Cactus grandiflora

   Cactus grandiflorus

Les Cactacées sont des plantes américaines adaptées aux déserts (climat sec et brûlant, sols pauvres). Leurs fleurs sont primitives, mais l’appareil végétatif est très perfectionné et d’une extrême vitalité, car le cactus repousse à partir de fragments minuscules. La fonction chlorophyllienne des feuilles (transformées en épines, riches en silice) est transférée à la tige. L’élément aqueux s’enfle, englobe et s’isole : épines ou poils rudes, peau cireuse… La fleur s’épanouit la nuit, à l’abri des regard.

NOM FRANCAIS : le « Cactus cierge », fleur du Pérou (Amérique du sud et Antilles). Synonyme = Cereus grandiflorus

HOMEOPATHIE diathésique : remède du groupe du Zinc (Kollitsch p. 205). Répertoire de Kent = 1019 symptômes, dont Tête 136 / Cœur 124 / extrémités 121

Causalité : un traitement corticoïde, lorsqu’il est massif, peut aller jusqu’à induire une psychose maniaco-dépressive ! Mais ce peut être aussi parfois la simple utilisation d’un vaso-constricteur avec corticoïde … se rappeler que les cactacées contiennent des phythormones qui retiennent l’eau et que celles-ci sont utilisées pour l’hémi-synthèse pharmaceutique des corticoïdes.

Problématique : secs (physiquement et moralement), ils ont des difficultés à profiter des plaisirs de la vie, ils ne veulent aucune attache (se sentent prisonniers de l’affection de leurs proches), souhaitent se suffire à eux-même (narcissisme). Ils sont misanthropes (antisociaux), jusqu’à détruire leurs émotions et leur corps par des maladies terminales (comme des malabsorptions graves ou un cancer). Ce sont des remèdes de fin de vie, pour lesquels la notion d’autodestruction est omniprésente.

Psyché : grand hypochondriaque, avec des plaintes et des demandes permanentes (Lachesis). Il est incapable de faire confiance au médecin et à ses médicaments (Arsenicum). Pense pouvoir se débrouiller seul, avec une volonté de surdosage permanente. Ils adorent se plaindre, mais sans chercher une aide particulière. L’angoisse du malade est inhérente à la douleur précordiale qu’il éprouve et va jusqu’à l’état syncopal avec peur de mourir (comme Veratrum, Latrodectus, Tabacum). Aggravation très nette à 21 h : c’est l’heure où il craint la mort imminente, d’où son agitation : frissons à 11 h du matin et du soir.

L’hypochondrie disparaît quand la maladie grave se développe. Dans leurs dernières semaines, ils s’apaisent et communiquent normalement (forme de stoïcisme). Peut-être parce que la reconnaissance sociale de sa maladie, avec tous les privilèges liés à cet état, lui permet d’échapper au monde vulgaire ?

Ils sont parfois brillants (Phosphorus), souvent intelligents, mais la confrontation au monde est douloureuse, difficulté à affronter ses émotions (ex.: quittent sans raison apparente un dîner donné en leur honneur). Centrés sur eux-mêmes, ils se veulent autosuffisants (leurs aiguilles tiennent les autres à distance ?). Volontiers formalistes (pour garder ses distances), jusqu’à être manipulateurs. Ils en veulent à tout le monde (jusqu’au blasphème), leur colère froide s’exprime en remarques blessantes.

Son problème, c’est que quand il demande de l’aide, il cherche surtout à confirmer ses craintes (remède de l’angine de poitrine avec palpitations), puis quand l’état de santé se dégrade, la peur et la colère disparaissent : il ne demande plus qu’à mourir dignement. « Je peux faire ce que je veux et ne plus me sentir coupable » Ref. M. MANGIALAVORI « Some Cactaceae in homeopathic medicine » (Matrix, 2006)

Soma : Toutes les douleurs constrictives (par action sur les muscles circulaires): thoraciques, faciales ou oculaires, transfixiantes, dorsalgies, dysménorrhées, vaginisme, crampes qui durent. Céphalées constrictives, névralgie faciale droite.

1/ L’angine de poitrine : douleur cardiaque constrictive « comme un étau » (Platina : « comme un cercle serré« ). Correspond à toutes les variétés d’angor, mais surtout dysneurotonique (c’est un Zinc) et d’effort (en 5ch // à Arnica).

2/ Les troubles du rythme des affections mitrales (palpitations, arythmie, dyspnée, hypotension) : car tout en renforçant la systole ventriculaire, il tend à raccourcir la diastole. Il correspond à un cœur compensé, alors que Digitalis correspond mieux au stade de l’asystolie.

3/ « C’est le remède des malades sans pouls, sans souffle, sans force, sans température (et même en hypothermie) les extrémités froides, mais la tête chaude » (P. SCHMIDT). Utiliser ces remèdes en stade terminal exerce un effet antalgique indéniable, ce qui leur donne le loisir de trouver enfin un sens à leur existence. C’est un remède qui favorise la coagulation, auquel il fait songer devant toute hémorragie de sang noir « goudron » avec caillots (China, Secale cornutum).

 

A propos de l'auteur
Jean Yves Henry
Médecin généraliste, homéopathe et acupuncteur. Auteur d'une dizaine d'ouvrages, il coordonne l'enseignement de confrères de toutes spécialités pour promouvoir l'aspect intégré de ce télé-enseignement médical et para-médical.