Fatigue – gériatrie

    La fatigue et l’apragmatisme

Avec l’âge se produit une diminution de la résistance à l’effort physique et intellectuel. Des grilles d’évaluation existent, comme le : MMS (Mini Mental State) ou l’échelle ADAS (Alzeimer’s Disease Assessment Scale). I1 est important de distinguer :

A – l’asthénie physique, de survenue ou d’aggravation récente, qui peut s’accompagner de symptômes somatiques précis évoquant une maladie sous-jacente qu’il est important de diagnostiquer. En voici les causes principales :

  • Infection chronique inaperçue (dentaire, pulmonaire, urinaire …)
  • Maladie endocrinienne (hypothyroïdie) ou métabolique (diabète)
  • Une prise médicamenteuse (ordonnances multiples, ex.: hypotenseurs, psychotropes)
  • Anémie : China (as), déshydratation : Natrum mur. ou cardiopathie : Kalium carb
  • Cancer débutant (avec syndrome paranéoplasique ?), ex. : Carbo animalis

B – l’asthénie intellectuelle où le sujet se sent incapable d’efforts d’attention, de prise de décision, de mémoire, et même d’activité relationnelle. Cette asthénie est douloureuse, elle survient dès le matin, elle n’est pas améliorée par le sommeil, mais il peut y avoir des améliorations paradoxales dans l’après-midi ou la soirée : Ambra grisea (na) … le « coup de vieux » qu’il cherche à dissimuler, Cocculus (am), Kalium phos., les Natrums (carb., phos. ou sulf.), Nitricum acidum

C – l’incapacité fonctionnelle du sujet qui ne peut se livrer à certaines activités quotidiennes de nécessité ou de loisir, du fait de douleurs, de faiblesse musculaire ou d’incapacité cardio-respiratoire. Ex.: Kalium carb., Manganum : « Si je m’écoutais, je ne quitterais pas mon lit »!

Le syndrome d’apnées du sommeil (SAS) est défini par l’association d’une somnolence diurne et l’existence d’un ronflement avec plus de cinq apnées par heure de sommeil (2% des femmes et 4% des hommes de 60 ans). On observe la fréquence d’une obésité androïde et d’une HTA. Le diagnostic est affirmé par un enregistrement nocturne de la respiration et de la saturation en oxyhémoglobine. Des symptômes associés peuvent apparaître : troubles de mémoire, maux de tête au réveil, dépression et parfois même des troubles du rythme, un infarctus du myocarde ou un AVC !

D – l’apragmatisme, qui est le fait que le sujet n’envisage plus d’activités (manque d’initiative, d’intérêt). Cet état pourra évoluer vers un état dépressif, qui se caractérise par le renoncement douloureux aux activités de loisirs puis aux obligations de tous les jours.

Les dépressions (pôle Rein):

A noter que la présentation clinique des vieillards déprimés est moins évidente et moins franche que le tableau clinique généralement observé chez l’adulte. Ceux-ci mettent au premier plan des plaintes diverses :

  • Des troubles du sommeil (insomnie, cauchemars)
  • Des troubles de l’humeur (colère, anxiété, tristesse)
  • Des troubles somatiques (douleurs, dysfonctionnements digestifs ou urinaires).

On observe des formes différentes :

1 – Dépressions Réactionnelles (suite d’un événement récent) = le désarroi du vieillard déprimé

  • la perte d’objet (douleur du deuil, surtout du conjoint)
  • la perte de fonction (pulsions sexuelles)
  • la perte du Soi (chagrin à l’idée d’avoir à quitter la vie)

Le ralentissement psychomoteur se traduit par la perte de l’élan vital, de l’intérêt pour soi et pour les autres. L’évolution est souvent longue, car une fois la dépression dépassée grâce au traitement médical et au soutien psychologique, un cortège de symptômes névrotiques peut persister. Ex.: Causticum, Lycopodium, Natrum mur., Sepia

2 – D. Endogènes (accès mélancolique) -> pessimisme irréductible (l’élaboration mentale nécessaire n’est pas possible en phase dépressive), avec phases d’anxiété fébrile (Arsenicum alb.) ou P.M.D. (dépression bipolaire) d’apparition tardive (Aurum ?). L’interrogatoire recherchera les précédents épisodes dépressifs : Cyclamen (na)… regrets et remords, Helonias (mg). Le risque suicidaire existe (à 75 ans = 3 fois le risque à 20 ans !)

3 – Dépression associée à un autre trouble psychologique =

  • alcoolisme, ex. : Lachesis,
  • hystérie, ex. : Lilium tigr. (mg), Tarentula hispanica (ge),
  • inhibition des névroses, ex. : Gelsemium (mn), Thuya occ. …

4 – Dépression associée a une maladie somatique (connue ou ignorée) : hypothyroidie, maladie de Parkinson (Plumbum), à une iatrogénie médicamenteuse (Nux vomica ou Opium), à un cancer (Cadmium sulfur., Conium, Carbo animalis …).

A propos de l'auteur
Jean Yves Henry
Médecin généraliste, homéopathe et acupuncteur. Auteur d'une dizaine d'ouvrages, il coordonne l'enseignement de confrères de toutes spécialités pour promouvoir l'aspect intégré de ce télé-enseignement médical et para-médical.