Cancer et homéopathie en Inde

S’il y a un domaine où les homéopathes restent prudents, c’est bien celui du cancer. Les seuls auteurs qui ont publié sur le sujet (Eli G. JONES / Arthur Hill GRIMMER et quelques autres … ) l’ont fait il y a un siècle, lorsque les traitements allopathiques des tumeurs n’existaient quasiment pas et que les diagnostics restaient aléatoires.

C’est donc avec un grand intérêt que nous avons pris connaissance du travail de A.U. Ramakrishnan qui nous présente son expérience de plus de 30 ans, en Inde, avec des méthodes innovantes qui semblent logiques, car dans le cas du cancer, l’individualité du patient cède le pas à la spécificité de la maladie.

 

Trois innovations caractérisent sa démarche :

1/ La méthode du plussing, sorte de « perfusion du remède homéopathique » : le patient prend, chaque jour, de la semaine, pendant deux heures trente, une dizaine de cuillérées à café du remède choisi (donc, une dose tous les ¼ d’heure). En outre, on redilue et dynamise le remède un peu plus chaque jour. Lorsque le cas sera stabilisé, on pourra passer à la méthode des doses fractionnées : 4 prises par jour, un jour par semaine.

 

2/ L’alternance (chaque semaine) d’un nosode et d’un remède spécifique de la tumeur et du patient. Les nosodes utilisés sont :

–    CARCINOSINUM (nosode d’une tumeur du sein)… si antécédents familiaux de cancer + certaines localisations (sein, cordes vocales, thyroïde, abdomen …)

–    SCIRRHINUM (nosode d’une tumeur du foie) … si dureté tumorale (comme de la pierre) + certaines localisations (rectum, prostate, leucémie …)

 

3/ La dilution de 200 CH (nosode et remède), qui pourra ultérieurement être passée en M et XMK lorsque le cas sera stabilisé. Le remède constitutionnel du patient reprend alors tout son intérêt à ce stade. Les remèdes les plus couramment utilisés (par lui) dans le cancer sont :

–    CONIUM MACULATUM … sur la notion de dureté tumorale et de localisation (estomac, foie, prostate, métastases osseuses …)

–    THUYA OCCIDENTALIS … sur la notion d’excroissances et de localisation (colon, vessie, rectum, ovaires et métastases ganglionnaires …)

 

Mais on pourra aussi choisir, selon le tableau clinique et les symptômes personnalisés du patient :

–    AETHUSA CYNAPIUM (ca) … tumeurs cérébrales de l’enfant (si intolérance au lait)

–    ARSENICUM ALBUM … douleurs (quelque soit la localisation, cf. Boericke)

–    AURUM METALLICUM … mélanome

–    AURUM MURIATICUM … cancer de la bouche

–    AURUM MURIATICUM NATRONATUM … cancer de l’utérus et des ovaires

–    BARYTA CARBONICA … cancer cervicaux ou cérébraux (avec déficit cognitif)

–    BARYTA IODATA … cancer du pancréas (avec anémie)

–    CADMIUM SULFURICUM … cancer de l’estomac ou du pancréas

–    CEANOTHUS … cancer du pancréas, du foie, leucémie (avec splénomégalie)

–    CHELIDONIUM MAJUS (ph) … cancer du foie et de la VB

–    HECLA LAVA (si) … cancer des os

–    HYDRASTIS (k) … cancer de la cavité buccale, de l’estomac, du pancréas et des ganglions mésentériques

–    LACHESIS (ge) … cancer de l’utérus, de l’ovaire gauche et des cordes vocales

–    LILIUM TIGRINUM (mg) … cancer de l’ovaire droit

–    LYCOPODIUM (al) … cancer du colon, du foie, de la prostate et des poumons

–    NITRICUM ACIDUM … cancer des lèvres, de la bouche, du rectum et du vagin

–    ORNITHOGALUM (ag) … cancer du pylore

–    PHOSPHORUS ou SANGUINARIA (ph) … cancer de la gorge, ulcères hémorragiques

–    PHYTOLACCA (k) … cancer du sein, des parotides = adénocarcinomes

–    PLUMBUM IODATUM … cancer cérébral

–    PULSATILLA (si) … cancers féminins

–    SABAL SERULATA (?) … cancer de la prostate

–    SYMPHYTUM (si) … métastases osseuses et leucémies

–    TEREBINTHINA (mn) … cancer de la vessie

–    VIBURNUM PRUNIFOLIUM (mg) … cancer de l’ovaire (si antécédents de dysménorrhée)

–    ZINCUM SULFURICUM … cancer du cerveau.

 

Les résultats statistiques de ces traitements, à 5 ans, sont présentés avec deux chiffres : le premier considère les patients pris au stade débutant de leur maladie, le second à un stade plus tardif, incluant déjà une complication (extension loco-régionale ou métastase), suivi des remèdes les plus fréquemment utilisés :

Bouche =        85%                    60%

Aurum muriaticum, Hydrastis, Nitricum acidum

Cerveau =       70%                    25%

Colon =           40%                    20%

Foie =              30%                    15%

Chelidonium / Hydrastis / Lycopodium / Natrum sulfuricum

Larynx =           70%                    30%

Oesophage / estomac =         55%                    25%

Argentum nitricum / Causticum (am) / Ornithogalum (si douleurs) / Silicea / Thuya occ. (na)

Pancréas =       75%                    45%

Arsenicum alb. / Baryta iod. / Cadmium sulf. / Ceanothus / Hydrastis

Poumon =          60%                    20%

Argentum nitricum / Kalium bichromicum / Lachesis / Lycopodium (al)

Prostate =          80%                    40%

Conium (au) / Lycopodium / Sabal / Thuya occ.

Rectum =           80%                    40%

Aloe (s) / Lachesis / Nitricum acidum / Sulfur / Thuya occ.

Sein =               80%                    30%

Thyroïde =         70%                    30%

Iodum / Lachesis / Spongia (io) / Thuya occ.

Vessie =             70%                    30%

Conium / Terebenthina (mn) / Thuya occ.

SeinHistorique  cancer du sein évolué

Remarques :

1/ La dilution de 200 CH est difficile à trouver en Europe. Il nous semble plus simple d’utiliser les 200K (en fait, sensiblement même niveau de dilution/dynamisation), à diluer dans une eau minérale peu minéralisée (Charrier, Roucous, Volvic …). Une seule dose peut servir pour toute la semaine, puisque l’on rajoute de l’eau et que l’on redynamise chaque jour.

2/ Il est clair qu’une telle étude n’a été possible qu’en Inde … Le % des résultats est tout à fait encourageants (lire les intéressants cas cliniques présentés en détails dans l’ouvrage) surtout dans les formes évoluées où le traitement classique n’atteint ces pourcentages qu’au prix de traitements lourds et invalidants.

3/ Vous retrouverez sur notre site, une rubrique clinique qui reprend l’indication de ces remèdes par localisation organiques (voir « Oncologie »).

 

Bibliographie : « Une approche homéopathique du cancer » A.U. Ramakrishnan et C.R. Coulter (ed. Narayana 2001 / édition française 2011).

 

A propos de l'auteur
Jean Yves Henry
Médecin généraliste, homéopathe et acupuncteur. Auteur d'une dizaine d'ouvrages, il coordonne l'enseignement de confrères de toutes spécialités pour promouvoir l'aspect intégré de ce télé-enseignement médical et para-médical.