Le petit enfant, de 1 à 3 ans

Psychologie et aide homéopathique au petit enfant … de un à trois ans

A – La découverte de l’autre, le stade de l’oralité.

Première représentation de l’idéal, symbolisé par le sein idéal : le stade de l’Oralité version homéo : la « Psore »

Manger pour se faire plaisir, pour se consoler. La bouche, c’est la première zone érogène, qui est sollicitée lors des phases de frustrations ou d’émotions mal vécues. Les jouissances orales sont alors une réponse à l’angoisse et un remède à la souffrance.

Psore = découverte de l’altérité, auto ou hétéro érotisme, dépendance-indépendance. Dans la petite enfance, la réponse maternelle aux pleurs du nourrisson et à son mal-être est le biberon et la satisfaction alimentaire. Pleurs = nourriture = consolation.

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granules

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L’organisation orale de la pulsion : 

  • Première représentation de l’idéal : le sein, symbole idéal transféré sur la mère
  • La découverte de l’altérité de l’objet (la mère), élevé à la position de symbole, crée une dépendance liée au manque éventuel.
  • Donc un sentiment simultané et contradictoire d’amour et de haine qu’on appelle l’ambivalence lié à la dépendance —> Sentiment de détresse et d’impuissance
  • L’enfant cherche à atténuer cette dépendance et à recours à « l’objet au dedans », c’est à dire aux auto-érotismes.
  • Mais ce plaisir qu’il se donne …. Fait naître un sentiment de culpabilité, car ce qu’on se donne à soi… ne le prend-on pas à l’autre ?
  • Tout va donc dépendre des réactions de l’environnement qui doit faire ressentir à l’enfant qu’il a pris acte de cette démarche d’indépendance, que ça le touche, mais qu’au fond il est fier. Cela permet à l’enfant de vérifier la réalité de son acquisition.

 

 

B – L’analité, c’est donc avant tout, une autre position subjective pour l’enfant, par rapport à ses selles qui vont devenir le lieu d’un transfert par retournement des propriétés de l’idéal.

Analité : parce que la relation autour du pot et de l’objet fécal symbolise l’ensemble de la réorganisation subjective que l’enfant va vivre à ce moment là —> l’analité va traiter le sentiment d’être mauvais qui n’avait pas été intégré par l’organisation orale… ces expériences passives d’attente qui restaient potentiellement blessantes vont pouvoir être traitées par l’analité.

Quand l’enfant fait attendre, il éprouve ce qu’est le moi —> il transforme un rapport de forces, en rapport de sens … L’idéal transite du sein vers l’objet fécal…

Car, ce qui sort, cet objet, il en est le créateur et il est maîtrisable. Le nouveau roi, il trône sur son pot… et c’est lui qui est maintenant porteur de l’objet du désir de l’autre.

Grâce en particulier à l’auto érotisme, le sentiment de dépendance de l’enfant à l’égard de son environnement va être atténué : la capacité de se soustraire à la vue et à l’action directe de la mère va permettre à l’enfant de traiter sur le mode du retournement une partie du résidu de ses expériences négatives de dépendance passive.

 

  1. Cette réorganisation de la subjectivité tourne autour d’une nouvelle possibilité d’élaborer la dépendance et la passivité, les deux étant ici liés..
  1. Quand c’est dedans —> tension = vécu de dépendance /à l’objet = c’est mauvais
  1. Quand ça sort —> ouf ! = la source de déplaisir est transformée en principe de plaisir.

 

Réactions de l’environnement :

C’est par la capacité de l’environnement à tolérer une certaine passivité, une certaine attente à l’égard de l’enfant que celui-ci va se sentir investi d’un pouvoir.

L’enfant petit à petit va être capable de contrôler, maîtriser sa production sphinctérienne —> il vivra la présence de ce qui pousse en lui comme le signifiant d’une force qu’il tient et qui le tient (Lycopodium), d’une force « moi ». Ca pousse, c’est fort, il est fort, il est le maître du monde. Il est puissant en lui, mais aussi sur l’autre.

Petit à petit, à partir de cette organisation, il va différencier la partie et le tout. Car, si le petit enfant attend trop, quand ça pousse, les tensions montent :

Le tyran est tyrannisé à son tour ! Et alors, c’est la défaite, ça sort tout seul ! Il va falloir trouver le bon rythme, le bon moment !

Au début, quand il lâche sa crotte, il a l’impression que son intérieur part avec…, il confond le dehors du dedans, une partie de lui part avec ses selles (!) et provoque un sentiment de vide.

Petit à petit, chaque zone se différencie, mais aussi tend à s’autonomiser, à se morceler… Alors à mesure que le processus de différenciation se déploie, va grandir aussi l’angoisse de ne pas pouvoir tout tenir ensemble. 

  1. Tout garder au risque d’éclater ?
  1. Accepter de lâcher une partie pour sauver le tout ?
  1. Utiliser cette discrimination « partie/tout » pour gagner le droit au choix ?

Les enfants vont devoir apprendre à rencontrer la limite, le non et couplé à ce premier élément, la capacité de différer : ce qui va donner le : « non, non tout, non pas tout de suite, plus tard… »

 

Dans l’oralité, c’est l’objet qui faisait attendre et mettait l’enfant dans la dépendance du « bon vouloir » de l’objet. Dans l’analité, c’est l’enfant qui va faire attendre l’objet, le rendre dépendant de son bon vouloir à lui…

Le nouveau roi… sur son pot !

 

Comme un nouveau roi, il siège sur le trône, il possède à l’intérieur de lui quelque chose objet du désir des autres. Et le monde « investit » ce qu’il produit, ce qu’il fait, quand il le fait : « Oh ! La belle crotte ! —> C’est par la capacité de l’environnement à tolérer une certaine passivité, une certaine attente à l’égard de l’enfant que celui-ci va se sentir investi d’un pouvoir de retournement : « Je contrôle, je maîtrise… »

 

Ce qui va devenir intéressant pour l’enfant concernant l’objet fécal et commencer à prendre de la valeur pour lui, ce qui va modifier son vécu subjectif interne, c’est lorsqu’il va être petit à petit capable de contrôler, maîtriser sa production sphinctérienne. Avoir un contrôle sur l’objet lui confère la valeur d’une force interne.

 

Exemples de remèdes physiologiques pour les troubles ORL et immunitaires du bébé

 

Organisation du schéma corporel :

 

L’organisation progressive de l’analité va s’accompagner d’une organisation progressive du schéma corporel, d’une discrimination des différentes parties de leurs corps : discriminer la partie et le tout.

 

C’est très important dans le processus de symbolisation : c’est à partir de cette organisation qui différencie petit à petit la partie et le tout que l’analité va s’organiser. Que se passe-t-il au niveau de l’enfant ? Lorsqu’un enfant sent que ça pousse à l’intérieur de lui, que c’est là, que ça vient, c’est fort et lui, il est fort… dans ces premières expulsions, l’enfant est le maître du monde !

Si tout se passe bien, l’environnement va bien accueillir ces productions de l’enfant et va tolérer d’attendre sa production : ça va donner de la valeur à cet objet qui va symboliser une force intense que l’enfant recèle dans son moi.

 

Les moments « tout ou rien » :

 

L’enfant vit des moments qui sont en « tout ou rien », des moments contrastés et il a à apprendre le bon rythme. L’environnement va aider cette régulation en acceptant d’attendre suffisamment, parce que, à ce moment là, l’enfant fait « l’épreuve » de faire attendre et « éprouve » ce qu’est le « moi » : et ça, c’est à respecter.

Ce qui va devenir intéressant pour l’enfant concernant l’objet fécal et commencer à prendre de la valeur pour lui, c’est lorsqu’il va être petit à petit capable de contrôler, maîtriser sa production sphinctérienne. Avoir un contrôle sur l’objet lui confère la valeur d’une force interne… 

  • Tout garder, mais au risque d’éclater ?
  • Accepter de lâcher une partie pour sauver le tout ? Voilà le travail d’organisation progressive de l’enfant anal : parvenir à discriminer ce qui donne sens à l’objet (Argentum nitricum)

 

La double discrimination est acquise au moment de l’analité :

 

  1. Problématique de vouloir tenir tout ensemble, vouloir tout garder
  1. mais rendre possible de discriminer une partie par rapport au tout et d’utiliser cette discrimination pour gagner le droit au choix.

 

Rôle primordial de l’environnement, qui accompagne l’enfant dans son développement. C’est à dire, lui apprendre, par identification, à tolérer une certaine passivité (fonction miroir de l’environnement), le temps d’éprouver son moi et de donner par amour, le don devient alors un choix chargé de sens

 

Lui permettre de mettre en place les premiers éléments d’un surmoi : les enfants vont devoir apprendre à rencontrer la limite, le non et son corollaire : intégrer la capacité de différer, ce qui va donner le : « non, non pas tout de suite, plus tard » c’est le « surmoi » de l’analité qui donne sens au renoncement

 

Le « non tout de suite » augmente les capacités de discrimination et de symbolisation et par extension ces capacités vont être transférer sur les rapports du mot et de la chose, le mot va pouvoir commencer à représenter la chose.

 

L’analité, c’est donc avant tout, une autre position subjective pour l’enfant, par rapport à ses selles qui vont devenir le lieu d’un transfert par retournement des propriétés de l’idéal. Parce que la relation autour du pot et de l’objet fécal symbolise l’ensemble de la réorganisation subjective que l’enfant va vivre à ce moment là —> l’analité va traiter le sentiment d’être mauvais qui n’avait pas été intégré par l’organisation orale… ces expériences passives d’attente qui restaient potentiellement blessantes vont pouvoir être traitées par l’analité.

Ce stade va du 3ème mois et dure la seconde année = une certaine difficulté à s’autonomiser : la découverte de l’altérité et de l’ambivalence (amour – haine, dépendance – indépendance). Il tentera de combler un déficit d’être par plus d’avoir. La capacité à s’illusionner est reportée sur des « objets transitionnels » qui créent un espace psychique évoquant le lien manquant à la mère (d’abord jeux, puis plus tard des romans, cinémas, animal de compagnie, jeux de rôles ….), mais si je prends, c’est que j’enlève à quelqu’un … d’où une certaine culpabilité !

C’est à dire … incorporer (oralité : idéal = le sein maternel) et maîtriser (analité : idéal = le « bâton fécal », que nous développons plus loin) le monde (NB. diathèse des gourmands, des sportifs et des collectionneurs).

 

Résumé de ce chapitre :

Conflit pour l’enfant entre un désir de tout garder à l’intérieur pour se sentir fort, ressentir une force interne grâce à laquelle il exerce un contrôle sur son entourage … le tyran peut être alors victime de sa propre tyrannie par retournement interne de la force pulsionnelle : c’est la première alternative.

Deuxième alternative : tout lâcher pour être soulagé de la tension interne, mais avec la menace de plusieurs conséquences :

  1. un vécu d’abandon et d’angoisse (1)
  1. une angoisse de morcellement (2), chacune des parties cherchant à s’autonomiser, l’enfant se sentant écartelé entre les différents désirs qui l’habitent.
  1. troisième angoisse : celle des tiraillements extrêmes, écartelé dans la crainte de ne pouvoir conserver tout ensemble : conflit radical entre tout ou rien, ce conflit ne peut pas se gérer de l’intérieur sans l’aide de l’environnement.

 

L’altérité existe, avec deux modalités principales :

 

  1. La voie « hétéro-érotique » : ambivalence amour – haine (car je dépends de ce qui m’apporte du plaisir ),
  1. La voie « auto-érotique » : n’a pas appris que le plaisir pouvait venir de l’autre …

Pôle Foie (Psore) : le Narcissisme secondaire … Vers la Névrose anxieuse ou phobique ?

Du 9ème mois à la fin de la deuxième année = l’analité, problématique intermédiaire entre la Psore et la Luèse. Le « bâton fécal » symbolise la problématique de toute puissance lié à la maîtrise du corps et la difficulté à gérer le don et la perte.

Trois remèdes présentent au plus haut point cette problématique phobique : Sepia (la « poussiérite ! »), Argentum nitricum (claustrophobe, agoraphobe et hypochondriaque) et Lycopodium (la peur de ne pas être important)… Nous étudierons ces deux derniers remèdes dans le chapitre suivant. 

La réorganisation anale de la pulsion et le monde du « moi » : de la Psore vers la Luèse (à partir de 3 ans), voir sur le livre de F. HENRY, « Quand Freud rencontre Hahnemann« .

Remèdes :

RemèdesUrgence

 

  • Sulfur  (le tout : confond qualitatif et quantitatif), Fantasmes de possession
  • Sepia  (l’objet : craint la dépendance, donc lutte sans cesse pour son indépendance, idéal de moyens) … Actifs scrupuleux (vers Tuberculinisme – insécurité narcissique). NB. L’activité est liée à la difficulté de se remettre d’un échec dont la culpabilité est dure à gérer. C’est, par exemple, le cas de Sepia qui craint la dépendance et qui n’a pas appris que le plaisir pouvait venir de l’autre.
  • Ferrum … Compulsif, redistribue car force menaçante (vers Sycose – jugement)
  • Cuprum  Tétanisé, Objets partiels (vers Adaptation)
  • Manganum (Gelsemium) … Passif (vers Luèse – stade phallique)
  • Nosode = Psorinum (dépressif frileux qui ne contrôle plus rien : échec de la maîtrise et sentiment de culpabilité permanent).

TimbreH   Timbre en l’honneur de S. Hahnemann

 

 Article à télécharger : Enfant homéo1 + Enfant homéo2
A propos de l'auteur
Jean Yves Henry

Médecin généraliste, homéopathe et acupuncteur.
Auteur d’une dizaine d’ouvrages, il coordonne l’enseignement de confrères de toutes spécialités pour promouvoir l’aspect intégré de ce télé-enseignement médical et para-médical.