La Gale

La GALE est une maladie de la peau causée par un micro parasite acarien, le SARCOPTE.

Cette parasitose, qui avait presque disparu de nos contrées, est de retour de manière épidémique : 200.000 cas de gale chaque année en France. Pas dangereuse, certes, mais très contagieuse, handicapante, car difficile à supporter et difficile à soigner.

C’est une affection très contagieuse qui se transmet par le contact, le principal symptôme est la démangeaison (prurit brûlant non soulagé par le grattage) qui survient la plus part du temps le soir et la nuit. C’est à ce moment là que la femelle fécondée creusent des galeries sous la peau, c’est la salive et les déjections du SARCOPTE qui sont responsables de la réaction immunologique entrainant le prurit (démangeaisons).

Gale

Le SARCOPTE creuse ses sillons au niveau des doigts, des orteils, des coudes, des fesses, des organes génitaux de l’homme, à la racine des bras, mais jamais au visage. Les démangeaisons peuvent entrainer des lésions de grattage, celles ci peuvent se surinfecter !

La contagion se fait par contact direct entre personnes ou par l’intermédiaire de vêtements, linge, literie, mobilier, etc…. Il faut traiter les personnes atteintes, ainsi que leur entourage proche : famille et relations, car ces derniers peuvent être en période d’incubation et transmettre à leur entourage propre ce parasite, voir infester à nouveaux les personnes qui viennent d’être traitées et donc provoquer un cercle vicieux de réinfestation.

Il faut également traiter le mobilier en tissu ou en cuir avec un spray anti acarien. Laver à la machine à 60°, les vêtements, draps, literie. Pour les vêtements ne supportant pas le lavage machine; les enfermer dans un sac plastique pendant au moins 72h à température supérieure à 20° ou désinfecter avec un spray anti acariens. La fin de la contagion se situe environ 48h après la fin des traitements.

Les traitements conventionnels de la GALE sont principalement des insecticides relativement toxiques pour l’homme et à l’efficacité controversée : STROMECTOL (par voie générale – deux prises à dix jours d’intervalle) et Ascabiol, Sprégal ou Eurax en applications locales.

Des huiles essentielles ont aussi été proposées : Armoise, Cannelle, Eucalyptus citronné, Géranium, Giroflier, Menthe … appliquées par exemple dans de l’huile de Calendula (cicatrisante).

LésionsGale  lésions typiques de la Gale

Le prurit persiste généralement durant 2 semaines après la fin du traitement. Cela ne signifie pas forcément que les médicaments utilisés ont été inefficaces. Un besoin de grattage résulte en effet d’une allergie aux parasites et se manifeste même s’ils sont morts. Ils ne seront éliminés qu’après renouvellement complet de l’épiderme, au bout de six semaines.

Les tissus (literie, vêtements …) qui ne peuvent être lavés à l’eau chaude doivent être traités par contact avec une poudre ascaricide (qui tue les acariens), pendant au moins 48 heures. On peut aussi les entreposer pendant 1 semaine dans un sac en plastique étanche à l’air. En effet, le sarcopte ne survit pas plus de quatre jours en l’absence de contact avec la peau.

D’autres formes cliniques de gale peuvent se rencontrer :

  • la gale du nourrisson peut avoir une présentation trompeuse, avec irritabilité, agitation et anorexie, où le prurit et les lésions spécifiques peuvent manquer et les lésions peuvent atteindre le visage
  • la gale pauci-symptomatique, ou invisible, ou « des gens propres », est caractérisée par un prurit sans lésion cutanée, elle est observée en cas d’hygiène méticuleuse !
  • la gale profuse, ou disséminée, est caractérisée par de nombreuses lésions diffuses, y compris sur le dos ; elle peut être en rapport avec une maladie traitée par dermocorticoïde
  • la gale hyperkératosique, ou « norvégienne », se caractérise par un prurit discret ou absent et une hyperkératose touchant l’ensemble de la surface corporelle ; elle est retrouvée plus volontiers chez les personnes âgées et les personnes immunodéprimées.

 

NB. C’est à partir de l’épiderme infecté par la gale (pathologie chronique du temps de Samuel Hahnemann) que les homéopathes fabriquent un puissant nosode : PSORINUM !

 

A propos de l'auteur
Jean Yves Henry
Médecin généraliste, homéopathe et acupuncteur. Auteur d'une dizaine d'ouvrages, il coordonne l'enseignement de confrères de toutes spécialités pour promouvoir l'aspect intégré de ce télé-enseignement médical et para-médical.