Cholestérol et acides gras

alt   Cholestérol et acides gras

Les triglycérides sont des graisses légères dépendant de l’alimentation (gras et sucres surtout), tandis que le cholestérol est fabriqué à partir de tout (sucres, graisses et protéines).

  1. Les Triglycérides (acides gras) doivent être < à 2,3 mmol/l (soit 2 g./l.)
  2. Normalement le cholestérol total est < à 6,45 mmol/l. (soit 2,5 g./l.)

Or, le cholestérol est une molécule complexe précurseur des hormones stéroïdiennes. Ce sont des molécules cristallines. Il n’y a pas de « bon » ou de « mauvais » cholestérol, il n’y a qu’une sorte de molécule. Elle est insoluble : pour pouvoir la solubiliser, elle s’entoure de triglycérides, d’acides gras et de protéines porteuses (qui solubilisent les graisses : ce sont les Apo A et Apo B). Le cholestérol est indispensable à la vie, car il sert à la fabrication de la bile, à la synthèse des hormones stéroïdiennes et à la réparation des membranes cellulaires.

Le rapport des fameux « bon » et « mauvais » cholestérol dépendra donc de la quantité de triglycérides, d’acides gras et de protéines qui entourent le cholestérol. En fonction de cela il aura des destinations différentes. Le cholestérol est aussi sécrété sous forme d’acide biliaire qui servira à la digestion. Deux méthodes sont utilisées :

– le dosage des protéines porteuses :      Apo B = le cholestérol se dépose (?!)

                                                                 Apo A = moins il se dépose.

– Par chromatographie, on trouve le HDL (bon ?) et LDL (= athérogène : mauvais ?).

Il existe des personnes présentant plus ou moins précocement des troubles des graisses du sang. Cela semblait user prématurément le lit vasculaire (voir plus loin). Les premiers symptômes en sont :

  1. douleurs (tel que : artérite distale avec douleur d’effort, crampe dans les mollets à la marche qui oblige le patient à s’arrêter)
  2. une baisse de la vue (la rétine est richement vascularisée)
  3. chez l’homme des troubles de l’érection (qui est un phénomène vasculaire)
  4. le cœur (angine de poitrine, infarctus)
  5. le cerveau (troubles de mémoire, risque d’attaque cérébrale).

En pratique, on observe 3 types de maladies :

–> Hypertriglycéridémie (hyperlipémie de type 4) : trouble alimentaire, généralement avec surpoids, et consommation d’alcool. Le traitement est avant tout diététique + et le sport (qui brûlera les TG).

–> Hypercholestérolémie vraie  (type 2a) : pathologie familiale, ou personne soumise à un stress permanent (sécrétions d’adrénaline et cortisone) qui ont été traitées par les Statines

–> Hypercholestérolémie mixte (type 2b) qui ont été traitées par les Fibrates.

NB. Des accidents mortels ont été observés en associant statines et fibrates (deux classes d’hypocholestérolémiants, pour être plus efficace ?!) :  il y a eu plus de 50 morts en 2002 !

L’hyper cholestérolémie et l’augmentation des Triglycérides se manifestent dans :

–      le diabète (c’est un des premiers signes – surtout diabète type 2)

–      l’hypothyroïdie (car diminution du métabolisme)

–      le syndrome néphrotique (chez enfant, avec oedèmes)

–      lors d’un alcoolisme chronique

–      la pilule (oestro-progestative) ou le THS qui font monter les graisses du sang

–      les corticoïdes au long cours ou l’anorexie mentale

–      les bêtabloquants et les diurétiques (traitements des HTA)

–      les antiprotéases dans l’infection à VIH, avec des lipodystrophies.

La fin du « mythe du cholestérol » …

Un livre étonnant vient de sortir : « Dites à votre médecin que le cholestérol est innocent, il vous soignera sans médicament » … d’un cardiologue et chercheur du CNRS : Michel De LORGERIL (éditions Th. Souccar) ! Je vous en conseille à tous la lecture… Ce livre est remarquable à de multiples niveaux, car il met en lumière la constante manipulation depuis plus de 30 ans – par les grands laboratoires – des experts, des médecins, des médias et des patients, dans le seul but d’augmenter les ventes de « médicaments » inutiles et potentiellement dangereux. Ceci n’étant qu’un exemple abouti de l’actuelle « société spectaculaire et marchande » (Guy Debord).

Evidemment, là comme dans beaucoup d’autres domaines, les praticiens utilisateurs des BNS avaient l’impression de ramer à contre-courant, tant le consensus sur les hypolipémiants était largement partagé (actuellement, 10% de la population est sous Fibrates, Statines et/ou Aspirine) ! De quoi s’agit-il exactement :

Il est communément admis que taux de mauvais cholestérol (LDL) doit être le plus bas possible, afin de protéger vos patients des maladies cardio-vasculaires …

Or, lorsqu’on se donne la peine de lire attentivement les différentes études effectuées, on se rend compte :

1 – que la linéarité entre pathologie vasculaire et « Cholestérol, Cholestérol-HDL et Triglycérides » n’existe que chez les hommes de plus de 50 ans des populations nord européenne et américaine … chez les femmes, les méditerranéens (cf. ce que l’on appelle the french paradox) et les japonais, une telle corrélation n’existe pas !  … Or, pour les lipides dosés, ces corrélations n’existent que dans des situations particulières : diabète associé, insuffisance rénale ou rares cas des hyperlipémies familiales malignes (sujets homozygotes, 1 cas par million – maladie de stockage des lipides).

2 – que la réduction du cholestérol par divers moyens médicamenteux (phytostérols, fibrates, statines et inhibiteurs d’absorption) et ce jusqu’à – 40%, n’a aucun effet sur la mortalité observée, en prévention primaire ou secondaire des pathologies vasculaires ! Les essais de modification du rapport HDL/LDL ont également tous échoués à prouver une quelconque efficacité : il n’y a donc pas de mauvais et de bon cholestérol !

3 – que ces médicaments ont de nombreux effets secondaires :

  • Altérations musculaires (décelables à la biopsie), induisant crampes et douleurs,
  • Augmentation de la fréquence du syndrome de résistance à l’insuline,
  • Augmentation des risques de pathologie infectieuse et de cancers,
  • Toxicité pancréatique, rénale, osseuse (ostéoarthrite de hanche) et dégénérescence maculaire,
  • Accélération du déclin cognitif (par altération du métabolisme des acides gras essentiels).

4 – que les traitements du stress oxydatif (théorie du cholestérol oxydé) n’ont pas eu d’effets cliniquement observables (inutilité de la vitamine E), que le traitement de l’inflammation (théorie inflammatoire, cf. les COXIBs, dont le Vioxx® fait partie) et de l’agrégation plaquettaire (Aspirine) ont démontré leur nocivité.

Mais, par la puissance de ses moyens, l’industrie pharmaceutique a minimisé ces complications, magnifié quelques résultats (oubliant au passage les études contradictoires) et fait baisser les normes admises du cholestérol au niveau de celui des orangs-outangs végétariens de Sumatra (?!), ce qui permettait d’inclure dans les recommandations officielles une large partie de la population. La décision est importante, car les pathologies vasculaires représentent 35% des décès tous âges et sexes confondus et au sein de ceux-ci 70% sont le fait d’une fibrillation ventriculaire (mort subite ou dans l’heure qui suit les premiers symptômes).

Afin de solubiliser les graisses, le corps utilise le Cholestérol, les Apo-lipoprotéines et l’Albumine. Dans les plaques d’athérome, on trouve 70% de fibrose (cf. l’importance du facteur Gamma-précipitines dans le « coefficient d’athérogénicité » des PRS) et 30% de lipides, dont seulement 10% de cholestérol. La partie lipidique occupe en général le centre et confère une certaine souplesse à la lésion, donc contribue à ce que celle-ci soit moins sténosante. Le cholestérol ne bouche pas les artères !

Arrêtez les hypolipémiants immédiatement !

Le paradoxe est que ce processus sclérosant chronique de l’athérosclérose, qui est lentement obstructif de l’artère, est protecteur contre le risque de thrombose aiguë et d’ulcération de celle-ci. Cette dualité de l’inflammation (aiguë et chronique) constitue un problème majeur pour toutes les formes de prévention des complications cardio-vasculaires : le BNS est à ce niveau un examen capital, car il identifie précisément l’état actuel de cet équilibre et il propose un traitement physiologique adapté. Cette fibrose de mécanisme immunitaire s’associe à l’occasion à des thromboses localisées, déclenchant les accidents observés dans les maladies vasculaires. Ces deux mécanismes dépendent des quantités d’acides gras disponibles, qui sont les précurseurs des Thromboxanes (COX1) pro-inflammatoires. Les acides gras Oméga 3 ont à ce niveau un rôle essentiel :

  • Stabilisant du rythme cardiaque (à la dose de 1gr./jour en post infarctus)
  • Equilibrant du système nerveux sympathique
  • Augmentant la résistance à l’ischémie.

Si nous rejetons les multiples études biaisées des laboratoires fabriquant les hypolipémiants, nous observons par contre que les études épidémiologiques sont tout à fait parlantes en ce qui concerne la conduite à tenir pour protéger efficacement vos patients d’un accident vasculaire. Pour ce faire, il faut et il suffit :

1/ D’arrêter le traitement hypolipémiant (fibrate/statine) ou/et antithrombotique (aspirine) en cours et de le(s) remplacer par un apport régulier en acides gras Oméga 3. Les études DART, de Lyon (sur 5 ans, en 1999) et GISSI ont démontré une réduction de 50% du nombre des décès !

2/ Remettre en cause ses conditions d’existence :

  • insister pour réduire les cofacteurs de risque : surpoids abdominal, HTA, diabète non équilibré (trois des facteurs du Syndrome Métabolique), ainsi que l’arrêt du tabac.
  • lutter contre la sédentarité (3 fois ½ heure de sport par semaine au moins réduit le risque d’accident vasculaire de 50%),
  • lui apprendre le régime méditerranéen, c’est-à-dire une alimentation variée, riche en fruits et légumes frais, salades de saison, légumes secs et fruits à coques, céréales peu raffinées, œufs, poissons et laitages fermentés (brebis et chèvres), huile d’olive et herbes aromatiques, avec un peu de vin ou de thé (polyphénols)…

A ce niveau, il faut noter l’importance d’une alimentation « bio », pauvre en pesticides et herbicides, mais aussi respectant la chaine alimentaire traditionnelle, ex. : les œufs de poule élevées au mais sont pauvres en Oméga 3, contrairement aux œufs de poules élevées en liberté. Méfiez-vous des margarines enrichis en phytostérols (hypolipémiants), car elles réduisent l’absorption digestive de certaines vitamines, notamment les caroténoïdes (impliqués dans le risque de cancer du sein) !

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Le Cholestérol, molécule indispensable à la digestion (acides biliaires), aux structures tissulaires (constituant des parois cellulaires) et à l’équilibre hormonal (précurseur des hormones stéroïdiennes), est au niveau du sang un simple transporteur d’Acides gras, marqueur des habitudes alimentaires (sucres, gras, alcool) et du mode de vie (tabac, sédentarité et stress).

NB. Dans un article récent de « Science et vie » (Mai 2008), le journaliste étudie les différents arguments … « Le moins est-il vraiment le mieux » conclut-il ?!

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Dernier développement sur la question, téléchargez l’article suivant :

Les parapluies d’Absurdie

 

A propos de l'auteur
Jean Yves Henry
Médecin généraliste, homéopathe et acupuncteur. Auteur d'une dizaine d'ouvrages, il coordonne l'enseignement de confrères de toutes spécialités pour promouvoir l'aspect intégré de ce télé-enseignement médical et para-médical.