Introduction à la Botanique

 

Introduction à la Botanique et à la Phytothérapie

 

Le Très-haut a placé sur terre les médicaments, l’homme prudent ne s’en éloignera pas » (l’Ecclésiatique, chapitre 38, verset 15)

 

La recherche sur les plantes médicinales est en train de faire des progrès spectaculaires : Pas moins de 10 377 nouvelles plantes possédant des vertus médicinales ont été répertoriées cette année 2017 par le centre de recherche botanique des Kew Gardens (un des plus grands du monde, à Londres) ! C’est la plus forte hausse de l’histoire : + 59 % en un an ! Les chercheurs sont sur-excités devant cette moisson incroyable de nouveaux remèdes naturels.

Si j’ai, depuis plus de trente ans, accumulé les ouvrages de botanique et les données cliniques sur l’action thérapeutique des plantes, c’est parce que la botanique m’est progressivement apparue essentielle à la pratique de la médecine. De plus, j’étais assez déçu par les ouvrages classiques traitant de la phytothérapie, car beaucoup ne voient dans les plantes que des « principes actifs » à extraire, comme une sorte d’aboutissement de la pharmacopée …

 

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Ma quête du monde végétal a été celle d’un « amateur » (au sens étymologique du terme, c’est à dire « qui aime »), car la botanique est la seule matière fondamentale qui ne soit pas enseignée aux médecins en faculté, alors que, même si on a un peu tendance à l’oublier, la presque totalité des médicaments « modernes » ont une origine végétale. Jeune médecin désirant apporter des solutions à mes malades que les thérapeutiques classiques ne soulageaient guère, j’ai recherché d’autres approches médicales dans lesquelles l’étude de la botanique était essentielle.

La rencontre avec des scientifiques d’exception tels le professeur Aline Raynal-Roques (du Muséum d’histoire naturelle de Paris) et Gérard Ducerf (botaniste et cueilleur pour les laboratoires homéopathiques), la lecture des ouvrages du professeur Jean-Marie Pelt, mais aussi les résultats remarquables obtenus chez certains patients avec quelques gouttes de telle ou telle « petite plante », tout ceci allait alimenter mes réflexions sur le sujet pendant des années.

Il m’est rapidement apparu évident que pour comprendre le rôle de chaque végétal dans le monde et le parti thérapeutique que nous pouvons en tirer, il fallait le replacer dans son contexte :

— historique : chaque espèce est apparue sur terre à un moment particulier, développant des structures et des fonctions adaptées, en symbiose avec le sol, le climat et les animaux de cette époque,

— écologique : chaque plante réalise par ses formes, ses couleurs, ses parfums, une adaptation réussie à un biotope particulier, riche ou pauvre en soleil, eau, sels, bactéries du sol … Elle sera donc adaptée à traiter un patient dont les fonctions d’adaptation correspondantes sont défaillantes,

— pharmacologique : les différents constituants végétaux sont les homologues parfaits des substances actives de nos organismes (l’alimentation végétale est d’ailleurs la base de toute vie animale),

— immunobiologique : l’action de chaque plante peut à présent être objectivée par rapport à ses effets quantifiés sur l’équilibre des colloïdes sériques. La pratique de milliers de bilans de biologie fonctionnelle (BNS 12 et 24) allait conforter mon opinion de la méconnaissance qu’a la plupart des praticiens de la botanique en général, comme du rôle essentiel que nous pouvons tirer en thérapeutique du totum végétal, dans le cadre psychosomatique qui sera sans doute celui de la médecine de demain.

La chimiothérapie avait, jusqu’à ces dernières années, relégué au rang d’accessoires les plantes médicinales (si ce n’est pour en extraire certains principes actifs). Les plus récentes études leur rendent un rôle fondamental et ce pour deux raisons essentielles :

1 = leur adaptation au vivant est idéale, car il faut tenir compte des phénomènes de non linéarité des réponses physiologiques : lorsqu’une certaine dose est atteinte, la réponse organique au remède plafonne,

2 = les extraits totaux ont des propriétés supérieures à la somme de leurs constituants : ceci s’explique par des phénomènes de synergie et de potentialisation.

OldPhyto

Ce cours se veut une sorte de pont entre la botanique et la phytothérapie, pour vous faire découvrir et aimer le monde des plantes qui présente tant d’individualités passionnantes et susceptible de soulager parfois, comme par miracle, nos souffrances les plus anciennes.

Ce cours est bien sûr limité, tant les sujets botaniques susceptibles d’être abordés sont vastes et complexes. Je vous conseille donc de vous reporter à la partie « herbier » de ce site, comme aux ouvrages cités en référence afin d’y approfondir les aspects fondamentaux qui n’ont pu être développés ici.

NB. Notez une difficulté souvent rencontrée : les botanistes de tous les pays se rencontrent périodiquement et changent ainsi parfois, en fonction de données nouvelles, le nom des espèces, et l’appartenance de certaines plantes, ainsi : Hedera helix est à présent une Apiacée (autrefois on disait « ombellifère »), la Véronique est rentrée dans la famille des plantaginacée, etc …

 

A propos de l'auteur
Jean Yves Henry
Médecin généraliste, homéopathe et acupuncteur. Auteur d'une dizaine d'ouvrages, il coordonne l'enseignement de confrères de toutes spécialités pour promouvoir l'aspect intégré de ce télé-enseignement médical et para-médical.