Les dilutions Korsakov

Question … Faut-il préférer les dilutions Hahnemanniennes ou Korsakoviennes ?, et comment les comparer ?

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Réponse … Il s’agit de dilutions en flacon unique (alors qu’en dilutions hahnemaniennes, on change de flacon à chaque fois). Sur le plan de la dilution, elles sont proches, c’est à dire qu’une 30 CH = 30 K.

En clinique, les effets sont différents : les CH semblent agir de façon plus rapide et plus brève. On les préfère souvent dans les dilutions basses et moyennes ou quand on désire alterner plusieurs remèdes dans la temps.

Les K sont disponibles en dilutions plus élevées : 200K, XMK (10 000) et même LMK (50 000). Nous les utilisons en doses, à de longs intervalles, lorsque la similitude symptomatique est idéale. Elles se révèlent alors d’effets doux et profonds. Il existe des grilles de comparaisons des effets de ces échelles de dilution (CH versus K), mais notre avis, elles sont de peu d’intérêt.

 

Machine à générer des dilutions K de façon automatique (photo lab. Boiron)… pour fabriquer une XMK, il faut 48 heures et 500 litres d’eau !

Un peu d’histoire : Semen KORSAKOV (1788 – 1853) était un noble russe, propriétaire terrien à côté de Moscou, quand il s’est intéressé à l’homéopathie vers 1829 et écrivit à Hahnemann. Bien que n’étant pas médecin, il s’investit dans l’étude de la Matière médicale et nous a laissé plus de 11 000 observations, traitant essentiellement des paysans de ses domaines.

Nommé « inspecteur de district », il fut très impliqué dans les épidémies de choléra de 1830 et 1847, en codifiant le traitement homéopathique de ces affections, il a fait tomber la mortalité de ces infections à 6% (1274 cas). Il écrit à Samuel Hahnemann pour lui faire connaître cette nouvelle méthode de dilution/dynamisation, celui-ci l’approuve mais ne semble pas s’en être trop servi, sans doute déjà investi dans la mise au point des dilutions LM (cf. Organon 6ème édition).

Ces 35 ans recherches l’ont amené à utiliser largement les hautes dilution/dynamisation et à faire connaitre l’homéopathie en Russie où elle est encore une spécialité médicale enseignée à la faculté.

 

A propos de l'auteur
Jean Yves Henry
Médecin généraliste, homéopathe et acupuncteur. Auteur d'une dizaine d'ouvrages, il coordonne l'enseignement de confrères de toutes spécialités pour promouvoir l'aspect intégré de ce télé-enseignement médical et para-médical.