Les dicotylédones apétales

Les dicotylédones apétales

Contrairement à la classe précédente, l’embryon des dicotylédones est composé de deux cotylédons, la racine principale s’allonge en une racine pivotante qui peut s’étendre, les tiges sont ramifiées et peuvent devenir de véritables troncs, les feuilles sont pennées ou palmées.

 

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En général (cf. Michel DUBRAY) :

  • Plus la plante à des feuilles larges = plus elle est calmante, adoucissante
  • Epines = vitamine C et silice = plante tonifiante

La formule florale est (en principe) de type « 5 »: 5 S + 5 P + (5+5) E + 5 C

Les apétales comprennent 2 grands groupes :

arbre

D – les arbres (à fleurs unisexuées)

Si l’on considère l’ensemble de la végétation actuelle, celle-ci est dominée par les arbres. L’arbre est une gigantesque prolifération végétale vers la lumière et l’ensemble de ses feuilles offre une grande surface de contact avec l’atmosphère. La strate arborescente (1) forme l’essentiel de la forêt avec la strate arbustive (2). Dans les sous-étages on distingue la strate herbacée (3) dont les labiées sont les plantes les plus caractéristiques, la strate muscinée (4) et la strate humifère (5), où il existe une relation étroite entre les micro-organismes de l’humus et les organes souterrains des plantes supérieures. La vie des plantes dans la forêt est liée à ces processus antagonistes ou symbiotiques qui équilibrent depuis des milliers d’années l’aspect de ces végétaux. Grâce la lumière du soleil, avec une hygrométrie correcte et des éléments minéraux suffisants, l’arbre peut vivre des centaines d’années. L’arbre est un végétal lignifié dont seule une petite partie du tronc adulte est réellement vivante.

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C’est une pompe absorbant d’énormes quantités d’eau sans bruit et sans travail apparent, par un réseau capillaire qui s’obstrue pour former l’aubier (1), tandis qu’une mince couche cellulaire, se multipliant au printemps est appelée cambium (2). Celui-ci forme vers l’extérieur le phloème ou écorce interne (3) qui véhicule la sève élaborée (descendante), puis forme par la suite l’écorce externe (4). Cette croissance annuelle permet de lire le journal de la vie passée de l’arbre par l’étude de ses anneaux.

 

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Si la cellule végétale en voie de différenciation a entamé son cycle mortel, il n’en est jamais de même des méristèmes apicaux (les bourgeons feuillés). Les pousses printanières d’un arbre vieux de quelques centaines d’années croissent grâce à l’activité de méristèmes directement issus de ses méristèmes primitifs, en d’autres termes, grâce à la prolifération de cellules semblables à celles de l’embryon qu’il fut jadis. Le bourgeon centralise deux potentialités thérapeutiques : les vertus embryonnaires du méristème, ainsi que les vertus chimio et phyto-synthétiques de la feuille. Le génie du végétal est inclus au coeur même du bourgeon, car il est expérimentalement prouvé qu’une seule de ces cellules peut redonner tout le végétal. Ces « jeunes pousses » furent préférées par certains (dont Pol Henry) comme agents thérapeutiques, car plus aptes à réaliser la synthèse des protéines du protoplasme que les feuilles ou les racines qui présentent déjà un vieillissement marqué avec prédominance des dégradations.

Les plantes 22Cycle de l’eau …

Soulignons le rôle central des arbres dans l’écosystème de notre planète : la déforestation progressive, liée au développement de cultures agricoles intensives et de certains élevages (ex.: les chèvres sur le bassin méditerranéen), est responsable de l’érosion des sols, de l’enfoncement des nappes phréatiques et de l’assèchement du climat. Les offensives actuelles de l’homme au sein des grandes forêts tropicales nous paraissent très inquiétantes à moyen terme. En France, parce que l’urbanisation vide petit à petit les campagnes, la forêt regagne du terrain : de 8 millions d’hectares en 1800, elle est passée à 14 millions d’hectares aujourd’hui.

En Europe, on compte une cinquantaine de types d’arbres feuillus grands et moyens. Ces Amentiflores se caractérisent par leurs chatons (amentum), qui est une inflorescence en forme d’épi suspendu, faite de petites fleurs simples sans calice ni corolle, serrées autour d’un axe. Ces fleurs primitives, sans calice ni corolle, se tournent vers l’élément aérien (vent surtout ou parfois insecte pollinisateur, de plus les fruits ailés planent).

 

D.1 – les Bétulacées sont des arbres pionniers du froid sec (espaces nus post-glaciers, landes aux sols très acides).

Alnus rubra (mg) … l’Aulne rouge. Arbre robuste qui régénère les sols tourbeux, les bourgeons sont arrondis et collants.

COMPOSITION : tanins, acides résineux, salicoside (= aspirine) !

INDICATIONS : les syndromes inflammatoires cutanéo-muqueux (rhinite, sinusite, bronchite, leucorrhée, eczéma, herpès…). Astringent, cicatrisant.

 

Betula pubescens … le Bouleau pubescent. Arbre dioïque, avec période brève de fécondation … si le sol s’assèche.

COMPOSITION : sels de K (écorce), Ca, Fluor, Ph, S, Iode, HE = 90% d’aspirine ! INDICATIONS : nervosité (surmenage, mentalisation des problèmes). Dépuratif ++ (eczéma / psoriasis).

 

Carpinus betulus … le Charme. Arbre peu exigeant, améliorant l’humus, sociable (// Chêne et au Frène)

INDICATIONS : troubles thrombocytaires (purpura, Péri-artérite noueuse). Asthme.

Fleur de BACH : HORNBEAM … « Ne se sentent pas assez forts ».

 

Corylus avellana … le Noisetier, coudrier, qui donne ses premiers chatons du printemps, bois solide et élastique, fruits oléagineux cachés dans des bractées importantes. COMPOSITION : flavonoïdes, tanins

INDICATIONS : foie (cellules de Kuppfer). Circulatoire (anti-scléreux, cellulite). Stimule l’érythropoïèse et la granulopoïèse (travaux de Pol Henry).

 

D.2 – les Salicacées

Salix alba … le Saule blanc, Saule pleureur.

COMPOSITION : salicoside (aspirine), tanins, sels minéraux.

INDICATIONS : sédatif, antirhumatismal, fébrifuge, astringent.

 

Populus tremula (al) … le Peuplier tremble. Feuillu pionnier de l’humus humide (Taïga). Fleur de BACH : ASPEN… « Vagues et inexplicables craintes ».

 

Populus nigra … le Peuplier noir. Bel arbre pouvant atteindre 25 mètres de haut, très abondant en France où il est cultivé dans les terrains à sous-sol humide, dans les plaines basses des vallées, le long des cours d’eau ou à la lisière des bois. On reconnait aisément le peuplier noir à son port assez régulier et à sa ramure élancée. Les bourgeons sont encore utilisés en pharmacie, et se récoltent de février à mars.

 

Thérapeutiquement, ces deux derniers arbres ont des caractères communs, ce sont des anti-thrombotiques veineux ou artériels. Ces caractères sont restés dans la tradition avec l’onguent populeum employé surtout contre les hémorroïdes. Les bourgeons contiennent du tanin, une huile essentielle, des pigments flavoniques et un glucosique salicylé, le populoside qui est dans l’organisme à la base de la formation d’acide salicylique.

 

D.3 – les Juglandacées

Juglans regia (s) … le Noyer. Arbre monoïque à fruit charnu qui assure la jonction entre la forêt continentale et méditerranéenne. Ne tolère aucun insecte parasite.

INDICATIONS : insuffisance pancréatique, diarrhées post-antibiotiques. Suppuration chronique des muqueuses.

 

D.4 – les Fagacées

Castanea vesca (cu) … le Chataigner. Arbre venu d’Iran, il y a 25 siècles, qui partage l’aire du Chêne.

INDICATIONS : eczéma des membres inférieurs (comme Aesculus).

 

Fagus sylvatica (ph) … le Hêtre ou Fayard. Arbre monoïque délicat exigeant un climat tempéré, de l’ombre et un riche humus.

COMPOSITION : tanins, créosote

INDICATIONS : antiseptique, fébrifuge, astringent. états de fibro-sclérose (ex.: fibrose respiratoire, athéromatose, néphro-angiosclérose). Dépuratif (cholestérol et acide urique).

PSYCHE : irritation extrême, rien ne convient, tout est rejeté après avoir été un moment désiré (cf. la pathogénésie de Kreosotum).

 

Quercus pedonculata (al) … le Chêne pédonculé Arbre monoïque robuste et de grande longévité, typique de la forêt mixte (// Charmes ou Hêtres).

COMPOSITION : calcaires, tanins ++

INDICATIONS : colite, diarrhée. Pb. de peau (eczéma, psoriasis) et cheveux. Vasculaire (normotenseur, coagulation, fibrinolyse). Stimulant cortico-surrénalien.

R. Steiner : « Plante de l’équilibre entre le Calcium et le Phosphore« , traitement des rhumatismes, ostéoporose, arthrite, rachitisme.

Fleur de BACH : OAK… »Mécontents d’eux-mêmes, ils se battent pour rétablir affaires ou santé« .

 

Pour Pol Henry et J.C. Leunis (son biologiste et ami), il y aurait une analogie évidente entre les arbres de ces différents écosystèmes et les phases d’inflammation-sclérose observées au niveau humoral : « La biologie expérimentale permet une étude précise de l’action des arbres et des plantes sur les équilibres des protéines du sérum des mammifères. L’évolution de la forêt, comme celle des groupements herbacés non forestiers, permet d’associer un terrain caractéristique végétal à un syndrome biologique animal et humain et de conduire ainsi à une thérapeutique adéquate douce et profonde. Si trois grands types d’arbres caractérisent la forêt : l’aulnaie, la chênaie et la hêtraie, trois grands types de globulines caractérisent le mammifère. La pathologie tissulaire se retrouve dans l’évolution de ces trois globulines dont l’évolution de la forêt est le reflet précis« .

La vision de l’homéopathie diathésique est plus simple : polarité d’action principale = Foie + Vésicule biliaire

 

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D.5 – les Urticales

D.5a – Moracées, arbres à latex, famille de « l’arbre à pain » (Océan indien)

Morus nigra … le Mûrier. Arbre des vers à soie, à fruits charnus.

COMPOSITION: Quinones, flavones, terpènes

INDICATIONS : hypoglycémiant, diurétique et astringent.

 

Ficus carica (ph) … le Figuier. Arbre qui régénère les terres incultes du bassin méditerranéen. Toutes ses parties contiennent un suc laiteux acre et caustique. Fécondation par une guêpe à galles

INDICATIONS : gastrite et dyspepsie oesophagienne, DNV, le syndrome subjectif des traumatisés crâniens (indication de P. Henry).

 

D.5b – les Ulmacées

Ulmus campestris (s) … l’Orme des champs. Arbre des vallées alluvionnaires fertiles, aux fruits ailés.

COMPOSITION : mucilages, tanins, Si, K

INDICATIONS : adaptation endocrine (ménopause, cellulite, grossesse…). Draineur peau-muqueuses (eczéma, herpès) astringent, balsamique. Décompensations auto-immunes (rhumatismes, vitiligo, viroses chroniques …).

PSYCHE : manque d’humilité, patients désabusés et envahissants.

Fleur de BACH : ELM… « Périodes de dépression et d’abattement, malgré vocation et qualité du travail ».

 

 D.5c – les Urticacées à fleurs unisexuées, peu visibles, car pollinisées par le vent.


Urtica dioica … l’Ortie alimentaire.

COMPOSITION : hétérosides, nitrates de K et Calcium, fer, soufre

INDICATIONS : Peau (chute des cheveux, eczéma). Sédatif (rhumatismes, somnifère).


Urtica urens (s) … l’Ortie brûlante.

COMPOSITION : acétylcholine et histamine (des poils). NB. à n’utiliser qu’en dilutions homéopathiques.


D.5d – les Cannabinacées


Cannabis indica (zn) … le Chanvre indien. Résine aux propriétés stupéfiantes.

Cannabis sativa (ca) … le Chanvre cultivé. Fibre textile, plante annuelle non toxique.

Lupulus (s) … le Houblon.

COMPOSITION : HE (0,3%), flavonoïdes, amers utilisés pour la fabrication de la bière / INDICATIONS : sédatif psy. (hypnotique) et génital (hormone-like : régularise les règles), digestif (apéritif, dépuratif).

 

D.6 – les Santalales sont à considérer dans le monde des arbres. Ce groupe primitif comprend des plantes généralement parasites.

Viscum album (pb) … le Gui blanc du Pin

Le Gui (loranthacées), aux propriétées « magiques » pour les anciens druides, est un hémi-parasite des grands arbres. Les baies, qui fleurissent à contre-saison sont la proie des oiseaux qui vont les porter d’arbre en arbre, car dès que celles-ci touchent le sol, elles dégénèrent. Des échanges subtils s’installent entre le parasite et son hôte. Biologiquement testé sur la formule sanguine, des injections de Gui augmentent spécifiquement les éosinophiles et les lymphocytes NK.

COMPOSITION : saponosides, alcaloïdes, viscotoxine.

INDICATIONS : le cancer (cf. protocoles des laboratoires Heel ou Weleda). Immuno-modulant (psoriasis, lèpre …). Hypotenseur (rajeunissant vasculaire) et euphorisant.

 

E – Apétales à fleurs hermaphrodites :

 

E.1 – Les Polygonacées sont une famille encore peu évoluée. Ils présentent certains caractères de type monocotylédoniques (fleurs trimères ou pentamère)… et se reconnaissent facilement grâce à une formation qui leur est propre : l’ochréa (manchon membraneux entourant la tige au dessus de l’insertion du pétiole). Ce sont des plantes herbacées des régions tempérées humides de l’hémisphère nord.

Fagopyrum (s) … le Sarrasin.

COMPOSITION : rutine, amidon et albumine (qui donnent le « blé noir »).

INDICATION : astringent (prurit).

 

Polygonum aviculare (si) … la Renouée des oiseaux, riche en tanins et acide oxalique / INDICATIONS : astringente, hémostatique.

 

Rheum officinale (mg) … la Rhubarbe / COMPOSITION : hétérosides, anthraquinones. INDICATIONS : Oestrogène-like. Purgatif (dyspepsies hyposténiques).

HOMEOPATHIE : diarrhée de l’enfant (par chaleur – humidité)

MTC : DA HUANG (Rheum palmatum) racine jaune et rhizome, de nature amère et froide. Action sur la rate et l’estomac (élimine les stases de sang et la chaleur pathogène). Sur le Foie et le maitre du Coeur. Détoxifie et traite l’hépatite virale.

 

Rumex crispus (am) … l’Oseille commune.

COMPOSITION : oxalate de K, vit. C, Fer, phosphates.

INDICATIONS : laryngo-trachéite (cf. pathogénésie), rhume des foins, asthme. Rein (lithiase). Diabète (furoncles). Laxatif doux.

 

E.2 – les Pipéracées

Piper nigrum (au) … le Poivre noir. Condiment bien connu, à la pathogénésie d’inflammation des muqueuses ORL et urétrales.

Piper methysticum (na) … le Kawa-kawa. Racine dont il est extrait une boisson traditionnelle (hallucinogène douce) en Océanie.

INDICATIONS : décongestionnant pelvien.

PSYCHE : le « délire amoureux » (idée fixe).

 

E.3 – Les Chénopodiacées (signifie feuilles en forme de patte d’oie) sont des plantes (500 espèces) adaptées à la sécheresse et à la salinité (rivages marins, steppes). La racine est une rave qui accumule le sucre, le processus floral est hypertrophié.

Beta vulgaris … la Betterave rouge, qui réalise une sorte de fructification au niveau de la racine !

Chenopodium ambrosoides … l’Ansérine ou Thé des jésuites, Ambroisie (NB. confusion !) INDICATIONS : tonique, digestive et anti-spasmodique.

Chenopodium anthelminthicum (ph)

INDICATIONS : anthelminthique puissant (ascaridiase). Emménagogue. Attention : l’HE est neurotoxique (tableau C).

Spinacia oleracea … l’Epinard (dioïque).

COMPOSITION : riche en vit. A, B1, B2, B6, C, D, chlorophylle, fer et acide oxalique.

Mais aussi : les Salicornes (ou « Cornes salées »), les Bettes, le Chenopode bon-Henri …

 

E.4a – Les Caryophyllacées sont des plantes herbacées riches en saponines. Leurs tiges sont droites et les feuilles en faux-limbe, rappelant celles des graminées, mais le processus floral y est intense.

Arenaria rubra … la Sabline rouge.

COMPOSITION : résines, sels minéraux

INDICATIONS : anti-inflammatoire vasculaire, avec 2 pôles :

  1. – foie (cirrhose éthylique ou post-hépatite),
  2. – rein (diurétique : lithiase rénale urique).

Corrigiola littoralis … Corrigiole des grèves

INDICATIONS : astringente, vulnéraire. Diurétique.

 

Dianthus caryophyllus … l’Oeillet

 

Lychnis githago (pb) … la Nielle des blés

INDICATIONS : rein (insuffisance rénale). Inflammation vasculaire (le pré-infarctus ?)

 

Saponaria off . (am) … la Saponaire.

COMPOSITION : saponines, résines, Si, Fer

INDICATIONS : Diurétique. Expectorante. Hypolipémiante.

 

Stellaria media (si) … le Mouron blanc

INDICATIONS : varices et synovite.

 

E.4b – La famille des Nyctaginacées est proche, elle comprend la Belle de nuit et les Bougainvilliers, plantes à grandes et belles fleurs.

 

E.5 – Les Cactacées sont des plantes adaptées aux déserts. Leurs fleurs sont primitives, mais l’appareil végétatif est très perfectionné et d’une extrème vitalité, car le cactus repousse à partir de fragments minuscules. Dans ces plantes, l’élément aqueux s’enfle, englobe et s’isole : épines, poils rudes, peau cireuse …

Anhalonium (zn) … le Peyotl (échinocactus) qui donne une drogue hallucinogène (LSD).

Cactus grandiflorus (zn) … le Cactus cierge, remède de l’angine de poitrine avec palpitations.

Opuntia (mg) … le Figuier de Barbarie.

COMPOSITION : soufre, sucres (nectar), acide cyanhydrique.

INDICATIONS : antispasmodique génital (dysménorrhée) et respiratoire (asthme, mucoviscidose). Hypoglycémiant. Antiseptique.

 

E.6 – les Aristolochiachées

Les aristoloches doivent leurs effets à un alcaloïde, l’aristolochine qui se trouve concentré à l’état frais dans les semences. L’acide aristolochique est un poison violent des micro-vaisseaux : il manifeste une toxicité digestive (avec gastro-entérite, diarrhée, vomissements, selles sanglantes), pelvienne (urèthrorragie, avortement), nerveuse (névrite) et hépatique (dégénérescence graisseuse du foie).

 

Aristolochia clematitis (na) … l’Aristoloche commune est une plante vivace, dressée, de 50 à 80 cm, à petites fleurs jaunes d’or, groupées par deux à huit, d’abord dressées puis rétractées vers le bas après la floraison, à feuilles en forme de coeur, d’un vert jaunâtre et à tige non ramifiée. La plante croit dans les haies, les vignes, les champs de rocaille, les berges, les lisières des bois. Originaire de la région méditerranéenne, elle s’est répandue dans toute la France grâce aux anciennes cultures dont elle a été l’objet. La nature a réalisé avec ces fleurs un redoutable piège : l’insecte, à peine entré dans la corolle, glisse sur l’enduit cireux qui en garnit l’intérieur et se trouve empèché de remonter par une barrière de poils. Plus tard, lorsque la fleur se fane, les poils se déchessent et les prisonniers, saupoudrés de pollen sont libérés et assurent la fécondation d’autres fleurs.

Galien la recommandaient pour faciliter l’accouchement. Elle fut employée au Moyen-Age et par les médecins arabes, puis fut la base d’une fameuse poudre dite « du Prince de la Mirandole » qui calmait la goutte. Abandonnée au XIXe siècle, elle fut remise en lumière par H. Leclerc pour ses effets sur l’utérus (Aristo = excellent, et Lochia = accouchement) et sa valeur comme vulnéraire. Son emploi externe, dans les ulcères chroniques des jambes, a ensuite été reconnu par de nombreux auteurs. Les parties utilisées sont la racine et les feuilles, considérées par les classiques comme diurétique, antigoutteuse, fébrifuge, emménagogue et vulnéraire. Accusée depuis peu de toxicité rénale (cas d’intoxication par des gélules « amaigrissantes » d’origine chinoise et « néphrite des Balkans » par contamination des céréales), on ne peut plus la prescrire en France qu’en dilutions homéopathiques (12 CH, 1er dilution dispensée).

COMPOSITION : flavonoïdes, bornéol, acides organiques, tanins, amers, huile grasse.

INDICATIONS : anti-inflammatoire à polarité vasculaire et petit bassin (régularise les règles, remède clé de l’endométriose ++). Vulnéraire, astringente (ulcères de jambe). Bactériostatique, immunostimulante jusqu’à être antimitotique.

PSYCHE : les « rêves aristocratiques », persuadés qu’ils sont d’une essence supérieure ?

 

A propos de l'auteur
Jean Yves Henry
Médecin généraliste, homéopathe et acupuncteur. Auteur d'une dizaine d'ouvrages, il coordonne l'enseignement de confrères de toutes spécialités pour promouvoir l'aspect intégré de ce télé-enseignement médical et para-médical.