Cas clinique

Certains médecins, chefs d’école (homéopathes unicistes), considèrent que le mélange des méthodes, tel que nous le proposons parfois constitue une sorte de « cafouillothérapie » méprisable … Qu’avons-nous à réponde à cela ?

Nous sommes d’excellents homéopathes, car nos principes sont totalement hahnemaniens. Par contre, nous n’avons pas d’œillères : il existe des troubles où le problème se situe dans la structure ou dans l’altération graves de certaines fonctions, ces lésions répondent mal ou pas du tout (cf. nombreux échecs et aggravations thérapeutiques) à l’utilisation des dilutions homéopathiques. Il faut alors utiliser les plantes, les oligo-éléments, les vitamines, les pro-biotiques, la procaïne … dans une synergie qui autorisera alors l’action correcte du remède homéopathique. C’est un peu comme dans la construction d’une maison : il ne suffit pas que l’architecte change les plans, il faut s’assurer le la présence d’ouvriers compétents, d’outils et des matériaux adéquates sur le chantier !

Nos amis acupuncteurs n’ont pas ce genre de problématique obsessionnelle : ils connaissent les règles de régulation de l’énergie dans les méridiens et les organes et selon le cas, ils vont utiliser les aiguilles, les moxas, le massage, la gymnastique, les plantes ou la diététique …

Voici un cas qui devrait ouvrir les yeux de certains aux relations ténues qui existent entre homéopathie et acupuncture :

Il s’agit d’un monsieur de 70 ans, récemment opéré d’un K de la prostate, chez qui est apparu une insensibilité des derniers doigts de la main gauche (il n’a pas de traitement actuellement, n’a pas eu de chimiothérapie et il n’est pas diabétique … trois causes possibles de névropathie). Intrigué par ce symptôme curieux, inusité … (comme il est dit dans l’Organon), j’ai donc cherché dans le SYNTHESIS à « insensibilité, main » (p. 1623), on y trouve  : Aconit, Kreosotum, Plumbum, Stramonium (remèdes qui ne semblent pas correspondre), puis « insensibilité doigts, à la piqûre » : Populus (al)

Quand on regarde POPULUS sur la matière médicale, il est précisé : « anesthésies cutanées localisées, consécutives à une intervention sur les voies urinaires » ! Elle n’est pas précise l’homéopathie ?

Je pense que l’irritation du méridien Vessie (chirurgie = attaque par le froid – méridien sentinelle) se transmet à son méridien couplé : IG, qui se termine sur le bord du petit doigt ! Populus est un remède du groupe de l’Aluminium (cf. P. Kollitsch), donc sur l’axe Rein/vessie — > Cœur/IG. Intéressant, n’est-ce pas ?

A propos de l'auteur
Jean Yves Henry
Médecin généraliste, homéopathe et acupuncteur. Auteur d'une dizaine d'ouvrages, il coordonne l'enseignement de confrères de toutes spécialités pour promouvoir l'aspect intégré de ce télé-enseignement médical et para-médical.