L’hypertension artérielle (HTA)

  L’hypertension artérielle

« Vous n’oublierez pas de me prendre la tension, n’est-ce pas docteur ?! »

On estime que, chez les plus de 35 ans, 30% de la population européenne est hypertendue, et parmi ces patients 60% suivent un traitement anti-hypertenseur dans le but de limiter les symptômes désagréables et de réduire le risque cardio-vasculaire (inexistant en fait si la TA est inférieure à 160/90). Nos amis allopathes ont reconnu que l’HTA était plurifactorielle.

Le problème est à l’heure actuelle devenu très complexe du fait des thérapeutiques puissantes mises en jeu, le plus souvent en dépit du bon sens et dans l’ignorance la plus complète de la physiopathologie du syndrome, comme des éléments réactionnels concomitants propres au malade. Nous retrouvons, là aussi, les deux plaies dont souffre la « médecine académique » :

  • Confondre sans cesse les causes et leurs conséquences (manifestations),
  • Rechercher la dose maximale admissible au lieu de la quantité minimale efficace !

Alors que le diabète et le surpoids doivent tout à l’excès de sucres et de farineux, que l’alcool et le tabac favorisent objectivement le cancer, c’est l’excès de sel (surtout dans les aliments transformés – les plats cuisinés) qui est à la base de l’augmentation progressive des HTA dans les sociétés modernes.

 

L’HTA en MTC : régulée par l’axe Rein (surrénale) – Cœur (comme en médecine occidentale). Mais aussi rôles du Foie (réservoir du sang), du Poumon (source supérieure de l’eau), de la Rate-pancréas (les glaires et le surpoids) …

En pratique, l’HTA se présente sous trois aspects principaux :

  1. Les hypertendus de moins de 50 ans, avec une diastolique haute (> à 100 mm Hg), dans un contexte d’HTA familiale, celle-ci bénéficiera classiquement d’une bithérapie : IEC + antagoniste calcique (American College of cardiology – mars 2008),
  2. Les hypertendus âgés, avec une systolique haute (> à 160 mm Hg) et une différentielle importante, dans un contexte d’athéromatose progressive,
  3. Les hypertendus obèses, dans un contexte de syndrome métabolique (diabète), souvent avec apnées du sommeil, qui doivent éviter les bêtabloquants et les diurétiques thiazidiques.

1/ Le problème physio-pathologique :

Le système Rénine – Angiotensine 2 : l’appareil juxta-glomérulaire capte la composition urinaire dans la partie initiale du tube distal et les utilise pour réguler le flux sanguin glomérulaire. Ainsi, une diminution du volume plasmatique (hypo TA) libère de la Rénine qui provoque une remontée de la TA. Or l’hypoperfusion d’un seul rein (sténose de l’artère rénale) augmente la libération de Rénine et provoque donc une HTA systémique. La Rénine est activée par l’Adrénaline et inhibée par les B-bloqueurs, l’Aldostérone et l’Angiotensine 2 (puissant système vaso-constricteur artériolaire) qui provoque la soif et le désir de sel.

Une étude récente (JAMA, aout 2008) a – par ailleurs – observé que la réduction de l’hyperuricémie des hypertendus jeunes, régularise 60% des patients, sans que le mécanisme de cette normalisation soit formellement élucidé, preuve que le problème est multifactoriel.

Dans le cas le plus fréquent d’une HTA idiopathique (nous ne traiterons pas ici les hypertensions artérielles de cause chirurgicalement curable), nous sommes en face d’un drame à quatre protagonistes (coeur / rein / cortex cérébral / lit capilaire): il s’agit en fait d’un mécanisme d’hypoxie tissulaire périphérique (nous en aborderons les causes dans le paragraphe suivant), que l’homéostasie tente de compenser en augmentant le débit sanguin, c’est à dire la pression intra vasculaire. Toute tentative médicamenteuse visant à faire baisser la tension artérielle va supprimer ce mécanisme compensatoire, donc aggraver l’hypoxie périphérique … ce qui va avoir pour effet immédiat de fatiguer le malade et de relancer l’HTA (phénomène qui explique la nécessité qu’éprouvent les « classiques », d’augmenter progressivement les doses et de combiner les produits) !

2/ Le problème lésionnel :

Le vrai drame se situe donc au niveau des endothéliums capillaires qui n’assurent plus correctement leur fonction d’oxygénation organique. Seul un traitement à ce niveau pourra prétendre apporter une solution durable au patient hypertendu. Statistiquement, on observe le plus souvent l’association de plusieurs maladies de surcharge : c’est le « syndrome métabolique » = Obésité abdominale – Diabète gras – Hyperlipidémie – Goutte – HTA – albuminurie – troubles de la coagulation

Un bilan biologique minimum s’impose donc, pour explorer les régulations glycémiques, lipidiques et rénales (glycémie, cholestérol, triglycérides, urée, acide urique et créatinine).

Les facteurs immunitaires et génétiques sont prépondérants dans le déclenchement de ces phénomènes marqués par la « hyalinose » (hyper Bêta + Gamma) bien connue des praticiens utilisant les BNS. Cet aspect biologique correspond à une surcharge vasculaire lipidique, associée à une réaction immune d’hyperplasie conjonctive qui va « figer les choses » et donner un aspect nacré à ces tissus, lorsqu’on les observe en coupe histologique. Certaines populations présentent assez systématiquement cet aspect (ex.: les populations vivant sous l’équateur), ce sont aussi eux qui présentent le plus fort taux d’HTA et d’accidents vasculaires cérébraux. Ici se pose alors le problème de la tension maximale admissible :

–> l’OMS préconise 15 à cinquante ans + 1 point par dix ans d’age. Les premières années de la maladie, l’hypertension est modérée (< à 18/10) et pas permanente. Puis progressivement celle-ci devient permanente et s’élève (> à 20/12).

–> dans les populations noires, on observe que les TA maximales varient entre 22 et 30 (même chez les adultes jeunes), sans que les patients ne se plaignent d’autre chose que de migraines occasionnelles (voir plus loin) !!

Sur un plan thérapeutique, il faut avant tout commencer par contrôler la surcharge pondérale : de nombreux malades étiquettés « hypertendus » verront se normaliser leurs chiffres tensionnels par un simple retour à la normale de leur poids corporel. HTA est présente dans 60% des obésités (Sharma 2001) : si +10Kg = + 1 point de systolique ! Pour ce faire il faut :

  • Réduire de façon drastique les aliments riches en hydrates de carbone (alcools/ sucres/ farineux), encourager au contraire la consommation des légumes verts riches en fibres.
  • Instituer un traitement de « drainage » (plante et sels des BNS ++) visant à favoriser le travail des émonctoires. Faire aussi prendre conscience du rôle de la constipation et de la respiration (oxygénation des graisses) = pratique d’un exercice physique minimum.
  • Insister pour la suppression des hypertenseurs alimentaires : café, alcool, tabac, réglisse.

3/ le problème personnel (traiter un malade ou une maladie ?)

Une tachycardie, des bourdonnements d’oreille, des crampes … sont des symptômes à prendre en considération. Le mode de vie et la psychologie du malade sont ici très importants :

  • Problème de l’observance : 1/3 des malades se traitent, 1/3 se traitent occasionnellement, 1/3 ne se traitent pas du tout !
  • Problème du niveau de stress : l’approche sera différente pour un Arsenicum album, un Sulfur ou Aurum !
  • Problème de compatibilité : l’association homéo./allopathie est admissible dès que la tension est très élevé (sup. à 18 pour un européen).

En pratique, on se trouve souvent devant des prescriptions classiques associant 3 médicaments appartenant à 3 groupes thérapeutiques différents (ne pas tout arrêter d’un coup !). Par ailleurs, le régime sans sel seul ne se justifie pas.

4/ Le problème ethnique !

J’avais été étonné, durant mes années passées sous les tropiques, de la prévalence incroyable de l’HTA dans les populations afro-américaines. Il n’est pas rare en effet d’observer chez ces patients, dès l’âge de 40 ans, des hypertensions dépassant 250 mm de Hg de maxima ! Les BNS nous livrent l’explication de ce phénomène, qui est sous-tendu par une hyalinose (hyper Bêta + Gamma précipitines) importante. L’HTA nous apparaît donc comme un symptôme adaptatif de l’hypoxie tissulaire périphérique précoce.

Dans un article récent (le Quotidien du médecin, spécial recherche, juin 2004) , le pr. Xavier Girerd (hôpital de la Pitié-Salpêtrière, Paris) a étudié statistiquement ce phénomène dans les trois grandes ethnies mondiales :

* les Afro-américains … ont une HTA fréquente, précoce et importante qui évolue plus volontiers vers l’insuffisance cardiaque ou le néphroangiosclérose (si diabète associé). Ils répondent mieux aux antagonistes calciques et aux diurétiques thiazidiques (avec un IEC si atteinte rénale).

* les Caucasiens … ont une HTA plus tardive, qui évolue essentiellement vers la maladie coronaire. Leur HTA répond mieux aux Bêta-bloquants, IEC ou IA2, mais la normalisation de leur TA a peu d’influence sur l’évolution de leur coronaropathie !

* les Asiatiques … ont une HTA qui évolue surtout vers l’accident vasculaire cérébral. Le traitement optimal pour eux semble être l’association d’un diurétique thiazidique avec un IEC, médicaments qui réduisent notablement le risque d’AVC.

Le traitement allopathique et ses intolérances :

Six classes thérapeutiques sont couramment utilisées. Une monothérapie est préconisée en première intention (surtout si TA inf. à 18/10). L’efficacité prouvée de ce traitement est une réduction chiffrée à 15% des coronaropathies et 40% des AVC.

Remèdes allopathiques (et complications) :

1/ trois remèdes majeurs :

* Les bêta-bloquants (Avlocardyl / Détensiel / Lopressor / Sectral® )… inconvénient majeur = l’asthénie et les hypoglycémies, mais aussi : syndrome de Raynaud, bradycardies, insuffisance cardiaque

Moins efficaces chez les gens de couleur, ils sont à éviter chez les patients diabétiques et il faut s’en méfier dans les cas d’artérite distale associée, car celle-ci va s’aggraver, sans que la TA systolique baisse !

* Les diurétiques (Fludex / Renèse, Aldactazine / Modurétic®)–> hypotension orthostatique, hypo-kaliémie, insuffisance rénale

* Les inhibiteurs de l’enzyme de conversion (Captolane / Lopril / Rénitec®) imposent chez le sujet âgé une surveillance de la fonction rénale =

  • trachéite spasmodique chez 1/3 des patients traités
  • insuffisance rénale

2/ alternatives parfois proposées :

* Les antagonistes de l’angiotensine 2, dont le mécanisme d’action est proche de celui des IEC, mais avec une meilleure tolérance à efficacité similaire.

* Les inhibiteurs calciques (Adalate / Ticlid / Pexid / Cordium / Tildiem / Isoptine®) … mais avec des inconvénients importants =

  • bouffées de chaleur, tachycardie
  • tétanie, spasmophilie, bradycardie, œdème des mb. inférieurs

* Les vasodilatateurs périphériques (alpha-bloquants = Minipress / Nepressol) –> flush et céphalées, hypotension orthostatique

* Les hypotenseurs centraux (Aldomet / Catapressan®) –> syndrome dépressif ou pseudo-ébrieux, somnolence, bouche sèche

Certaines associations étant plus synergiques que d’autres, se rencontrent fréquemment, ainsi :

  1. diurétiques + bêtabloquants ou inhibiteurs de l’enzyme de conversion (moins d’hypokaliémie),
  2. inhibiteurs calciques (vasodilatateur périphérique) + bêtabloquants ou IEC

L’utilisation d’associations fixes favorise l’observance. Certains traitements intercurrents, comme les anti-inflammatoires non-stéroïdiens, peuvent favoriser la décompensation d’une HTA !

NB. L’HTA de la grossesse (prééclampsie) est traitée au chapitre « Maternité »

L'HTA   Le traitement homéopathique :

Il n’est pas évident, car nous ne possédons pas de pathogénésies de remèdes avec prise de la TA.

* En aiguë : Nos complexes (CHU) font merveille =

  • « Aurum compositum  » (Arnica + Aconit + Aurum),
  • + « Sulfur comp. » (les soufres pour la relance des oxydations)
  • ± « Heleborus comp. » (Apis / Opium / Helleborus), en présence de signes d’obnubilation
  • ± « Kalium comp. », en cas de déplétion potassique ou de tachyarythmie ++ (effet « bêtabloquant »)

* Les remèdes de fond pour le =

Patient psorique (NB. beaucoup de remèdes d’alcoolisme !) …

  • Sulfur … l’hypertendu auto-intoxiqué, congestif, peu frileux,
  • et/ou Nux vomica (s) … dysneurotonique auto-intoxiqué, crampes à la marche ou de décubitus, alcoolisme ?
  • Melilotus (s) … l’HTA de la ménopause
  • Aesculus ou Aloe (s) … le variqueux aux pieds brûlants, jusqu’au syndrome d’hypertension portale.

Parfois accompagné de :

  • Aconit (s) … éréthisme vasculaire, palpitations, angoisse, agitation (aigu de Sulfur)
  • Glonoïnum (s) … congestion violente et soudaine (complémente bien Sulfur et Lachesis) ou auto-hémothérapie avec une ampoule de « Glonoïn homaccord » du lab. Heel.

Patient tuberculinique …

  • Lachesis (ge) … à la ménopause, céphalées battantes au réveil. Alcoolisme ?
  • Naja (ge) … la maladie mitrale, pouls rapide
  • Crataegus oxyacantha (ge) … tachyarythmie et excitabilité
  • Phosphorus … dans les vertiges des hypertensions artérielles du vieillard, + cœur droit

HTAPhosphorus

Patient luétique …

  • Aurum … congestif pléthorique frileux + +, colères (Nux vom.) alternant avec dépression, cardiomégalie hypertensive, artérite avec œdème des membres inférieurs, dur et chaud, souffre la nuit + Rauwolfia (au) … avec impuissance et troubles mictionnels
  • Lycopodium … micro-angiopathie diabétique et foie déficient + Berberis (al) … lithiase rénale associée

Les remèdes du 3ème age (désadaptation ou/et sycose):

  • Plumbum (ou Plumbum iodatum) … néphrite hypertensive ou artériosclérose confirmée, patient maigre et parétique, souvent constipé + Viscum album (pb) ou Secale cornutum (pb) … l’artérite des membres inférieurs.
  • Baryta carbonica ou Strontium iod. (artérioscléreux maigre) ou Baryta mur. (pouls lent), patient gras, ralenti, avec troubles mnésiques, vertiges ou bourdonnements d’oreilles + Helleborus (ba) … hypertension artérielle avec urémie, parfois oligurie + +
  • Kalium carbonicum … cœur pulmonaire chronique, effet digitalisant. Si HTA + goitre : Kalium iodatum

* L’HTA compliquée :

  • Arnica … remède fonctionnel de l’endartère, le risque hémorragique
  • Arsenicum album … ischémie des scléroses artérielles, œdèmes des membres inférieurs + cœur gauche
  • Cactus grand. (zn) « l’étau » thoracique de la crise d’angor (cf. chapitre correspondant)
  • Carbo veg. + Ethyl sulfur dichloratum (ph) = l’OAP.

Homéopathie complexiste du lab. Heel : auto-hémothérapie avec une ampoule de …

  • « Rauwolfia composé » (si c’est un homme),
  • « Melilotus-Homaccord » (si c’est une femme).

Formules complexes du lab. Reckeweg (Allemagne) :

  1. « R 79 » Capsules pour le cœur : l’HTA, hyperlipémie, angor (Allium sativum D1, Crataegus D1, Viscum album D2) 3 capsules par jour
  2. « R 85 » Gouttes pour l’HTA 10 gouttes, 1 à 3 fois par jour (Allium sativum D3, Citrum limonium D3, Cor D6, Kalium iodatum D3, Kalium phos. D4, Surrénales D6, Mesencéphale D5, Antimonium tartar. D5, Valeriana D3, Rein D6)

La phytothérapie = ici encore, les BNS se révèlent un appoint indispensable pour le choix du remède draineur optimal, c’est à dire celui qui intègre les différents aspects du problème et ne se contente pas d’agir sur un seul des éléments du syndrome.

Citons parmi les plus efficaces en 1 DH, 30 gouttes par jour :

  • Arctium lappa (mg) … la bardanne, très dépurative
  • Caltha palustris (ag) … sur fond de diabète gras
  • Crataegus oxyacantha (ge) … (cf. pathogénésie), palpitations, excitabilité cardio-vasculaire.
  • Lampsana communis (ka) … la lampsourde, hypoglycémiante, artériosclérose cérébrale,
  • Populus tremula (al) … le peuplier, artérite des membres inférieurs
  • Viscum album (pb) … le gui, hypotenseur et revitalisant cardio-vasculaire

L’Ail, le Mélilot, l’Olivier et d’autres plantes à polarité vasculaire peuvent aussi être utilisées.

NB. Si vous souhaitez réaliser un BNS12 ou 24, cliquez sur ce lien : www.mybiobox.com

Souvenez-vous que la plupart des remèdes qui auront l’effet le plus durable sur la tension de vos patients, obtiendront ce résultat en agissant sur les autres paramètres de l’équation, c’est à dire sur l’obésité, l’hyper-lipidémie, la goutte et l’inflammation des endothéliums capillaires.

Organothérapie / Sérothérapie : Attention, jamais de Vésicule biliaire dans les HTA !

  • Rein … toujours
  • Poumon … l’oxygénation tissulaire
  • Myocarde (Coeur-Vaisseaux) … l’inflammation des endothéliums (Coeur-Vaisseaux en Serum equi)
  • Cortex + Thyroïde … le stress
  • Pancréas (DVPF) … la micro-angiopathie, l’obésité

Les oligo-élementsune à deux prises journalières alternées

  • Manganèse-Cobalt + Soufre + Iode + Lithium
  • avec Cuivre-Or-Ag + Sélénium si troubles trophiques
  • avec Zinc-Ni-Cobalt et Chrome si diabète ou obésité

Anthroposophie (lab. Weleda) : Aurum D10 + Plumbum mellitum D10 + Witherite D6 aa

Ecoutez : https://sante-nature.kneo.me/page/Stop_Hypertension?gclid=CNuklqzd4NICFcOfGwod_8gKGQ

 

A propos de l'auteur
Jean Yves Henry
Médecin généraliste, homéopathe et acupuncteur. Auteur d'une dizaine d'ouvrages, il coordonne l'enseignement de confrères de toutes spécialités pour promouvoir l'aspect intégré de ce télé-enseignement médical et para-médical.