Botanique et phytothérapie selon R. Steiner

Botanique et phytothérapie selon R. Steiner

La méthode anthroposophique a été proposée au début du 20 ème siècle par Rudolf Steiner, à la suite de l’oeuvre de Goethe et de travaux personnels. Selon cette approche, en observant l’aspect dysmorphique de tel ou tel organe d’une plante, on pourra se faire une idée, par un raisonnement analogique, de sa polarité thérapeutique chez l’être humain. Exemples :

  • dysmorphie de feuilles = inflammation de la peau et des muqueuses (cas de la Drosère, du Choux …)
  • dysmorphie de tige = trouble du conjonctif et des os (cas de la Prèle, du Pin, du Bambou …).

Pour R. Steiner, la plante est un être vivant (2D = il n’a que des surfaces) qui ne comporte qu’un corps physique et un ethérique (l’astral – sensible – caractérise les animaux, 3D = comportent des organes internes), dont la tête (racines) est dans le sol, le pôle rythmique (tronc) s’élève au dessus du sol, les feuilles en constituant le pôle métabolique, les fleurs les organes génitaux …

 

 

Comme Goethe, il apprécie les variations de formes, de couleurs, d’odeurs, de processus (phase de croissance, floraison … etc.) et les classe en 7 catégories, dont il précise les polarités :

  1. plus métabolique / rythmique ou neuro-sensoriel (axe horizontal de notre schéma)
  2. liés aux 7 planètes (axe vertical de notre schéma)

On peut aussi utiliser cette grille pour évaluer la polarité principale d’action des plantes par familles :

 

Au sein des thérapeutiques proposées par l’école anthroposophique, on observe certaines techniques particulières de culture et de préparation des remèdes, comme les « métaux végétabilisés » qui sont des plantes enrichies en métaux par arrosage et compostage trois années durant, cueillette, dilution et dynamisation obéissant à des règles strictes, destinées à potentialiser l’effet thérapeutique (disponibles en 0,1% = 3 DH et 1% = 2 DH).

L’idée de R. STEINER d’utiliser conjointement une plante et son sel complémentaire nous est extrêmement sympathique. Certains confrères apprécient peu le langage « ésotérique » (au premier abord) de cet ingénieur-philosophe. Son oeuvre est cependant remarquable, car elle présente une approche systémique de l’homme et de son environnement, dans une conception psychosomatique tout à fait moderne. Ainsi, pour le médecin anthroposophe, la maladie est le déséquilibre d’un pôle organique par rapport aux autres. La thérapeutique consiste à trouver dans les différents règnes, les remèdes dont les « forces modelantes » permettront de rétablir la santé.

Les produits développés par la médecine anthroposophique sont distribués dans le monde entier par les succursales du laboratoire Weleda en Suisse (ou Wala en Allemagne).

Bibliographie :

Goethe « La métamorphose des plantes » (éditions Triades)

Grohmann « La Plante » (éditions Triades)

 

 

A propos de l'auteur
Jean Yves Henry
Médecin généraliste, homéopathe et acupuncteur. Auteur d'une dizaine d'ouvrages, il coordonne l'enseignement de confrères de toutes spécialités pour promouvoir l'aspect intégré de ce télé-enseignement médical et para-médical.