Historique de la réflexologie

L’Egypte

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Reproduction d’un papyrus d’après un pictogramme remontant à 2.500 ans avant J.C. retrouvé à Saqqarah dans la tombe du médecin Ankmahor.

D’après l’Institut du Payprus du Caire, ces hiéroglyphes signifient :  » Ne me fais pas mal « , ce à quoi le praticien répond : « Je ferais en sorte que tu me remercies « .

Les Incas

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Certains témoignages rapportent que l’origine du traitement par la réflexologie plantaire remonte aux Incas, très ancienne civilisation du Pérou, datant d’avant le 13ème siècle.
Ceux-là auraient transmis leur savoir aux Indiens d’Amérique du Nord, qui pratiquent encore de nos jours ce type de thérapie, en particulier chez les Cherokees de Caroline du Nord. Dans cette tribu, le massage réflexe des pieds est considéré comme un art sacré, les pieds symbolisant la partie du corps qui relie l’homme à l’univers et aux esprits.

La Chine

Il y a plus de 5000 ans, une forme de traitement par pression sur des points au niveau des pieds était connue en Inde et en Chine. Il existe, sans aucun doute, un rapport entre la réflexologie et la médecine chinoise traditionnelle, puisque ces deux théories reposent sur la notion d’un vecteur d’énergie reliant les extrémités des mains et des pieds aux organes et aux entrailles.

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Il est rapporté dans les textes, que le célèbre docteur Wang Wei, au IVème siècle avant J-C, traitait ses patients par de fortes pressions des pouces au niveau de la plante des pieds. Ce type de traitement resta inconnu en Occident jusqu’en 1883, date à laquelle un médecin hollandais dénommé Ten Thyne publia un premier traité sur l’acupuncture chinoise.

L’Amérique

Le docteur William Fitzgerald, né dans le Connecticut, est reconnu pour être le père fondateur de la podo-réflexologie moderne. Il exerça en Europe dans les hôpitaux de Vienne et de Londres au sein des équipes dirigeantes des services d’ORL. Il prit connaissance des travaux du docteur Harry Bond Bressler qui avait étudié les thérapies par digitopuncture.

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De retour dans son Amérique natale, comme chef de service de l’hôpital d’Hartford, il poursuivit ses recherches et mis ses théories à l’épreuve sur bon nombre de ses patients. Grâce à ses connaissances en digitopuncture, il put même réaliser des interventions chirurgicales en utilisant pour seule technique d’anesthésie des pressions sur certains points au niveau des doigts, grâce à des bandelettes ou des pinces.

Le docteur Fitzgerald imagina ensuite de diviser le corps humain en dix zones égales, correspondant chacune à un doigt ou un orteil, se poursuivant sur la partie postérieure du corps de manière identique, reliées entre elles par la circulation du flux énergétique. Le pouce et le gros orteil se rapportaient à la zone 1, l’index et le petit orteil à la zone 5. Il décrivit ce système de façon très précise dans un ouvrage intitulé « Zone Therapy », en 1917, où il affirmait que « La pression exercée sur des parties du corps comme la main et les pieds a pour résultat de soulager la douleur ».

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Par « hasard », au cours d’une conversation, Eunice Ingham (1879-1974), alors physiothérapeute de l’hôpital de St Petersburg, à Tampa Bay en Floride, eut connaissance de cette technique et elle fut immédiatement fascinée. Elle l’introduisit rapidement dans son service de physiothérapie. Les résultats furent si probants qu’elle démissionna de son poste hospitalier pour se consacrer uniquement à ses propres recherches. On lui doit la reconnaissance et la diffusion de l’actuelle réflexologie. Sa réputation se répandit comme une traînée de poudre dans toute l’Amérique.

Dispensant des traitements et intervenant au sein de nombreux colloques et congrès, elle ouvrit par la suite la première école de formation consacrée à la réflexologie. Petit à petit, elle parvint à établir une carte complète des zones réflexes du corps au niveau des pieds.
Eunice Ingham publia deux livres, dont « Stories The Feet Can Tell« , en 1938. Elle poursuivit ses travaux inlassablement jusqu’à sa mort. Son neveu, Dwight Bayers poursuit toujours son travail au sein de l’International Institut of Reflexology à St Petersburg (Etats-Unis).

En Europe

Il est certain que la réflexologie plantaire était pratiquée en Europe dès le XVIème siècle. Le fameux sculpteur italien Cellini (1500-1571) l’utilisait avec succès pour soigner ses propres maux. Les docteurs Adamus et A’tatis écrivirent un ouvrage sur la thérapie par les zones réflexes en 1582. Peu de temps après, à Leipzig, le docteur Ball publia également un livre sur le sujet. Sir Henry Head mena, dans les années 1890, à Londres, des recherches sur les bases neurologiques des zones réflexes. Il découvrit en 1898 que certaines zones de la peau devenaient hypersensibles quand un organe était malade. On les appela « zones de Head » ou zones d’hyperalgésie.

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Des travaux neurologiques sur les réflexes furent conduits également en Russie, où Ivan Pavlov (1849-1936) découvrit qu’un stimulus peut être utilisé pour produire une réaction conditionnée. Parallèlement, en Allemagne, on s’intéressait aux massages de zones corporelles qui semblaient avoir des effets thérapeutiques par stimulation à distance des voies réflexes. Le docteur Alfons Cornélius publia en 1902 un ouvrage « Druckpunkte (points de pressions, origine et implications) », fruit de ses expériences personnelles dans ce domaine.

1972 : le docteur Paul Nogier (1908-1996) élabore la thèse selon laquelle la forme de l’oreille correspondrait à celle d’un fœtus inversé. Tout comme les points réflexes des pieds et des mains, il mettra en évidence la somatotopie relatives aux oreilles.
Mais c’est surtout aux Américains, par la suite, que l’on doit les plus grandes avancées en matière de réflexologie plantaire.

Doreen Bayly (1900–1979), qui a suivi les enseignements d’Eunice Ingham, formera à son tour grand nombre d’élèves qui deviendront les premiers réflexologues européens. Elle a écrit le livre intitulé « Reflexology today » en 1978.

 

A propos de l'auteur
Fabienne Aguet
Masseuse et réflexologue