La brucellose

La brucellose

Egalement appelée fièvre de Malte, c’est une anthropozoonose (maladie transmise par les animaux) due à des bactéries gram négatif, du genre Brucella : Micrococcus melitensis. La brucellose humaine, bien que devenue plus rare en France depuis la mise en place de mesures prophylactiques sévères en 1978, reste une maladie pouvant entraîner des complications graves. La prévention (surveillance et éradication de la maladie chez le bétail) reste le meilleur moyen de lutte.

Pathogénie : Chez l’animal (ovins et caprins surtout sont contaminés) toutes les Brucella montrent une pathogénicité particulière pour les femelles en gestation (contamination des paysans lors des délivrances ou par le fromage), mais le germe reste souvent latent, hébergé par des porteurs asymptomatiques : l’homme est un hôte accidentel.

Dans le corps, la bactérie est phagocytée par les macrophages et se développe dans le phagosome en inhibant la fusion lysosome/phagosome. La bactérie, devenue intracellulaire, peut ainsi échapper au système immunitaire et entretenir la chronicité de la maladie. De plus, la bactérie synthétise des protéines dites « de choc septique » responsables de la phase aigüe de la maladie.

Primo invasion :

Une fièvre ondulante est observée. La température du malade augmente par paliers de jusqu’à 39 °C où elle se maintient pendant une quinzaine de jours pour redescendre graduellement. Chaque onde fébrile est séparée de la suivante par une période où la température se normalise pendant environ une semaine. Sans traitement, les ondes s’espacent de plus en plus. Des sueurs abondantes nocturnes sont présentes. Il existe aussi un état de malaise avec courbatures, asthénie et des douleurs mobiles.

Brucellose secondaire focalisée :

Cette phase survient 6 mois après la septicémie en l’absence de traitement ou lorsque celui-ci a été insuffisant. Il y a constitution de foyers infectieux isolés ou multiples. Ces foyers peuvent être ostéoarticulaires (75 %), neurologiques, hépatiques, génitaux ou cardiaques.

Phase tertiaire ou chronique :

Elle survient parfois après les deux premières phases, mais elle peut être aussi inaugurale. Les manifestations sont une asthénie persistante avec troubles du caractère, douleurs musculaires, névralgies, douleurs ostéo-articulaires, sueurs au moindre effort et fébricule. Il s’agit d’une hypersensibilité retardée aux toxines sécrétées par Brucella.

En France, la brucellose est une maladie à déclaration obligatoire (21 cas déclarés en 2011) considérée comme maladie professionnelle chez les éleveurs, les vétérinaires, le personnel d’abattoir et de laboratoire, les bouchers et les bergers.

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Le diagnostic sérologique (dosage des anticorps spécifiques – plusieurs méthodes) est le plus fréquemment réalisé. On peut le compléter par un diagnostic bactériologique par hémoculture ou par prélèvement au niveau des foyers infectieux. Il existe aussi un test de détection par amplification génique.

Le traitement classique est l’antibiothérapie combinée, par exemple l’OMS recommande Rifampicine 600 mg/j et Doxycycline 200 mg/j en bithérapie (6 semaines) pour la forme septicémique.

Le vaccin préventif humain à base de germes tués n’est plus commercialisé depuis 1992. Un vaccin vétérinaire existe.

 

Phytothérapie : le Chardon béni (Carduus benedictus) est une plante assez spécifique de la brucellose.

Le BNS effectué permettra d’optimiser la réponse immunitaire en fonction de la phase de l’infection et du niveau de défense de chaque patient.

A propos de l'auteur
Jean Yves Henry
Médecin généraliste, homéopathe et acupuncteur. Auteur d'une dizaine d'ouvrages, il coordonne l'enseignement de confrères de toutes spécialités pour promouvoir l'aspect intégré de ce télé-enseignement médical et para-médical.