Le traitement métabolique des cancers

CANCER : GUÉRIR TOUS LES MALADES ?

D’après le livre Laurent SCHWARTZ & Jean-Paul BRIGHELLI (éditeur : Hugo & Compagnie, 2013)

Aujourd’hui ce n’est que de liberté, de révolutions et de nouvelles technologies que l’on parle. En réalité nous sommes enlisés. Nous avons perdu la liberté de penser. Les réunions de consensus et les protocoles guident nos pas.

Certains, devant la contrainte, courbent l’échine. Ils ont fait le choix de survivre aux interminables réunions de motivation, de séduire leurs supérieurs et de gravir la hiérarchie. Les vacances au Club Méditerranée récompenseront leurs efforts.

Certains peuvent, d’autres pas. Je n’ai pas pu. Et comme l’hérétique était insupportable au dogmatique, il n’a pas été simple de voir ce que d’autres s’efforçaient de nier. ..

Quant à moi, je crois à la rupture, à la vraie rupture, pas celle galvaudée de nos politiciens. Nous n’avons compris ni le cancer ni l’Alzheimer parce que nous ne comprenons pas ce qu’est la vie. Ce n’est qu’au prix d’une relecture des mécanismes simples de la vie que nous sauverons les malades. Vous comprenez maintenant pourquoi j’ai tant hésité à écrire puis à publier ce texte. Il choquera tous les partisans des évangiles de la recherche, les zélotes de la science. Et ils achèveront de bâtir mon bûcher, avec les fagots qui devaient servir à celui de Galilée, de Darwin et de tant d’autres …

Ci-dessus, cancer de la peau après abus de cabine UV de bronzage !

C’est l’intendance qui fait la force des armées, et son défaut qui explique les déroutes. Il faut donc couper les vivres au cancer. La tumeur ne peut digérer le sucre et donc consomme des lipides et des protéines. Sans un afflux de nourriture, bien supérieur à celui des tissus normaux, elle ne peut survivre. Encore faut-il couper toutes les voies métaboliques : rien ne sert d’empêcher l’arrivée de bétail aux assiégés s’ils peuvent pêcher tout le poisson nécessaire dans la rivière. Couper une seule voie métabolique n’a pas de sens, car la cellule cancéreuse privilégiera d’autres aliments. Mais détourner la rivière et bloquer l’arrivée du bétail peut suffire.

Le diabète s’explique par le déficit en insuline. Parions que le cancer est lui aussi simple. C’est un pari pascalien. Car s’il faut bloquer des dizaines de voies métaboliques au prix de dizaines d’inhibiteurs, nous n’y arriverons pas. Notre seule chance est que le nombre de portes à ouvrir ou à fermer soit limité.

Nos cellules peuvent soit oxyder et donc brûler, soit réduire et donc synthétiser. Warburg pensait que la cellule tumorale réduisait et donc grossissait. Pour lui, la mitochondrie, sorte de centrale électrique qui brûle le fioul cellulaire, était inactivée, voire détruite. Ce n’est pas vrai. Aujourd’hui nous savons que le cancer synthétise, mais brûle également. Un cancer agressif est chaud à la palpation.

Une cellule normale synthétise, ou brûle et donc dégrade. Le cancer est un mélange des deux. Une partie des enzymes pousse à la synthèse, d’autres à la dégradation. Il y a des erreurs d’aiguillage. Et tout cheminot sait qu’il ne faut pas beaucoup d’erreurs d’aiguillage pour entraîner une pagaille monstre, et que, devant ce fatras, retrouver les aiguillages déréglés est tout sauf simple.

Pour dépister l’activité anticancéreuse, nous avons fui ces boîtes de Pétri où poussent des cellules cancéreuses bien nourries par du sérum de veau fœtal et chauffées dans un incubateur à 37° avec une atmosphère contenant 5% de gaz carbonique. Ce n’est pas le vrai cancer qui dévore son hôte. Nous avons injecté à des souris des cellules cancéreuses et ce cancer-là se nourrit du rongeur qui le porte, comme le cancer humain. Quand la tumeur devint palpable, nous avons testé nos associations. L’immense majorité a été inefficace.

Mais une parmi les centaines testées ralentissait la croissance de ces cancers murins. Ce travail de Romain a été fastidieux, il a duré plusieurs années et a nécessité le sacrifice de milliers de rongeurs. Quelques milliers de souris plus tard, payées par les bénéfices de Biorébus, nous avions trouvé un traitement efficace.

Au terme de cette première phase, deux molécules simples, l’acide lipoïque et l’hydroxycitrate, étaient, chez la souris, plus efficaces que la chimiothérapie anticancéreuse. Toutes les souches (cancer de vessie, de poumon ou mélanome) répondent de la même façon au traitement métabolique. Cette apparente universalité est de bon augure et suggère que nous avions touché un mécanisme important. L’espoir et l’angoisse de l’erreur guident nos pas. Et comme l’Iran est lointain et que nous sommes anxieux, les résultats furent confirmés par d’autres mains, cette fois-ci en Allemagne.

L’acide lipoïque est une vieille molécule, prescrite dans plusieurs pays européens pour traiter, avec succès, des troubles neurologiques conséquences du diabète ou de la chimiothérapie anticancéreuse. Son efficacité est largement démontrée et les effets secondaires sont limités. L’acide lipoïque n’est pas présent dans l’arsenal pharmaceutique français, probablement car son faible prix ne justifie pas, aux yeux des fabricants, l’investissement …

L’hydroxycitrate est un complément alimentaire qui est vendu dans les parapharmacies et qui est censé aider à maigrir. Cet hydroxycitrate est un cousin de l’acide citrique qui rend le citron amer et donne son goût au Coca-Cola.

Toujours chez la souris, l’addition d’une troisième drogue, l’octéotide, arrête la croissance, celle d’une quatrième, un extrait de poivre, poison de la mitochondrie, la capsaicine, faisait régresser le cancer. Tout ceci est sans toxicité évidente. Voilà une piste nouvelle. Est-elle la bonne ?

Le fait que chez la souris, trois ou quatre molécules (et non une centaine) suffisent à arrêter la croissance tumorale suggère que le cancer résulte d’un faible nombre d’anomalies enzymatiques.

Tout fut publié dans des revues internationales. Je choisis le silence médiatique. J’avais peur de réveiller les attaques potentiellement mortelles dont j’avais fait l’objet avant d’avoir fini mon œuvre. Le hasard nous pousse souvent dans nos retranchements. J’avais peur de l’essai clinique, nous n’étions pas prêts. Antonello, avec qui je partageais mes rêves, développa comme je l’ai raconté, un cancer du côlon métastatique incurable. Il se savait condamné, et demandait de l’espoir. Même si les molécules étaient connues et que les souris supportaient le traitement sans apparente toxicité, je n’osais les conseiller. À l’image des médecins du début du siècle passé, je testai moi- même l’acide lipoïque et l’hydroxycitrate. Le goût était acre, mais la semaine passa sans problème.

Je conseillai donc à cet ami de prendre de l’acide lipoique et de l’hydroxycitrate avec sa chimiothérapie. Trois ans plus tard, Antonello est retourné au travail. Son cancer est au repos, peut-être est-il guéri ? Une hirondelle ne fait pas le printemps, mais c’est un signe. Parallèlement Gian Franco Baronzio débuta les traitements prudemment en Italie, près de Milan. Il vit lui aussi une autre hirondelle. Le temps des explorateurs tire peut-être à sa fin. Il est maintenant temps de tester rigoureusement cette approche.

Adjuvants métaboliques suggérés :

• Acide alpha lipoïque : sous forme orale sont de 800 mg matin et 800 mg soir . Le sodium R – lipoate peut remplacer l’ acide alpha lipoïque. Les doses sont les mêmes.

• Hydroxy citrate : 500 mg matin , midi et soir . Les gélules d’extrait de Garcinia cambogia ne contenant le plus souvent que 60 % d’ h ydrox y citrate (bien lire la composition) , il est donc nécessaire de prendre dans ces cas 800 mg de gélules, trois fois par jour .

Sans soutien de l’industrie ou du gouvernement, une clinique propose ce traitement de dernier recours. Près de 800 patients sont traités. Les médecins concernés ne publient pas dans les revues scientifiques à comité de lecture, mais affichent tout ou partie de leurs résultats préliminaires sur le web.

A propos de l'auteur
Jean Yves Henry

Médecin généraliste, homéopathe et acupuncteur.
Auteur d’une dizaine d’ouvrages, il coordonne l’enseignement de confrères de toutes spécialités pour promouvoir l’aspect intégré de ce télé-enseignement médical et para-médical.