Les crampes

Les crampes, parfois révélatrices …

La majorité des crampes (contractures douloureuses affectant un muscle) sont des symptômes bénins (Yang de VB, sur vide de sang, par exemple : Actea racemosa, Cuprum ou Nux vomica). Elles surviennent surtout au mollet, la nuit, et cèdent à l’étirement.

Elles sont favorisées par divers situations : la grossesse, la fatigue, l’activité sportive (natation surtout), la déshydratation (« vide d’eau », par exemple : Alumina ou Causticum), le froid ou encore des positions imposant le raccourcissement musculaire. Certains médicaments les favorisent : laxatifs, diurétiques, corticoïdes (modification de l’équilibre Na/K) et statines (hypocholestérolémiants).

Si aucune de ces situations ne peut expliquer les crampes d’un patient, il faut rechercher :

  1. Une affection endocrinienne, en premier lieu une hypothyroïdie dont il faudra chercher la cause (Baryta carb., Graphites ou Pulsatilla). Mais aussi une insuffisance surrénalienne, un hypercorticisme ou une hypoparathyroïdie qui induisent une hypocalcémie qui peut être la cause de la survenue de crampes (ex. : Strontium carb.).
  2. Une pathologie radiculaire ou une polynévrite (carentielle = déficit en vitamines du groupe B) chez les alcooliques ou les diabétiques, par exemple : Magnesia phos. ou Zincum.
  3. Les formes les plus préoccupantes sont des crampes diffuses s’associant à une atrophie évolutive, à des fasciculations qui doivent faire évoquer un maladie du motoneurone, notamment la SLA (ex. : Manganum).
  4. Si les crampes surviennent électivement à l’effort, en dehors de la prise d’une statine (hypolipémiant), le diagnostic doit s’orienter vers une myopathie métabolique (avec élévation des CPK). Le diagnostic des différentes formes sera posé par la biopsie musculaire (maladie de MacArdle, syndrome de Brody …).

La technique empirique qui consiste à mettre au fond du lit un morceau de Savon de Marseille n’est pas si stupide que cela : ce savon est stabilisé à l’essence de Térébenthine. Terebenthina (mn) est un remède des « chaleurs à la vessie sur vide d’eau » … or le méridien de la vessie passe au beau milieu des mollets !

 

A propos de l'auteur
Jean Yves Henry
Médecin généraliste, homéopathe et acupuncteur. Auteur d'une dizaine d'ouvrages, il coordonne l'enseignement de confrères de toutes spécialités pour promouvoir l'aspect intégré de ce télé-enseignement médical et para-médical.