Maladie de Crohn

La maladie de Crohn (MC), également appelée iléite ou colite ulcéreuse

 

C’est une maladie inflammatoire chronique (auto-immune) de l’intestin (voir chapitre « MICI ») pouvant atteindre tous les segments du tube digestif (de la bouche à l’anus), avec une nette prédilection pour l’iléon terminal. La maladie se déclare préférentiellement entre 20 et 40 ans, elle évolue par poussées entrecoupées de rémissions.

Les causes en sont multiples, la vaccination paratyphoïde (TAB-DT), largement répandue dans les armées et le service de santé a certainement sa part de responsabilité (tableau de typhoïde chronique). On pourra donc utiliser pour commencer : Para typhoïdinum B ou Luesinum.

Symptomatologie = diarrhée chronique (5 à 8 selles par jour), douleurs abdominales, fébricule et perte de poids.

Ses symptômes sont proches de la RCH au début, mais alors que celle-ci saigne, intéresse surtout le colon gauche et évolue par poussées, le Crohn est plus chronique et a des complications infectieuses qui peuvent s’organiser en fistules. En outre elles présentent toutes deux : 

  1. une répercussion osseuse : l’ostéoporose qui peut survenir, même en dehors de toute corticothérapie, et des manifestations articulaires (axiales ou périphériques) s’observent dans 30% des cas. Une supplémentation en Fer (Spiruline) + vitamine B12 (anémie), Calcium + Vit. D (risque osseux) devra être envisagé.  
  2. une fréquence augmentée de cancers digestifs (grêle = 30% après 25 ans d’évolution) et de lymphomes.

La biologie montre un syndrome inflammatoire banal : CRP et VS augmentés, leucocytose et polynucléose. Le diagnostic s’effectuera par iléocoloscopie + biopsie (ulcérations aphtoïdes), mais il n’y a pas de corrélation stricte entre rémission clinique, biologique et endoscopique ! 

Diagnostic différentiel : appendicite subaiguë, tuberculose iléo-cæcale, iléite infectieuse, colite iatrogène (AINS ou radique), sigmoïdite diverticulaire, cancer colique …

Pensez à une maladie de Crohn en cas d’aphtes buccaux ou de lésion ano-périnéale récidivante : c’est son mode de révélation dans 30% des cas (fissure, ulcération, abcès, fistule ou sténose … les abcès se chronicisent pour se fistuliser en des orifices cutanés multiples avec placard inflammatoire), mais il faut tenir compte d’un diagnostic différentiel fréquent, la maladie de Verneuil

Le traitement classique repose sur les salicylés (Pentasa), les corticostéroïdes (1 mg/kg/jour) au long cours (attention aux complications virales) et les immuno-suppresseurs (azathioprine ou méthotrexate). Une phase d’alimentation sans résidus ou même uniquement parentérale est proposée dans les phases de poussées. Le traitement chirurgical (résection de 30 cm d’iléon) est utilisé en dernier recours. Des anticorps anti TNF (dont Infliximab qui a obtenu une AMM) sont actuellement à l’étude : 2/3 de sujets répondeurs, mais il existe une atténuation de la réponse lors des retraitements.

NB. l’arrêt du tabac (facteur aggravant) est impératif dans le Crohn (contrairement à une action plutôt bénéfique dans la RCH ?!).

Remèdes plus spécifiques de la maladie de Crohn en phase aiguë (30 CH) = Cadmium sulf. ou Cadmium bromatum (zn) brûlures digestives, asthénie, parésies, évolution tumorale. Veratrum alb. (as) colique aiguë avec crampes abdominales et diarrhée, sueurs froides et faiblesse.

On peut aussi penser à : Arsenicum album, China (as) diarrhée épuisante, Gambodgia (mg), Podophyllum (s), Nitricum acid. (ac) fistule anale …

Un Bilan Nutrition-Santé va permettre de quantifier les différents aspects du problème et de choisir un draineur adapté.

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Le potentiel évolutif de la maladie se maintient à long terme : la maladie rechute périodiquement !

  1. après 3 ans d’évolution, 1/3 des malades est en poussée, 1/3 en rémission sous traitement, 1/3 sans traitement
  2. 20 ans après le diagnostic, les chiffres sont de ¼, ½ et ¼, mais 80% des patients ont nécessité une intervention chirurgicale. Quelques-uns ont eu un adénocarcinome iléal ou colique (8%), d’autres une thrombose veineuse, des occlusions, des perforations ou fistules (entéro-génitales ou anopérinéales) …

La Sérothérapie : « Diencéphale » + « SRE » + « Colon » et « Neuro-vasculaire »  NB. Etude sur 18 mois : 80% d’amélioration

Alimentation anti-inflammatoire avec le « Modulen » :
http://www.nestlenutrition.ch/healthcare/fr/Products/Pages/Modulen-IBD.aspx

NB. Un profil psychologique particulier : la majorité de ces patients refuse le statut de « malade chronique », ils conservent une activité professionnelle à temps complet (90%) et ont une réussite sociale en moyenne meilleure que celle de la population générale (problématique luétique ?).

A propos de l'auteur
Jean Yves Henry
Médecin généraliste, homéopathe et acupuncteur. Auteur d'une dizaine d'ouvrages, il coordonne l'enseignement de confrères de toutes spécialités pour promouvoir l'aspect intégré de ce télé-enseignement médical et para-médical.