Galénique chinoise

Les facteurs influençant les mouvements des remèdes

Par ailleurs les caractéristiques des médicaments peuvent êtres modifiées par :

  • la préparation : certains médicaments doivent être préparés avant leur emploi :
  • Ma Huang / Herba Ephedra : est piquante, amère et tiède diffuse le Qi du poumon, calme la dyspnée, induit la transpiration, cette herbe à un mouvement de monter et d’extériorisation, préparée au miel sa tendance est accentuée ,sa descente sa montée sont inhibées
  • Da Huang / la rhubarbe : amère et Froide, elle est purgative, sa descente est marquée, sautée, elle transforme les stases et active le sang, elle est plus montante.
  • l’association de plusieurs produits : très souvent les prescriptions sont composées d’association de produits.

Ainsi, préparation et association peuvent modifier les propriétés ascendantes, descendantes, flottantes et sombrantes des substances médicamenteuses.

Toutes les médications préparées avec de l’alcool sont des médications ascendantes parce que l’alcool fait monter. 

En homéopathie, toutes les DH que nous avons chez nous sont à base d’alcool. Or l’alcool est ascendant et c’est chaud. Ce seront donc des remèdes chauds.

Par exemple, une menthe en 1 DH, l’effet de la nature de fraîcheur est temporisé par l’alcool utilisé pour les préparations homéopathiques.

En homéopathie, nous pouvons faire des mélanges très cohérents en dispersants (piquant) ou nourrissants (doux), en faisant descendre (salé) etc…

Tous les outils que nous avons, nous en faisons notre alchimie : c’est intéressant d’en connaître la nature et les saveurs.

  

En Médecine Chinoise, ce n’est pas plus compliqué que cela : c’est froid, c’est chaud, il y a une stagnation de Chaleur, il y a de la Chaleur en haut ou en bas, il y a un problème sur le Correct avec un Vide d’Energie ou de Sang ou encore un Vide de Qi et à ce moment il faut tonifier. 

Mais il n’y a pas que les toniques, il y a le reste aussi, en fonction de si nous sommes sur « les branches » ou « les racines ». Par exemple :

Les remèdes préparés :

  • à l’alcool ils ont une propriété ascendante,
  • au gingembre ils sont dispersants,
  • au vinaigre ils sont astringents,
  • à l’eau salée ils ont la propriété de faire descendre.

Une prescription composée d’une petite quantité de produits ascendants et se dirigeant vers la superficie, ainsi qu’une abondance de produits descendants et sombrants a pour propriété de faire descendre, de faire circuler vers la profondeur.

Une prescription composée d’une faible quantité de produits descendants et sombrants ainsi qu’une grande quantité de produits ascendants et flottants a pour propriétés d’élever, de faire monter.

Il est important de toujours mettre des remèdes qui vont à l’opposé pour permettre de temporiser, de faire circuler et de potentialiser les effets.

C’est grâce à la connaissance de leurs aspects normaux et des modifications qui peuvent leur être apportés qu’il est possible d’utiliser correctement les substances médicinales et d’obtenir un résultat thérapeutique idéal.

 

 Préparation des Remèdes 

Les sept facteurs qui influencent l’efficacité des remèdes :

  • Certains sont liés au médecin
  • Certains ne le sont pas !
  • L’origine, la provenance des remèdes

Que ce soit pour les végétaux, les minéraux, ou certains produits animaux, les mêmes produits n’ont pas les mêmes noms selon leur provenance ! Les appellations peuvent différer selon les régions, seule la classification botanique et la dénomination latine peut être pris en compte

  • Le lieu de production

Pour les végétaux, le terroir rentre en ligne de compte dans les éléments de composition de la plante, ce qui aura pour effet d’influencer efficacité thérapeutique de l’herbe.

Par exemple :

Le Thym / Thymus vulgaris : aromatique, légèrement amer, de nature tiède, transforme les mucosités, régule le Qi de la rate, dissipe la chaleur de la vessie

Cette herbe aura des compositions différentes selon qu’elle sera cultivée sur le rebord méditerranéen ou dans le nord de la France.

Qing Hao / Herba Artemisia / l’herbe d’absinthe : qui est amère et piquant, de nature froide, a pour tropisme le foie et la vésicule biliaire. Elle évacue la chaleur de l’été :

  • Fièvre résiduelle nocturne s’abaissant au petit matin sans sueur
  • Syndrome d’humidité-chaleur avec alternance de tiédeur et de chaleur fièvre et transpiration irrégulière, vertiges, céphalées.
  • Paludisme avec alternance de froid de chaud

En Chine d’absinthe cultivée dans le sud est réputée pour être plus active pour le paludisme.

NB. Pour les minéraux, il existe un environnement écologique particulier à une région

 

  • La cueillette

C’est la période la meilleure où se trouve au maximum les composants actifs : il s’agit d’un totum, l’efficacité la meilleure est à la floraison

Par exemple` :

  • Pour le Mûrier feuille, la cueillette ce fait en hiver (mais il doit faire SEC !)
  • Pour les bourgeons ou jeunes pousses, la cueillette se fera au printemps
  • Ju Hua / la fleur de chrysanthème : piquante sucrée et amère de nature fraîche, ayant pour tropisme le foie et le poumon. Il clarifie la chaleur du foie élimine les toxines : douleur et gonflement des yeux, dans le syndrome d’excès de foie, yeux rouges (la fleur est récoltée en bouton).
  • L ‘âge de la plante

Par exemple, pour le ginseng, il lui faut pour être parfaitement actif, une maturité de six années.

  • Le stockage

Le temps de stockage pour les remèdes frais aura une influence sur les principes actifs. Certains remèdes développent une efficacité plus probante si on les stocke longtemps. L’aubier, avant la montée de la sève.

Toute les agrumes, dont on utilise la peau, sont séchées au soleil, puis conservées plusieurs mois :

Ju Pi / zeste de mandarine : qui est piquante amère et tiède, régule la rate et l’estomac dissipe les glaires

Qing Pi / zeste de citron vert : qui est piquante, amère et tiede, disperse la stagnation du foyer médian et régule le foie

Ces zestes peuvent être stockées longtemps avant d’être sautées au wok.

 

  • La voie de pénétration des herbes

La pénétration de certaines substances sera d’autant plus active selon sa localisation : elle peut être orale, muqueuse (buccale, anale, vaginale…). La forme galénique peut influencer l’efficacité des herbes ++

Les herbes peuvent être prescrites sous forme de :

  • Décoction
  • Pilule ou poudre
  • Suppositoire

Certains produits ne peuvent pas être décoctés. Certains remèdes seront plus efficaces sous certaines formes galéniques :

  • En aiguë, la décoction est d’action plus rapide
  • En chronique, les pilules de concentré de plantes sont d’action plus lente

 

8) Les techniques de traitement des herbes – Pao zhi

En chinois, le terme consacré pour désigner le traitement des herbes est Pao zhi. C’est un ensemble de techniques basées sur les théories de médecine traditionnelle et développées pour pouvoir répondre aux différents besoins du traitement des maladies, de la combinaison des herbes et de la production des formes pharmaceutiques. En Chine, il s’agit d’une technique classique courante, mais ses règles sont en évolution constante.

 

A) Les relations entre le traitement et les effets thérapeutiques

Le traitement des herbes est un facteur caractéristique de l’utilisation des herbes chinoises. La préparation est un processus visant à faire passer les médicaments de leur forme brute à leur forme transformée.

La pharmacopée chinoise utilise essentiellement des substances brutes. Cependant, parce que ces produits peuvent contenir des corps étrangers ou des parties inutilisables,

  • certains sont toxiques ou violents et ne peuvent être employés sans préparation,
  • d’autres s’altèrent rapidement
  • ou encore parce que le produit brut et le produit cuit n’ont pas les mêmes propriétés,

Il convient de préparer ou de traiter certains remèdes afin de les adapter aux besoins cliniques. Donc par le traitement l’effet de l’herbe est favorisé ou défavorisée par rapport à la plante sans traitement selon les besoins thérapeutiques ;

Traditionnellement on place les différentes techniques en quatre groupes :

  • Traiter pour changer la forme des herbes
  • Traiter pour changer la nature des herbes
  • Traiter pour changer la qualité des herbes
  • Traiter pour changer la saveur des herbes

 

B) La saveur des herbes et les effets thérapeutiques

La saveur est un facteur très important dans la sélection des herbes l’origine des herbes la région de production la saison des méthodes de traitement le transport et le stockage peuvent influencer la saveur

De plus la saveur naturelle d’une herbe n’est pas toujours très stable pour répondre aux besoins d’utilisation des herbes il faut normaliser la saveur par certaines méthodes de traitement.

Il faut diminuer ce qu’il y a de trop – Renforcer ce qu’il y a de trop peu !

On utilise donc différentes méthodes de traitement des herbes tels que le lavage enfin le trempage dans le vin enfin la cuisson la vapeur dans du vin et les cuissons la vapeur et séchages au soleil répétitif pour changer la saveur d’une herbe, à fin de l’adapter aux objectifs thérapeutiques.

 

C) L’influence du traitement sur la saveur et la nature

  • La montée et la descente
  • L’émergence et l’immergence

La montée et la descente l’émergence et l’immergence indique la direction des effets des herbes dans le corps humain on peut en général les distinguées à travers le Qi, la saveur et la qualité des herbes.

 

D) Objectif du traitement des herbes

Les herbes médicinales chinoises sont des produits végétaux, animaux et minéraux venus de la nature. La plupart d’entre elles ne peuvent être utilisées qu’après traitement.

Les buts du traitement des herbes médicinales couvrent plusieurs aspects :

  • Diminuer éliminer la toxicité et les effets secondaires

Fu Zi / aconit : Racine très toxique, préparée, elle perd sa toxicité tout en gardant sa capacité à réchauffer le yang du rein … brûle la langue, mais dort bien et extrémités chaudes (avec érections !).

  • Changer, adoucir la nature
  • Améliorer les effets thérapeutiques
  • Modifier le tropisme mieux guider l’action vers des localisations déterminées
  • Faciliter la combinaison et la préparation des formules
  • Assurer la pureté et facilité de conservation
  • Faciliter la prise

 

E) Classification des techniques de traitement et des adjuvants :

 Les adjuvants liquides

  • Le vin

Actuellement on utilise deux sortes de vin, le vin blanc et le vin jaune

Le vin est doux, piquant et très chaud, il peut dégager les vaisseaux sanguins et faire circuler les effets des herbes. il peut disperser le froid, il peut corriger les saveurs et les mauvaises odeurs. En même temps il est un très bon solvant organique. Les principes actifs des herbes peuvent être mieux libérés quand les herbes ont été traitées ainsi.

  • Le vinaigre

Actuellement on utilise surtout le vinaigre de riz, du blé, du sorgho et de résidus de fermentation. Le Vinaigre est acide, amer et tiède : il peut disperser la stase, arrêter les saignements, ordonner le QI, arrêter la douleur. Il peut faire circuler l’eau, éliminer les toxines, corriger les saveurs et les mauvaises odeurs.

C’est un bon solvant organique. Il peut diminuer la toxicité.

  • Le miel

Le miel cru est frais / Le miel cuit est tiède (bactéricide, cicatrisant, astringent).

C’est pourquoi il peut tonifier le centre, il est doux neutre et harmonieux, c’est pourquoi il peut éliminer les toxiques. Il est adoucissant et humide, c’est pourquoi il peut humidifier la sécheresse.

Il relâche la tension, c’est pourquoi il peut arrêter la douleur. Il peut aussi harmoniser les herbes.

  • Le jus de gingembre

Le gingembre frais humidifie, vaporise, disperse, va à la surface réchauffe le centre et disperse le froid. Le gingembre est tiède, il peut agir à la surface, disperse le froid Il sait arrêter arrêtez les vomissements, dégager les glaires et éliminer les toxiques

La préparation d’herbe au jus de gingembre peut contrôler la nature froide des herbes, améliorer les effets thérapeutiques et diminuer leur toxicité.

  • Le jus de réglisse

Il résulte de la cuisson à l’eau, suivie de filtrage de Gan Cao coupée. Gan Cao est douce et neutre. Elle peut harmoniser, le centre relâcher les tensions, humidifier le poumon, harmoniser les herbes et tonifier la rate.

La préparation d’herbes au jus de réglisse permet d’adoucir la nature des herbes et de diminuer leur toxicité.

  • Le jus de grains de soja noir

Le grain de soja noir et la semence noire du soja. Son jus est un liquide noir préparé par la cuisson à l’eau des grains de soja noir. Le grain de soja noir est doux et neutre

Il peut activer le sang, favoriser l’eau, enrichir et tonifier les Reins et le foie, nourrir le sang éteindre le vent et éliminer les toxiques.

La préparation d’herbes au jus de Soja noir permet d’améliorer les effets thérapeutiques, de diminuer la toxicité et les effets secondaires des herbes.

  • L’eau du riz

L’eau de rinçage du riz est un liquide blanc gris, trouble obtenu au deuxième rinçage du riz. Elle est douce froide non toxique. Elle peut clarifier la chaleur rafraîchir le sang, favoriser la miction et absorber la graisse et l’huile.

Elle est souvent utilisé pour tremper les herbes contenant beaucoup de graisses, ce qui permet d’en enlever une partie.

Elle diminue la nature piquante et sèche de certaines herbes et renforce les effets de tonification de la rate, d’harmonisation du centre.

  • L’eau salée

Préparer en dissolvant des cristaux de sel dans l’eau. Le sel est salé et froid. Il peut renforcer les ligaments et les os, disperser le mou : ramollir ce qui est dur, clarifier la chaleur, rafraîchir le sang, éliminer les toxines. Il peut éviter le pourrissement (salaisons), corriger les saveurs et les mauvaises odeurs.

La préparation à l’eau salée permet de transformer la nature des herbes, d’améliorer les effets thérapeutiques.

  • La Bile

Sont utilisés : la bile fraîche de bœuf, de cochon ou de mouton. La bile est amère et très froide Elle peut clarifier la chaleur, éclaircir les yeux, favoriser la vésicule biliaire, dégagez les intestins, éliminer les toxiques, dissiper les gonflements, humidifiez la sécheresse.

La préparation d’herbes à la bile permet de diminuer la toxicité des herbes et leur sécheresse et d’améliorer les effets thérapeutiques.

NB. Chelidonium majus = sorte de bile végétale (!) qui tempère la chaleur

 

Les adjuvants solides

  • Le Riz

C’est la semence du riz paddy. Le riz est doux et neutre, il peut tonifier le centre favoriser le Qi, fortifier la rate, harmoniser l’estomac. Il peut éliminer l’agitation, arrêter la soif, arrêter la diarrhée

La préparation d’herbes au riz permet de renforcer les fonctions des herbes et de diminuer leurs natures stimulantes et leur toxicité

  • Le Son de blé

Le son est doux et fade, il peut harmoniser le centre et favoriser la rate. La préparation d’herbes au son permet d’adoucir la sécheresse des herbes, d’enlever les saveurs et les odeurs désagréables et de renforcer les effets thérapeutiques.

  • L ‘Alun

L’alun, sulfate double d’aluminium et potassium est un cristal irrégulier incolore transparent brillant obtenu au départ du minéral alunite raffiné

Il est légèrement acide et froid et astringent ce dissous facilement dans l’eau.

L’alun peut éliminer les toxiques, chasser les glaires, tuer les parasites, retenir, raffermir, assécher l’humidité et éviter le pourrissement

La préparation d’herbe à l’alun permet d’éviter le pourrissement des herbes de diminuer leur toxicité et de renforcer les effets thérapeutiques.

Selon Steiner il apparait comme un élément rythmique médiateur entre deux polarités du règne minéral, à savoir le processus silice et le processus calcaire (calcium, sodium, potassium). Sans sels d’aluminium , il n’y aurait pas de terres fertiles

L’Alun (sulfate double d’aluminium et de potassium), comme le sulfate de cuivre, à la propriété d’absorber le rayonnement calorique lorsqu’il est en solution laissant donc passée une lumière solaire froide

  • Le fromage de soja ou tofu

Le tofu est doux frais, il favorise le Qi, harmonise le centre, produit des liquides organiques.

Il humidifie de la sécheresse, clarifié la chaleur, élimine les toxiques

La préparation d’herbes ou tofu permet d’éliminer la toxicité des herbes .

  • La Terre

La terre la plus utilisée est l’argile de four. L’argile de four est une sorte de terre brûlée noire ayant une odeur de fumée. L’argile de four est et piquante tiède, Elle peut renforcer le centre, harmoniser estomac, arrêter les saignements, restreindre les intestins et arrêter la diarrhée.

Les préparations d’herbes à l’argile de four permettent d’adoucir les herbes et de renforcer les effets thérapeutiques.

  • La poudre de coquillages

C’est la poudre d’huître qui est utilisée ; elle est salée et froide elle peut clarifier la chaleur favoriser l’humidité transformer les glaire et ramollir ce qui est dur

La préparation d’herbes à la poudre d’huître permet d’éliminer les mauvaises odeurs de poissons de certaines herbes et de renforcer les effets thérapeutiques.

  • La poudre de talc (Si-Al) Gipse : SHE GAO

C’est un silicate naturel de blanc légèrement verdâtre, la poudre de Talc est piquant, sucré et froid. Elle peut favoriser la miction, clarifier la chaleur et éliminer la chaleur estivale.

En général, elle est utilisée comme produit intermédiaire pour transmettre la chaleur afin que l’herbe puisse être chauffée harmonieusement quand on la grille.

  • Le sable de Rivière

C’est un sable de rivière tamisé, débarrassé de ses impuretés et séché au soleil. Il est souvent utilisé comme produit intermédiaire, parce qu’il peut supporter une température élevée et peut être chauffé de façon harmonieuse.

Après avoir été sauté au sable de rivière, les herbes dures deviennent friables de sorte qu’elles peuvent être plus facilement concassées et que leurs composants thérapeutiques peuvent être plus facilement dissous pendant la cuisson. En même temps, la préparation d’herbes au sable permet aussi d’éliminer la toxicité des herbes.

JadeHerbal  en Europe, on développe surtout les TM de plantes chinoises !

Il existe trois grandes classes de méthodes préparatoires :

  • Préparation au feu (huo zhi),
  • Préparation à l’eau (hui zhi)
  • Préparation combinant l’eau et le feu (Shuhuo he zhi). 

En fait, c’est comme en occident !

  1. CALCINER / duan

Cette méthode consiste à brûler et à calciner un produit en l’exposant directement à la flamme ou en le chauffant dans un récipient résistant au feu. Elle est utilisée pour les carapaces, les coquillages, les métaux et les pierres.

Après être chauffées, jusqu’à ce qu’elles deviennent rouge, certaines herbes doivent être encore trempées dans l’un ou l’autre des adjuvants liquides. Elles sont chauffées à une température élevée entre 300 et 700 degrés.

La nature des produits va changer ainsi que leur forme de sorte qu’ils deviennent moins de denses et sont plus faciles à concasser et à assimiler. Leur nature physique ayant changé les effets secondaires sont éliminés ou diminués ainsi l’effet thérapeutique s’améliore.

Ce sont des remèdes qui ne peuvent s’assimiler sans être passé au feu. A part cela, ils peuvent être aussi broyés, mélangés à d’autres.

  1. GRILLER / zhi

Cette méthode consiste à griller rapidement et à feu vif, un produit dans un récipient, afin de lui faire prendre :

  1. Une couleur jaune brûlée/ Chao Huang
  2. Une couleur brune/ Chao Jiao
  3. De le carboniser / Chao Tan
  4. Ou même de le faire éclater violemment.

Cette méthode a pour but de diminuer la toxicité ou l’agressivité du médicament. La carbonisation permet de renforcer le pouvoir astringent des herbes et leur profère une action hémostatique

ZHI signifie « griller les herbes », purifier et couper avec une certaine quantité d’adjuvant liquide, jusqu’à ce que l’adjuvant pénètre progressivement dans l’herbe.

Cela permet de changer la nature des effets et le tropisme des herbes, ainsi que diminuer la toxicité, le contrôler la nature trop agressive de certaines herbes, de renforcer les effets thérapeutiques, de corriger les mauvaises odeurs et saveur et de faciliter la dissolution d’herbe dans la décoction. Les herbes peuvent être grillés au vin, au vinaigre, au sel, au gingembre, au miel, à l’huile ou à la graisse.

  1. CUIRE À LA BRAISE

C’est une méthode consistant à envelopper le produit dans un papier humide ou dans de la pâte à base de farine et à l’enfouir sous la braise jusqu’à ce que papier ou la farine deviennent jaune carbonisé. Ceux-ci absorbent une partie des matières grasses du médicament, atténuant ainsi ses substances excitantes.

  1. SAUTER

Méthode consistant à faire revenir et sauter le produit dans un récipient, jusqu’à ce qu’il prenne une couleur jaune ou jaune brûlé ou qu’il soit carbonisé.

Lorsqu’il nécessaire de faire sauter un produit jusqu’à sa carbonisation, il faut toutefois veiller à garder ses propriétés. C’est ce qui s’appelle :  » conserver sa nature ».

Si le produit est réduit en cendres il perd ses qualités et le but recherché par la méthode « sauter jusqu’à carbonisation » n’est pas atteint. De manière générale, il faut faire sauter le médicament jusqu’à ce qu’il devienne jaune ou jaune brulé.

Le but de ce procédé est d’accroître la saveur et l’arôme afin de stimuler la Rate et l’Estomac ou d’atténuer les propriétés du produit. Pour faire «sauter jusqu’à carbonisation», le feu utilisé doit être plus vif. Le but de ce procédé est d’augmenter les propriétés astringentes. 

Tous les remèdes antihémorragiques sont des remèdes qui sont sautés, parce qu’ils deviennent astringents. Le problème hémorragie a un côté Feu. Quand nous parlons de Feu, nous parlons aussi de toxines. Nous parlons alors d’un « Feu toxique ».

Tous les charbons, les carbo qui sont préparés à partir de bois, même en matière médicale en occident, ont des propriétés astringentes (absorbantes). C’est pour cela que nous les retrouvons dans les grandes pathologies intestinales, car réduit la toxicité ++ (cf. Carbo veg.).

 

  1. SAUTER AVEC D’AUTRES SUBSTANCES / JIA FULIAO CHAO

Sauter et « sauter avec d’autres substances » sont des procédés très proches.

Cependant sauter un médicament avec d’autres substances implique qu’on y ajoute certains adjuvants

Ainsi on peut :

  • Sauter au son de blé
  • Sauter au riz … doux : arrête la diarrhée, tempère la toxicité
  • Sauter à la terre argileuse (Allin)
  • Sauter au sable
  • Sauter à la poudre de coquillages
  • Sauter à la poudre de talc : intermédiaire en être Ca et Si (cf. 7 métaux de Pélikan).

 

  1. SÉCHER À FEU DOUX ET FAIRE SÉCHER / HONG PEI

Ce sont deux méthodes visant à assécher les substances médicamenteuses par l’emploi d’un feu modéré. Cependant, s’il s’agit de sécher à feu doux, le feu utilisé est relativement plus fort et permet de rendre la surface du produit légèrement jaune et friable.

S’il s’agit de faire sécher devant le feu, celui-ci est comparativement plus doux et permet de sécher simplement le produit.

 

  1. Préparations à l’eau

Les décimales sont normalement montées à l’alcool. Mais nous allons demander ces préparations à l’eau au lieu de l’alcool pour les enfants notamment et les personnes trop sensibles à l’alcool.

La méthode de préparation à l’eau a pour objet de nettoyer les substances médicamenteuses afin de faciliter leur découpage en tranches, d’atténuer leurs caractères toxiques ou violents, ou encore d’éliminer leurs odeurs désagréables.

Les méthodes habituelles de préparation à l’eau sont :

  • Laver [xi},
  • Dégorger [piao},
  • Tremper [pao},
  • Raffiner [huifci}.
  1. LAVER : Cette méthode consiste à nettoyer les produits en enlevant la terre, le sable ou les corps étrangers qui y sont accrochés. Ce sont généralement les substances médicamenteuses sous forme de racines et de tiges qui sont soumises au lavage avant utilisation.
  2. DÉGORGER: Il s’agit de tremper le produit durant un certain temps, dans de l’eau souvent renouvelée, afin de le laver, d’en éliminer les impuretés, d’en atténuer la salinité ou la mauvaise odeur.
  1. TREMPER : Cette méthode consiste à faire tremper le produit dans de l’eau froide ou bouillante, afin de le ramollir et de pouvoir plus facilement en ôter la peau ou le découper en tranches ou encore en atténuer le caractère toxique et violent.
  1. RAFFINER : Lorsqu’il s’agit de réduire en poudre un médicament afin de le broyer finement et d’éviter que la poudre ne s’envole, on rajoute de l’eau pendant cette pulvérisation.

 

Préparations combinant l’eau et le feu

Il existe trois méthodes combinant l’eau et le feu :

  • cuire à la vapeur,
  • faire bouillir
  • tremper après avoir passé au feu.
  1. CUIRE À LA VAPEUR

Il s’agit de faire cuire à la vapeur, séparément, les substances médicamenteuses.

Ainsi Sheng dahuang (Radix et rhizoma rhé recens : rhizome de rhubarbe cru) devient après cuisson à la vapeur Shu dahuang (Radix et rhiwmae rhei praeparata : rhizome de rhubarbe cuit), et perd de ce fait en partie son caractère violent et agressif.

Autrement dit, en médecine chinoise, chaque appellation porte son préfixe.

Ainsi, quand c’est Sheng c’est cru, Shu veut dire cuisson à la vapeur, etc.

  1. FAIRE BOUILLIR

Cette méthode consiste à faire bouillir les substances dans de l’eau pure ou dans un jus médicamenteux.

  1. TREMPER [APRÈS AVOIR PASSÉ AU FEU]

Il s’agit de chauffer un produit jusqu’à ce qu’il devienne rouge, puis de le tremper aussitôt dans de l’eau froide ou dans du vinaigre, procédé répété plusieurs fois.

Cette méthode, employée pour préparer les médicaments minéraux ayant pour objet de rendre ces produits plus faciles à broyer et d’en « adoucir le caractère ».

 

Ces préparations sont parfois difficiles à obtenir en Europe. Certains laboratoires ont donc préparé des complexes de plantes (équivalents des remèdes chinois) dans des formules dont nous avons plus l’habitude :

pentaophyts

Voir site de « phytofrance »

A propos de l'auteur
Jean Yves Henry

Médecin généraliste, homéopathe et acupuncteur.
Auteur d’une dizaine d’ouvrages, il coordonne l’enseignement de confrères de toutes spécialités pour promouvoir l’aspect intégré de ce télé-enseignement médical et para-médical.