Le tuberculinisme

 

Le Tuberculinisme

Tout commence avec le poumon (premier inspire) et tout finit en « poumon-coeur » (dernier soupir !) : entre les deux, c’est l’histoire de l’homme => si cette étape initiale est ratée, cela va entrainer des problèmes d’hypo structure !

 

Psyché : Le tuberculinisme est la diathèse du premier sentiment de soi (souffrir pour être un homme !), de la différenciation moi/non moi. C’est l’illustration de la problématique narcissique, de la difficulté d’identification. Sa principale problématique (qui va s’illustrer dans tous les remèdes du pôle), c’est l’incapacité à accepter que quelque chose existe en dehors de lui (indifférentiation).

Le Tuberculisme est la diathèse des pathologies du narcissisme : rêveur égocentrique, il refuse d’accepter « la différence des sexes et des générations » : d’où des perversions, addictions, homosexualité, nymphomanie ou techniques d’intimité (manipulations).


Soma : Les fonctions muqueuses et peau (surfaces d’échanges) : extérieur/intérieur (moi/non-moi) = immunité

Tout redécouvrir ! Désirer changer de métier, de partenaire, modifier ses types de relation… le voyage (les îles lointaines !), mais aussi se sentir perdu, abandonné, vierge et naïf, neuf quant à la sexualité (pour Phosphorus : « C’est toujours la première fois !« ). Le tuberculinique devra donner une unité à sa personnalité, apprendre à exister dans son rêve (grand intérêt pour ce qui est intérieur, invisible, inconnu, ou à venir), « déterrer ses racines et les transplanter dans le monde des adultes« .


Présentée par beaucoup d’homéopathes anciens comme le « versant asthénique de la Psore », cette diathèse se caractérise par :

  1. L’instabilité neuro-psychique (tristesse, tétanie …),
  1. Les troubles veineux et la météo-sensibilité (engelures, coqueluche …),
  1. La tendance à la chronicité (aggravation par les éliminations qui épuisent) : vers la stagnation/chaleur (Psore) ou l’acidose et la déminéralisation (Luèse).


Le pôle « Poumon », ses remèdes en quelques « clefs » :

 

  1. « L’Empereur » (il a tous les symptômes) = Phosphorus
  1. « Les Ambassadeurs » (au pays) = Arsenicum (foie), Silicea (rein), Germanium (coeur), Zincum (rate)
  1. « Les Consuls » (dans les pôles voisins) = Magnesium (foie), Charbons (rein), Natrum (coeur), Stannum (rate)

 

Nosode de diathèse = Tuberculinum (situation de vide chronique du pôle organique « poumon »).

 

Phosphorus

Le principe du plaisir comme idéal à atteindre, Phosphorus s’illusionne : pour lui l’illusion crée la réalité (il « hallucine les conditions de la création). L’illusion est nécessaire à la vie, elle exprime l’espoir, le désir, mais pour Phosphorus, l’illusion est un leurre, pour lui c’est une illusion de création, il vit constamment une illusion anticipatrice —> jusqu’à la perversion (il croit à sa « complétude », refus de la différenciation, lui et l’autre, c’est le même !). Il vit son rêve, donc s’entoure de beau (pour lui, est beau ce qui ne choque pas l’ordre du monde, il est volontiers écologiste). Il veut se fondre dans l’immensité, il ne veut et ne peut se définir, il reste dans l’indifférenciation, c’est le « caméléon » de la matière médicale, car il fuit les situations douloureuses ! Il n’est pas armé pour combattre les difficultés : sa solution est dans le rêve et l’illusion (amour de soi). Ses passions humaines seront instables, car il voit ses partenaires comme des « objets partiels ».


Lachesis (germanium)

Elle se bat pour un « certain réel ». Comme tous les tuberculiniques, Lachesis vit l’indifférenciation, c’est pour cela qu’elle se « colle » à un partenaire (vit par procuration), qu’elle va pourtant chercher à détruire, car Lachesis doit faire quotidiennement l’expérience que le monde a résisté à sa destruction, a survécu au cataclysme. Enfant, elle a la sensation d’avoir détruit « sa capacité à créer le monde » (cf. « Quand Freud rencontre Hahnemann » page 22). En MTS : Venin = « Feng » qui déclenchera un « Feu » (car le Feu combat le Feng). Logorrhée = dispersion d’un « feu psychique », elle empruntera l’habit de l’autre (passions fugitives ++). Froideur des extrémités (par vasoconstriction artérielle).

 

Silicea

Fragile et sensible à la plus petite agression (vide d’énergie et de défense immunitaire), il se rigidifie pour compenser son hypo-structure.


Pulsatilla (si)

C’est une fusionnelle militante, mais butée et jalouse, elle ne vit que par ses émotions, confond soi et les autres, personnifie la désir d’appartenance. Elle est seule, désespérément seule même au milieu du monde, seuls quelques mots d’amour (et encore pas n’importe lesquels) vont la rassurer… un temps !


Arsenicum album

Les expériences trop importantes d’inadaptation aux besoins de bébé vont être à l’origine d’un noyau de méfiance dans le rapport au monde et à soi-même. C’est la clé de compréhension d’Arsenicum Album. N’ayant pu constituer ce noyau primitif de confiance en soi et d’espoir dans la vie qui crée le potentiel de créativité d’un monde satisfaisant, Arsenicum Album vit un état de tension, une méfiance permanents, « Ce qui mérite d’être fait, doit l’être sérieusement et dans le souci du moindre détail » La sensation d’être empoisonné qui est constante, le fait vivre dans une insécurité totale avec peur de « ce qui n’était pas prévu …!« . Pour calmer cette anxiété, il cherchera dans la précipitation à palier à l’impondérable, en maîtrisant l’événement : il sera précipité dans le souci du détail et dans l’hyper concentration de « l’épluchage ».


Zincum

L’agitation compulsive du tuberculinique dans une impasse évolutive (drogué pour fuir la dure réalité). Epuisement nerveux (insuffisance du sang de la rate) ? agitation et tremblements (Yang apparent).

Tuberculinum

Le nosode est le tableau d’un vide complet de Qi, mais énergie perturbée (feu) sur le « foyer supérieur » (Cœur-poumon en MTC)  jusqu’à la tuberculose pulmonaire, signes de plénitude sur le poumon : étouffement, dyspnée, céphalées, toux sèche, péri-arthralgies (expression d’une attaque de ce feu sur le foie) et albuminurie (manifestation rein).

NB. Tuberculinum, le nosode (situation de « vide » = pathologie chronique grave que tout aggrave) diffère de Phosphorus (situation d’insuffisance) par le fait que ce dernier a des symptômes de « Yang apparent » (situations inflammatoires ou/et douloureuses) sur un fond d’insuffisance de Yin (fatigabilité et problématique identitaire).

 

A propos de l'auteur
Jean Yves Henry
Médecin généraliste, homéopathe et acupuncteur. Auteur d'une dizaine d'ouvrages, il coordonne l'enseignement de confrères de toutes spécialités pour promouvoir l'aspect intégré de ce télé-enseignement médical et para-médical.