J. T. Kent

James Tyler KENT (1849-1916, Etats-Unis)

James Tyler Kent est né à New York, le 31 mars 1849. Après avoir obtenu deux licences à l’âge de 21 ans, il entreprit deux cursus de troisième cycle à l’Institut Médical éclectique de Cincinnati, Ohio. Ã l’âge de 26 ans, il s’installa comme médecin éclectique à Saint Louis, Missouri, et devint très vite un membre distingué de l’Association Médicale Eclectique Nationale. C’était un Baptiste dévoué.

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En 1828, sa deuxième femme, Lucy, tomba malade. Sa première femme, Ellen, était morte à l’âge de 19 ans, peu de temps après leur mariage. En dépit du fait que Lucy fût traitée à la fois par des médecins orthodoxes et éclectiques, ses symptômes de « faiblesse nerveuse, insomnie et anémie » continuèrent à s’aggraver et elle fut alitée pendant des mois. Malgré le ridicule et l’opposition de Kent, on fit venir un médecin homéopathe, le Dr. Richard Phelan. Suite à sa prescription, le rétablissement de Lucy fut spectaculaire. En conséquence, Kent décida d’étudier avec Phelan et changea son allégeance, de l’éclectisme à l’homéopathie. Il considérait l’homéopathie comme la seule thérapie qui fût guidée par des lois et des principes, et la seule à traiter la cause fondamentale de la maladie.

Il étudia alors consciencieusement l’Organon d’Hahnemann et d’autres ouvrages de la nouvelle école, avec pour résultat de sa complète conversion à l’homéopathie sa démission de l’Association Médicale Eclectique en 1879, et sa nomination à la chaire d’Anatomie de la Faculté de Médecine Homéopathique du Missouri, qu’il tint de 1881 à 1883. Il fut nommé professeur de Matière Médicale à la Faculté de Médecine Homéopathique de Saint Louis, Missouri, de 1883 à 1888, devint professeur de Matière Médicale et Doyen du Cursus de Troisième Cycle d’Homéopathie à la Faculté de Médecine Hahnemann (Philadelphie) et occupa la chaire de professeur de Matière Médicale à la Faculté de Médecine et à l’Hôpital Hering, Chicago. Durant cette période, il perdit sa deuxième femme.

Pendant plus de trente-cinq ans, Dr. Kent a donc été un personnage remarqué des milieux médicaux, de l’enseignement et de la pratique selon la loi de similitude. Ses contributions sont connues par leur force plus que par leur longueur et comprennent, en tout premier plan, son « Répertoire« , sa « Philosophie Homéopathique » et ses « Cours sur la Matière Médicale« .

Parmi les diverses associations professionnelles dont il fut membre, les plus importantes furent la Société Médicale Homéopathique de l’état de l’Illinois, l’Institut Américain d’Homéopathie et l’Association Hahnemannienne Internationale, en plus desquelles il fut membre correspondant honoraire de la Société Médicale Homéopathique Britannique.

Les Cours de Philosophie et de Matière Médicale Homéopathiques furent compilés par les étudiants de Kent à partir des notes qu’ils avaient prises. En 1916, ses étudiants insistèrent pour qu’il prenne des vacances. Kent accepta, décidant qu’il écrirait un livre « complet ». Dès le début de ses vacances, sa bronchite catarrhale s’aggrava en mal de Bright (glomérulonéphrite) et il mourut deux semaines plus tard, le 6 juin 1916 à Stevensville, Montana.

LecturesKent

Kent était un Swedenborgien et un partisan des hautes dilutions, prescrivant souvent les puissances CM et MM et influençant les « Kentistes » avec sa conviction que l’homéopathe doit traiter non seulement le corps physique des patients, mais simultanément les éléments psychiques/émotionnels et spirituels, lesquels nécessitent l’utilisation des dilutions les plus hautes.

Le célèbre « Répertoire de Kent » était plus systématique et plus facile à lire que ses précurseurs et reste une banque de données incontournable encore aujourd’hui.

Kent développa les « images » des types constitutionnels des polycrests de la MM, par exemple Sulfur comme « le philosophe vêtu de haillons », etc. Plus tard, son élève Margaret Tyler développa davantage cette idée dans son livre, Homeopathic Drug Pictures. L’influence et la popularité de l’interprétation de la philosophie homéopathique de Kent n’ont cessé de croître à travers le monde depuis sa mort.

Les écrits de Kent comprennent :

    • Repertory of the Homeopathic Materia Medica (1877). Compilé initialement par lui-même pour son usage personnel. Revu et corrigé par sa veuve Clara (et d’autres) jusqu’en 1961. Forme la base de nombreux répertoires parmi les plus récents.
    • What the Doctor Needs to Know in Order to Make a Successful Prescription (1900).
    • Lectures on Homeopathic Philosophy (1900).
    • Lectures on Homeopathic Materia Medica (1904). Tiré de ses cours sur les remèdes à partir de Guiding Symptoms of our Materia Medica de Hering.
    • New Remedies, Clinical Cases, Lesser Writings, Aphorisms and Precepts (1926).

 

A propos de l'auteur
Jean Yves Henry
Médecin généraliste, homéopathe et acupuncteur. Auteur d'une dizaine d'ouvrages, il coordonne l'enseignement de confrères de toutes spécialités pour promouvoir l'aspect intégré de ce télé-enseignement médical et para-médical.