Cas clinique

Madame Nicole L… est une fort jolie femme de 35 ans qui se présente au cabinet pour un cortège de malaises physiques, mais en particulier :

  1. une mastodynie en fin de cycle très marquée (actuellement les douleurs et la congestion sont permanentes et maximales, car elle est enceinte de quelques semaines),
  2. des cystalgies continuelles à colibacilles, depuis deux ans. Les cures d’antibiothérapie multiples et séquentielles sont restées sans effet.

L’examen clinique ne révèle rien de particulier. Son comportement est assez hautain, fort recherché sur le plan esthétique. Elle avoue des difficultés relationnelles diverses. Cantharis 200K + Platina XMK utilisés après cette première consultation semblent procurer une légère amélioration …

Son époux me la ramène quinze jours plus tard, sur une civière, en coma hystérique ! Cette manifestation paroxystique cède rapidement à la prise de « Ignatia comp. » (contenant Arnica + Chamomilla + Ignatia amara 30K).

Je demande à la revoir : elle me décrit alors ses angoisses, ainsi que des ballonnements digestifs et une somnolence importante : ces symptômes cèdent à la prescription de Nux moschata 200K (en voyant le nom du remède, elle m’avoue alors consommer énormément de noix muscade, dont elle raffole et saupoudre tous ses aliments !).

Lors de nos rencontres suivantes, elle décrit ses « dons paranormaux » : elle voit « derrière les yeux des gens » … ! La rigidité, le perfectionnisme culpabilisant et l’attrait pour le divin me paraissent alors être les traits marquants de son caractère. La répertorisation indique Lilium tigrinum (mg), qui me parait convenir parfaitement à la situation actuelle.

Le PRS indique pour sa part :

  • HYPER = Albumines, Alpha 1 et 2, Euglob. Alpha
  • HYPO = Mercurius et Germanium (Lachesis ?).

Plusieurs plantes sont proposées, parmi lesquelles Chimaphila umbellata. La matière médicale homéopathique indique pour cette plante des symptômes mammaires et urinaires qui correspondent parfaitement. Dans la MM de P. Kollitsch, Chimaphila (al) est d’ailleurs placée entre Nux moschata (ba) et Platina (au).

Nous retrouvons au sein de l’éventail phytothérapique (plus de 200 plantes en mémoire d’ordinateur) le même « phénomène polycrest » qu’au sein de la matière médicale homéopathique : une trentaine de plantes ont une action étendue sur un maximum de paramètres et vont donc avoir tendance à être choisies souvent. D’autres plantes ont un spectre plus limité, une action plus focalisée sur un dérèglement particulier, elles ne seront sans doute choisies qu’en 7, 8 ou 9 ème position par la machine, mais vous devrez les préférer si leurs pathogénésies correspondent aux symptômes cliniques présentés.

A propos de l'auteur
Jean Yves Henry
Médecin généraliste, homéopathe et acupuncteur. Auteur d'une dizaine d'ouvrages, il coordonne l'enseignement de confrères de toutes spécialités pour promouvoir l'aspect intégré de ce télé-enseignement médical et para-médical.