L’argent colloïdal

L’ARGENT COLLOÏDAL

BREF HISTORIQUE

L’utilisation de l’argent pour traiter maladies, brûlures, blessures et autres joies de la vie corporelle n’est pas récente. L’argent colloïdal n’est pas un nouveau traitement ou une découverte récente, c’est plutôt un « remède de grand‐mère ».

Depuis la plus haute antiquité, l’argent était déjà connu pour ses propriétés germicide et bactéricide. Voici ce qu’en dit Frank Goldman dans son livre « Une arme secrète contre la maladie : l’argent colloïdal » :

Il était employé dans des ustensiles destinés aux enfants afin de les protéger contre des maladies dont l’origine n’était pas connue à ces époques. L’expression « Être né avec une cuillère d’argent dans la bouche » vient de ce phénomène, son utilisation récente comme indication de richesse n’est qu’une conséquence. Les Vénitiens transportaient eau, vin et vinaigre dans des réservoirs en argent pour les conserver ; lors de la conquête de l’ouest américain, les pionniers protégeaient leur réserve d’eau, de lait et d’aliments en plaçant des pièces de monnaie en argent dans leurs outres, barriques ou récipients pour en préserver la fraîcheur. Alexandre Le Grand (356‐323 av. J.C) transportait son eau dans des récipients argentés. La nourriture pour les aristocrates était servie sur des plateaux en argent pur; ils mangeaient avec des ustensiles en argent et buvaient leurs boissons dans des coupes en argent.

L’utilisation médicale de l’argent a une longue tradition, les Macédoniens plaçaient des plaques en argent sur les blessures pour aider à leur cicatrisation. La Grèce antique connaît l’apogée de la phytothérapie du temps d’Hippocrate (460‐370 av JC), qui décrivit plus de 230 plantes médicinales dans son ouvrage « Corpus Hippocraticum », science à laquelle il avait été initié par son père, Héraclide. Il la développa et l’exerça en tant que médecin itinérant au cours de ses voyages en Asie Mineure et en Grèce et, à cette époque, il enseigna à ses disciples que la fleur d’argent (poudre extra‐fine) cicatrisait les blessures ulcérées.

De nombreux médecins, alchimistes, comme Pline (78 après J.C), Gerber (702‐765), Avicenne (980‐1037), Paracelse (1493‐1541) conseillaient l’usage médical de l’argent. Pour les alchimistes, l’argent correspondait à la lune (macrocosme) et à la tête (microcosme), il fut donc administré aux fous et aux épileptiques. C’est au XVIIIe siècle que le nitrate d’argent devint une thérapeutique de choix pour le traitement des plaies, des ulcères et de la plupart des affections de la peau.

On comptait plus de 60 préparations à base d’argent dans la pharmacopée du XIXe siècle.

En 1869 le scientifique Ravelin indiquait que l’argent à doses infimes déployait des effets antimicrobiens.

En 1881 le gynécologue de Leipzig, Carl Sigmund Franz Crède (1819‐1882), recommandait de prévenir l’inflammation de l’œil du nouveau‐né par le traitement d’une solution à 1 % de nitrate d’argent. Les résultats étaient tellement impressionnants qu’on a ordonné ce traitement, nommé « Prophylaxie Crède », pour les nouveaux‐nés ! Avec l’instauration de cette pratique, le taux d’ophtalmie des nouveau‐nés tomba rapidement de 10 % à 0,2 %. En conséquence, cette pratique devint obligatoire aux USA et dans la plupart des pays européens.

En 1893, le botaniste suisse Von Nägeli (1871‐1938) découvrait que la concentration de seulement 0.000 000 1 % des ions argentés suffisent pour tuer le germe spirogyre (une algue verte d’eau douce, se présentant sous la forme de filaments) qui se trouve dans l’eau fraîche.

Les propriétés anti‐infectieuses de l’argent colloïdal furent énoncées au début du XXe siècle.

Les Chinois utilisent l’acupuncture depuis environ 7 000 ans. Ils ont rapidement découvert l’effet antimicrobien des aiguilles en argent.

L’argent est toujours utilisé dans la médecine traditionnelle indienne (ayurvédique), entre autres pour traiter fièvres chroniques, inflammations intestinales, hyperactivité de la vésicule biliaire et ménorragies.

En 1928, Krause eut l’idée de placer un revêtement d’argent dans des systèmes de filtration pour l’eau domestique. Actuellement, plus que la moitié des lignes aériennes mondiales emploient l’argent pour traiter l’eau des avions destinée aux usagers. Les Américains et les Russes ont choisi un système de traitement de l’eau à base d’argent pour leurs navettes spatiales.

Aux États‐Unis, des villes ont choisi l’argent pour traiter les eaux usées, dans certains hôpitaux l’installation de système d’ionisation argent/cuivre ont permis d’éradiquer la Legionella Pneumophila de leurs réseaux d’eau chaude. »[1]

 

Bien qu’il soit encore utilisé, l’argent colloïdal a disparu des cabinets des médecins lors de l’arrivée des antibiotiques vers la fin des années 30. Il était pourtant considéré comme étant le « nec plus ultra » des traitements pour un nombre impressionnant d’affections, mais cartel pharmaceutique et propension au profit obligent, l’argent colloïdal est rapidement tombé dans l’oubli.

Il est actuellement officiellement proposer pour assainir l’eau des réservoirs (camping-cars, bateaux …)

Seuls les médecins homéopathes utilisent largement l’Argent, sous quelques formes essentielles :

  1. l’argent metallique = Argentum metallicum … aux effets antiseptiques, spécifique des aphonies avec toux sèche et mucosités visqueuses, laryngites
  2. le nitrate d’argent = Argentum nitricum … aux effets anti-inflammatoire sur les muqueuses (digestives, respiratoires et génitales)
  3. Le cyanure d’argent = Argentum cyanatum … remède de l’angine de poitrine
  4. l’oxyde d’argent = Argentum oxydatum … pour les saignement génitaux
  5. – l’iodure d’argent = Argentum iodatum … à la polarité plus lymphoïde

FerrumIodatum

 

L’ARGYROSE

L’argyrose, ou intoxication par de grosses quantités de sels d’argents, donne une coloration grise ou brunâtre de la peau ou des muqueuses qui ne semble pas dangereuse pour la santé. NB. l’argyrose ne concerne pas les consommateurs d’argent colloïdal.

 

FABRICATION D’ARGENT COLLOÏDAL (AG)

Pourquoi créer soi‐même son argent colloïdal ? Principalement pour deux raisons : l’autonomie et le contrôle de la qualité. Il y aurait aussi lieu de mentionner la question des coûts puisqu’il existe sur le marché de nombreuses solutions d’AC (dont les prix et la qualité varient grandement) ainsi que toute une panoplie de générateurs d’AC se détaillant à plusieurs centaines d’euros, alors que le coût des matériaux de base pour la fabrication maison est moindre.

Quoique la fabrication de l’AC soit d’une simplicité déconcertante, il est important d’en bien comprendre le principe. Une solution d’argent colloïdal pure et bien réussie sera claire et transparente. Cela est important, car lorsque nous glanons les informations sur le Net, nous nous heurtons à des versions différentes. Certains prétendent qu’une solution jaune pâle ou d’un blanc brumeux est le signe d’un bon résultat, d’autres prétendent qu’il est possible de faire de l’AC avec l’eau du robinet ou de l’eau de source.

Tout ceci est faux. L’utilisation d’une eau contenant des minéraux donnera invariablement une solution dans laquelle nous retrouverons des sels d’argent, principe de l’électrolyse oblige. Il est donc impératif de faire son argent colloïdal avec de l’eau distillée ou déminéralisée. Qui plus est, une coloration blanchâtre indique la présence de sels et une forte coloration jaunâtre indique que les particules sont trop grosses. Certaines préparations d’AC prendront différentes teintes : rougeâtre, brunâtre, bleuâtre, etc. Toutes ces couleurs indiquent que les particules d’argent en suspension (les colloïdes) ne sont pas assez petites et que la solution est donc de piètre qualité. Certes, ce sera tout de même une solution d’argent colloïdal, mais il n’est pas conseillé de l’utiliser de la sorte.

NOTE : La coloration jaunâtre est sujette à maints débats. Après vérification, j’en conclus qu’il est acceptable qu’une solution ait une légère (très légère) coloration jaunâtre si elle est claire. La raison étant que la grosseur des particules dans ce cas demeure acceptable (entre 1 et 10 nanomètres), mais ce n’est que ma conclusion personnelle et aussi je recommande fortement que la solution finale soit claire et limpide.

ArgentColloïdal

 

Le matériel de base consiste en 4 piles 9 volts, deux tiges (ou tout autres pièces) d’argent pur à 0.999, de l’eau distillée ou déminéralisée, deux pinces « crocodile » et un testeur de densité. De plus, un voltmètre, une minuterie, deux connecteurs pour piles 9 volts ainsi qu’un mélangeur permettront de parfaire l’art de la création d’AC.

Le principe en soi est simple : c’est de l’électrolyse. Les deux pièces d’argent servent d’électrodes, les pinces crocodile sont connectées aux piles (qui sont emboîtées en série), ainsi qu’aux pièces d’argent qui baignent dans de l’eau distillée ou déminéralisée

Le temps que les pièces d’argent doivent demeurer sous tension dépend de la concentration d’argent colloïdal que nous désirons obtenir. Cette concentration, calculée en ppm (particules par million), dépendra à son tour d’un grand nombre de facteurs. En effet, une électrolyse de la sorte est une électrolyse de précision et le moindre facteur, tel que la température de l’eau et de l’air ambiant, la pression atmosphérique, etc., jouera un rôle dans le processus. Tout ceci sans compter d’autres paramètres évidents tels que la distance entre les électrodes, la qualité de l’eau de départ, la surface d’argent accessible, etc.

Par expérience, si l’on veut obtenir une concentration d’au moins 10 ppm, il faut procéder soit en diminuant progressivement l’intensité du courant appliqué en retirant une pile à la fois, soit en utilisant un mélangeur. En effet, lorsque les ions et colloïdes d’argent se détachent des électrodes et commencent à effectuer le voyage entre les deux, plus il y a de particules entre celles‐ci, plus le courant passe facilement et plus les particules se détachant des pièces d’argent sont grosses. Il s’ensuit un « emballement » du processus qui aura tôt fait de produire de trop grosses particules qui donneront une coloration ambre, brune ou noire à la solution. Il faut donc être vigilant à cet égard et faire plusieurs tests. Essai‐erreur est ici la technique à utiliser. On branche le tout, on minute, on vérifie la concentration, on rebranche, on reminute, etc. Notez aussi que les résultats obtenus la veille ne seront pas nécessairement ceux obtenus le lendemain ! Il fait 5 degrés de plus ? Les électrodes sont de quelques millimètres plus près ou plus loin les unes des autres ? Les piles ont perdu de leur intensité ? Tout ceci joue sur le résultat final. Parfois cela me prend 20 minutes et j’obtiens une solution à 14 ppm, alors que d’autres fois il m’en faudra plus de 35 pour obtenir du 10 ppm. La rigueur est de mise et l’expérience permet de bien jauger les temps sous tension et la méthode à utiliser.

Lorsqu’on enlève les pièces d’argent, que ce soit pour prendre une lecture au testeur ou autre, toujours bien les nettoyer avant de les remettre dans l’eau, car il s’y forme une mince couche de résidu. De plus, toujours s’assurer que les pinces « crocodile » ne touchent pas à l’eau de la solution sans quoi elles feront aussi partie de l’électrolyse et il y aura, en plus des colloïdes d’argent, des colloïdes de pinces crocodile !

Une fois que la solution est prête, débrancher puis retirer les électrodes doucement. Conserver dans un pot de verre (les pots en plastique auront tendance à faire perdre la charge des ions d’argent) clair dans un endroit sans lumière pour une période d’environ 12 heures. Lorsque la solution sera stable (tous les ions se seront positionnés et distancés également), vérifier qu’elle est encore claire. La coloration jaunâtre peut apparaître dans les heures suivant la production. Une fois assuré que la solution est « propre », c’est‐à‐dire qu’elle demeure limpide, il est conseillé de la mettre dans un pot de verre le plus opaque possible et de la ranger dans un endroit sombre, car la lumière du jour lui ferait perdre ses propriétés. Du reste, c’est l’expérimentation qui vous guidera.

 

[1] et [2] : Une arme secrète contre la maladie : l’argent colloïdal, Frank Goldman, Éditions Le Lotus d’Or

 

A propos de l'auteur
Jean Yves Henry
Médecin généraliste, homéopathe et acupuncteur. Auteur d'une dizaine d'ouvrages, il coordonne l'enseignement de confrères de toutes spécialités pour promouvoir l'aspect intégré de ce télé-enseignement médical et para-médical.