Le couple

LE COUPLE

Introduction

Comme nous le verrons plus loin, le travail en couple est affaire de contrat, de «deal », et les négociations ne sont pas simples : qui est le plus phallique ? c’est à dire qui est ce qui jouit le plus ? qui est ce qui porte le pantalon ?

D’où nous viennent ces représentations du couple ?

Dans une famille, lorsque l’enfant essaie de fonder une théorie sur la manière dont il se représente les relations sexuelles entre ses parents, du même coup il va théoriser sur « qui séduit l’autre, qui a commencé, qui commande, qui a le dessus ?…» et donc, du même coup, il théorise d’où vient le désir, qui en est porteur.

Très concrètement, ça va donner dans l’imaginaire des enfants une fantasmatique qui sera, par exemple, « c’est papa qui est le plus fort, c’est lui qui commande, c’est donc lui qui impose les choses à maman et qui a le dessus ».

Vous allez avoir à la fois une position respective des deux sexes au sein du fantasme de l’enfant, mais, dans d’autres familles, où on aura au contraire une domination maternelle, la théorie pourra être «  c’est maman qui a en fait le pouvoir, c’est elle qui décide, qui charme papa »… !

Vous avez alors un fantasme à domination maternelle, ou bien l’autre versant : « c’est papa qui est fort, qui commande, et lorsque papa met son grand zizi bien méchant qui entre au dedans de la maman, il la châtre et c’est de là que vient le fait que les mamans n’ont plus de zizi… »

vous avez donc une connexion entre la théorie de séduction et la théorie de la castration au sein de la théorie du fantasme de la scène primitive élaborée par l’enfant spectateur des relations parentales et qui imagine leurs relations sexuelles.

Et plus il y a d’agressivité chez l’enfant à l’égard du fait d’être exclu de la sexualité concrète de ses parents, plus le fantasme que l’enfant va élaborer va porter la marque de cette agressivité, donc, plus le fantasme lui-même sera lui-même violent et plus l’enfant aura peur de la manifestation concrète de la sexualité concrète de ses parents et plus il craindra pour celui qui est séduit, pour celui qui a le dessous.

Vous avez là une partie des explications des craintes des enfants à l’égard soit du père, soit de la mère. Il élabore ceci en fonction de ce qu’il peut constater dans les relations habituelles de la famille, mais aussi en fonction de son organisation pulsionnelle particulière.

Au sein de nos sociétés un peu machiste, il y a une position qui est dominante assez largement, celle où c’est l’homme qui domine, c’est l’homme qui a le dessus, dans laquelle la femme subit passivement, dans laquelle elle est « châtrée ».

Fantasmes à domination maternelle.

Ceci étant, vraisemblablement les fantasmes à domination maternelle existent toujours, ils sont beaucoup plus enfouis que les fantasmes à domination paternelle et ils sont vraisemblablement beaucoup plus terrifiants. La clinique concrète et l’analyse concrète des difficultés sexuelles en montrent une très grande occurrence, notamment pour les problèmes d’éjaculation précoce, de frigidité etc… on y retrouve fréquemment un fantasme qu’on appelle le « vagin denté » et on en reparlera dans la suite de notre cours

Je vais donc vous parler de « deal », de marché, de compromis, de comptes à régler, de narcissisme … c’est bien mesquin pour parler d’amour ! mais on est là pour décoder…

Une rencontre entre deux personnes, un coup de foudre, le début d’un couple, sa vie, sa mort sont constants dans leurs enjeux, à ce titre là, ils sont universels ; mais, bien sûr, Pulsatilla (si), Calcarea carbonica, Lycopodium (al) ne vivent pas le miracle de l’amour comme Aurum, Arsenicum ou Sepia (pour ne citer qu’eux)…

 

Je vais vous apportez un maximum d’informations de « décodage ».

Certains de mes propos vous paraîtrons sans doute difficiles à entendre, peut-être même insupportables… ce ne seront en fait que des vérités que vous connaissez parfaitement au fond de vous, mais il est convenu dans notre vie de relation d’occulter ces aspects de notre personnalité.

J’ai souvent la dent dure dans ce que j’ai écrit, mais j’aime bien démasquer, cerner l’hypocrisie … d’ailleurs vous verrez, pour nous détendre, j’ai écrit quelques dialogues horribles, bien sûr ce sont des caricatures, comme aux guignols de l’info. Mais derrière toute caricature, il y a une vérité, évidemment sinon cela n’aurait aucun intérêt, parce que les bons mots pour les bons mots … ! ! !

1 – Première étape, il est indispensable de commencer notre travail avec la mise en place des instances qui permettront le développement de notre subjectivité ; en particulier ces lois universelles qui doivent être intégrées par l’enfant au sortir de l’œdipe et qui détermineront ensuite sa relation à l’autre en tant qu’objet et son vécu de la sexualité.

On évoquera les variantes des issues de l’œdipe par rapport au schéma normatif, je veux parler de la sexualité perverse, du fétichisme, de l’homosexualité.

Nous verrons comment « la vie à deux » s’inscrit dans l’histoire de notre subjectivité : la vie psychique commande, nous sommes tous marqués par des expériences précoces, complexes que nous passons notre vie à comprendre après coup. Tout cela accompagne notre vie, à chaque instant de notre vie, nous réorganisons notre passé ; d’autres expériences vont après coup réinterpréter des expériences premières et leurs donnent un autre sens en modifiant le passé lui-même.

Nos expériences de vie à 2 participent de ce processus dynamique et font de nous des sujets.

2 – Nous aborderons le couple et le mariage dans une vision sociale : la question de la relation amoureuse est surdominée par le social ; l’institution du mariage modifie notre façon de vivre l’amour. Le mariage c’est l’image de la normalité ; c’est fondateur de deux groupes dissymétriques : les hommes et les femmes.

On traitera ensuite :

3 –   du choix du partenaire

4 –   la problématique du lien amoureux.

5 –   la typologie des couples et les scénarios adaptatifs

6 – les cycles, l’évolution du couple (naissance, vie, mort)

7 –   la perte et le deuil

8 –   le désir d’enfants (dès qu’il y a relation sexuelle, cela implique un produit de la sexualité, le bébé)

9 –   les difficultés sexuelles

  • la violence conjugale, le lien pathologique, le crime passionnel
  • Honte et culpabilité

 

Comme vous le voyez le programme est chargé et je vous propose de vous plonger dans le premier volet de cette aventure qui est notre quotidien :

1 – La vie est une blessure narcissique quotidienne : il est certain qu’une de notre plus grande douleur, c’est d’accepter ne n’être pas pour les autres quelqu’un d’important. Or c’est clair, quand vous rentrez dans un restaurant, un train, dans la foule quand vous faîtes la queue pour aller au cinéma, ou à la poste… les autres n’ont rien à faire de vous, de vos états d’âme … et ça c’est très dur pour notre ego ; chaque événement de notre vie de tous les jours nous rappelle que pour les autres on n’est pas très important.

Le cinéma qu’on se fait, les fantasmes narcissiques, c’est notre identité, on le garde très secrets. Ça aide à vivre !

Les fantasmes narcissiques :

Petit, on aime s’endormir avec un conte d’enfant, une chanson … « Savez vous planter les choux » c’est le kamasutra, « Au clair de la lune », c’est du folklore obscène.

Le Petit Poucet, c’est la revanche de l’enfant abandonné, du petit : c’est un fantasme de ressource narcissique pour se soigner des blessures de la vie.

Quant on est plus grand : « Etre la personne la plus importante au monde », c’est s’identifier au héros, flatter notre narcissisme dans une douce mégalomanie : sauver le monde comme Bruce Willis dans Armagedon, Harrsion Ford dans son personnage de Jack Ryan…

Ou tout simplement le chéri préféré de sa maman, à chacun son rêve !

C’est tellement bon de se voir dans ses yeux, de se rêver comme quelque chose d’unique ; ce regard porté sur nous qui nous disait «mais oui tu es merveilleux et on t’aime », c’est ce bonheur fusionnel, premier du tout petit enfant baigné par le regard maternel … et toute notre vie nous tentons inconsciemment de retrouver cette harmonie.

 

Le premier couple, c’est bien celui qu’on forme avec notre premier objet d’amour, la mère (ou son substitut). Mais un couple bien particulier, car c’est une relation symbiotique, dans l’incapacité du nouveau-né à différencier lui et sa mère : il n’y a qu’un.

Quand un petit enfant arrive au monde, il est comme une structure ouverte, pas finie, avec une ébauche psychologique : en plus des déterminations de l’espèce, il est déterminé par le désir parental : ce que sont ses parents, comment ils ont été fils et fille eux-mêmes, qu’est ce qu’ils espèrent de cet enfant.

Cela crée un « creux dans le monde » plus ou moins douillet. On tombe là-dedans et il faut faire avec. On est les enfants de ces parents –là.

L’enfant trouve des contraintes fortes qui s’imposent à lui et qu’il doit accepter, certaines sont biologiques et universelles, ainsi :

  • être mortel (la mortalité)
  • la différence des générations (il y a des grands et des petits, on a des parents)
  • la différence des sexes (on ne peut pas avoir les deux, il y a des sexes qui doivent se rencontrer pour faire des enfants).

 

Ces données constituent un alphabet de données biologiques, avec cet alphabet, les individus individuellement et socialement composent des lois, un cadre, une culture.

Le sujet humain doit accepter les données biologiques : le désir de toute puissance, c’est précisément le désir d’y échapper. En tant que désir, il est universel (c’est à dire qu’il n’est ni rare, ni pathologique) : tous les enfants veulent être grands, des hommes tout de suite, avoir les deux sexes, faire un bébé à maman, ils ne veulent ni mourir, ni que leurs parents meurent.

Ce qui est inquiétant, c’est quand les enfants y croient (on quitte le désir) : on passe alors d’un désir de toute puissance, à une illusion de toute puissance. Là, ça fait pathologie.

 

Différence des sexes et des générations, le complexe d’Œdipe

L’œdipe donne lieu à une épreuve psychique décisive pour le développement du sujet : la prise en compte du complexe d’Œdipe et son dépassement. C’est un examen de passage.

L’enfant de 3 à 5 ans va découvrir la différence des sexes et ces différences vont prendre pour lui des significations quant à son organisation psychique au sein de l’organisation du monde. Bien sûr, il avait déjà remarqué qu’il y avait des petits garçons et des petites filles, des adultes et des enfants mais il arrive un moment où il y a prise de conscience, c’est ce qu’on appelle la crise oedipienne.

L ‘Œdipe fonde les limites de l’individu dans son rapport à l’extériorité, les deux bornes qu’œdipe dépasse, structurent deux interdits fondamentaux : l’inceste maternel et le parricide. Mais l’œdipe ne se contente pas de décrire des limites, il indique également que celles ci doivent être fantasmatiquement atteintes pour permettre au sujet de s’en libérer.

Le « complexe d’œdipe » permet à l’enfant de se représenter la place qu’il occupe au monde et de se raconter l’histoire de ses origines, tandis que « le complexe de castration » est chargé de lui donner une représentation de la différence, une théorie de la différence. Ces « histoires » vont lui permettre, tout simplement, de vivre sa propre différence, c’est à dire d’exister.

La reconnaissance du caractère fondateur du complexe d’oedipe n’implique nullement que les phases précédentes du développement de l’enfant soient sans incidence sur son devenir psychique…si les stades du développement (indifférenciation, oralité, analité, phallique) en réfèrent plutôt au biologique et au corporel, ils sont directement mis en perspective par les constructions psychiques du sujet.

En construction …

 

A propos de l'auteur
Françoise HENRY
Auteur de remarquables pages d'homéopathie et de psychologie, alors qu'elle avait commencé sa carrière par le droit, elle nous a quitté en 2013, suite à la complication d'une greffe rénale. Nous lui devons tous beaucoup pour sa lucidité et ses efforts dans le domaine des médecines douces.