolution de la situation. Les paroles de réconfort, les assurances d’assistance améliorent souvent l’issu du tableau, mais ce n’est pas assuré. De toutes façons, le fond de dépression étant toujours lié à une blessure narcissique, le besoin de revalorisation est immense !
  • La fatigue: inhibition et ralentissement intellectuel, anorexie, fatigue sexuelle (impuissance), hypotension : toute activité est difficile.
  • Le sommeil de mauvaise qualité : problème toujours présent dans la dépression névrotique, réveils dans la nuit, cauchemars.

 

L’évolution se fait spontanément vers la guérison en 6 mois environ. Ce délai est réduit sous psychothérapie et/ou antidépresseurs (mais alors attention à une évolution maniaque ou un passage à l’acte suicidaire).

 

Sujet jeune = la dépression réactionnelle (suite d’un événement récent = le désarroi) :

a – la perte d’objet (douleur du deuil, surtout du conjoint ou enfants)

b – la perte de fonction (métier, pulsions sexuelles …)

 

Après 60 ans = dépression d’involution : anxiété + dépression + hypochondrie. Ils se sentent « finis ». Cette dépression revêt différents masques dont les plus fréquents sont des douleurs « psychosomatiques » ou l’hostilité.

 

Cas particuliers :

1/ La dépression bipolaire ou « psychose maniaco-dépressive » (pôle rein)… qui peut se dissimuler sous beaucoup d’aspects, en particulier sexuels (attentat à la pudeur) ou financier (surendettement).

Phase dépressive = dégoût de la vie et tendance obsédante au suicide qui l’effraie, aggravé la nuit

Phase « maniaque » = augmentation des activités physiques et psychiques : euphorie, hyperactivité désordonnée (débordement pulsionnel), colère violente et/ou explosive, insomnie sur état congestif mais sujet frileux !

 

2/ L’évolution mélancolique est psychotique (pôle Poumon).

  • Parfois, les signes d’anxiété sont au premier plan, avec débordement émotionnel, agitation constante.
  • Il peut exister des formes stuporeuses (avec inhibition psychomotrice)
  • ou délirante (idées d’indignité, de culpabilité, de ruine ou idées hypochondriaques …)

 

3/ La tendance au suicide = dépression + impulsion

La situation est vécue comme « sans issue » (sentiment de perte de sens de leur vie), mais il n’y a pas de suicide si la mémoire des satisfactions antérieures l’emporte sur le vécu douloureux actuel.

 

B – Les troubles de l’humeur liées à une affection générale : humeur dépressive ou au contraire humeur expansive ou irritable.

  • Les déficiences mentales innées ou « Oligophrénies » (ex.: la trisomie 21)
  • Les déficiences mentales acquises, ex.: les maladies de Parkinson ou d’Alzheimer (s’accompagnent parfois d’hallucinations visuelles, auditives …), tumeurs ou traumatismes cérébraux (syndrome subjectif post commotionnel)
  • Les troubles alimentaires (anorexie, boulimie, carence en vit. B12) … la psychothérapie est indispensable
  • Des troubles endocriniens : hyper ou hypothyroïdie surtout

 

C – Les troubles de l’humeur induits par la prise d’une substance : la modification est marquée et persistante. Le trouble peut survenir en situation d’intoxication ou de sevrage !

  • Médicaments, ex. : Corticoïdes, Neuroleptiques, Hypotenseurs, IRSérotonine, Sédatifs …
  • Addiction (éthyl, drogues)

 

Nous avions remarqué depuis longtemps que les BNS comportant une baisse conjointe des paramètres Bêta (paramètre quantitatif lié aux lipo-protéines hépatiques) et Carbo + Magnesia (réactifs du BNS24 floculant les protéines porteuses des phospholipides) étaient presque toujours corrélés à des états dépressifs francs, comme le signale d’ailleurs le système expert. Plutôt que de nous précipiter vers une supplémentation massive (classiquement AGPI oméga-3), essayons de découvrir dans notre base de données, quelles sont les plantes susceptibles d’apporter de façon physiologique ces intéressantes substances, donc de corriger précisément et à moindre coût, la baisse conjointe de leurs marqueurs ? On y découvre sept plantes actives sur les trois paramètres :

Arnica montana (hg)           suite de choc (avec Euglobulines élevées), stress physique ou psychologique

Evonymus atropur. (al)        la dépression de Lycopodium (mentalisé ++)

Gelsemium semp. (mn)       le trac, névrose phobique … à n’utiliser qu’en hautes dilutions

Humulus lupulus (s)             la dépression d’Aurum

Marrubium vulg. (sn)            l’insuffisance respiratoire, les glaires

Origanum majorana (na)      les TOC

Viscum pini (pb)                    la dépression des états cancériniques

D’autres plantes corrigent essentiellement :

* les Bêta-précipitines :

Curcuma xanthoriza (as)   dépression d’Arsenicum (sur fond d’allergies)

Malus communis (ph)          dépression de Phosphorus (Fleur de Bach)

Verbascum thapsus (am)       dépression de Causticum (altruiste agitée)

* Carbo et Mg :

Carduus benedictus (mg)     dépression de Sepia (« je me force pour tout »)

Glechoma hederacea (mg)   depression de Lachesis (perte d’argent ?)

Lampsana communis (k)      dépression de Kalium carb.

Juniperus communis (ch1)       dépression de Graphites

Vanilla planif. (mg)                 dépression de Platina, d’Aurum …

 

Mais il arrive que bien d’autres plantes sortent sur des situations de dépression et s’y révèlent efficaces :

Hypericum petrolatum (hg)     dépression de Mercurius (dispersé dans ses impulsions)

Glycyrrhiza glabra (s)               dépression de Sulfur (gastralgique)

Scutellaria galericulata (io)        dépression des Natrum (suite de perte ou de deuil)

 

Ces situations (bilans hypo) sont lentes à évoluer : il va falloir patienter !

On peut alors compléter le bilan par un dosage des neurotransmetteurs, afin de différencier dépression et Burn-out ++

 

A propos de l'auteur
Jean Yves Henry
Médecin généraliste, homéopathe et acupuncteur. Auteur d'une dizaine d'ouvrages, il coordonne l'enseignement de confrères de toutes spécialités pour promouvoir l'aspect intégré de ce télé-enseignement médical et para-médical.