La DHEA

Si vous manquez de DHEA, votre corps va se dérégler …
Imaginez une substance qui :
  • Améliore votre densité osseuse [1];
  • Réduise votre risque d’athérosclérose (vieillissement des artères) [2][3];
  • Limite votre prise de masse grasse au profit de la masse maigre (la force et le volume des muscles), surtout si vous avez plus de 50 ans [4];
  • Réduise la résistance à l’insuline, annonciatrice de diabète de type 2 [5];
  • Vous aide à lutter contre la fatigue et le stress [6];
  • Prévienne la dépression [7];
  • Renforce votre immunité [8];
  • Améliore l’aspect, la souplesse, la douceur et l’hydratation de votre peau et des muqueuses [9];
  • Améliore votre libido [10][11];

Cela paraît trop beau pour être vrai… Pourtant cette substance existe, et ce n’est pas un médicament, elle est naturelle. Le plus surprenant, c’est qu’elle est déjà présente en vous. Votre corps la sécrète naturellement. Elle circule même abondamment dans le sang chez les personnes jeunes et en bonne santé.

Le problème, c’est que sa production diminue avec l’âge. À 80 ans, nous en avons en moyenne dix fois moins qu’à 20-30 ans, période où sa concentration est maximale. Cette baisse provoque au départ une cascade de petits dérèglements à peine perceptibles : une peau plus fine et plus sèche, une diminution de la pilosité pubienne, une modification de votre silhouette…etc

Mais, au fil des années, ils s’accumulent et deviennent de plus en plus handicapants. Des études ont même démontré que les personnes âgées en carence avaient une santé plus fragile et une mortalité court terme plus forte. Cette carence aurait aussi un impact important sur le cerveau : si vous en manquez, votre risque de maladie d’Alzheimer pourrait être plus élevé [12]. Et vous êtes exposé à des lésions coronariennes plus sévères, avec un risque plus important d’insuffisance cardiaque et une augmentation de la mortalité cardiovasculaire [13].

Le plus souvent, il suffirait de remonter le niveau de cette substance dans votre corps pour limiter ces problèmes, retarder leur apparition, voire les inverser. Mais d’abord, je dois vous expliquer pourquoi vous n’avez probablement jamais entendu parler de cette solution 100 % naturelle, qui va réhydrater vos tissus.

Une omerta qui vous prive d’un traitement précieux pour votre santé !

Les plus grands chercheurs l’ont étudiée, comme le Pr Étienne-Émile Baulieu. Professeur au Collège de France, ex-président de l’Académie de médecine, fondateur de l’institut qui porte son nom, il œuvre pour la recherche sur le vieillissement et les maladies neurodégénératives. Il a consacré une grande partie de sa carrière de chercheur à cette substance naturelle, et la considère comme une des clés du vieillissement humain. 

Suite à la publication des travaux du professeur Baulieu, cette substance naturelle a connu son heure de gloire dans les années 1990. Les médias se sont littéralement emballés. Des articles sur le nouvel « élixir de jeunesse » ont été publiés par de nombreux journaux partout dans le monde. Puis, plus rien…

Du jour au lendemain, la DHEA est devenue la victime d’une cabale sans précédent. L’Afssaps (Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé) a ouvert le bal en 2001, en émettant un avis négatif à son encontre. La revue spécialisée Prescrire lui a emboîté le pas en 2006. Que pouvait-on reprocher à cette substance naturelle ?

Il est actuellement considéré comme un produit dopant par l’Agence mondiale antidopage.

En termes d’hormones, la médecine officielle a des raisons de se sentir gênée. Dans les années 1960 et 1970, des expérimentations abusives ont été menées pour « fabriquer » des athlètes surhumains. On leur injectait des doses énormes d’hormones synthétiques, en quantité dix à cent fois et jusqu’à mille fois supérieure à la production journalière normale ! Sans surprise, ces injections massives ont abouti à d’importants déséquilibres du système endocrinien (hormonal).

Et que dire du scandale de l’hormone de croissance ? En 1982, en France, des enfants et des adultes atteints de nanisme ont été traités avec des hormones prélevées… sur des cadavres ! Mais le pire, c’est que certaines de ces personnes décédées souffraient de la maladie de Creutzfeld-Jakob (maladie de la vache folle). C’est ainsi que des milliers de personnes ont été accidentellement contaminées. Et plus de 100 d’entre elles en sont mortes !

Pour finir, il y a eu le scandale des pilules contraceptives de 3e et 4e générations et des traitements hormonaux de substitution lors de la ménopause. Les doses d’hormones beaucoup trop élevées ont causé des embolies pulmonaires, des maladies cardio-vasculaires et même des cancers du sein.

Résultat : peu de médecins osent aujourd’hui parler des hormones à leurs patients. La plupart évitent à tout prix d’aborder ce sujet. A cause de cela, nous continuons d’être privés des bienfaits de thérapies hormonales bien dosées et bien contrôlées.

Les hormones : vitales, mais grandes oubliées de la médecine ?

J’ai conscience que la plupart des gens se méfient des hormones, surtout quand il s’agit de médecine naturelle. Mais, à dose physiologique, les hormones sont tout ce qu’il y a de plus naturel ! C’est vous qui les fabriquez, dans vos glandes endocrines (hypophyse, glande thyroïde, pancréas, glandes surrénales, testicules ou ovaires…). Elles sont ensuite transportées par le sang.

Elles régulent à distance toutes vos fonctions vitales comme la respiration, la circulation sanguine, la digestion, l’immunité, la reproduction, les émotions et le fonctionnement du cerveau. Plus de 300 000 publications scientifiques sont parues sur les hormones. C’est même l’un des domaines les mieux couverts par la science.

Les hormones ne sont pas seulement naturelles. Elles sont aussi indispensables à la vie. Sans hormone thyroïdienne par exemple, une personne peut vivre quelques semaines, mais sans émotions, sans bouger, comme une plante.

La DHEA discréditée pour de mauvaises raisons

Dans le grand orchestre hormonal, la DHEA est produite notamment par vos glandes surrénales et elle circule dans le sang, chez la femme comme chez l’homme. Elle est tellement importante que c’est l’hormone circulante la plus abondante dans l’organisme, loin devant la testostérone !

Elle agit principalement en se transformant dans le corps en hormones sexuelles (féminines ou masculines), qui elles-mêmes ont des effets très puissants. C’est ce qu’on appelle une « pré-hormone ». Certains chercheurs pensent que la DHEA pourrait être un des secrets de l’exceptionnelle longévité des Japonais.

Une étude menée sur les habitants d’Okinawa (qui comptent quatre fois plus de centenaires que chez nous) a montré que les femmes de l’archipel âgées de 70 ans avaient un taux sanguin de DHEA 3 fois plus élevé que celui observé chez les femmes du même âge aux États-Unis !

Aujourd’hui, d’après les autorités de santé et une grande partie des médias, la DHEA serait inutile et inefficace, mais aussi dangereuse : au nom du principe de précaution, ils préfèrent éviter le sujet. Devant une telle désinformation, il est difficile de trouver une source fiable sur la DHEA.

La DHEA sans risque : mode d’emploi
Pour vous aider à y voir clair, depuis 2006, plus de 3 000 études ont été publiées rien que sur la DHEA ! De nombreuses contre-vérités qui circulent sur la DHEA :
  • « La DHEA est inefficace, c’est un simple placebo »
  • « La DHEA est illégale »
  • « La DHEA provoque le cancer »
  • « La DHEA a de dangereux effets secondaires »
  • « La DHEA augmente l’espérance de vie »

En fait, on objective des effets spectaculaires d’une supplémentation en DHEA sur des jeunes adultes épuisés et stressés, mais celles qui en profitent le mieux sont les femmes ménopausées comme le montrent ces quelques témoignages :

Elles retrouvent l’énergie de leur jeunesse

« Maman en prend depuis 6 ans déjà, elle a 67 ans et elle a une pêche d’enfer, peut-être plus que moi qui est 21 ans de moins qu’elle. (…) Elle a arrêté pendant 1 semaine la DHEA et elle s’est sentie toute flagada, je ne sais pas si c’est dans la tête mais je dois avouer que franchement elle n’arrête pas du matin au soir et elle le dit, elle se sent super bien, elle n’a plus de vapeurs, tout va bien pour elle. » M. P.

« Je suis maintenant ménopausée et je prends de la DHEA (seulement 25 mg par jour) car je suis dans la petite cinquantaine. Je le fais par cure de trois mois, et j’arrête un mois pour contrôle. Après l’arrêt, au bout d’une semaine, je recommence à avoir des douleurs articulaires, le dos qui me « tire », une sensation de fatigue non justifiée, et peu de résistance aux petits tracas de l’âge, sans compter les bouffées de chaleur. C’est en fait quand je l’arrête que je me rends compte de ce qu’elle m’apporte ! :fou: » V. C.

Le récit d’une gynécologue a achevé de nous convaincre.

« Une religieuse de 45 ans (…) s’est retrouvée castrée chirurgicalement avant la ménopause naturelle et on lui a proposé un traitement substitutif hormonal sous forme d’un implant sous cutané contenant hormones féminines et petites doses d’androgènes. (…)

Déplacée par sa congrégation religieuse dans un couvent en France, elle s’est trouvée à demander mon aide car elle ressentait les méfaits de sa ménopause chirurgicale, l’implant ne faisant plus effet. (…) Je lui ai proposé un banal patch aux œstrogènes naturels.

Quelques mois plus tard, cette nonne (…) n’était pas totalement satisfaite du traitement « français », se sentait plus fatiguée qu’auparavant. J’ai décidé de recourir à de la DHEA en complément du patch et les résultats ont été à la hauteur de nos espérances. Ma patiente a retrouvé son entrain, son bien-être et cela m’a persuadée de l’efficacité de cette molécule.

Je dois compter dans ma patientèle une petite douzaine de femmes prenant volontairement de la DHEA et s’en trouvant ravies[14]. »

Mais attention, il existe d’autres conditions particulières à respecter pour qu’une supplémentation soit efficace. Ce n’est pas une hormone que l’on peut prendre à la légère. Et la DHEA n’agit pas de la même manière sur tout le monde, ni avec la même efficacité :

  • Tout le monde ne réagit pas de la même manière à la supplémentation.
  • Une amélioration n’est attendue que si, et seulement si, vos taux sont initialement trop bas.
  • Les doses doivent être personnalisées.

Il est important que vous sachiez si vous êtes carencé en DHEA. Si ce n’est pas le cas, une supplémentation n’aura aucun effet.

Êtes-vous carencé en DHEA ?

Je vous invite donc à vous arrêter quelques instants, et à vous poser les questions suivantes :

  • Suis-je anxieux ou triste, d’humeur sombre sans raison ?
  • Suis-je trop fatigué(e) par rapport à mon âge et mon activité ?
  • Ai-je tendance à prendre du poids sans raison ?
  • Ai-je de la cellulite ? Ai-je les muqueuses et les yeux trop secs ?
  • Ma libido est-elle en berne (dysfonction érectile chez l’homme, faible sensibilité sexuelle chez la femme) ?
  • Ma pilosité diminue-t-elle, en particulier sous les bras et sur le pubis ?
  • Mes muscles se relâchent-ils ?
  • Ma mémoire est-elle moins vive sans raison ?

Si vous répondez « oui » à plusieurs de ces questions, il est possible que vous manquiez de DHEA. Vous avez alors tout intérêt à faire contrôler vos taux sanguins de DHEA. Un taux bas de DHEA est corrélé avec la survenue d’un athérome (avec ses complications cardio-vasculaires), une ostéoporose, une dysfonction endothéliale ou de la libido. Un taux élevé est corrélé avec un poids plus faible.

La DHEA n’est actuellement pas en vente libre en France, les Agences Françaises de Sécurité Sanitaire (AFSS) ayant décidé de poursuivre son évaluation avant de donner son autorisation de mise sur le marché. Il est facile de se la procurer par Internet dans des pays comme les États-Unis où elle est commercialisée depuis les années 1990 en tant que simple complément alimentaire.

Il n’y a pas d’effet indésirable si le traitement est correctement mené, dans les limites d’une prise quotidienne de 50 mg / jour pendant au minimum 6 mois que ce soit pour une femme ou un homme, accompagnée d’une activité physique régulière. Vous vous retrouvez des années en arrière, sans ces problèmes de santé apparus avec l’affaiblissement et le dérèglement de votre système hormonal.

Bibliographie :

[1] Jankowski CM, Gozansky WS, Kittelson JM, et al. Increases in bone mineral density in response to oral dehydroepiandrosterone replacement in older adults appear to be mediated by serum estrogens. J Clin Endocrinol Metab 2008;93:4767-73.

[2] Traish AM, Kang HP, Saad F, et al. Dehydroepiandrosterone(DHEA) – a precursor steroid or an active hormone in human physiology. J Sex Med 2011; 8:2960-82 ; quiz 2983.

[3] Kenny AM, Boxer RS, Kleppinger A, et al. Dehydroepiandrosterone combined with exercise improves muscle strength and physical function in frail older women.J Am Geriatr Soc 2010;58:1707-14.

[4] Corona G, Rastrelli G, Giagulli VA, et al. Dehydroepiandrosterone supplementation in elderly men : A meta-analysis study of placebo-controlled trials. J Clin Endocrinol Metab 2013;98:3615-26.

[5] Satoshi Fujita, Koji Sato et al., DHEA administration and exercise training improves insulin resistance in obese rats. Nutrition & Metabolism, 2012 9:47

[6] MORALES AJ. HAUBRICHT RH. HWANGT JY…YEN SS The effect of 6 months treatment with a 100 mg daily dose of DHEA on ciculating sex steroids, body composition and muscle strength in âge advanced men and women . Clinical Endocrinol 49 : 421-32, 1998

[7] Barrett-Connor E, Endogenous levels of dehydroepiandrosterone sulfate, but not other sex hormones, are associated with depressed mood in older women: the Rancho Bernardo Study. J Am Geriatr Soc. 1999 Jun;47(6):685-91.

[8] KHORRAM O. VU L . YEN SSC. Activation of immune function by DHEA in âge- advanced men. J Gerontol 52A :MI-7, 1997

[9] BEAULIEU E. FORETTE F et al. DHEA, DHEA sulfate, and aging : contribution to the DHEAge study to a sociobiomedical issue. Proc Nal Acad Science USA 97, 4279-84, 2000

[10] BEAULIEU E. FORETTE F et al. DHEA, DHEA sulfate, and aging : contribution to the DHEAge study to a sociobiomedical issue. Proc Nal Acad Science USA 97, 4279-84, 2000

[11] Massachusetts Male Aging study et REITER WJ. SYCHA A. SCHATZL G. POKORNY A … and MARBERGER M. DHEA in the treatment of erectile dysfunction : a prospective, double blind,randomized, placebo controlled study. Urology 53 : 590-5, 1999

[12] Hillen T. et al., DHEA-S plasma levels and incidence of Alzheimer’s disease, Biol Psychiatry. 2000 Jan 15;47(2):161-3.

[13] Shufelt C, Bretsky P, Almeida CM, et al. DHEA-S levels and cardiovascular disease mortality in postmenopausal women : Results from the National Institutesof Health – National Heart, Lung, and Blood Institute(NHLBI)-sponsored Women’s Ischemia SyndromeEvaluation (WISE). J Clin Endocrinol Metab 2010;95:4985-92.

[14] http://missfrottis.blog.lemonde.fr/?s=DHEA

A propos de l'auteur
Jean Yves Henry
Médecin généraliste, homéopathe et acupuncteur. Auteur d'une dizaine d'ouvrages, il coordonne l'enseignement de confrères de toutes spécialités pour promouvoir l'aspect intégré de ce télé-enseignement médical et para-médical.