L’eau

H2O

Généralités : la terre, l’eau, la vie

L’EAU est partout, en nous, autour de nous. Elle n’est pas seulement la naissance, elle est l’intimité de notre terre. Elle occupe l’océan, mais elle habite aussi au cœur de nos infusoires. Elle peut être le déluge mais aussi la rosée des feuilles. Chaque goutte d’eau est la perle d’un collier infini qui entoure le monde. Et comme toute perle, elle est précieuse bien que nous l’ayons oublié.

Résumons notre credo : qu’elle soit gaz, liquide ou solide, qu’elle soit nuage, rivière ou glace, c’est une seule eau en trois états ou un seul être en trois personnes. Nos ancêtres avaient bien raison de la diviniser.

 » Déesse cantatrice » quand elle murmure, chante ou gronde, « Déesse tentatrice  » quand, fleuve, mer, elle nous propose l’étreinte de ses bras.

72 % de la surface de la Terre est recouverte d’eau (97 % d’eau salée et 3 % d’eau douce dans différents réservoirs), sous forme liquide dans les océans, par exemple) mais sous forme gazeuse (vapeur d’eau), liquide et solide. Ailleurs que dans les zones humides plus ou moins tourbeuses ou marécageuses, dans les mers et océans, l’eau est présente dans les lagunes, lacs, étangs, mares, fleuves, rivières, ruisseaux, canaux, réseaux de fossés, ou comme eau interstitielle du sol. L’humidité de l’air provient de l’évaporation des mers et eaux douces et de l’évapotranspiration des plantes.

La circulation de l’eau au sein des différents compartiments terrestres est décrite par le cycle de l’eau. En tant que composé essentiel à la vie, l’eau a une grande importance pour l’Homme mais aussi toutes les espèces végétales et animales. Source de vie et objet de culte depuis les origines de l’Homme, l’eau est conjointement, dans les sociétés d’abondance comme la France, un produit de l’économie et un élément majeur de l’environnement.

Jamais, depuis la création de la Terre, l’eau n’a été aussi utilisée mais également menacée par les activités humaines. Elément essentiel de la naturopathie, le professionnel doit non seulement connaître son utilisation et les différentes techniques d’hygiène vital mais il doit, de par son engagement posséder une connaissance approfondie sur cet élément lui-même. De même, il pourra sembler rébarbatif, voire incongru pour certains d’examiner les solutions sociétales, collectives et individuelles qui visent à préserver cette ressource.

Cependant, le professionnel que vous êtes déjà ou que vous souhaitez être pourra, une fois identifié, être sollicité pour participer à différents travaux relatif à cet élément. Ceci constitue également un enjeu déterminant pour la reconnaissance de nos professions. En effet, avant de faire valoir des positions novatrices (quoi que certaines aient été utilisées dès l’aube des temps), il est nécessaire et essentiel d’être en capacité de se positionner sur les sujets considérés comme d’actualité par ceux même qui fondent notre société.

Schéma du cycle de l’eau :

CycleEau

.

Il nous semble plus simple de présenter un schéma que d’entrer dans des explications sur le cycle de l’eau. Chacun peut constater l’évaporation engendrée par le soleil au-dessus de l’océan, la création des nuages, leurs déplacements à l’intérieur des terres, la retombée de l’eau sur terre sous forme de précipitations amenant la création des glaciers et de la neige. Cela génère ensuite un ruissèlement et des infiltrations formant les bassins hydrographiques et les nappes phréatiques. L’eau retourne ensuite vers l’océan.

Eau, définitions et propriétés

Généralités :

La formule chimique de l’eau pure est H2O. L’eau dite « courante » est une solution d’eau, de sels minéraux et d’autres impuretés. Pour cela, l’eau que l’on trouve sur Terre est rarement un composé chimique pur. Les chimistes utilisent de l’eau distillée pour leurs solutions, mais cette eau n’étant pure qu’à 99 %, il s’agit techniquement d’une solution aqueuse.

L’expression « solvant universel » est sujette à maintes précautions, beaucoup de matériaux naturels (roches, métaux, etc.) étant non solubles dans l’eau (dans la plupart des cas, ou de manière infime).

Le terme eau dérive du latin « aqua » via les langues d’oïl. Le terme aqua a été ensuite repris pour former quelques mots comme aquarium. Un mélange aqueux est un mélange dont le solvant est l’eau. Le préfixe « hydro » dérive quant à lui du grec ancien ὕδωρ (hudôr).

Les trois états de l’eau :

1/ La vapeur d’eau

Au sein de la vapeur d’eau l’agitation thermique des molécules d’eau est grande : elles se déplacent en tous sens, séparément les unes des autres, de façon apparemment désordonnée, défiant les lois de la pesanteur car l’énergie thermique qui les habite est suffisamment importante pour les empêcher de s’associer et de tomber sous l’action de leur poids. Un tel comportement est typique de tous les gaz. La vapeur d’eau est donc un gaz normal. Ainsi sous cette forme, l’eau peut donc être comprimée ou au contraire être extensible en fonction de l’espace disponible

2/ L’eau liquide

H2Oliq

C’est sous cette forme que l’on retrouve principalement l’eau sur Terre. Contrairement à la vapeur d’eau, les molécules d’eau se rassemblent en paquets pour former l’eau liquide. Pour faire simple, cela se passe dans des conditions de températures et de pressions que l’on rencontre usuellement sur notre planète.

Des liaisons peuvent en effet se former entre les molécules d’eau, car ce sont des molécules polaires et les charges de signes contraires s’attirent. Ces liaisons, dues à la polarité, s’établissent entre les atomes d’hydrogène de certaines molécules d’eau et les atomes d’oxygène de molécules d’eau voisines. On les appelle des « liaisons hydrogène« .

L’eau est le seul liquide à développer un aussi grand nombre de ces liaisons hydrogène qui jouent un rôle extrêmement important, lui conférant des propriétés très particulières. Malgré la présence de ces liaisons, dans l’eau liquide les molécules d’eau ont encore la possibilité de changer de positions, car l’agitation thermique est encore importante et a pour effet principal de permettre à ces liaisons de se tordre.

Ceci contribue à faire de l’eau un fluide thermodynamique d’usage courant, efficace et économique doté de propriétés et de caractéristiques aussi spécifiques :

  • L’eau a une densité maximale de 1 000 kg/m3 (soit 1 kg/l à l’origine la définition du kilogramme; exactement 999,975 kg/m3 à 3,98 °C.
  • L’eau a la capacité calorifique à pression constante la plus élevée de tous les liquides (4,202 6 kJ⋅kg à 20 °C). Les océans sont de bons accumulateurs de la chaleur.
  • L’eau est stable en température, jusqu’à une valeur élevée.
  • L’eau est stable sous rayonnement dont le rayonnement neutronique.
  • L’eau a la tension superficielle la plus élevée de tous les liquides (72 mN/m à 20 °C) à l’exception du mercure. Dans l’air humide la formation des gouttelettes est facilitée, dans un tube capillaire l’eau monte ainsi que la sève dans les arbres.
  • L’eau a la chaleur latente d’évaporation la plus élevée de tous les liquides (44,22 kJ/mol soit 2 454,3 kJ/kg à 20 °C) : donc l’effet réfrigérant de la transpiration est efficace.
  • L’eau a une chaleur latente de fusion élevée (6,00 kJ/mol soit 333,0 kJ/kg).
  • L’eau a une très faible conductivité de la chaleur (0,604 W/(m⋅K) à 20 °C).
  • L’eau et la glace ont une couleur bleutée sous forte épaisseur.
  • L’eau est transparente à la lumière visible : ainsi les organismes aquatiques peuvent vivre car la lumière du soleil peut les atteindre. Elle est cependant opaque au rayonnement infra-rouge.

3/ La glace

H2Oglace

Si l’on refroidit l’eau liquide, l’agitation thermique des molécules d’eau diminue progressivement et les liaisons hydrogène, qui pouvaient aisément se tordre dans le liquide, se raidissent progressivement pour devenir pratiquement rectilignes (droites). Les molécules d’eau forment alors une structure rigide très organisée : l’eau s’est transformée en glace.

Dans la glace, toutes les molécules d’eau sont reliées entre elles par des liaisons hydrogène et sont en relation avec quatre molécules voisines. Mais, alors que dans l’eau liquide l’agitation thermique résiduelle permet aux liaisons hydrogène de se tordre, donnant aux molécules d’eau une certaine liberté de mouvement, au sein de la glace, l’agitation thermique des molécules d’eau est réduite au minimum : les molécules ne peuvent plus changer de position, elles ne peuvent que vibrer autour de cette position. Elles forment un ensemble structuré où chaque atome d’oxygène est au centre d’un tétraèdre dont les sommets sont occupés par les atomes d’oxygène des 4 molécules d’eau voisines

Glace

 

Ecosystème de l’eau

Une source est une eau qui sort naturellement de terre, ou par métonymie le point (griffon) où cette eau jaillit. C’est souvent l’origine d’un cours d’eau, mais des sources peuvent alimenter des mares, lacs ou s’écouler directement en mer, ou produire une eau qui disparaît à nouveau dans le sol.

Il existe différentes approches permettant de classer les sources :

  • l’hydrochimie permet de classer les sources selon leurs qualités,
  • la géologie qui cherche à expliquer l’origine et le fonctionnement de la source,
  • le thermalisme qui classe les sources selon leur température et l’usage qui peut en être tiré.

Une source nait de la conjonction de facteurs topographiques et hydrogéologiques (comme une meilleure perméabilité locale). Si une source coule en permanence elle est dite « pérenne ». Dans les aquifères karstiques les sources peuvent ne se mettre à couler qu’en fonction d’un évènement pluvieux.

La notion commerciale d’ « eau de source » évoque une eau d’origine souterraine, ayant été mieux protégée des pollutions que les eaux de surface, et n’ayant subi ni traitement, ni adjonction. Elle doit satisfaire les critères de potabilité (ce qui n’est pas forcément le cas d’une « eau minérale naturelle »). Une source à proprement parler n’est donc pas nécessairement à l’origine d’une usine d’embouteillage d’eau de source.

Le « cours d’eau » est une expression fréquente en droit de l’Environnement. En effet, plusieurs rubriques de la nomenclature des ICPE imposent aux équipements industriels des précautions vis-à-vis de « cours d’eau » (comme, par exemple une distance minimale).

En France, une circulaire du ministère de l’Écologie et du Développement durable du 2 mars 2005, précise que la qualification de cours d’eau repose essentiellement sur les deux critères suivants :

  • la présence et la permanence d’un lit naturel à l’origine, distinguant un cours d’eau d’un canal ou d’un fossé creusé par la main de l’homme mais incluant un cours d’eau naturel à l’origine mais rendu artificiel par la suite, sous réserve d’en apporter la preuve,
  • la permanence d’un débit suffisant une majeure partie de l’année apprécié au cas par cas par le juge en fonction des données climatiques et hydrologiques locales et à partir de présomptions au nombre desquelles par exemple l’indication du « cours d’eau » sur une carte IGN ou la mention de sa dénomination sur le cadastre.

Dans un arrêt du 21 octobre 2011, le Conseil d’État a confirmé la pertinence de ces critères pour la définition d’un « cours d’eau », désormais jurisprudentielle.

La mer et l’océan désignent toutes deux les vastes étendues d’eaux salées qui couvrent en tout 71% de la surface totale du globe terrestre. Elles peuvent cependant être différenciées sur la base de trois critères :

  • Tout d’abord, leur étendue : l’océan couvre largement plus de surface qu’une mer.
  • Ensuite, leur profondeur : un océan est, généralement, nettement plus profond qu’une mer.
  • Enfin, leur localisation : qu’elles soient reliées ou non à un océan, les mers se trouvent toujours à l’intérieur d’un continent, tandis que l’océan lui, entoure un continent.

 

La nappe phréatique est une nappe que l’on rencontre à faible profondeur. Elle alimente traditionnellement les puits et les sources en eau potable. C’est la nappe la plus exposée à la pollution en provenance de la surface.

Par nappe, on entend la partie saturée en eau du sol, c’est-à-dire celle où les interstices entre les grains solides sont entièrement remplis d’eau, ce qui permet à celle-ci de s’écouler. Au-dessus, on peut trouver des terrains non saturés, dans lesquels les interstices contiennent aussi de l’air.

  • La nappe est dite libre lorsque son niveau peut varier sans être bloqué par une couche imperméable. Si on crée un puits dans une telle nappe, le niveau de l’eau reste inchangé.
  • Dans le cas contraire, on parle de nappe captive. Elle est « sous pression » et lorsque l’on y ouvre un puits, l’eau s’élève jusqu’à un niveau d’équilibre supérieur. Il arrive même que la nappe jaillisse du sol ; c’est le phénomène d’artésianisme.

Il existe également les nappes semi-captives ou à drainance. Le toit ou le substratum (parfois les deux) de l’aquifère sont fréquemment constitués par des formations semi-perméables. Lorsque les conditions hydrodynamiques sont favorables, il peut y avoir échange d’eau avec l’aquifère superposé ou sous-jacent, c’est le phénomène de drainance.

 

L’eau, une ressource que nous devons préserver

Selon l’Organisation de Coopération et de Développement Economique (OCDE), une organisation internationale qui aide les gouvernements à répondre aux défis économiques, sociaux et de gouvernance posés par une économie mondialisée, l’eau est une ressource que nous devons préserver. En plus de l’utilisation industrielle qui considère notre patrimoine commun comme une simple ressource, le recours à une nappe phréatique est classée « stratégique » par le gouvernement français.

La nappe du néocomien (270 milliards de m3, constitue une réserve aquifère protégée et d’une pureté très exceptionnelle, car située à 700 à 800 mètres de profondeur et s’étendant du bassin parisien à la Lorraine sur 50 000 km². Pour la pollution de nappes situées beaucoup plus près de la surface, c’est surtout l’agriculture qui est pointée du doigt par l’OCDE, car quel que soit l’espace considéré, les pollutions d’origine agricole, malgré les mesures déjà prises, s’aggravent. Elle a donc émis une étude « Qualité de l’eau et agriculture : Un défi pour les politiques publiques »et des rapports de référence[1] qui soulignent les différents enjeux auxquels doivent faire face les pouvoirs publics et le monde agricole. Le rapport mentionne également des préconisations à l’adresse des pouvoirs publics.

Les menaces :

Pollutions industrielles

Bien que des mesures importantes de dépollution des « eaux de rejet » de l’industrie aient été mises en place, il demeure que les accords entre pays laissent une certaine permissivité dont certains abusent. Il s’ajoute à cela les pollutions accidentelles (centrale nucléaire du Tricastin) qui mettent en péril la faune et la flore situées en aval. Je citerai aussi les pollutions faisant suite à un événement naturel majeur qui démontre que le risque zéro n’existe pas (cf. Fukushima).

Pollutions liées à l’activité des ménages

Nous avons, à titre individuel, davantage de prise sur ce type de pollution. En effet, il s’agit des produits constituant notre quotidien et de la manière dont nous les utilisons. En effet, beaucoup pensent que par rapport aux autres pollueurs leur action est négligeable, mais il est nécessaire d’entrevoir l’effet nombre (cf. 506 millions d’habitants dans l’Union Européenne).

Les produits phytosanitaires :

Pesticides

Ethymologie : des substances chimiques dont la terminaison en « cide » indique qu’elles ont pour fonction de tuer un être vivant

Rôle = éliminer les « ravageurs » – plantes, insectes, champignons qui peuvent défavoriser la pousse et la santé de certaines plantes

Différentes catégories de pesticides :

– les insecticides : éliminer les insectes (cicadelle, puceron)

– les fongicides : qui éradiquent les champignons (oïdium, mildiou)

– les herbicides : qui détruisent les « mauvaises herbes » ou adventices (vulpin)

– Autres : taupicides, parasiticides,…

Quelques chiffres clés

La France consomme environ 80 000 tonnes de pesticides par an !!!

  • 1er consommateur européen (1/3 consommation européenne)
  • 3ème mondial derrière Etats-Unis et Brésil

Milieu agricole = 90 % de la consommation nationale

10 % sont des jardiniers, collectivités et gérant de voirie (DDT, SNCF…) mais responsables jusqu’à 25% de la pollution

Près de 50% fruits et légumes contiennent des résidus de pesticides (7% sont non conformes – chiffres 2007)

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[1] Disponibles, avec le rapport principal, à l’adresse www.oecd.org/agriculture/eau : 

Polluants de l’eau nouveaux et émergents provenant de l’agriculture

Alistair Boxall, Environment Department, Université de York, Royaume-Uni

Impact de l’agriculture sur l’aquaculture: hypoxie et eutrophisation des eaux marines

Denise L. Breitburg, Smithsonian Environmental Research Center, États-Unis

Agriculture et qualité de l’eau: coûts et avantages monétaires dans les pays de l’OCDE

Andrew Moxey, Pareto Consulting, Edinburgh, Écosse, Royaume-Uni, avec l’assistance d’Eva Panagiotopoulou, Département d’économie agricole et de développement rural, Université agricole d’Athènes, Grèce

Les échanges de crédits de qualité de l’eau en agriculture

James Shortle, Environmental and Natural Resources Institute, Université de Pennsylvanie, États-Unis.

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Contexte législatif européen dans le domaine de l’eau

Depuis les années 1970, la politique publique de l’eau s’inscrit dans un cadre européen. La qualité de l’eau a toujours été une préoccupation dans la politique de l’Union européenne. La législation communautaire s’est d’abord intéressée aux usages de l’eau (eau potable, baignade, pisciculture, conchyliculture), puis à la réduction des pollutions (eaux usées, nitrates d’origine agricole). La législation européenne comprend environ une trentaine de directives sur l’eau.

L’approche européenne est indispensable pour la gestion des cours d’eau qui traversent plusieurs pays (comme le Rhin, la Meuse, la Sambre, l’Escaut et le Rhône). Elle s’applique aussi à la protection des mers, à travers des conventions internationales, que l’Union européenne a signées, parmi lesquelles :

  • les conventions d’Oslo et de Paris (1974 et 1978) sur la protection du Nord-est Atlantique,
  • la convention de Barcelone (1976) sur la conservation de la Méditerranée.

La directive cadre sur l’eau (DCE) du 23 octobre 2000 (directive 2000/60) vise à donner une cohérence à l’ensemble de la législation avec une politique communautaire globale dans le domaine de l’eau. Elle définit un cadre pour la gestion et la protection des eaux par grand bassin hydrographique au plan européen avec une perspective de développement durable.

Les objectifs de la DCE

La DCE fixe des objectifs pour la préservation et la restauration de l’état des eaux superficielles (eaux douces et eaux côtières) et pour les eaux souterraines. L’objectif général est d’atteindre d’ici à 2015 le bon état des différents milieux sur tout le territoire européen.

Les grands principes de la DCE sont :

  • une gestion par bassin versant
  • la fixation d’objectifs par « masse d’eau »
  • une planification et une programmation avec une méthode de travail spécifique et des échéances
  • une analyse économique des modalités de tarification de l’eau et une intégration des coûts environnementaux
  • une consultation du public dans le but de renforcer la transparence de la politique de l’eau.

 

La méthode de travail de la DCE

La Directive cadre sur l’Eau définit également une méthode de travail, commune aux 27 Etats membres, qui repose sur quatre documents essentiels :

  • l’état des lieux : il permet d’identifier les problématiques à traiter ;
  • le plan de gestion : il correspond au SDAGE qui fixe les objectifs environnementaux ;
  • le programme de mesure : il définit les actions qui vont permettre d’atteindre les
  • objectifs ;
  • le programme de surveillance : il assure le suivi de l’atteinte des objectifs fixés.

L’état des lieux, le plan de gestion et le programme de mesure sont à renouveler tous les 6 ans.

Un critère utilisé dans la DCE pour définir la qualité de l’eau : la définition du bon état

L’état d’une eau de surface est déterminé par la plus mauvaise valeur de son état écologique est de son état chimique.

L’état chimique

Ce sont en France 41 substances ou groupes de substances qui sont analysés selon des normes de qualité environnementales (NQE). L’objectif 2015 ne définit que deux possibilités : soit l’ensemble des substances respecte les NQE et l’eau est qualifiée de « bon état chimique » soit ce n’est pas le cas et l’eau est alors qualifiée de « pas bon état chimique ».

L’état écologique

En ce qui concerne l’état écologique c’est un peu plus complexe :

Eau5

 

L’eau est un enjeu important voire essentiel des politiques locales :

La gestion de l’eau

En effet, la gestion de l’eau est le plus souvent locale même si dans les faits elle peut être confiée à une société d’exploitation (affermage). La France compte plus de 36 000 communes qui le plus souvent fonctionnent en régie municipale ou se regroupe en créant des syndicats. Il revient dès lors aux élus locaux de choisir les moyens d’exploitation qui garantissent avec un maximum de sécurité, l’eau qui arrive à votre robinet. Dans ce cas de figure, le traitement de l’eau est le plus souvent minimal (chlore, UV, turbidité, …). Il n’en est malheureusement pas de même dans les zones à forte concentration humaine, car l’eau subit alors davantage de traitement pour maintenir les critères de potabilité.

Un autre aspect concerne les pollutions agricoles

La loi permet d’imposer aux exploitants agricoles des règles relatives à différents périmètres concernant l’emplacement des nappes. Il est malheureusement bien difficile de les faire respecter, car 20 minutes de pulvérisation sur un champ entrainent une résilience supérieure à une vie humaine !

Il est donc nécessaire d’inciter et d’accompagner les agriculteurs vers des pratiques beaucoup plus respectueuses. Pour cela il s’agit de leur proposer des pratiques différentes qui respectent leur revenu final. En effet, l’argument sanitaire (on est loin de l’argument santé !) n’a le plus souvent aucun impact sur leur décision (le producteur bio fait figure de « gagne petit » ou de « doux rêveur » et se retrouve stigmatisé par les autres exploitants. Après tout l’argument choc des céréaliers est qu’il va falloir nourrir 9 milliards d’êtres humains et qu’il faut pour cela un maximum de productivité.

Cependant les élus locaux ne sont pas complétement désarmés car ils peuvent utiliser et aider à développer tout en encourageant la demande de proximité :

  • Terres municipales pour des fermes en bio
  • Bâtiments pour AMAP, outil de transformation, magasin de producteurs
  • Introduire des produits bio locaux dans les cantines
  • Contractualiser avec les producteurs bio
  • Embaucher un animateur territorial (financement AERM)

Ainsi, tout en proposant des aliments de qualité (ce à quoi de plus en plus de ménages sont sensibles), les élus travaillent à maintenir une eau de qualité.

L’action individuelle est également déterminante. En effet, on peut se dire que nous sommes des victimes et que nous n’y pouvons rien mais les mutations sociétales partent le plus souvent d’actions individuelles marginales au début, qui se généralisent ensuite pour amener les véritables réformes. En ce qui nous concerne quelles sont les « bonnes pratiques » pour la préservation de l’eau.

Nous utilisons de nombreux produits dans notre quotidien susceptible de polluer. Il est nécessaire de les identifier afin de les remplacer par d’autres ou tout simplement de mieux les doser, de recycler ceux qui peuvent l’être (huiles par exemple). Je ne propose pas là de faire un bond en arrière pour revenir aux mode de vie ancestraux mais au contraire d’utiliser nos connaissances et les technologies et techniques qui les accompagne afin de vivre encre mieux tout en étant respectueux de l’eau.

Pour les propriétaires d’habitation, la récupération des eaux de pluie pour ce qui ne nécessite pas des critères de potabilité (machine à laver, toilette, arrosage, …) peut faire l’objet d’installations spécifiques.

Et pour les particuliers plus militants :

  • Consommer bio local
  • Jardiner bio
  • Organiser des journées d’information
  • Parler de cette solution aux élus (communes ou syndicat d’eau).

LégumesEau

L’eau dans le corps humain

L’eau est le principal constituant de l’organisme. Elle y est présente sous 2 formes différentes

  • l’eau liée intégrée aux structures moléculaires
  • l’eau libre circulante (sans lymphe) qui assure à la fois l’apport nutritif aux cellules et l’élimination des déchets. Elle joue de ce fait un rôle fondamental pour la préservation de la santé.

L’organisme est constitué de 60 % d’eau, les 40 % restants sont appelés matière sèche. Exemple : pour un homme de 70 kg : teneur en H2O = 70 x 60 %= 42 l, et matière sèche = 70 – 42 = 28 kg (car 1 l d’H2O = 1 kg).

La matière sèche est constituée de matière organique (95 % des 40 %) et de matière minérale (5 % des 40 %). Exemple : pour un homme de 70 kg : matière organique= 28 x 95 % = 26,6 kg et matière minérale = 28 – 26,6 = 1,4 kg.

Répartition de l’eau dans l’organisme :

EauCorps

Le milieu intérieur comprend les liquides extracellulaires : plasma, lymphe interstitielle et lymphe canalisée.

Le sang

Le corps humain compte 5 litres de sang composé pour 45% de résidus solides et 55% de plasma sanguin soit 2.7 l. Le sang est un tissu conjonctif fluide vital qui circule continuellement dans les vaisseaux sanguins et le cœur.

Ce liquide sert à diffuser l’O2 et les éléments nutritifs nécessaires aux processus vitaux de tous les tissus du corps, et à transporter les déchets tels que le CO2 ou les déchets azotés vers les sites d’évacuation (reins, poumons, foie, intestins sans oublier la peau). Il sert également à amener aux tissus les cellules et les molécules du système immunitaire, et à diffuser les hormones dans tout l’organisme.

Chez l’adulte, c’est la moelle osseuse qui produit les cellules sanguines au cours d’un processus appelé hématopoïèse. Le pH du sang est légèrement alcalin varie entre 7,35 et 7,45.

 

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Bibliographie : « Hydrothérapie, l’eau en hygiène naturelle, Méthode Kneipp » Editions Vie et Action, A. Passebecq, 1986

A propos de l'auteur
Gilles CARETTI
Directeur d'établissement médico-social, naturopathe et infirmier psy