Colites – colon irritable

Les colites et les « colitiques »

 

Les colopathies affectent environ 15% de la population. La symptomatologie en est simple : douleurs abdominales, météorisme (inconfort après les repas), diarrhée ou constipation (ou alternés). Il n’existe aucune anomalie anatomique. Il faut savoir que de nombreux médicaments classiques vont perturber le transit intestinal : diurétiques, anticholinergiques, les AINS, les inhibiteurs calciques, les IEC …

Les colons (le gauche et le sigmoïde en particulier) peuvent être le siège de deux pathologies dégénératives diffuses et familiales :

  1.  la diverticulose (sorte de doigts de gant de la paroi), chaque diverticule risquant de s’infecter (inflammation et douleurs) et secondairement de s’ouvrir dans le péritoine.
  2. la polypose qui va sécréter (glaires), saigner et parfois même se cancériser ! 

 

 

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Problématique : suractivité du système nerveux parasympathique lié à une tension émotionnelle importante. C’est l’expression sur le « Gros intestin » (entrailles du Poumon en MTC) de la problématique fusionnelle, des troubles des rythmes et même de l’instinct de conservation qui est atteint brutalement dans le cas des recto-colites hémorragiques !

 

Les colites sont la manifestation d’une incapacité du patient à se réaliser comme il le souhaite, de s’adapter à une situation, d’être vis à vis d’autrui tel qu’il souhaiterait être. Cette impossibilité d’une réalisation volontaire est alors refoulée dans l’inconscient et les tendances à donner et à agir apparaissent alors comme des compensations. Les impulsions hostiles contribuent au développement des sentiments de culpabilité et ont un effet direct sur les symptômes intestinaux.

On peut voir les crises de diarrhée (sans cause médicale évidente) comme une tentative de compenser le désir de dépendance par une activité, le besoin de donner. Contrairement à la constipation chronique psychogène qui est un refus de donner quoi que ce soit aux autres, dont on ne peut rien attendre, ni espérer : attitude refoulée, agressive et frustrée, résultat du sentiment d’abandon et de méfiance.

 

Psyché : L’homme de toutes les contradictions

 

Personnalités complexes, les colitiques sont à la fois sur la défensive, avec une sorte de dignité agressive, mais ils désirent ardemment être devinés. Il a des tendances obsessionnelles et scrupuleuses, l’anxiété d’obligation, les sentiments d’échec, d’abandon affectif, des revendications orales-agressives, des sentiments de frustration.

 

Patient plus agité qu’efficace ?

Un long passé maladif : gastrique, intestinal, parfois rénal et toujours nerveux. En période active, il est attentif aux détails de la réalisation de son travail, scrupuleux et perfectionniste jusqu’à la méticulosité tant que son intérêt intellectuel ou affectif reste assez fort … La motivation faiblit très vite, il est alors impatient de changer d’occupation et las physiquement et psychiquement. Discontinuité et dispersion, en fait il commence beaucoup de choses, mais les achève rarement … coexistence et succession d’enthousiasme dynamique et de découragement désabusé, son activité est toujours subordonnée aux fluctuations de son affectivité :

  1. –> primaire comme le nerveux (réactions impulsives et grande susceptibilité), « Je lâche »,
  2. –> mais secondaire comme un sentimental (hésitant devant toute décision), « Je retiens » … et toujours « Je contrôle »!

Il vit en état de dépendance

Il s’irrite d’un imprévu, mais la monotonie l’exaspère. Il est sensible aux manques d’égards de son entourage, il est vis à vis de celui-ci autoritaire et capricieux. Il a besoin de silence et de sollicitude, mais d’une solitude peuplée (une présence discrète, prête à répondre au moindre appel). C’est un tyran domestique –> sentiment de culpabilité, ressentiment, anxiété au sujet de sa santé. Il tire paradoxalement de ses avatars pathologiques une sorte de fierté : ce sont ses « faits d’armes ».

 

Volonté de maîtrise (de la relation à l’autre) —> spasme relationnel. Moments de rapports au monde, puis de retrait du monde sur fond d’hyperémotivité du sujet.

 

Il y a quelques principaux types de patients :

 

Le patient longiligne, jusqu’à en être maigre, sec, actif, mais fatigable, conservant une certaine jeunesse génitale : manifestations colitiques d’allure spasmodique. Cas d’Argentum nitricum, se révélant incapable de faire un choix, de prendre une option, c’est-à-dire de renoncer à quoi que ce soit. On dit qu’il est « pressé comme un lavement« .

 

L’émotif, hypersensible au point de vue sensoriel : réactions excessives à tous les excitants externes et aux incitations d’origines affectives, plus souvent dans le sens de l’irritation que de la satisfaction. Il se retient d’extérioriser ses impressions aux dépens de son système neurovégétatif : c’est le cas d’Arsenicum album (qui se croit incurable), Sepia (obsessionnelle), Natrum mur. (émotif méticuleux) et de leurs satellites China (as), Colocynthis (mg), Ignatia amara

Les anxieux, indécis, tourmentés, comme Lycopodium, sténique mais fatigué, à l’abdomen distendu, à la sexualité pauvre jusqu’à l’impuissance, « partagé entre sa constipation et sa diarrhée » ou de Phosphorus (immaturité affective) et de leurs satellites.

Souvent ces tableaux alternent ou se succèdent chez le même patient. Ils ont en commun : le teint pâle, voire jaunâtre, des taches brunes disséminées, les cheveux secs, cassants, clairsemés et un dolichocôlon qui engendre le triptique : douleurs, spasmes et flatulences … Il faut néanmoins différencier :

 

• Les colites droites (GI de diamètre 8 cm), surtout de fermentation (hydrates de carbone), selles acides.

 * Constipation surtout =

  • Calcarea carbonica … enfants, Chelidonium (ph) …
  • Bryonia alba (ph) … inflammation, douleurs appendiculaires chez l’enfant, améliorées par la pression large et profonde

* Diarrhée =

  • Natrum sulfur. … résorbe l’eau et les sels, Podophyllum (s) diarrhée jaune d’or
  • Iodum … appétit vorace et amaigrissement, diarrhée écumeuse le matin …

* Mixte = Lycopodium, Carbo vegetabilis (beaucoup de gaz ++)

 

 

• Les colites transverses (GI libre, souvent ptosé, plicature de l’angle gauche) :

 

* Constipation surtout = Sepia (mg), Hydrastis (mg), Nux vomica (s), Raphanus (s) … après une opération, Nux moschata (ba) …

 

* Diarrhée = Aloe (s) … hémorroïdes, Colocynthis (mg) suite de colère, douleurs ++ améliorées plié en avant, Dioscorea (mg), Momordica charantia (mg) diarrhée jaune explosive avec soif, Jalapa (mg) colite nocturne…

 

• Les colites gauches (GI de diamètre 2,5 cm), surtout de putréfaction, selles alcalines => sigmoïdites fréquentes.

  • Constipation surtout = Berberis (al), Causticum (am) selles « en crayons » qui passent mieux debout
  • Diarrhée = Thuya occ. (na) patient hydrogénoïde, Natrum phos. hyperacidité …
  • Mixte = Lycopodium (al), Plumbum, Staphysagria (na), China (as) … flatulences et épuisement

• Les rectites :

  • Mercurius corrosivus … rectite aiguë,
  • Nitricum acidum (ac) … fissure -> sang,
  • Phosphorus … polype saignant du rectum

mais aussi : Ficus religiosa (hg), Scrofularia nod. (si), Staphysagria (na), Kalium carb., Nux moschata (ba), Raphanus (na) après une anesthésie, Graphites, Pulsatilla (les crèmes et glaces !) 

 

NB. Devant une colite récente, d’abord éliminer la présence d’un parasite (Oxyures, Lamblia…) et évoquer les dégâts d’une antibiothérapie puissante (à traiter par les lactobaciles et les oligo-éléments).

 

Phytothérapie :

Certaines plantes sont qualifiées « d’apéritives » ou de « digestives ». Elles ont souvent un remarquable effet de normalisation du transit, mais attention de ne pas trop augmenter l’appétit d’un patient qui a déjà tendance à l’embonpoint ( !) : les « anis » : Illicium anisatum (al) la badiane et Pimpinella anisum (na), Gentiana lutea (k) la Suze !, les « labiées » : Mentha piperita (am), Melissa off. (hg) avec insomnie et Rosmarinus off. (hg) … D’autres sont franchement « laxatives », ainsi : Arctium lappa (mg), Chelidonium majus (ph) cholagogue, Jalapa (mg), Rheum raspont. (mg), Senna (al)…

 

Homéopathie complexiste (lab. Heel):

Nux vomica – homaccord  Antispasmodique et déconstipant (Alumina D12, Bryonia D4, Colocynthis D4, Lachesis D30, Lycopodium D4, Mercurius D8, Nux vom. D6, Plumbum D12, Sulfur D12) 

Podophyllum compositum Colite (Podophyllum D2, Muriaticum acid. D10, Ignatia D3, Mercurius D8) 

Fleurs de Bach 

  1. Crab apple … (obsédé fécal)
  2. Heather … (hypocondriaque)
  3. Rock water … (méticuleux obséssionnel)

Oligo-éléments : Mn-Cuivre + Nickel-Cobalt + Lithium + Magnésium

 

 Sérothérapie :    Sérum equi 4CH à alterner = « DVPF » + « Colon » + « Diencéphale »

A propos de l'auteur
Jean Yves Henry
Médecin généraliste, homéopathe et acupuncteur. Auteur d'une dizaine d'ouvrages, il coordonne l'enseignement de confrères de toutes spécialités pour promouvoir l'aspect intégré de ce télé-enseignement médical et para-médical.