Le système respiratoire (Marieb ch.22)

Le système respiratoire

Le système respiratoire (nez, sinus, oreilles, gorge, amygdales, larynx, bronches et poumons) est un ensemble de muqueuses qui contribue à l’oxygénation du corps et constitue la première ligne de défense du système immunitaire (avec la muqueuse colique et la peau, autres niveaux de contact avec le monde extérieur).

1/ ORL

A la partie supérieure, l’étage moyen de la face est en effet constitué d’une multitudes de cavités (nez, gorge, oreille moyenne, sinus, bouche), tapissées de muqueuses richement vascularisées que drainent la lymphe. Ces espaces confinés vont être le siège de troubles aiguës et chroniques, pour lesquels il faudra faire la part des facteurs :

  1. Mécanique : par congestion muqueuse, sur une épine irritative mécanique (ex. : déviation de cloison nasale), allergie ou infection chronique (rhinite),
  2. Métabolique : par altération biochimique de la lymphe (congestion vasculaire et facteurs oxydatifs),
  3. Sensorielle : par involution neuro-arthritique (fonction de l’état général et des facteurs génétiques),
  4. Neurologique : par perte des connections neuronales (problèmes corticaux, troubles du traitement central des informations qui peuvent se surajouter aux trois types pathologiques précédents).

Cornets : ensemble de muqueuses richement vascularisées qui rafraîchissent le sang du cerveau en même temps qu’elles réchauffent l’air inhalé.

Première barrière immunitaire : végétations et amygdales, puis la muqueuse des bronches. Le mucus qu’on crache, c’est une sécrétion des cellules ciliées à partir de la lymphe (le poumon est un organe très lymphoïde).

NB. Le nez d’un bébé travaille 5 fois plus que le nez d’un adulte, quand le massif facial se développe vers 7-9 ans, la fréquence des infections respiratoires baissent.

Larynx : sépare l’air qui descend dans les poumons et le liquide et aliments qui descendent dans l’œsophage, permet la phonation (cordes vocales – nerfs récurrents, 10 ème paire). Les cordes vocales (Marieb p. 861) sont irritées en permanence chez les fumeurs (qui développent des kystes et les tumeurs des cordes.)

CordesVocales

 

2/ Trachée et bronches souches : les voies aériennes sécrètent du mucus (contenant des IgA) et ont des poils, dispositifs qui permettent de protéger les alvéoles pulmonaires. NB. La trachée est devant et l’œsophage est derrière. Voir Marieb p. 920. Sur la paroi de la bronche, il y a une musculature lisse capable de serrer la bronche (asthme).

alt

 

3/ Le poumon droit a 3 lobes, le poumon gauche a 2 lobes (car présence du cœur).

Les alvéoles pulmonaires sont des petits sacs aériens, autour desquels il y a des vaisseaux sanguins qui parcourent les amas d’alvéoles et permettent l’échange du sang : l’oxygène va pénétrer dans le sang et le gaz carbonique va être récupérer. En principe, on a une respiration tous les 4 battements du cœur. Les alvéoles pulmonaires (Marieb p. 864). Les zones près du diaphragme travaillent plus, le haut des poumons (l’apex) n’est sollicité que dans les grands efforts respiratoires.

Un adulte inhale environ 12 kg d’air par jour (beaucoup plus que d’eau + aliments = 3 kg). Le système respiratoire est donc la cible privilégiée d’infections et de pollutions aériennes. L’enfant sera particulièrement touché, par un double mécanisme : ses voies aériennes sont hypotrophiques (1/5 du calibre adulte par rapport à l’effort demandé) et immatures sur le plan immunologique.

Respiratoire

Les ¾ de l’effort est fourni par le diaphragme, le reste par les muscles élévateurs du thorax (intercostaux ++). Mouvements des côtes supérieures « en poignée de pompe » et inférieures en « anse de seau ». Le diaphragme et les muscles intercostaux sont les 2 systèmes moteurs de la respiration (Marieb p. 888). NB. exemple extrême la crucifixion: suspendu par les bras, les muscles thoraciques sont entravés, le diaphragme est tétanisé par trop de travail. Supplice allégé par un support sous les pieds… pour que ça dure plus longtemps !

L’ORL et la pneumologie constituent les motifs de consultation sont les plus fréquents en médecine générale et un tiers des journées de travail perdues. Les phénomènes aigüs et chroniques répondent à des prises en charges bien distinctes.

  1. les infections aiguës sont des inflammations brutales et transitoires, le plus souvent d’origine virale (60%), plus rarement à Pneumocoques ou à Haemophilus (surinfection ?),
  2. les inflammations chroniques des voies aériennes sont le plus souvent liées au tabac (ou d’autres irritants), exemples : les alvéoles peuvent se boucher de mucus ou de pus (pneumonie), elles peuvent éclater (emphysème)
  3. il existe des exacerbations infectieuses (poussées aiguës) sur des troubles ventilatoires chroniques.

Bronchite

 

Les maladies des poumons sont fréquentes. Elles se manifestent par des glaires et des altérations du rythme respiratoire.Les inflammations chroniques font – bien sûr – le lit d’évolutions auto-immunes désespérantes (ex.: la DDB), ou de bourgeonnements kystiques (ex.: polypes des cordes vocales) et tumoraux. Ces atteintes sont souvent liées au tabac, c’est le cas de la bronchite chronique, l’emphysème (les alvéoles éclatent et ça fait des grosses « bulles » dans le poumon), la dilatation des bronches (maladie auto-immune: on détruit soi-même ses bronches / à l’auscultation on entend des craquements).

NB. concernant le tabac : à chaque bouffée on inhale du goudron qui provoque une irritation permanente en même temps qu’il baisse le niveau d’oxygénation. Les goudrons sont éliminés par les reins (donc ça entraîne aussi des cancers du rein et de la vessie). Les fumeurs de pipe ont souvent des cancers des reins (à cause du « jus de pipe »). NB. Le cancer du poumon a un taux de survie à 7 ans proche de 0% !

La question toujours d’actualité pour les classiques de ces deux spécialités, c’est celle de l’antibiothérapie … Actuellement 35% des souches d’Haemophilus influenzae, 50% de Streptococcus pneumoniae et 90% de Moraxella catarrhalis (les trois souches bactériennes les plus souvent rencontrées) sont résistantes à la pénicilline !

 

4/ Le poumon est entouré d’une séreuse (double membrane) : la plèvre (Marieb p. 868)

  • Si on la perce, l’air rentre dans la plèvre et le poumon va se rétracter à pneumothorax. On observe des pneumothorax spontané, rare, et de décollement souvent partiel.
  • La plèvre peut se remplir d’eau (pleurite). C’est une exsudation de la plèvre (cette séreuse sécrète du liquide pour favoriser le glissement, lors d’inflammation elle va en sécréter plus).
  • Dans le cancer de la plèvre (atteintes liées à l’amiante : l’asbestose est un cancer de la plèvre), on aura surtout du sang (hémo pneumothorax).

 

5/ les vaisseaux pulmonaires (petite circulation). quand le cœur est atteint (insuffisance ventriculaire gauche) la veine pulmonaire est engorgée (donc pression très haute) : les alvéoles vont se remplir d’abord d’un liquide séreux et ensuite de sang : on parle d’oedème aigu du poumon (OAP).

Une fois l’oxygène entré dans le sang, il est récupéré par l’hémoglobine qui va le transporter dans les organes qui en ont besoin (saturation partielle de l’hémoglobine). Si dysfonction pulmonaire ou cardiaque, la désaturation va se faire rapidement.

alt  pléthymographie

 

Un examen facile à mettre en œuvre: l’auscultation (découverte vers 1890 par Laennec).

Même sans une grande pratique, on peut faire des diagnostics facilement. Il y a un souffle dès qu’il y a des glaires et de l’eau, ça fait des « glous-glous » et des sifflements. On fait toujours une auscultation bilatérale et comparative. On parle de « poumon muet » quand on n’entend rien à l’auscultation: soit la plèvre est pleine d’air (pneumothorax) soit elle est pleine d’eau (pleurésie).

Mécanisme de la respiration : la spirométrie (Marieb p.954)

Outils essentiel du pneumologue, dès qu’il y a problème respiratoire on va faire une spirométrie. Etude des volumes mobilisés au cours de la respiration. On doit respirer normalement avec le nez bouché. On mesure :

  1. volume courant (VC) … à l’inspire et expire normal), environ 500 ml
  2. volume de réserve respiratoire (VRI) … lorsqu’on rempli le poumon completement, 3 litres pour une personne normale, 6 litres pour un plongeur en apnée)
  3. volume de réserve expiratoire (VRE) … lorsqu’on vide complètement : 1,2 litre en air résiduel.
  4. Volume expiratoire maximal seconde (VEMS) : Bronches saines : en 1 seconde 75% du volume pulmonaire est expulsé
  5. Capacité pulmonaire totale max. = 6 litres, capacité vitale env. 4,8 litres

Ces 4 valeurs vont permettre de délimiter 3 types de pathologies :

  • Pathologies restrictives (quantité mobilisable réduites, atteinte du volume, emphysème)
  • Pathologies obstructives (les bronches sont atteints, asthme)
  • et les pathologies qui sont à la fois restrictives et du volume et du débit.

NB. Le poumon est (avec le cerveau et le rein) un organe qui ne se régénère pas. Quand on commence à avoir une maladie pulmonaire chronique, ça ne peut aller qu’en s’aggravant !

Régulation de la respiration se fait dans le bulbe rachidien et les noyaux de la base (automatique). Les noyaux gris de la base sont stimulés en particulier par les chimiorécepteurs périphériques. Le mécanisme de régulation est lié à l’état de l’oxygène dans le sang, si le O2 baisse, la respiration va augmenter et vice et versa. Si le sang est en acidose, on va augmenter le rythme respiratoire pour fabriquer plus de bicarbonate (molécule d’eau et gaz carbonique qui ont la capacité de tamponner l’acidité sanguine) :

AcidoseResp

NB. l’apnée du sommeil est liée au surpoids et à des problèmes de foie engorgé (ronflements).

En MTC, on apprend que :

Le Poumon gère l’énergie, il commande les souffles. Son maître symptôme sera donc la fatigue. Le vide d’énergie favorisera la stagnation du sang dans les vaisseaux, d’où varices, avec risque de phlébites et d’ulcère variqueux.

« Quand le cœur régit les esprits, le poumon régit les âmes » : son sentiment est la tristesse, qui peut aller jusqu’à la mélancolie, l’indifférenciation … la psychose !

Sa faiblesse entraîne un mauvais contrôle des émotions du foie (cf. cycle KO : c’est l’énergie du poumon qui contrôle le foie), d’où des symptômes de spasmophilie, de tétanie et même d’hystérie (dans sa forme somatisée).

Son endocrine est l’ovaire (œstrogènes pour l’homme)… que nous traiterons à part.

Son sens est l’olfaction, sa saveur le piquant, son liquide organique la morve.

Son allergie est l’asthme

La saison du poumon est l’automne, beaucoup de ses pathologies apparaissent l’hiver (quand le poumon s’est vidé dans le rein) cf. les bronchites hivernales, ou l’été, quand le cœur, en plénitude, l’écrase, cf. les angines d’été.

 

A propos de l'auteur
Jean Yves Henry
Médecin généraliste, homéopathe et acupuncteur. Auteur d'une dizaine d'ouvrages, il coordonne l'enseignement de confrères de toutes spécialités pour promouvoir l'aspect intégré de ce télé-enseignement médical et para-médical.