Complexes Reckeweg : rhumatologie

Les « rhumatismes »

La rhumatologie est une spécialité extrêmement vaste que nous ne prétendons pas visiter en une conférence. Nous allons donc focaliser notre attentions sur quelques points qui nous paraissent essentiels, car souvent rencontré en clinique et source de difficultés et d’échec thérapeutiques. Nous allons ainsi tout de suite différencier les affections/symptômes qui sont à rattacher à une dysfonction particulière :

  • –> Ostéo-articulaires, dont l’origine est surtout au pôle Rein (minéralisation)
  • –> Tendino-musculaires, dont l’origine est essentiellement au pôle Foie (acide lactique)

 

Le malade est aussi porteur de signes périphériques, subjectifs et/ou objectifs, qui ont une valeur signifiée, car chacun vit « son » rhumatisme à sa façon, le comportement devant l’algie étant souvent significatif. Il faut « voir et comprendre », et en particulier chercher « les douleurs rapportées » qui n’appartiennent pas à l’architecture osseuse, musculaire ou articulaire, mais aux organes profonds, s’exprimant en périphérie par l’intermédiaire des nerfs rachidiens et des plexus nerveux.

L’enquête étiopathogénique s’étendra donc aux signes associés : affections rénales (lithiase), gynécologiques (fibrome, kyste ovariens, rétroversion …), cardiaque (angor), digestive (hernie hiatale, lithiase biliaire …), zones réactogènes (foyers dentaires, cicatrices …). Elle est compliquée par le fait qu’il n’existe souvent pas de parallélisme entre douleurs et signes radiographiques. Ainsi une cervicobrachialgie invalidante peut être signalée que par un petit effacement de la lordose physiologique, alors qu’une cervicarthrose évoluée sera indolore !

La douleur rhumatismale correspond à ce que la MTC décrit comme « BI » : le « Syndrome d’obstruction douloureuse » à la libre circulation du sang et de l’énergie.

Les causalités sont souvent associées : on parle des « trois démons » de la MTC. On peut cependant les différencier par leurs modalités particulières :

  • VENT (soucis) = douleurs erratiques, suite d’efforts, d’émotions, de changement de temps
  • FROID (traumatismes) = frilosité, raideurs (dérouillage matinal), douleur unilatérale intense
  • HUMIDITE (oedèmes) = gonflement, localisation fixe et lourdeur de la zone.

 

Ces causes rencontrent certaines faiblesses internes et la situation peut évoluer rapidement et se manifester sous forme de :

GLAIRES (chronicité) = obstruction des liquides organiques : douleurs en « coup de couteau ». Phénomène favorisé par l’insuffisance de Qi (> au repos) ou de Sang (anémie)

CHALEUR (aigu) = articulations chaudes, rouges et gonflées. Phénomène favorisé par les Glaires (type chaleur-plénitude, cf. Belladonna ou Lachesis), ou l’insuffisance d’EAU et de YIN du Rein (type chaleur-vide, cf. Ferrum phos. ou Sepia).

 

La manifestation « BI » se localisera alors sur l’organe le plus fragile :

  • FOIE = tendons … douleurs et raideurs (entorse, PSH …)
  • COEUR = stase de sang … phlébite
  • RATE = volume des muscles … faiblesse, amyotrophie
  • POUMON = peau … sensation de froid local
  • REIN (sécheresse) = déformations … arthrite (goutte, PR)

 

Le Froid en surface se développe volontiers sur la Sécheresse en profondeur (cf. Causticum), exemple : rhizarthrose du pouce (à la ménopause) = Froid (microtraumatisme) sur sécheresse tissulaire (par carence hormonale). L’Humidité et la Chaleur s’associent volontiers (l’un en profondeur et l’autre en surface, cf. Natrum sulfuricum).

 

Rétablir une circulation correcte du sang et de l’énergie fait disparaître la douleur !

 

Une diététique physiologique visera donc à :

  • « chasser le VENT » =
    • 1/ « Nourrir le sang du Foie » … aliments riches en fer (viande rouge, boudin noir)
    • 2/ « Mobiliser le sang du Foie » responsable de contractures … goûts acides (citron, vinaigre)
  • « disperser le FROID » = évitez les légumes crus et les boissons froides
  • « éliminer l’HUMIDITE » = évitez les sucres et les crudités
  • « dissoudre les GLAIRES » … évitez le lait et les fromages
  • « évacuer la CHALEUR » … évitez l’alcool et les épices.

 

Dr. Reckeweg® R7 HEPAGALEN … décongestion et relance hépato-vésiculaire : Carduus marianus D2 + Chelidonium D2 + China D3 + Cholesterinum D6 + Colocynthis D6 + Lycopodium D4 + Nux vomica D4

Dr. Reckeweg® R60 PURHAEMIN … drainage sang (et glaires) : Aranea diadema D12 + Conium D30 + Fumaria D6 + Hepar sulfur D12 + Juglans D6 + Myosotis arv. D6 + Sarsaparilla D6 + Scrofularia D6

 

A – L’arthrose … Le trépied symptomatique de l’arthrose comprend : la douleur, la raideur et l’épanchement, auxquels viennent parfois s’ajouter : craquements, déformations et impotence fonctionnelle.

Les conceptions actuelles de l’arthrose s’opposent à la vision ancienne d’une « usure liée à l’âge » : cette affection apparaît précocement, nous n’en voyons que les symptômes tardifs : des lésions cartilagineuses, avec production d’ostéophytes ou de chondrophytes, pathologie chroniques dégénératives non inflammatoire (ou très peu).

Les causes font encore débat et seront toujours à rechercher :

  • exogènes : surpoids, travail pénible (microtraumatismes) ou au contraire sédentarité !
  • endogènes : inflammation chronique (en hyper Alpha = enzymatique : rôle des allergies alimentaires et des dysbioses intestinales / hyper Gamma = évolution immune) qui va altérer la microcirculation / déséquilibre hormonal (rôle des cortico-hormonothérapies, des carences en vitamine D ?) / problème trophique endogène (ex.: acide urique, hémochromatose …).

Le traitement classique comprend :

—> des anti-inflammatoires, lors des poussées évolutives : injections de corticoïdes intra-articulaires (attention aux effets généraux) et les A.I.N.S. (dangereux et dont rien ne prouve l’efficacité à long terme),

—> des médicaments « chondro-protecteurs »: Piasclédine, Structum, Junctum … dont l’efficacité n’est pas vraiment démontrée.

—> des constituants du cartilage : glucosamine – chondroïtine-sulfate …

Or, quand il s’agit de construire une structure (ex. maison), il faut :

  1. des matériaux (briques et ciment, poutrelles …)
  2. de l’énergie (un maçon portugais avec sa brouette ?)
  3. un donneur d’ordre (le plan de l’architecte)

C’est à ces deux derniers niveaux que l’homéopathie aura le meilleur effet ++

 

Principaux remèdes en homéopathie :

* La sycose humide :

  • Thuya occ. = cellulite, état catarrhal des muqueuses (glaires), < HMD
  • Medorrhinum = affection ancienne, sujet impatient et anxieux, amélioré la nuit.

* La « sycose sèche » (fibrose et douleurs aggravées par l’immobilité) :

  • Causticum = raideurs et crampes, aggravé par le vent froid. Tableau de déshydratation (déficit hormonal), peau sèche (rides).
  • Tuberculinum residuum = rhumatisme ankylosant, peu influencé par l’humidité.

* En traitant le déséquilibre minéral (basses dilutions):
 Calcarea carb., Calcarea phos., Calcarea fluor., Baryta carb., Ferrum phos., Silicea, Heckla lava (exostoses), …

 

Dr. Reckeweg® R46 MANURHEUMIN … affections rhumatismales des bras et petites articulations, douleurs rhumatismales aggravées par l’humidité : Ferrum phos. D12 + Lithium carb. D12 + Natrum sulf. D30 + Nux vomica D30 + Rhododendron D6 + Spiraea ulmaria D12

Dr. Reckeweg® R71 ISCHIALGIN … arthrose vertébrale et sciatique avec « fourmis dans les jambes » : Aconitum D4 + Arsenicum alb. D30 + Colocynthis D4 + Gnaphallium D3 + Magnesia phos. D8

Dr. Reckeweg® R73 SPONDARTHRIN … arthrose de la hanche et du genou : Sulfuricum acidum D6 + Argentum D12 + Arnica D4 + Bryonia D4 + Causticum D12 + Ledum pal. D3

La posologie moyenne de ces remèdes est de 10 gouttes 3 fois par jour. En phase aiguë, on pourra rapprocher les prises à 10 gouttes toutes les 2 heures.

 

B/ L’arthrite

— Simple : la douleur est vive, elle est apparue brutalement = période inflammatoire avec phénomènes vasomoteurs loco-régionaux. Principaux remèdes en homéopathie :

Bryonia alba … La SECHERESSE – inflammation des séreuses avec ankylose, VS accélérée. Patient immobile, sec (aggravées par le mouvement et la chaleur). Douleurs permanentes au repos, améliorées par la pression locale.

Ou :

Rhus toxicodendron … La CHALEUR par stagnation, car « vide de YANG » = raideurs : atteinte des tendons et des muscles (foie). Amélioré par le mouvement, qui réduit la stagnation. Patient agité, dérouillage le matin ++, retour des douleurs à la fatigue le soir. Douleurs diurnes, aggravées par le repos prolongé et l’humidité.

Ou :

Rhododendron ou Dulcamara … L’HUMIDITE – remède des fascias et du périoste (épaules et talons). De modalités intermédiaires entre Bryonia et Rhus tox : douleurs erratiques + raideurs, Sciatique avec sensation de meurtrissure, aggravée par l’humidité et la nuit.

 

Dr. Reckeweg® R7 HEPAGALEN … periarthrite scapulo-humérale ou tendinites (l’acide lactique est en cause) : Carduus marianus D2 + Chelidonium D2 + China D3 + Cholesterinum D6 + Colocynthis D6 + Lycopodium D4 + Nux vomica D4

Dr. Reckeweg® R11 LUMBAGIN … Rhumatismes inflammatoires et Spondylarthrite : Berberis vulgaris D4, Calcium phosphoricum D12, Causticum D6, Rhododendron D4, Rhus toxicodendron D4, Dulcamara D4, Nux vomica D4

Dr. Reckeweg® R61 LUMBAGIN pommade

Dr. Reckeweg® R50 SACROGYNOL … Douleurs lombosacrées chez la femme : Aesculus D6 + Actea racemosa D4 + Colocynthis D6 + Natrum mur. D30 + Nux vomica D30 + Phytolacca D8 + Strontium carb. D12

Dr. Reckeweg® R 91 Formule d’OXYGENATION cellulaire … la fatigue, le stress oxydatif, donc l’inflammation et les douleurs (ADN et ARN D6, Acide folique D6, Vit B 12,B 15 et B17 D3, Fucus D4, Pollen D3, Zincum met. D8).

 

— Arthrite aiguë + fièvre = Arthrite bactérienne !

Dr. Reckeweg® R1 ANGINACID … modulateur de l’inflammation : Apis mel. D4 + Baryta mur. D6 + Belladonna D4 + Calcarea iod. D4 + Hepar sulf. D12 + Kalium bichrom. D4 + Lachesis D12 + Teucrium marum D6 + Mercurius sol. D5 + Phytolacca D4

Evoquons aussi quelques remèdes homéopathiques anti-infectieux spécifiques : Aurum (ostéomyélite), Echinacea (granulome), Siegesbeckia (lymphangite) …

 

— Monoarthrite micro-cristalline : la goutte en tout premier lieu qui nécessitera un régime alimentaire spécifique (éviter : poissons, viandes jeunes et abats) et une exploration de la fonction rénale (la crise de goutte en est souvent le premier symptôme !).

Dr. Reckeweg® R18 CYSTOPHILIN … draineur des reins et de la vessie (surtout si antécédents de lithiase ou de cystite) : Berberis D4 + Cantharis D4 + Dulcamara D4 + Equisetum hiemale D6 + Eupatorium purpur. D3

 

C/ L’ostéoporose :

L’ostéoporose est liée au déplacement de la masse calcique, de l’os vers le tissu conjonctif (ostéophytose) et l’endothélium des vaisseaux (artères calcifiées). Ce phénomène est essentiellement du à une désadaptation endocrinienne prolongée (ovarienne vers 50 ans et parathyroïdienne plus tard). On observe une raréfaction de la trame protéique de l’os (agrandissement des espaces médullaires et atrophie trabéculaire), exposant au risque de fracture. Seule une ostéodensitométrie > à – 2 écart-types permet de l’affirmer. Curieusement, les résultats de celles-ci sont assez systématiquement basses (validité des moyennes ?).

Incidence de l’ostéoporose en % population, en fonction de l’âge :

60 ans = 10%           70 ans = 20%           80 ans = 40%

En fait, ce n’est qu’à partir de 80 ans que le risque fracturaire devient important !

Le tassement vertébral est la complication la plus fréquente : 7 000 tassements sont découverts chaque année en Suisse (50% après 85 ans), alors que tous les paramètres biologiques classiques (VS, Calcémie, Calciurie, Phosphore …) sont normaux ! Les causes peuvent être iatrogènes (alcool, corticoïdes, hormones thyroïdiennes, héparine, IPP, chimiothérapie …..).

 

Les classiques proposent :

—> Le calcium 1500 mg/jour maximum (norme de la FDA)… mais risque de calcul rénal augmenté. Saviez-vous en outre que la prise de Calcium augmente la tension artérielle ?!

—> La vitamine D 800 UI/jour, l’ostéomalacie en est l’indication privilégiée, mais savoir qu’elle augmente le risque d’aggravation d’une artériopathie des membres inférieurs ou même coronarienne !

—> Les biphosphonates sont actuellement très utilisés dans l’ostéoporose, la maladie de Paget et l’hypercalcémie des métastases cancéreuses. Leur mode d’action est un ralentissement du remaniement osseux, par blocage de l’activité des ostéoclastes. On ne peut plus ignorer que ces traitements (Fosamax®, Bonviva®, Didonel®, Actonel®, Clastoban®, Lytos®, Zometa® …) sont à l’origine d’ostéonécroses de la mandibule et du maxillaire (ONM). Ces complications peuvent apparaître pendant et après un traitement par Biphosphonates, car ces remèdes diminuent l’angiogenèse et contribuent à la disparition progressive de la vascularisation intra osseuse. Ils ne sont que très faiblement métabolisés et s’accumulent dans l’organisme. Si on peut accepter ce risque (de 0,8 à 12 % des cas selon les auteurs) dans les myélomes multiples et les métastases osseuses de certaines tumeurs (la voie intra-veineuse est alors conseillée), il nous paraît extrêmement risqué de maintenir un tel traitement, surtout que l’on sait que le risque d’ONM est majoré par le moindre foyer inflammatoire ou infectieux de voisinage. Ainsi les lésions apparaissent fréquemment après une extraction dentaire (risque multiplié par sept) ou une chirurgie buccale simple (dépose de prothèse par exemple). Ces ulcérations peuvent aussi survenir spontanément, même sur des maxillaires édentés ! Lorsque l’ostéonécrose est avérée, il n’y a plus qu’à adresser votre patient au service hospitalier de chirurgie maxillo-faciale, car la nécrose peut envahir largement la mandibule. A ce stade, il n’y a plus grand chose à faire, les reconstructions ou les greffes étant à éviter : reste la prescription d’antalgiques, d’un antiseptique local et un débridement chirurgical si nécessaire.

—> Les anticorps monoclonaux (Prolia, Amgen) qui inhibent la formation, la fonction et la survie des ostéoclastes et du « Rank ligand » médiateur essentiel de la résorption osseuse. Il s’administre via une seringue pré-remplie (60 mg), en sous-cutané, une fois tous les 6 mois. Contre-indication : les hypocalcémies. Effets secondaires : ceux des biphosphonates + infections (cutanées, urinaires ou respiratoires), eczéma et rougeurs articulaires.

 

Les homéopathes savent depuis longtemps que cinq minéraux sont à la base du métabolisme osseux : le Calcium, le Magnésium, le Phosphore et la Silice (agent de pontage entre polysaccharides et protéines).

Dr. Reckeweg® R34 CALCOSSIN … fracture ou ostéoporose : Calcarea carb. D30 + Calcarea fluor. D12 + Calcium phosphoricum D12 + Chamomilla D6 + Hekla lava D12 + Mezereum D6 + Mercurius rubr. D12 + Silicea D30

Avec, selon le sexe :

Dr. Reckeweg® R19 EUGLANDIN M … équilibre hormonal masculin : Thymus D12 + Thyroïdea D12 + Hypophysis D12 + Pancreas D12 + Surrenale D12 + Testis D12

Dr. Reckeweg® R20 EUGLANDIN F … équilibre hormonal féminin : Thymus D12 + Thyroïdea D12 + Hypophysis D12 + Pancreas D12 + Surrenale D12 + Ovarium D12

 

Auquel on pourra ajouter, selon le cas, pour des douleurs erratiques de décalcification : Arsenicum album, Fluoricum acidum, Phosphorus (douleurs brûlantes, améliorées par le repos), Symphytum

Dr. Reckeweg® R69 INTERCOSTALIN … douleurs intercostales : Arsenicum album D12 + Colocynthis D12 + Ranunculus bulb. D2 + Rhus tox. D30

Dr. Reckeweg® R70 PROSOPALGIN … névrites : Aconitum D4 + Cedron D4 + Colocynthis D6 + Kalmia D3 + Verbascum D2

 

Bibliographie :

  1. « Spécialités homéopathiques » Lab. Dr. Reckeweg (http://www.reckeweg.de)
  2. « Matière médicale thérapeutique »   Paul Kollitsch (1955, réedition Hélios 1989)
A propos de l'auteur
Jean Yves Henry
Médecin généraliste, homéopathe et acupuncteur. Auteur d'une dizaine d'ouvrages, il coordonne l'enseignement de confrères de toutes spécialités pour promouvoir l'aspect intégré de ce télé-enseignement médical et para-médical.