Le Pancréas (MARIEB ch.23D)

LE PANCREAS

Le pancréas est une glande mixte. C’est un organe digestif annexe qui joue un rôle important dans la digestion, car il sécrète et déverse dans le duodénum une vingtaine d’enzymes qui dégrade tout type de substance présente dans les aliments. Le suc pancréatique, produit de l’activité exocrine du pancréas, s’écoule par le conduit pancréatique. Des glandes endocrines libèrent de l’insuline et du glucagon.

Anatomie du pancréas :

Il est inscrit dans le cadre duodénal, plaqué contre la paroi postérieure de la cavité abdominale. Il déverse son contenu au niveau du 2ème duodénum par le sphincter d’Oddi.

Le « crochet » situé au niveau de sa tête permet le passage des vaisseaux mésentériques.

 

Physiologie du pancréas :

Pancréas exocrine …

Composition du suc pancréatique : le pancréas produit chaque jour 1200-1500 mL de suc pancréatique clair composé d’eau, et contenant des enzymes et des électrolytes (surtout ions bicarbonates). Les enzymes pancréatiques sont les agents essentiels de la digestion des graisses dans le tractus intestinal. Ils participent aussi à la digestion des sucres complexes, des lipides et des acides aminés. Des traitements récents visent à limiter cette digestion pour réduire la quantité de graisses absorbée chez les patients obèses, outre le peu d’efficacité de cette méthode par rapport à son coût, ce blocage provoque d’intéressantes diarrhées graisseuses !

Ces fonctions exocrines sont régulées par deux hormones d’origine duodénale : la Cholécystokinine-pancréozymine pour sa fonction enzymatique (cette hormone a également une action sur la fonction vésiculaire) et la Sécrétine pour sa production de bicarbonates (quitamponne l’acidité du chyme stomacal).

Pancréas endocrine … la régulation de la glycémie (via le système insuline – glucagon). Il est nécessaire de prendre en compte le rapport poids / taille : adiposité et dyslipidémie sont la plupart du temps révélateurs d’une insulino-résistance, il faudra proposer au patient une réduction importante des aliments riches en sucres (alcool, sucreries et farineux). On peut encore affiner la mesure avec un instrument simplissime : un mètre ruban. Si le rapport tour de taille / tour de hanche est supérieur à 1, il a été démontré que l’on peut justement suspecter une insulino-résistance.

En MTC, le pancréas « gère les chairs », c’est à dire qu’une obésité ou une maigreur sont sous dépendance directe de sa fonction.

 

            Pathologie du pancréas

Pancréas exocrine … fatigue postprandiale, présence d’aliments non digérés ou de graisses dans les selles (qui flottent dans la cuvette). Parfois épisode de diarrhée aiguë (exemple : la « tourista » (après un changement brutal de climat et d’alimentation = problème d’adaptation).

Les pancréatites chroniques (PC)

85% des PC sont dues à l’alcoolisme, mais d’autres causes peuvent être évoquées :

  1. –       les PC post radiothérapiques (lymphomes, tumeurs séminales ou vésicales)
  2. –       les PC sur lithiase canalaire (RCH, Crohn ou autre MAI)
  3. –       les PC de la mucoviscidose, des hyper-parathyroïdies …

 

Pancréas endocrine …le diabète insulino-dépendant (type 1). Le diabète gras (type 2) est plutôt dû à un blocage (auto-immun) des récepteurs cellulaires à l’insuline.

Lipomes / Verrues multiples … toutes les excroissances anormales (« mal gestion des chairs » en MTC) sont liées à une dysfonction de Rate-pancréas.

 

L’interrogatoire et l’examen du patient mettent en relief les signes suivants :

Le patient se plaint d’anorexie ou au contraire d’accès boulimique avant les repas. S’enquérir si le patient suit un régime quelconque ?

L’anorexie: réduction de l’appétit qui peut-être …

  • globale (tous les aliments et les liquides),
  • élective (certains aliments, comme pendant un cancer par ex.),
  • en rapport avec un syndrome dépressif (chez les personnes âgées, par ex.).
  • Anorexie mentale, chez le jeune fille le plus souvent, entre 10 et 20 ans : c’est la maladie psychiatrique la plus grave, c’est celle qui tue le plus (20% des anorexiques en meurent, d’arrêt cardiaque en général). Le traitement est la psychothérapie au long cours (besoin de contrôle: stade anal; + impressionner les parents + souvent un souci sexuel par-dessus d’où la réactivation à l’adolescence (d’ailleurs l’un des premiers symptômes est l’arrêt des règles).

– anorexie pure : on ne mange pas

– anorexie dissimulée : on mange et on se fait vomir (on peut entre autre le voir à l’état de dents abîmées à cause de l’acide qui remonte)

– anorexie à bascule boulimique : on ne mange pas et en très peu de temps on ingurgite de grandes quantités d’aliments !

 

La boulimie (qui n’est pas l’hyperphagie où le sujet qui mange trop, qui a « très bon appétit »)): excès avec perte de contrôle, problème de relation « émotion-nourriture »

La polyphagie (excès de nourriture) / le grignotage (prise alimentaire quasi permanente)

La tachyphagie: manger trop vite (et ne mastique pas assez !)

 

Le patient se plaint d’un « coup de pompe » après le repas du midi, avec un besoin de faire la sieste. Il peut avoir les selles décolorées, avec possibilité de présence d’aliments (gras) non digérés.

Il peut se plaindre d’une douleur de l’épaule gauche et d’une douleur au niveau de la 7ème vertèbre dorsale, et au niveau de la partie cartilagineuse antérieure de la 7ème côte.

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A propos de l'auteur
Jean Yves Henry
Médecin généraliste, homéopathe et acupuncteur. Auteur d'une dizaine d'ouvrages, il coordonne l'enseignement de confrères de toutes spécialités pour promouvoir l'aspect intégré de ce télé-enseignement médical et para-médical.