1ère année d’homéopathie : 1er séminaire

Programme du 1ère séminaire du cours d’homéopathie (1ère année)

HoméoTag

Préambule : Fonctionnement du site, accès aux cours, méthodes de travail…

§ 1.1 – Une brève histoire de l’Homéopathie :
Les grands noms, les différentes écoles de pensée, les courants actuels.

§ 1.2 – Materia Medica : le cœur de l’Homéopathie !
Définitions : souche homéopathique, proving, dilution, dynamisation, remède, diathèses, etc.     Toxicologie

§ 1.3 – L’Homéopathie, un système médical à part entière

§ 1.4 – Médecine intégrative (ou « intégrée ») : Articulation de l’Homéopathie avec les autres systèmes médicaux, disciplines ou techniques (phyto, ostéo, MTC, médecine classique occidentale, chirurgie…)

NB. Le module Homéopathie 2ème année comporte six sections à étudier successivement d’octobre à juin. Chaque section se conclut par une session de travaux dirigés, phase de tutorat, sur un week-end et requiert 20 à 25 heures de travail personnel.

 

PRÉAMBULE

Ce qui suit n’est pas un exposé théorique, mais un chemin qui a vocation à vous conduire (c’est la définition même de la pédagogie !) pas à pas vers une pratique efficace de la médecine homéopathique : la maîtrise des concepts qui sous-tendent l’homéopathie (que nous exposerons, développerons ou rappellerons à chaque fois que ce sera nécessaire) vous aidera dans cette pratique, mais rien ne pourra remplacer l’étude personnelle et continue de la Matière Médicale (MM).

Si vous avez vocation à devenir thérapeute (= « celui qui prend soin »), ce cours est fait pour vous !

Bases requises : [voir sur le site la « Formation académique » de la première année : Anatomie, Physio-pathologie, Sémiologie] ou équivalence, si vous avez déjà une formation médicale ou para-médicale :

  • Vous avez suivi les cours de Première Année Commune aux Études de Santé (PACES) et vous avez réussi (ou, pas de chance, échoué !) au concours : nous estimons cependant que vous avez le niveau requis pour vous inscrire à un module de 2e année (et donc à ce module d’homéopathie)
  • Vous êtes infirmière, kinésithérapeute, médecin, pharmacien, ostéopathe … : vous pouvez a fortiori vous inscrire à un module de 2e année (et donc à ce module d’homéopathie)

Vous n’êtes dans aucun des deux cas précédents : vous n’avez donc pas, en principe, les bases requises et vous devez suivre auparavant la « Formation académique » (1ère année)

 

MODE D’EMPLOI

Pour chaque session de travaux dirigés, vous êtes censés avoir pris connaissance la matière exposée dans la section correspondante. Il est indispensable de consulter les différentes pages du site correspondant aux thèmes étudiés, de vous procurer (ou tout au moins de consulter) les ouvrages ou articles signalés dans le corps du texte, les bibliographies et/ou sur le site de medecine-intégree.com. À noter qu’un système de prêt fonctionne pour nos étudiants depuis octobre 2014.

Une bonne pédagogie n’exclut pas les redites et les reformulations, bien au contraire : elles sont nombreuses, et c’est le principal outil de la mémorisation !

 

INTRODUCTION

L’objectif de cette section est de vous aider à comprendre ce qu’est l’homéopathie, ce qui vous permettra de l’intégrer à votre pratique et d’adapter celle-ci au système de soins de votre pays d’exercice.

 

§ 1.1 – UNE BRÈVE HISTOIRE DE L’HOMÉOPATHIE

L’utilisation empirique de remèdes « homéopathiques » remonte à l’aube des civilisations (cf. les cures thermales, dont les « eaux » ne sont ni plus ni moins que des dilutions oligo-métalliques !), tout comme l’ostéopathie (qui est un développement du « reboutage », pratiqué sous diverses formes selon les continents) ou l’acupuncture (qui systématise la poncture et la cautérisation de certains points réflexes du corps).

L’observation de la nature, de ses « lois », ainsi que l’expérience clinique et thérapeutique ont amené les hommes à théoriser ces observations. Différents concepts ont émergé dès Hippocrate (cette liste n’est pas limitative !) :

  • Celui de la « natura medicatrix », qui introduit la notion de systèmes biologiques : rappelons qu’un système est à la fois plus et moins que la somme de ses parties (cf. par exemple Edgar MORIN, La Nature de la Nature)
  • Le double abord thérapeutique qui utilise la « loi des contraires » (pour l’allopathie) ou la « loi des semblables » (pour l’homéopathie). D’où l’emblématique expression : Similia similibus curentur = « le semblable se soigne par le semblable » !)

Organon

  • La notion de tempéraments : « le lymphatique / le sanguin / le nerveux et l’atrabilaire », recouvrant des modes fonctionnels et des tendances morbides cliniquement définis.

Hippocrate

À TOUT SEIGNEUR…

Alors que la médecine du XVIIIe siècle fait largement usage de tisanes, saignées, lavements, potions à base de plantes et de sels métalliques (ex. sels de mercure !) comme base thérapeutique… le mérite d’avoir élaboré une véritable méthodologique scientifique (l’Organon, ou l’art de guérir) revient à un médecin allemand : Christian Friedrich Samuel HAHNEMANN (1755-1843).

   Samuel Hahnemann 

 

NB. Mozart, né en 1756, soit un an après Hahnemann, serait décédé des suites des traitements administrés par le baron Gerhard van Swieten « professeur de médecine, médecin de l’impératrice Marie-Thérèse et père de Gottfried van Swieten, ami proche de Mozart » (qui, tous, ne lui voulaient probablement que du bien !) : la « liqueur de van Swieten » est en effet une « potion aux propriétés antiseptiques, antiparasitaires, antisyphilitiques et purgatives » … à base de sels de mercure ! (« Mozart. Rêver avec les sons », Michèle Lhopiteau-Dorfeuille, Éditions Le Bord de l’Eau, 2011)
(voir aussi Molière : Le Malade Imaginaire, ou Le Médecin malgré lui…)

 

Hahnemann s’essaie à pratiquer la médecine qu’on lui a enseignée, mais il en est si déçu qu’il renonce au bout de quatre ans d’exercice :

« C’était un supplice pour moi de marcher toujours dans l’obscurité avec nos livres lorsque j’avais à traiter des malades. Je me faisais un cas de conscience à traiter les états morbides inconnus de mes frères souffrants, par des remèdes inconnus puisqu’on n’a point encore examiné leurs effets propres et qui peuvent si facilement faire passer de la vie à la mort ou produire des affections nouvelles et des maux chroniques ». (Samuel Hahnemann, Lettre à un médecin de haut rang [Hufeland], sur l’urgence d’une réforme en médecine, 1808, trad. française)

Il lui faut autre chose… Hahnemann préfère renoncer à la médecine plutôt que de devenir « le meurtrier de ses frères » !

La condition médiocre d’un médecin devenu traducteur n’altère pas sa curiosité. En 1790, en lisant un article de Cullen, il est frappé par l’incohérence des explications données sur les propriétés du quinquina (arbre dont on tire la quinine). Cette substance était connue pour guérir la « fièvre des marais » (le paludisme) et Cullen supposait que l’action de la quinine sur la fièvre s’expliquait par des « vertus stimulantes sur l’estomac ». Hahnemann a alors une intuition géniale : pour comprendre les effets d’une substance sur un malade, il estime qu’il est nécessaire d’avoir un point de comparaison valable, et que cette comparaison ne peut être fournie que par le sujet sain. C’est précisément ce qu’il vérifie sur lui-même, réalisant ainsi le premier « proving » (ou expérimentation) : L’absorption de poudre de quinquina lui donne en effet de la fièvre… Après de multiples vérifications, il écrit : « La quinine qui guérit la fièvre provoque chez le sujet sain les apparences de la fièvre ».

Un peu plus tard, après d’autres expériences avec le mercure, la belladone et l’ipéca, il conclut : « Pour guérir une maladie donnée, il faut faire prendre au malade un remède, qui administré à un sujet bien portant, lui donnerait les symptômes de cette maladie ».

NB. À noter que les provings sont désormais réalisés avec des substances diluées-dynamisées, c’est-à-dire de véritables « remèdes homéopathiques » (au sens de la définition).

Deux autres découvertes marquent la vie de Hahnemann :

  1. Le phénomène de l’aggravation thérapeutique (accentuation passagère des symptômes après la prise d’un remède correctement choisi) qui le conduit à tester puis à codifier plusieurs méthodes de prescription (complémentaires et antidotes) et de dilutions-dynamisations (CH, K, LM : voir ci-dessous)
  2. La récidive périodique des troubles primitivement soulagés qui le conduit à publier un second ouvrage : « Les maladies chroniques » dans lequel il passe de l’approche « tactique » développée dans l’Organon à une approche « stratégique » des maladies, présentant sa conception naissante des évolutions diathésiques, ainsi que la stratégie d’utilisation des remèdes dans ce concept, soutenue par l’utilisation des Nosodes (remèdes préparés à partir de tissus infectés par les microbes).

Ce livre, œuvre capitale inachevée, est la « pomme de discorde » de l’homéopathie. Hahnemann enseigne que les symptômes présentés par un malade expriment telle ou telle « tendance morbide », c’est-à-dire sa manière de « réaliser » telle ou telle maladie. Hahnemann s’attache ainsi à traiter non pas la maladie, mais l’être humain malade. Sa vision audacieuse de la pathologique humaine préfigure la conception immunologique moderne et fait de lui le père de la médecine expérimentale moderne, n’en déplaise aux tenants de l’Evidence Based Medicine (en français « médecine fondée sur des données probantes »).

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LES SUCCESSEURS

Hahnemann meurt à l’âge de 88 ans. Son œuvre connaît un succès mondial et il a de nombreux successeurs de talent. Ainsi, pendant deux siècles, ces praticiens enrichissent la matière médicale homéopathique et élaborent un certain nombre de concepts pour simplifier la pratique homéopathique. Les noms de ces successeurs ponctuent différentes phases de développement de l’homéopathie dans plusieurs directions :

Pionniers

 

Clemens Maria Franz von BOENNINGHAUSEN (1758-1864) est botaniste de formation (et non un médecin !), contemporain et ami de Hahnemann. Il met en valeur un mode remarquable de répertorisation synthétique basé sur le « génie du remède », qui permet de réduire à quelques « mots clés » l’action physiologique de ceux-ci.

Cyrus Maxwell BOGER (1861-1935) complète ses travaux aux USA, un siècle plus tard.

Constantine HERING (1800-1880) développe l’homéopathie aux USA, où elle connaît un essor considérable. Il expérimente de nombreuses substances médicinales (en particulier Lachesis) et publie une volumineuse Matière médicale en dix volumes.

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Timothy Field ALLEN (1837-1902) auteur américain de 12 volumes de « Matière médicale pure » (c’est à dire uniquement des provings).

James Tyler KENT (1849-1916) révolutionne l’étude de la Matière médicale en présentant les remèdes comme des modes d’adaptation psychosomatique personnalisés. Il décrit ainsi « mademoiselle Pulsatilla », « madame Lachesis », « monsieur Lycopodium »… Son répertoire (dictionnaire des symptômes) n’est ni le plus récent, ni le plus complet, mais il demeure une référence internationale.

Note : Lorsque Kent commence à exercer dans les années 1880 aux États-Unis, il existe dans ce pays une centaine d’hôpitaux (ou cliniques) homéopathiques. Lorsqu’il meurt, en 1916, il n’en existe plus aucun ! Une explication de ce naufrage peut être donnée : il est fort probable que l’antagonisme entre les tenants de l’homéopathie et les « allopathes » ait empêché l’homéopathie d’être intégrée à la pratique médicale générale. Actuellement (en 2014) l’homéopathie connaît un développement remarquable dans des pays comme l’Inde, le Brésil ou l’Argentine, mais elle est parfois tout juste tolérée par les autorités de santé ou les médecins dans les vieux pays européens… situation qui n’est pas très différente de celle qui a prévalu à la fin du XIXe siècle et pendant le XXe siècle… On peut cependant estimer actuellement à plus de 500 millions les humains se soignant majoritairement par homéopathie.

Et beaucoup d’autres praticiens, que nous découvrirons au fur et à mesure …

Vitoulkas   Par exemple : G. Vitoulkas

§ 1.2 – MATERIA MEDICA : LE COEUR DE L’HOMÉOPATHIE !

La notion de Matière médicale (du latin « Materia Medica », en abrégé MM) est bien antérieure à l’apparition de l’homéopathie (élaborée à la fin du XVIIIe siècle). Une matière médicale (sans majuscule) est un recueil de tout ce qu’un auteur ou une communauté de thérapeutes peuvent apprendre sur les effets thérapeutiques des substances qu’ils étudient ou utilisent. La notion la plus ancienne de Materia Medica est attribuée au philosophe grec Pedanius DIOSCORIDES (1er siècle av. JC). L’histoire de la Materia Medica conduit en fait aux notions modernes de pharmacologie et de toxicologie.

Notons que le dictionnaire Vidal© contient une matière médicale très fournie (et sous-exploitée !) dans la rubrique « Effets indésirables » des spécialités listées.

Le terme Materia Medica dénote désormais la Matière médicale homéopathique dont Hahnemann est le pionnier (cf. sa « Materia Medica pura »). Ses continuateurs, jusqu’à nos jours, s’appliquent sans relâche à compléter, colliger et compiler des matières médicales

Nous avons vu que beaucoup de substances utilisées à l’époque de Hahnemann sont en fait des poisons violents (par exemple le mercure, la belladone, l’ipéca…). Hahnemann estime donc qu’il faut atténuer leur force, et donc les diluer. Il les dilue donc, mais, en plus, il les secoue énergiquement (« dilution » + « succussion » = « dynamisation » par définition) avant de les administrer à ses malades. D’où lui vient cette idée de succussion ? Intuition alchimique ? Nul ne sait… Mais ça marche !…

 

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Loi d’inversion des effets selon la dilution.

La règle d’Arndt-Schulz est une loi concernant les effets de pharmacologie ou l’on empoisonne dans des concentrations diverses. Il déclare que :

 » Pour chaque substance, de petites doses stimulent et de grandes doses tuent « .

C’est-à-dire que fortement dilués, des produits pharmaceutiques ou des poisons améliorent des processus vitaux, tandis que des concentrations fortes peuvent inhiber ces processus et les terminer même.

Ainsi, par exemple :

1/ l’arsenic qui est un poison létal peut en micro-dose améliorer l’état des patients en situation d’empoisonnement. Vérifié expérimentalement sur le pigeon intoxiqué à l’arsenic : des dilutions homéopathiques d’arsenic font reprendre l’excrétion du toxique et récupérer la vitesse des réflexes du pigeon.

2/ la digitaline, remède allopathique qui a dose pondérale régularise les coeurs rapides (tachycardie) devient « Digitalis » en haute dilution, avec la propriété d’être le remède des coeurs lents (bradycardies).

La règle a porté le nom d’Hugo Paul Friedrich Schulz et Rudolf Arndt. Le dernier l’a formulée en 1888. Cependant, les exceptions à cette règle sont si nombreuses que l’on ne peut pas la considérer comme une loi générale.

 

Très certainement, si l’homéopathie « sent le soufre » c’est bien parce que la pensée d’Hahnemann procède de la pensée alchimique propre à son époque, l’alchimie étant l’ancêtre de notre « chimie » moderne, avec laquelle nous sommes évidemment plus familiers…

Il existe plusieurs modes de dilutions-dynamisations :

  • Les « centésimales Hahnemanniennes » ou « CH » (parfois notées simplement « C ») : une part (=1 partie) de la « souche » est diluée dans 99 parties de solvant (eau), le mélange est vigoureusement secoué, une part (=1 partie) de ce « mélange » est dilué dans 99 parties de solvant, etc., le processus répété autant de fois que nécessaire pour obtenir les dilutions souhaitées : 1CH, 2CH, etc. jusqu’à… nCH (la limite est une question de pratique : pour 200CH il faut répéter 200 fois le processus…)
  • Les « dixièmes Hahnemanniennes » ou « DH » notées « D » ou « X » [mêmes remarques, avec 1 partie pour 9]
  • Les « Korsakoviennes » ou « K » (de Semen KORSAKOV, prince russe et homéopathe) : le même procédé (ou presque) est utilisé, le flacon servant aux opérations de dilution-dynamisation est simplement vidé à chaque étape (ce qui reste sur ses parois est utilisé pour le cycle suivant), puis rempli de solvant, secoué, etc.
  • Les LM, mode de préparation d’écrit dans la 6ème édition de l’organon, qui est surtout utilisé en Inde. Les LM sont obtenus par passages successifs de la solution au globule et du globule à la solution, méthode fastidieuse de préparation, mais qui semble avoir donné à S. Hahnemann les résultats les meilleurs en clinique. La prescription en est classiquement progressive LM/1 puis LM/2, LM/3, à raison d’une prise par jour durant une semaine … jusqu’à LM/30.
  • Méthode de la fluxion continue de Fincke, surtout utilisée aux USA, permet d’obtenir des dilutions très élevées (jusqu’à 5 millions de K !).

Ce mode de préparation des remèdes homéopathique a évidemment donné lieu à tous les sarcasmes possibles et imaginables : il est facile de calculer qu’une dilution à la 30e Hahnemannienne (30 CH) ne contient plus aucune molécule de la substance-souche (la limite théorique se situant autour de la 12 CH cf. le nombre d’Avogadro : ~ 6.1024), et par exemple qu’une molécule d’une substance quelconque ajoutée à l’eau de tous les océans de la Terre correspond à une 23 CH… (mais on ne voit pas comment on pourrait « dynamiser » un tel volume d’eau…). L’effet homéopathique n’est vraisemblablement pas dû à la substance elle-même, mais à une sorte d’empreinte qu’elle laisserait dans le solvant.

À l’heure actuelle (2014), il n’existe pas de consensus sur les effets des remèdes homéopathiques et aucune théorie n’explique vraiment les effets observés par les homéopathes et leurs patients (voir 2e section de ce cours).

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La plupart des praticiens peuvent cependant attester que les remèdes homéopathiques, utilisés dans les règles de l’art, sont pourtant de puissants agents thérapeutiques, et qu’ils peuvent même déclencher des effets indésirables (que nous qualifierons d’extrinsèques) tout aussi puissants s’ils sont utilisés sans discernement.

Par opposition aux effets indésirables intrinsèques de beaucoup de médicaments « allopathiques », les remèdes homéopathiques n’ont pas de toxicité intrinsèque, mais ils peuvent déclencher de véritables « avalanches » de manifestations pathologiques, en déstabilisant (on parle alors de « décompensation ») un état d’équilibre chez un patient fragile. La petite étincelle qui fait exploser une raffinerie de pétrole est une bonne illustration du mécanisme des effets indésirables des remèdes homéopathiques : elle n’est pas en elle-même dangereuse, mais le devient en fonction de son environnement (ici les vapeurs d’essence hautement inflammables : effet « gâchette » ou « étincelle »). À l’inverse, notons que la plupart des médicaments allopathiques portent en eux-mêmes la toxicité responsable des effets indésirables qu’ils produisent.

NB. Il est souvent précisé d’éviter au cours des traitements homéopathiques l’usage de menthe, camphre, café… Ces conseils remontent à S. Hahnemann, qui avait observé que l’absorption conjointe de décoctions de plantes aromatiques atténuait l’effet du remède semblable. Pour notre part, nous nous contentons de préciser au malade d’éviter l’utilisation de plantes à essences (menthe, eucalyptus, camphre…) en même temps que la prise de dilutions homéopathiques (granules et doses). Un intervalle d’au moins une heure nous semble nécessaire, mais suffisant. Plutôt que de proscrire les dentifrices à la menthe, chez l’adulte surtout, évitez ceux au fluor qui saturent le fonctionnement thyroïdien (car le fluor est un halogène comme l’iode). 

 

Différents auteurs ont compilé des MM antérieures, les ont parfois complétées par des provings de nouvelles substances ou des observations cliniques personnelles. Citons, pour rester dans le domaine francophone (et cette liste est loin d’être exhaustive) :

  • La MM de Paul KOLLITSCH (1955 – une des plus complètes, disponible en photocopie seulement – voir boutique du site)
  • La MM de VOISIN (très « physio-pathologique » : parfaite pour les débutants)
  • La MM de Michel GERMONPREZ et al.
  • La MM de ZISSU et GUILLAUME
  • La MM de Robert SEROR
  • La MM de O.A. JULIAN (les pathogénèsies de nombreux remèdes allopathiques)
  • La « MM diathésique » de Françoise et Jean-Yves HENRY (à commander sur ce site)
  • … etc

Chaque MM reflète les options conceptuelles de son auteur, et trahit les choix auxquels il a dû se résoudre : quels remèdes inclure, quelle structure donner à la pathogénésie, quelle hiérarchie dans les symptômes ?. Certains (par exemple KOLLITSCH et HENRY) sont allés au-delà, en se demandant s’il était possible d’intégrer les remèdes eux-mêmes dans une structure physiopathologique donnée, autrement dit s’il existait un ordre sous-jacent à la MM qui permettrait de construire un (ou plusieurs) système(s) organisant la MM, cette forêt impénétrable de symptômes divers et variés.

Nous verrons (2e section) qu’il est possible de construire de tels systèmes fonctionnels : cette démarche constructiviste à le mérite de montrer que c’est certes possible mais il faut toujours avoir à l’esprit que ces constructions sont, comme tous les systèmes, à la fois plus et moins que la somme de leurs parties. L’utilisation de ces systèmes peut faciliter le diagnostic de remède, mais la MM et surtout la réaction du patient au traitement reste la pierre de touche : notre raison d’être est la guérison (ou tout au moins le « mieux être ») du patient, non l’élaboration d’un système aussi subtil et sophistiqué soit-il.

L’internaute-étudiant choisira donc la MM qui lui convient le mieux. L’étude de cette MM l’accompagnera tous les jours de sa vie professionnelle…

 

LA MATIÈRE MÉDICALE : UN MAQUIS IMPÉNÉTRABLE ?!

Tous ceux qui se sont frottés à la Materia Medica (par l’intermédiaire d’une MM particulière) ont pu constater que c’est un maquis dans lequel il est très facile de se perdre corps et biens…

Pour prescrire son traitement, l’homéopathe doit tout d’abord faire un diagnostic de remède (et décider ensuite de la hauteur de la dilution à prescrire)

Le diagnostic de remède consiste à trouver le remède homéopathique dont le profil pathogénésique (l’ensemble des symptômes provoqués chez le sujet sain par l’administration, en doses pondérales ou non, de la substance-souche servant à élaborer les remèdes : voir « PROVING ») correspond le mieux au profil symptomatique du patient (c’est-à-dire l’ensemble des symptômes exprimés par le patient, et en pratique l’ensemble des symptômes que l’homéopathe a observés, perçus, notés et en fin de compte retenus.

Notons que le médecin « allopathe » doit faire, lui, un diagnostic de maladie : de quelle maladie souffre ce patient ? En médecine classique occidentale, c’est le diagnostic nosologique qui autorise l’administration de tel ou tel médicament (on parle alors d’« indication » de tel ou tel traitement).

Si nous avons une connaissance un tant soit peu développée de la MM, notre cerveau est capable d’établir un lien entre la symptomatologie de tel ou tel patient avec tel ou tel remède homéopathique.

Si le remède est bien diagnostiqué et donc administré à bon escient, ET si le patient est capable de mettre en œuvre ses régulations internes, le remède agira (et le patient sera « guéri »… dans le meilleur des cas !).

Un homéopathe omniscient et très expérimenté serait capable de diagnostiquer très rapidement le remède le mieux adapté à un patient. Mais les homéopathes, aussi férus soient-ils, ne sont jamais omniscients : il existe plusieurs milliers de remèdes, et le profil symptomatique du patient est nécessairement partiel ou incomplet (parfois tout simplement parce que le patient omet, consciemment ou non, de signaler tel ou tel symptôme…). Le diagnostic de remède dépend donc de la subjectivité de la relation patient-homéopathe et de la maîtrise plus ou moins grande de la MM par l’homéopathe lui-même.

Des esprits pragmatiques — et il n’est pas étonnant de constater que ce sont presque tous des auteurs anglo-saxons !— ont élaboré une technique particulière de diagnostic de remède homéopathique appelée répertorisation : nous l’étudierons dans la 4e section).

 

CONCLUSION

Une MM est donc un ensemble de remèdes, chacun de ces remèdes étant défini par un ensemble de symptômes ; lorsqu’on apprend la MM, on apprend les remèdes en mémorisant leurs symptômes respectifs :

REMÈDE —> SYMPTÔMES

C’est une démarche analytique. La connaissance et la maîtrise de la MM, ainsi que l’expérience clinique, permettent le plus souvent de retrouver le ou les remèdes les mieux adaptés au patient.

Lors d’une consultation d’homéopathie, le (ou les) symptôme(s) du patient sont ainsi confrontés, dans le cerveau de l’homéopathe, à la multitude des remèdes et du foisonnement de leurs symptômes. Le cerveau de l’homéopathe est alors dans une démarche synthétique, qui va des symptômes vers le remède :

SYMPTÔMES —> REMÈDE

Le métier d’homéopathe est donc une dialectique constante entre ces deux modes de fonctionnement. La consultation d’homéopathie est en quelque sorte l’inverse de l’apprentissage de la MM… Nous verrons que la prescription homéopathique est grandement facilitée par l’utilisation de « boussoles » : l’homéopathie diathésique est l’une de ces boussoles (voir 2e séminaire de cette année de cours).

 

alt  trousse homéo du 19ème siècle

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§ 1.3 – L’HOMÉOPATHIE, UN SYSTÈME MÉDICAL À PART ENTIÈRE

Notre médecine occidentale moderne est un système médical universel, en ceci qu’il est de mise dans tous les pays du monde. La médecine occidentale repose sur des bases conceptuelles, des règles diagnostiques et un arsenal thérapeutique qui nous sont tellement familiers que nous avons peine à imaginer qu’il existe des systèmes différents.

À côté de cette médecine conventionnelle, à laquelle nous sommes habitués, il existe cependant d’autres doctrines médicales, avec des méthodes de soins particuliers, comme par exemple l’homéopathie, la médecine traditionnelle chinoise (MTC), la médecine ayurvédique, l’ostéopathie, la naturopathie, etc… Ces systèmes sont regroupés sous le terme générique de « médecines non conventionnelles » ou « médecines complémentaires et alternatives » (MCA).

L’homéopathie est de fait un système médical à part entière, avec :

  • Son cadre conceptuel : la référence à la MM et la loi des semblables (Similia similibus curentur), en bon français « Le semblable se soigne par le semblable »
  • Ses règles diagnostiques : l’identification du ou des remèdes les plus proches du profil du patient.    Définition :
    Remède homéopathique : nom donné aux dilutions-dynamisations homéopathiques ; N.B. : en évitant l’utilisation du terme « médicament » on distingue la thérapeutique homéopathique des autres thérapeutiques.
  • Son arsenal thérapeutique : les remèdes homéopathiques, sous toutes leurs formes.

LMHI   

La ligue internationale homéopathique, qui organise un séminaire annuel à travers le monde (ex.: Paris 2014 / Rio 2015 / Buenos Aires 2016 …)

 

On y observe néanmoins trois tendances historiques :

  1. Les « unicistes » (ou kentiste), plutôt de tradition anglophones, utilisant essentiellement des hautes dilutions d’un remède unique avec un impact important sur les affects et les troubles psychologiques (ex. deuil).
  2. Les « pluralistes », plutôt de tradition francophones, utilisant essentiellement une succession de remèdes en moyenne dilution, méthode efficace sur les problème d’adaptation neuro-hormonale (ex.: ménopause).
  3. Les « complexistes »,  plutôt de tradition germanophone, utilisant essentiellement des mélanges de remèdes en basses dilutions, méthode efficace sur de nombreuses dysfonctions tissulaires (ex.: cystite)

 

En pratique, plus on veut traiter la cause (choc primaire), plus on va utiliser un remède unique en haute dilution. A la réflexion, cela semble logique, car avec le temps, dans le corps humain, l’information est diluée (environ 3 litres par jour) et dynamisée par le système vasculaire (au rythme de 1 pulsation par seconde). Si l’on veut atteindre une information ancienne, il faudra donc donner le remède similimum à une dilution/dynamisation équivalente (c’est-à-dire d’autant plus élevée qu’elle est ancienne).

Comparons trois systèmes médicaux différents :
  • Médecine Classique Occidentale (MCO)
  • Médecine Traditionnelle Chinoise (MTC)
  • Homéopathie

 

MCO MTC Homéopathie
Cadre conceptuel Nosologie (caractérisation des maladies) et
la « loi des contraires »
Le système des CINQ ÉLÉMENTS la MM et son ordre interne
la « loi des semblables »
Règles diagnostiques Le diagnostic nosologie : de quelle maladie s’agit-il ? Relations Structure/Fonction : Insuffisance/vide/excès, chaud/froid, etc. Le diagnostic de remède : quel(s) remède(s) pour le patient
Arsenal thérapeutique Les médicaments allopathiques, la chirurgie, etc Acupuncture
diététique
phytothérapie
Qi Kong …
Les remèdes homéopathiques

 

L’homéopathie est donc une discipline médicale à part entière et il n’y a aucune raison qu’elle ne puisse pas être intégrée dans une pratique de soins.

 

§ 1.4 – MÉDECINE INTÉGRÉE (ou  » INTÉGRATIVE « ?) :

La médecine intégrative (ou médecine intégrée) est une approche qui fait appel à ce qu’il peut y avoir de meilleur dans différents systèmes de soins, y compris la médecine classique. Elle intègre les différentes approches (bien évidemment dans les limites des compétences du praticien) pour le bien-être et la guérison de la personne non seulement dans sa dimension biologique, mais aussi dans ses dimensions psychiques, sociales et spirituelles (NB. lecture recommandée : Médecine intégrative et recherche systémique sur les effets thérapeutiques, Arch. Intern. Medicine /Vol. 162, Jan 28, 2002, American Medical Association, pp.133-140 : traduction en français d’un article original en anglais des États-Unis téléchargeable en PDF sur le site de medecine-integree.com ; l’article original est aussi disponible sur le Net :
http://archinte.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=214740).

Selon Wikipedia (juil-2014) :
http://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9decine_int%C3%A9grative :

« Un débat a lieu sur l’usage du terme médecine intégrative dans le sens où intégrative est un anglicisme. Pour les défenseurs du terme, il paraît possible, judicieux et même souhaitable de l’introduire en français comme un néologisme, c’est-à-dire comme élément lexicographique non encore lexicalisé, mais parfaitement lexicalisable, pour deux raisons :

  • il serait en harmonie avec la langue française ;
  • il semblerait approprié, faute d’un équivalent plus convaincant en français : « intégrée » est trop statique et définitif (mais il est quand même employé), « intégrationnelle » trop ronflant (en dehors du fait que c’est aussi un néologisme), « intégrante » plutôt obscur. L’adjectif « intégrative » suggérant quant à lui un processus plutôt qu’un état ».       

L’homéopathie peut ainsi être intégrée, c’est-à-dire utilisée concomitamment, successivement ou alternativement, avec d’autres approches thérapeutiques dans toute pratique médicale : par exemple, rien n’interdit de prescrire par exemple une dose d’OPIUM 30CH à un patient qui se réveille mal d’une anesthésie nécessitée par la réduction d’une fracture par l’orthopédiste… à plus forte raison s’il reste constipé par la suite ! Les homéopathes et les ostéopathes constatent que l’ostéopathie et l’homéopathie ont une bonne synergie (les effets de l’une peuvent renforcer les effets de l’autre).

L’homéopathie peut très souvent réussir seule dans bien des symptomatologies chroniques, là ou l’approche classique ne propose guère autre chose que des antalgiques, antibiotiques, antidépresseurs, anti-inflammatoires…

Et il est pratiquement toujours possible de proposer un ou deux remèdes homéopathiques à tel patient rapportant n’importe quelle association de symptômes, à l’inverse de la médecine « allopathique » qui doit alors accumuler les prescriptions (certaines ordonnances peuvent ainsi comporter dix, voire davantage, spécialités différentes…) sans vraiment vouloir ou pouvoir se préoccuper des interactions pharmacologiques (effets de la substance) ou pharmacodynamiques (métabolisme de la substance) : sachant qu’on ne connaît pas toujours très bien les effets indésirables d’une molécule ou substance donnée, on connaît encore moins ceux pouvant résulter de l’interaction de deux — et à plus forte raison de plusieurs ! — substances…

Un praticien est une personne qui pratique (utilise en pratique) une technique de soins. Ainsi, un médecin généraliste est-il un praticien de médecine (classique occidentale) générale, un ostéopathe un praticien d’ostéopathie, un homéopathe un praticien d’homéopathie, etc. Dans l’absolu, nul besoin d’être médecin (au sens courant de notre civilisation occidentale) pour pratiquer la médecine homéopathique, l’ostéopathie, la MTC. L’exercice de l’homéopathie, dans les pays francophones, reste cependant le plus souvent l’apanage d’un médecin, mais ce n’est plus le cas dans les pays du Nord de l’Europe et en Inde.

Le conformisme intellectuel ambiant, la toute-puissance des firmes pharmaceutiques, le formatage universitaire et l’environnement économique, notamment en France, rendent déjà très difficile l’exercice de la médecine (classique occidentale) seule ; à plus forte raison si l’on prétend exercer en plus l’homéopathie ! De sorte que le médecin homéopathe, figure familière et populaire s’il en est, est une espèce en voie d’extinction. Ceci satisfait probablement les pouvoirs publics et une grande partie des médecins, mais désole la communauté des patients qui recherchent précisément une approche différente de celle proposée (et souvent imposée) par la médecine classique : pour beaucoup de gens, il peut être en effet tout à fait naturel de consulter tour à tour un spécialiste, un naturopathe, un médecin généraliste, un ostéopathe, un rebouteux, un magnétiseur… En dehors des situations d’urgence vitale, il n’est pas dit que ce soit la médecine classique qui soit la plus performante !

Rien n’interdit conceptuellement d’exercer la médecine homéopathique alors même que l’on n’est pas médecin (au sens classique). Mais en pratique, si un praticien homéopathe n’est pas aussi un praticien de médecine classique occidentale, il ne peut dialoguer avec ces derniers : cette situation est dommageable pour les patients, c’est un appauvrissement de l’offre de soins que nous déplorons.

 

BIBLIOGRAPHIE – OUVRAGES À CONSULTER

  1. HAHNEMANN, Samuel, L’Organon, ou l’art de guérir (l’œuvre originale « Organon der Heilkunst » rédigée en allemand, a été traduite dans de nombreuses langues dont l’anglais et le français). Hahnemann a publié cinq éditions de son Organon ; la dernière, datant de 1833 a été traduite en français et publiée en 1845. Elle est consultable à la Bibliothèque Nationale. Une sixième édition a été publiée en 1921.

Organon

  1. HAHNEMANN, S., Les maladies chroniques, 1828
  2. KENT, J. Tyler, Répertoire de la Matière Médicale Homœopathique, traduction et adaptation françaises par Edouard Broussalian, éd. Roger Jollois, 1993
  3. VANNIER, L., Les remèdes homéopathiques des états aigus – Étude clinique et thérapeutique, Doin & Cie, 1946
  4. KOLLISTCH, P., Matière médicale thérapeutique, Maloine, 1955, réédité en 1989 (mais épuisé)
  5. HENRY, Fr. et J-Y., Matière Médicale diathésique, IMH, 2009
  6. MACIOCIA, G., The Foundations of Chinese Medicine, Elsevier, 2e éd., 2005, pp.1-40

 

NOTE : Ce qui précède est un support de cours. Le site medecine-integree.com est une base de données en accès libre qui permet à chacun d’approfondir ses connaissances à partir des notions présentées ci-dessus, dans le domaine de la santé et des systèmes de soins intégratifs (c’est-à-dire qui mettent si nécessaire en œuvre, et de façon coordonnée, plusieurs approches thérapeutiques complémentaires).

Chaque module Homéopathie – 1ère année requiert 20 à 25 heures de travail personnel par session. Il y a six sessions dans l’année réparties d’octobre à juin sur six week-ends espacés de 6 à 8 semaines.

L’internaute qui souhaite valider son travail doit s’inscrire aux sessions (payantes) de travaux pratiques. Il devient alors un « étudiant ». Il bénéficie d’un tutorat en ligne et d’un tutorat direct lors de ces sessions de validation.

Lors de chaque session, les connaissances analytiques du candidat sont évaluées par une séance de QCM (Questions à Choix Multiple) et sa capacité de synthèse par des QRC (Questions Rédactionnelles Courtes).

Un examen de fin d’année (QCM et QRC) sanctionne le travail de l’année et permet de valider le module.

PS. En tant qu’étudiant en homéopathie, nous vous solliciterons sans doute pour réaliser une pathogénésie. Voici (ci-joint) le protocole de réalisation de cette expérimentation médicale un peu particulière …

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A propos de l'auteur
Jean-Pierre Duboc
le dr. Jean-Pierre Duboc est le rédacteur-coordinateur de cet enseignement d'homéopathie. Mathématicien de formation, il exerce depuis 1994 la médecine intégrative avec l’approche systémique de l’homéopathie (couplage de la Matière Médicale homéopathique avec la biologie et la Médecine Traditionnelle Chinoise) développée par Jean-Yves Henry.