La réanimation

Le « bouche à bouche » : ventilation du blessé 

Le blessé est à plat sur le dos, vérifiez que rien n’obstrue la cavité buccale (évitez de mettre les doigts sans bloquer la mâchoire).

Placez une main qui tient le menton et une sur le front qui bascule la tête en arrière. Pincez fermement le nez avec le pouce et l’index.

Prenez une grande inspiration et placez vos lèvres autour de celles de la victime : soufflez dans sa bouche jusqu’à ce que sa poitrine se soulève. Recommencez plusieurs fois de suite, toutes les 4/6 secondes.

Si la respiration se rétablit, placez le blessé en position latérale de sécurité. Si le pouls est absent, commencez le massage cardiaque en alternance avec le bouche à bouche. Dans tous les cas, appelez ou faites appeler les secours le plus vite possible. 

 

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Le « bouche à nez » est une bonne alternative au « bouche à bouche ». Fermez les lèvres de la victime avec une main et pratiquer dans les narines les mêmes gestes que pour le bouche à bouche.

 

Le massage cardiaque

Mouvements salvateurs du patient en arrêt cardiaque (un blessé ne survit pas plus de trois minutes à un arrêt du cœur), mais qui doivent être scrupuleusement effectués pour être efficaces : le délai de survie sous massage cardiaque peut être porté à 45 minutes, ce qui laisse généralement le temps à une intervention médicalisée d’arriver.

Placez la victime sur un plan dur, allongé sur le dos. Comprimez rythmiquement le cœur entre le sternum (point d’appui au milieu) et la colonne dorsale, afin de faire circuler le sang. Les deux mains croisées à plat à ce niveau, vous abaisserez le thorax de 5 cm environ, les bras tendus en poussée verticale, suivie d’un relâchement d’égale durée (60 à 100 compressions/minute). Enfant de moins de 8 ans : compression avec une seule main. Après 30 compressions, faire deux insufflations (bouche à bouche).

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Si le cœur repart et que la victime reprend sa respiration, installez-là en position latérale de sécurité.

Vous pouvez visionner : https://www.essr.ch/blog/reanimation

Nouveauté : une réanimation cardio-pulmonaire fondée sur l’augmentation de la pression négative intra thoracique améliore le taux de survie de 53% (840 cas), ainsi que le pronostic neurologique. Le système fait appel à un appareil à succion (le sauveteur soulève activement le thorax après chaque compression) et à un masque limitant le flux d’air entrant pendant les décompressions thoraciques (publié en ligne dans « The Lancet », janvier 2011) :

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L’étouffement 

La victime s’est étouffée en « avalant de travers » : elle porte ses mains à sa gorge, cherche de l’air, ne peut plus parler et son visage se cyanose (devient violet).

Donnez quelques claques dans le dos (entre les omoplates), avec le plat de la main. Si c’est un petit enfant (moins de un an), le placer à plat-ventre sur votre avant-bras en inclinant son visage vers le bas, puis effectuez quelques claques dans le dos. 

S’il n’y a pas d’amélioration, effectuez la « manœuvre de Heimlich » en vous plaçant derrière la victime, les bras autour de son abdomen. Inclinez son buste vers l’avant, placez les mains en poing au dessus du nombril et exercez des pressions sèches vers l’intérieur et le haut.

 

La crise d’asthme 

Le patient éprouve des difficultés à respirer (bradypnée expiratoire), qui s’accompagnent de sifflements et de toux sèche. Laissez-lui utiliser son bronchodilatateur spray (tous les asthmatiques en ont un avec eux), à raison de deux bouffées toutes les dix minutes. Si cela s’avère inefficace, appelez les secours.

 

Les réactions allergiques : urticaire géant, œdème de Quincke

Le patient est angoissé, sa peau se couvre de plaques rouges ou de cloques. Le visage, le cou ou les yeux peuvent gonfler. Il peut ressentir une gêne respiratoire, son pouls peut être rapide. Faire assoir la victime (soulage les difficultés respiratoires).

Appelez les secours, en essayant de transmettre le maximum d’informations sur la cause de l’allergie (piqûre d’insecte, médicament pris …). Utilisez l’adrénaline ou la cortisone si le patient en possède sur lui, en notant les doses faites et l’heure de la prise.

 

L’infarctus

Douleur en étau ressenti dans la poitrine, le bras gauche et parfois les mâchoires, avec essoufflement ou troubles digestifs (nausées, malaise …). Appelez les secours et donnez-lui un sachet d’aspirine à croquer (ou comprimé soluble avec très peu d’eau) en notant le produit et l’heure de la prise.

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La perte de connaissance

La personne ne répond pas à des questions/ordres simples (« ouvrez-les yeux « , « serrez-moi la main « , « quel jour sommes-nous ?  » …). Allongez la victime sur le sol. Libérez les voies respiratoires, contrôlez pouls et respiration, évaluez un éventuel saignement, placez une attelle en cas de fracture, appellez les secours.

NB. ne lui faites rien prendre par la bouche et soyez prêt à la réanimer si nécessaire.

 

A propos de l'auteur
Jean Yves Henry
Médecin généraliste, homéopathe et acupuncteur. Auteur d'une dizaine d'ouvrages, il coordonne l'enseignement de confrères de toutes spécialités pour promouvoir l'aspect intégré de ce télé-enseignement médical et para-médical.