Le système endocrinien (MARIEB ch.16)

Le système endrocrinien

Les glandes sont des structures minuscules, elles sécrètent des hormones qui ont des actions à distance multiples (Marieb p. 622).

Dans le corps, 3 types de substances ont des actions à distance :

—> Endorphines : (peptides) petites protéines qui contrôlent le système nerveux (on peut dire que ce sont les hormones du système nerveux)

—> Hormones : contrôlent le métabolisme des tissus

—> Cytokines : (peptides) qui contrôlent le système immunitaire

Cytokines et Endorphines ont la même structure, du registre des peptides – petites molécules : quand on est heureux, on a un système immunitaire qui marche bien et quand on est malheureux, on a un système immunitaire qui s’effondre !

 

Les hormones sont les effecteurs des glandes endocrines

— Glande pinéale : sécrétion de la Mélatonine (hormone du jet-lag). Très bon traitement pour faciliter l’endormissement.

— L’hypophyse : le « chef d’orchestre des endocrines » (en MTC, on la relie à la rate) avec une partie antérieure, l’antéhypophyse, qui sécrète 6 « releasing factors » (déclencheur de sécrétion) cf. Marieb p. 633:

1/ L’hormone de croissance (GH ou STH) elle stimule la croissance et fait rester jeune : utilisée en médecine esthétique car effet de rajeunissement sur les tissus, effet anti-sécheresse).

Pathologie de la GH :

  • Acromégalie: trop d’hormone de croissance = augmentation notable des mains, pieds, cartilage des oreilles, grosses mâchoires.
  • Le nanisme hypophysaire = caractéristique du nain « harmonieux », c’est à dire normalement intelligent mais tout est petit !

2/ Thyréotrophine ou TSH, qui stimule la thyroïde

3/ Corticotrophine ou ACTH, qui stimule les surrénales

4/ Gonadotrophine ou FSH, qui stimule les glandes sexuelles

5/ l’Hormone lutéinisante ou LH

6/ Prolactine (PRL) celle qui fait sécréter le lait

Pathologie : le « Syndrome Aménorrhée-galactorrhée » (c’est une des causes d’infertilité): règles remplacées par du lait. La LH (au niveau de l’hypophyse) bloque les règles et fait monter le lait: il faut soigner l’adénome à prolactine (médicament ou opération). Mais peut avoir des causes iatrogènes aussi, ex: neuroleptiques.

La Post-hypophyse sécrète :

1/ l’Hormone antidiurétique (ADH) qui déclenche une freination de la sécrétion d’urine en particulier en situation de déshydratation.

Pathologie : le « diabète insipide » (qui est un faux diabète, ce n’est pas le sucre qui est en cause): déficit de l’ADH

2/ l’Ocytocine, qui déclenche l’accouchement, et que l’on voit à présent comme l’hormone de la « confiance en soi ».

ReleasingF

 

Principe de la « boucle de rétro-contrôle » (« feedback » en anglais):

Boucle entre un déclencheur de sécrétion et l’hormone sécrétée par la glande elle-même qui va freiner la sécrétion. Il y a donc une voie de stimulation et une voie de freination pour avoir un équilibre entre l’impulsion de sécrétion et le feedback (le contrôle de retour).

C’est un mécanisme (homéostasie, thermostat) fondamental de la vie: on l’a à tous les niveaux s’il y a trop de lumière, l’iris se ferme, pas assez d’oxygène, on respire plus vite…

 

— La thyroïde (Marieb p. 637) sécrète des hormones thyroïdiennes (nombreuses pathologies)

La thyroïde garde l’iode qui va se fixer sur les hormones: T4 (thyroxine = 75%) et T3 (triiodothyronine = 25%, mais trois fois plus active). La conversion de T4 en T3 se fait à l’aide d’oligoéléments (Cuivre, Fer, Magnésium, Sélénium et Zinc).

Quasiment tous les tissus sont concernés par les hormones thyroïdiennes. Leur carence ralentit tous les métabolismes / la fabrication excessive va activer tous les métabolismes. Ces hormones ont un effet calorigène.

Thyroide

Pathologies multiples et fréquentes (voir dans partie « Pathologie » : troubles endocriniens)

NB. augmentation actuelle de ces trouble par excès de fluor qui prend la place de l’iode dans la thyroïde (halogène aussi), donc éviter les dentifrices avec du fluor !

 

Les Parathyroïdes

Les glandes parathyroïdes, le plus souvent à la face arrière des lobes latéraux de la glande thyroïde (dans 85 % des cas), sont au nombre de 4 (parfois le double), généralement deux supérieures et deux inférieures.

Elles jouent un rôle primordial dans le fonctionnement de plusieurs organs. :

  • les reins
  • les os
  • le duodénum (partie du tube digestif qui fait suite à l’estomac).

Ces petites glandes règlent le taux de Calcium et de Phosphore dans le corps avec 2 hormones : la parathormone (PTH) et la calcitonine qui règlent la minéralisation des Os. La vitamine D3 favorise aussi la fixation du calcium.

Calcium

NB. La chirurgie de la thyroïde est très délicate, parce qu’il y a en son sein les glandes parathyroïdes et les nerfs récurrents qui actionnent le larynx.

Rôle de la parathormone (ou PTH pour parathyroïd hormone) = sert à réguler les taux de calcium et de phosphore dans le sang.

  • Par un mécanisme de rétrocontrôle (via le sang qui transite par l’artère thyroïdienne inférieure) : lorsque le taux de calcémie sanguin diminue, les glandes parathyroïdes vont être stimulées pour produire davantage de PTH.
  • Inversement, toute hausse du taux de calcium dans le sang entraînera une diminution de la production hormonale de PTH.
  • La parathormone a donc une action antagoniste à celle de la calcitonine, produite par la thyroïde.

La PTH, au niveau rénal :

  • participe à la transformation de la vitamine D afin de lui donner sa forme active
  • favorise la réabsorption de calcium
  • bloque la réabsorption de phosphore.

La PTH participe à l’ostéolyse (résorption osseuse) ce qui entraîne la libération dans le sang de calcium et de phosphates.

Au niveau du duodénum, la PTH active l’absorption du calcium, via la vitamine D transformée au niveau rénal. Le taux du calcium sanguin est ainsi régulé.

 

Les glandes surrénales (Marieb p. 643), organes situés juste au dessus des reins, fabriquent différents types d’hormones :

*** Une partie périphérique, la corticosurrénale qui sécrète les corticostéroïdes (à partir du cholestérol), essentiellement la cortisone (hormone du stress prolongé), mais aussi les glucocorticoïdes qui gèrent la glycémie et les graisses.

  • Le cortisol, qui sert à réguler le taux sanguin de sucre dans le sang dans le sens de la hausse, au contraire de l’insuline. Il combat aussi la fatigue et sert à gérer le stress.
  • L’aldostérone, hormone agissant au niveau des reins pour retenir le sel et l’eau et donc éviter la déshydratation du corps.
  • En faible quantité, sont également produits des androgènes hormones sexuelles agissant notamment au niveau de la pilosité.

Toute baisse de production hormonale entraînera des symptômes correspondant au manque des hormones en cause. Elle entraînera aussi l’augmentation de l’ACTH , une hormone produite par la glande hypophysaire qui, au niveau du cerveau, stimule la production de cortisol quand elle devient insuffisante.

*** Une partie interne, la médullo-surrénale : La glande centrale sécrète l’adrénaline (glande du stress immédiat)

Pathologies de la corticosurrénale (voir dans partie « Pathologie » : troubles endocriniens)

 

Le pancréas (Marieb p. 649) est une glande double (comme la thyroïde, comme la surrénale…)

Une partie (exocrine) qui sécrète (dans le canal de Wirsung), les enzymes dont les plus importantes sont la Trypsine et la Chymotrypsine qui va dans le duodénum, et sert à digérer les protéines.

La partie endocrine est constituée des « îlots pancréatiques » ou îlots de Langerhans qui sécrètent 2 hormones: l’insuline (fait baisser le taux de sucre dans le sang) et le glucagon (augmente le taux de sucre).

On a environ 5 mmol de sucre dans le sang (taux normal de glycémie) et ça varie en fonction de ce qu’on mange. Le diabète est un trouble de ces régulations. 2 formes:

– Il n’y pas assez d’insuline: Diabète de type 1 ou diabète du jeune (juvénile) ou encore « diabète insulino-dépendant »: il faut le compenser en donnant de l’insuline.

Les 3 symptômes du diabète type 1: Asthénie (fatigue que le repos ne soulage pas), polyurie (volume d’urine augmenté) et polydipsie (grande soif)

– le diabète de type 2 ou « diabète gras » ou diabète de l’âge mur ou « diabète non-insulino-dépendant » (DNID): c’est une maladie auto-immune. Des anticorps miment l’insuline et bloque les récepteurs des tissus de l’insuline. Du coup, le corps se met à fabriquer beaucoup trop d’insuline. On est sans arrêt en hyperinsulinisme, donc très facilement en hypoglycémie et on mange sans cesse pour pallier le coup de pompe et la fringale. C’est 2/3 des cas d’obésité. Il faut arrêter les sucres rapides et aller vers les protéines (blanc d’œuf, poissons …) qui se transforme en sucres très lentement pour arrêter les phases d’hypoglycémie qui conduisent à manger sans cesse.

Symptôme-clef pour le diabète type 2: la prise de poids notamment de la graisse intra-abdominale (tour de taille supérieur au tour de hanche).

DiabeteGras

 

Les hormones stéroïdiennes sont hyperglycémiantes et si le pancréas s’adapte mal, on fera du diabète: c’est ce qui se passe pour le « diabète gestationnel ».

À long terme, les 2 diabètes accellèrent le vieillissement vasculaire, par la « Micro-angiopathie-diabétique »: le diabète évolué bouche les petits vaisseaux = mal perforant plantaire, trouble de la vue, insuffisance rénale….

MalPerforant    mal perforant plantaire

NB. Le contrôle du diabète se fait avant tout par la diététique !

 

Les GONADES: glandes doubles également (exocrine et endocrine)

Chez l’homme: testostérone (la femme aussi en fabrique un peu dans ses surrénales) et spermatozoïdes

Chez la femme: œstrogène et progestérone, voir cycle féminin (Marieb p. 1120)

 

Autres structures qui fabriquent des hormones, mais qui ne sont pas des glandes (Marieb p. 654):

– le placenta joue un rôle hormonal (entre autre, il prend le relais du corps jaune qui n’est plus fonctionnel en début de grossesse)

– les voies gastro-intestinales

– les reins sécrètent l’érythropoïétine (EPO). On s’en sert surtout chez les insuffisants rénaux (pendant la dialyse, on met de l’EPO)

– le foie fabrique une hormone: l’hépatine, qui règle l’absorption du fer au niveau de l’estomac

– la peau fabrique une forme de vitamine D

– le tissu adipeux abdominal sécrète la leptine: hormone qui a un effet sur l’appétit et aussi le moral (ce qui expliquerait, avec des guillemets, que les gens qui maigrissent ont moins le moral).

 

Type de question d’examen :

Qu’est-ce qu’une « boucle de rétrocontrôle » (« feedback » en anglais) ? Donnez trois exemples au niveau hormonal ?

Mécanisme qui fait qu’une glande va contrôler la sécrétion d’une autre. Dans un 1er temps, en l’accélérant et dans un 2ème temps le taux de l’hormone produite va limiter la sécrétion de la 1èr hormone.

Exemples :

1) Au niveau de la tyroïde la TSH régule la T3 et la T4 qui régulent la TSH.

2) L’ACTH va sécréter la cortisone qui va réguler l’ACTH.

3) Le cycle féminin : la LH déclenche l’ovulation. L’ovulation va fabriquer un corps jaune qui va fabriquer de la progestérone qui va calmer la sécrétion de LH.

 

 

A propos de l'auteur
Jean Yves Henry
Médecin généraliste, homéopathe et acupuncteur. Auteur d'une dizaine d'ouvrages, il coordonne l'enseignement de confrères de toutes spécialités pour promouvoir l'aspect intégré de ce télé-enseignement médical et para-médical.