Les parodontopathies

Concepts actuels des parodontopathies :

Jusqu’aux années 1970, les parodontopathies et la perte des dents étaient considérées comme des phénomènes inévitables, liées au vieillissement. La progression de la maladie parodontale apparaissait continue, avec un passage systématique de la gingivite à la parodontite et à la perte des dents. Les facteurs locaux sont mis en avant : le patient, par le manque d’hygiène buccale, est tenu pour « responsable » de sa parodontopathie. C’était le dogme : plaque dentaire + tartre => parodontolyse.

Puis les idées évoluent : une étude d’Harol Loé (publié en 1986, au Sri Lanka) démontre que si le contrôle de la plaque apparaît essentiel à la bonne marche du traitement, à lui seul il n’est pas suffisant pour prévenir la maladie parodontale. On admet aujourd’hui qu’en l’absence de contrôle rigoureux de la plaque dentaire sur une population moyenne, seulement 15 % des patients présenteront une maladie parodontale grave. Les autres ne présenteront tout au plus qu’une gingivite localisée et réversible.

ParoSain

Quelques dogmes anciens sont à reconsidérer à la lumière des études actuelles :

* Perd-on ses dents avec l’âge ? NON !

Les études les plus récentes tendent à prouver que si la perte d’attache épithéliale après 50 ans est plus sévère, cela est surtout évident chez des « sujets à risques ». Certaines familles seraient génétiquement prédisposées aux parodontites à début précoce pré-pubertaire, post-pubertaires et à progression rapide.

* Il y a t-il continuité dans l’aggravation de la maladie parodontale ? NON !

Nous assistons à des phases d’aggravation avec perte importante de tissu parodontal et des phases de rémission pouvant durer plusieurs années.

* La maladie parodontale concerne t-elle toutes les dents ? NON !

Il existe des « sites à risques » dans lesquels prolifèrent des bactéries caractéristiques que l’on rencontre dans certaines parodontites destructrices. Le traitement actuel repose essentiellement sur les antibiotiques … qui détruisent la flore de tout le tube digestif et ne stérilisent les poches que quelques jours !

ParoGingivite

* Ces bactéries sont elles responsables de ces parodontites ? OUI et NON !

De nombreux auteurs pensent à présent que l’on est en train de confondre la cause et les effets, car ces bactéries sont présentes chez des patients qui ne développent pas pour autant la maladie.

Nous voyons apparaître dans les études officielles la notion de « terrain »:

  • dans l’espace, par la notion de « sujets à risques » et de « sites à risques » : sont iatrogènes les couronnes et les obturations débordantes, les traumatismes occlusaux, la mauvaise hygiène bucco-dentaire (plaque dentaire et tartre), le tabac …
  • dans le temps, par la notion d’évolution cyclique de la maladie.

« Les mécanismes immunitaires mis en œuvre au cours des parodontites sont encore mal connus » pr. L.F. Perrin. Les patients atteints de parodontites (20% de la population, surtout si tabagisme et diabète !) ont des taux élevés d’AC sériques contre certaines bactéries/parasites de la flore sous-gingivale :

  • Terrains « chauds » (intoxiqué et dystonique), gingivites peu agressives, mais caries multiples = coques et bacilles (Bacteroïdes gingivalis) utilisez les EFFICOMPLEX n°1 et 2), avec un cas particulier : la parodontite juvénile = Actinobacillus actinomycete mucomitans (AA)
  • Terrains « intermédiaires » (lymphatique ou acide), lésions suppurantes chroniques = Trichomonas tenax et les candidas (si patient immunodéprimé) utilisez les EFFICOMPLEX n°3 ou 4
  • Terrains « froids» (vasculaire et déminéralisé), parodontite de l’adulte (lésions ostéolytiques, avec pour évolution la mobilité et la perte des dents) = amibes (Antamoeba gingivalis) et tréponèmes (treponema denticola) (utilisez les EFFICOMPLEX n°5 et 6)

ParoModérée

1/ mise en évidence au microscope x 1000

ParoPhoto

2/ Traitement local d’abord : éliminer toutes les causes d’irritation (tartre, granulome, problèmes d’articulé…), évaluer la déminéralisation du maxillaire et la mobilité (à réduire absolument via implants, bridges ou ligatures) et :

  • attouchements de la gencive avec « Eau dentifrice » + « Gel à la Sauge » (lab. Weleda)
  • nettoyage des dents et gencives avec mélange « eau oxygénée 10 volumes + Bicarbonate + Sel (poudre de Torrens) »
  • laser Yag dans les poches et applications, par le dentiste, de « Ratanhia composé » (lab. Weleda)
  • Si nécessaire une HE spécifique ou antibiotiques et Flagyl (metronidazole) si amibes.

ParoAvancée

Mais on observe aussi de nombreuses parodontites chroniques liées à des maladies systémiques (ex.: histiocytoses) … donc traitement de terain à mettre en place selon les données du BNS.

ParoParasites

 

On connait les rapports entre des maladies systémiques = Leucémies, maladies génétiques, Lichen plan, Histiocytose X … et des affections parodontales évolutives = les foyers parodontaux sont la source de molécules pro-inflammatoires (enzymes et cytokines) ou pro-coagulantes aux effets systémiques (cf. la neuralthérapie).

Paro2

 

Les deux types d’affections étant sous-tendues par les équilibres fonctionnels de la matrice protéique, ces maladies n’ont pas forcément des relations de cause à effet, car elles peuvent aussi être des expressions cliniques décalées dans le temps d’un même trouble métabolique ou/et immunitaire. Par exemple, il n’est pas rare qu’une maladie parodontale soit le révélateur précoce d’une pathologie cardio-vasculaire chez l’homme de la cinquantaine.

Bibliographie : le livre de Mark BONNER : « Tant de bouche à guérir … des parasites qui vous vampirisent VAINCRE LA PARODONTITE » éditions Amyris.

ParasitoParo

Etude en cours :

Proposition d’un de nos confrère destinée à remplacer les antibiotiques / antifungiques / antiparasitaires dans le traitement des paros : un mélange d’HE (!) …

……………………………….

  1. Alternative MA  (métronidazole 1g ….) : Cannelle de Chine, Ajowan, Sarriette des montagnes, mais il faudrait ajouter un antifungique (correspondant à  Nystatine  250000 UI)
  2. Alternative MC (métronidazole 1g Nystatine  750000 UI) : Cannelle de Chine, Ajowan, Sarriette des montagnes + Géranium
  3. Alternative MK2  (métronidazole 1g +  kétoderm 2%) : origan, + clou de girofle + bay de St Thomas + Manuka (antifongique)

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Réfléchissons :

1/ quand on fait un mélange d’HE, on ne connaît pas du tout le produit créé, dont l’effet est parfois très éloigné de la somme de ses constituants (synergies versus antagonismes – bien objectivés sur l’aromatogramme et les profils BNS)

2/ utiliser une HE sur une muqueuse, c’est traumatisant, même solubilisée (Disper ou autre produit) : toujours préférer une « eau florale »

3/ Les HE proposées sont :

Ajowan … 50% phénols + 50% monoterpènes … antiseptique et antiparasitaire

Bay de St Thomas … 67% phénols (eugénol) + monoterpènes … antiseptique

Cannelle de Chine … une des 8 antiseptiques majeurs … 80% aldéhydes + 6% phénols … antiseptique, antiparasitaire et antifungique

Géranium odorant … 50% monoterpénols + 25% d’esters (sédatifs) … antiseptique et antifungique, cicatrisante

Girofle clou … 83% phénols (eugénol) + 10% esters … antiseptique, , antiparasitaire et anti-inflammatoire / sédatif (bien connu !)

Manuka (variété de Tea Tree) … monoterpénols 45% + Monoterpènes 45% … antiseptique et antifungique

Sarriette des montagnes … une des 8 antiseptiques majeurs … Phénols 40% + monoterpènes 50% … antiseptique, antiparasitaire et antifungique

 

Ma proposition :

En « eaux florales », nous disposons de GERANIUM et SARRIETTE … pourquoi ne pas commencer par ces deux-là, avec la séquence suivante :

10 jours de Sarriette puis 10 jours de Geranium, pour finir avec 10 jours de Sauge (gel Weleda)

Salvia off. … Cétones 50% + monoterpènes 12% … antiseptique (gram +) et antifungique (candida), cicatrisante.

Je vois plusieurs avantages à la méthode que je vous propose :

  • produits disponibles, non irritants et bons antiseptiques
  • pas de toxicité cumulative, car on ne dépasse pas la limite de 10 jours
  • on peut parfaitement observer l’effet de chaque HE (ce que n’autorise pas le mélange), et donc faire varier les produits selon l’effet observé
  • on peut introduire dans la séquence une HE de terrain proposée par le BNS.

J’attends vos avis, et les volontaires pour l’étude, en espérant avoir relancé la discussion sur ce sujet brûlant des parodontopathies …

 

Notre confrère Thierry BOUCHARD propose le protocole d’hygiène suivant (page à télécharger) :

MEMENTO PROTOCOLE D’HYGIENE

 

 

A propos de l'auteur
Jean Yves Henry
Médecin généraliste, homéopathe et acupuncteur. Auteur d'une dizaine d'ouvrages, il coordonne l'enseignement de confrères de toutes spécialités pour promouvoir l'aspect intégré de ce télé-enseignement médical et para-médical.