Deux cas cliniques

Deux cas cliniques :

1 — Monsieur Gilles R… est un beau barbu né en 1956, commercial multicarte, qui souffre depuis 1995 de crises d’urticaire pouvant évoluer en d’œdème de Quincke. Celles-ci commencent derrière l’oreille (méridien TR), puis gagne la face et les yeux et enfin le corps que devient tout rouge. Ces crises sont fréquentes d’aout à janvier (Cœur – Poumon) et elles sont favorisées par les excès digestifs (Rate). Les antihistaminiques sont sans effets et les praticiens hospitaliers consultés n’ont pas d’explication, ni de solution …

urticaire-photo

Par ailleurs, il se plaint d’une fatigue importante (Poumon), d’une constipation chronique et de céphalées occipitales fréquentes (Rein), ainsi que de lumbagos répétés. Dans ses antécédents, on note une albuminurie (Rein).

Il me consulte en 1999. Le mécanisme classique de l’urticaire est une dysfonction Rate (aliment toxique) à Rein (sec) – axe des causes / qui ne contrôle pas le « feu du Cœur » à qui va s’exprimer à la peau – axe des manifestations.

Le BNS 24 est perturbé :

  • hypo Albumine + Alpha 1 (vide de liquides organiques = rein sec)
  • hyper Bêta et Gamma (inflammation chronique)
  • Euglobulines élevées (stress oxydatif)
  • Hg haut (blocage de rate) / Iode bas (allergie chronique)

URTICARY   BNS 24 ancienne présentation (courbe en « S »)

La plante proposée en premier est ERODIUM CITUTARIUM (k) géraniacée à la pathogénésie brève (Kollitsch p. 267) : hémorragies utérines (donc une plante du sang et avec des symptômes « chaleur »). Celle-ci supprime ses crises, réduit sa fatigue et gomme ses lombalgies. Par la suite, elle s’est révélée efficace sur la plupart de nos cas d’urticaire géant résistants aux traitements classiques.

 

Il me reconsulte en 2001 : l’urticaire revient, ainsi que les céphalées et les lombalgies. Entre-temps, il s’est fait opéré des varices et d’une thrombose hémorroïdaire. Le cholestérol est élevé (7,23 mu), les Gamma GT à 176.

Devant l’aggravation digestive, l’alcoolisation, le caractère coléreux et impulsif du monsieur, je prescris NUX VOMICA 30CH qui le soulage 15 jours seulement.

 

Il revient en 2002 : un eczéma des extrémités est apparu sur peau sèche (traité par corticoïdes locaux), ainsi qu’une gastrite à Hélicobacter pilori, confirmée par la gastroscopie. Il m’avoue que son médecin l’a mis sous TAHOR pour réduire son cholestérol élevé. Cela a – bien sûr – majoré ses lombalgies et fait apparaître une épicondylite bilatérale des coudes, traitée par AINS ! L’arrêt de ces traitements iatrogènes améliore notablement les symptômes. Je donne alors ANTIMONIUM CRUDUM (as) 30 CH (fidèle remède de patient eczémateux, à caractère difficile, avec polyphagie émotionnelle et gastralgie) et régulièrement un peu de Choléodoron (CURCUMA + CHELIDONIUM), formule anthroposophique, tonique du foie proposé par un nouveau BNS.

 

En 2007, il observe un retour des crises d’urticaire, malgré la reprise des gouttes d’ERODIUM. Les tests d’intolérances alimentaires (alors disponibles) révèlent une forte sensibilité à l’ŒUF. J’insiste sur l’importance de réduire la consommation alcoolique qui favorise la porosité intestinale. La situation s’améliore rapidement. Le BNS s’est normalisé et JUNIPERUS COMMUNIS (ch1) entretient la situation (remède de la « voie des eaux » donc d’eczéma et d’urticaire)

 

2 — Madame Véronique R… (son épouse, née en 1963) me consulte à son tour en 2005 pour des sensations de chaud/froid dans les jambes, avec perte de force progressive : impression de « jambes coupées ». L’IRM confirme la SEP, par la présence d’une douzaine de taches de sclérose autour des ventricules. Elle n’a pas d’autres antécédents qu’un rhume des foins

cerveaucoupes

Le BNS est perturbé :

  • hyper Bêta et Gamma (inflammation chronique) + EuGamma
  • La plupart des tests de remèdes sont à + 1,5 écart-type (orage immunitaire)

Je prescris du CALENDULA OFF. (hg) 1 DH (cicatrisant ectodermique) 30 gouttes par jour et des injections de « Cerebrum comp. » + « Ubichinon comp. » (lab. Heel). L’amélioration est rapide.

 

Elle revient en 2007, lors d’un épisode de névrite optique. Le BNS confirme CALENDULA, que j’appuie de SE Œil et FOIE (lab. Sérolab) et MANGANUM ACETICUM 30 CH (remède d’atteinte des moëlle et des articilations – yin du rein – donc de SEP : paraisies – et de PR : arthralgies – peu utilisé).

 

En 2009, elle va assez bien, même si la jambe droite traine un peu, mais elle se sent « énervée de l’intérieur » et « speed : fait tout à 200 à l’heure ». Je prescris ARGENTUM NITRICUM 30 CH qui la calme dès le lendemain. L’IRM montre une extension des taches, bien qu’elle n’ait pas eue d’autres poussées de sclérose.

 

En 2016, revue à l’occasion de son passage à Genève : état stable, le physique et les symptômes à l’IRM n’ont pas bougé. La ménopause s’est bien passée et elle est heureuse avec son mari qui gèrent à présent ensemble un petit hôtel au Québec.

 

A propos de l'auteur
Jean Yves Henry
Médecin généraliste, homéopathe et acupuncteur. Auteur d'une dizaine d'ouvrages, il coordonne l'enseignement de confrères de toutes spécialités pour promouvoir l'aspect intégré de ce télé-enseignement médical et para-médical.