Homéopathie vétérinaire

       L’homéopathie vétérinaire

 

Si l’homéopathie a depuis longtemps intéressé les vétérinaires (ex.: Lux au 19ème siècle a d’ailleurs été un des premiers praticiens à utiliser les stock-nosodes), la pratique de notre belle doctrine en est fort différente :

  • d’abord parce que la structure de chaque animal est différente : insectes (ex.: abeilles), reptiles, oiseaux, mammifères …
  • ensuite par leurs fonctions : herbivores, carnassiers, charognards ?
  • enfin, par leurs modes de vie : solitaire ou en troupeaux ?
  • et leurs relation à l’homme : animaux sauvages, de rente ou de compagnie ?

 

Les choses on de plus beaucoup évolué ces 50 dernières années : la traction animale a presque partout disparu, les alimentations standardisées se sont généralisées (granulés nutritifs, farines animales) et la taille des exploitations a explosé (ex.: ferme des 1000 vaches). La sélection des espèces les plus productives a rendu les lignées fragiles (vaches à lait). Les vaccinations se sont multipliées, ainsi que les traitements antibiotiques et hormonaux.

La tache du vétérinaire sera donc d’abord d’essayer de restituer un peu de logique dans les divers intervenants de la vie de l’animal, puis de recueillir par l’observation et l’interrogatoire du propriétaire quelques symptômes physiologiques et comportementaux essentiels : faim – pas faim / soif – pas soif / peureux – agressif / besoin de bouger ou immobile ?

Les pathologies sont bien sûr différentes, ainsi, par exemple, dans les syndromes cholériformes on pourra utiliser Arsenicum alb., Camphora ou Cuprum (trio historique du choléra humain).

Le typhus des chats bénéficiera par exemple de l’association : Arsenicum alb. + Mercurius corrosivus + Nitricum acidum

 

Les maladie de l’élevage …

On groupe sous le nom de « maladie de l’élevage » un certain nombre d’affections qui découlent des conditions même de la production d’une espèce donnée. Elles frappent les animaux aux différents stades de leur cycle vital : instinct sexuel, fécondation, gestation, accouchement, allaitement, sevrage, croissance, puberté. A chacun de ces stades, les carences diverses, les infections, les accidents multiples menacent le revenu de l’éleveur qui subit les conditions du milieu et les contraintes atmosphériques.

Au moment de l’accouchement, on utilise surtout Caulophillum (anomalies des contractions utérines et de la dilatation du col), Sepia dans certains cas de prolapsus utéro-vaginal.

Dans l’espèce bovine, le jeune veau est aussitôt retiré à sa mère et son alimentation artificielle est « enrichie » en minéraux, vitamines, antibiotiques et antiparasitaires …

Dans l’espèce équine (chevaux de sport), l’éleveur veut des résultats rapides, il injecte donc des hormones, des vitamines, de l’acide phosphorique … On observe chez les juments des crises sexuelles par excès (Murex) et du mal des transports (Cocculus ou Gelsemium).

Le praticien vétérinaire, plus que son confrère médecin, va raisonner en grands systèmes physiologiques : Foie / Rein / Cœur / Poumon / Rate-Pancréas. Et à ce niveau, les complexes homéopathiques font souvent merveille (presque tous les laboratoires en proposent), exemples :

  • Hepar compositum … foie
  • Solidago compositum … rein
  • Cor compositum … cœur-vaisseaux
  • Lymphomyosot (Myosotis comp) … glaires

Ainsi que l’organo et la sérothérapie (injectable ++)

 

Les hautes dilutions seront néanmoins très efficaces, avec une spécificité d’espèces assez marquée :

  • Porc … Sulfur
  • Cheval … Arsenicum album / Phosphorus
  • Poules … Pulsatilla
  • Chien … Lycopodium / Pulsatilla
  • Chèvres … Natrum mur.

 

Les animaux familiers occupent une grande place dans nos cœurs. L’approche homéopathique est souvent proche de la médecine infantile. A noter qu’ils sont souvent survaccinés (exemple : vaccins inducteurs de papillomes qui bénéficieront de Thuya occ.).

On observe à présent des animaux sauvages devenus familiers de l’homme : singes, renards, félins, oiseaux exotiques, mygales ou rats … pour lesquels le régime alimentaire et les conditions d’existence sont forcément inadaptés !

L’homéopathie et l’approche comportementale pour les animaux : une réalité !

Si les médecines alternatives reviennent au goût du jour, la médecine vétérinaire est également affectée. L’acupuncture, la phytothérapie, l’homéopathie, les sels de Schüssler, les fleurs de Bach … toutes ces méthodes sont à présent proposées quotidiennement avec succès à nos amis les bêtes.

alt   Matière médicale des symptômes animaux

L’âge, le poids et la race de l’animal ne sont que des éléments dans le diagnostic des dysfonctions révélées par les symptômes comportementaux et organiques, qu’il est parfois difficile de retrouver dans les Matières médicales et les Répertoires conçus au départ pour les humains. Ce sont souvent des détails qui peuvent paraitre anodins, mais qui mènent au remède adéquat :

  • Un chien qui ne met jamais les pattes dans une flaque d’eau, a froid, mais évite la chaleur …
  • La jument qui n’aime pas quand on la sangle,
  • Le chat qui a mal à une patte, mais qui se couche toujours dessus …

 

  aussi en anglais …

 

Les remèdes de situations comportementales seront utiles ponctuellement. Ainsi, une jument ayant perdue une course ne se détendit qu’après une dose d’IGNATIA 30 CH (remède des dystonies suite de déception).

Enfin, bien avoir présent à l’esprit que sur les 1400 germes, parasites et virus connus pour leur pathogénicité chez l’homme, 60% d’entre eux sont commun aux règne animal !

L’avantage évident du vétérinaire est qu’il est en droit d’euthanasier son client si les choses tournent mal … !

 

 

A propos de l'auteur
Jean Yves Henry
Médecin généraliste, homéopathe et acupuncteur. Auteur d'une dizaine d'ouvrages, il coordonne l'enseignement de confrères de toutes spécialités pour promouvoir l'aspect intégré de ce télé-enseignement médical et para-médical.