Les médecines traditionnelles dans le monde

Question : Quel est l’état des médecines traditionnelles dans le monde et qu’en pense l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) ? 

Alternative

Réponse : Sur les 7 milliards (un peu plus chaque jour) d’humains sur terre, plus de la moitié est soignée par les médecines traditionnelles : 1,2 milliards de chinois par la MTC, 1 milliard d’indous par l’homéopathie et la médecine ayurvédique, 800 millions d’africains (80% de la population) par la phytothérapie locale, sans compter beaucoup de sud-américains … C’est principalement dans les pays du sud que la médecine traditionnelle attire le plus d’adeptes. 

L’OMS, par la voix du dr. Ebrahim SAMBA, directeur pour l’Afrique, déclarait en 2002 : « Nous devons agir afin d’évaluer l’efficacité des médecines traditionnelles et de protéger notre héritage et nos connaissances traditionnelles. Nous devons institutionnaliser cette médecine et l’intégrer dans nos systèmes nationaux de santé ».

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Dans les « pays riches », la demande est importante. Selon les chiffres de l’OMS, 75% de la population européenne a eu recours au moins une fois à des traitements complémentaires. En Allemagne, 77% des services soignant la douleur proposent l’acupuncture. 

Selon l’OMS, ces approches médicales intègrent des médicaments naturels (minéraux, végétaux et animaux), des traitements spirituels, des techniques manuelles appliquées seuls ou en association. « La médecine traditionnelle ou complémentaire est à la fois victime de l’enthousiasme sans esprit critique et du scepticisme mal informé », explique le dr. Yasuhiro Suzuki, directeur exécutif à l’OMS de la branche Technologie de la santé et produits pharmaceutiques. « Notre stratégie a pour but de tirer profit de son potentiel pour améliorer la santé et le bien-être des gens, tout en minimisant les risques liés à une mauvaise utilisation des remèdes ou a une efficacité qui n’a pas été prouvée ». L’hypnose et les techniques de relaxation peuvent soulager l’anxiété et l’insomnie, le yoga peut réduire les crises d’asthme, tandis que la pratique du tai-chi aide les personnes âgées à avoir moins peur des chutes. 

A côté des pathologies chroniques, la médecine traditionnelle a aussi des applications sur les maladies infectieuses. Ainsi, en Afrique du sud, le « Medical Research Council » étudie l’efficacité d’une plante (Sutherlandia microphylla) dans le traitement des malades HIV+. Utilisée traditionnellement comme tonique, elle semble augmenter la vigueur, l’appétit et la masse corporelle des personnes infectées. 

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La stratégie de l’OMS pour l’étude et la promotion des médecines traditionnelles repose sur quatre axes :

  1. Elaborer des politiques nationales portant sur la règlementation de ces pratiques,
  2. Etablir des bases de données sur la qualité des produits et des pratiques traditionnelles,
  3. Promouvoir le recours, justifié sur le plan thérapeutique, à ce type de médecine,
  4. Enfin, veiller à ce que ces méthodes médicales soient accessibles et abordables.

L’OMS espère en effet que la délivrance de traitements traditionnels sûrs et efficaces puisse jouer un rôle dans l’amélioration de l’accès aux soins, notamment dans les pays en développement.

Le but de notre modeste site est de faire connaitre les principes et avantages que ces médecines traditionnelles, afin de valoriser leur approche écologique de la santé humaine.

Bibliographie : « Médecines du monde, histoire et pratiques des médecines traditionnelles » Claudine BRELET (Robert Laffont, 2002)

A propos de l'auteur
Jean Yves Henry
Médecin généraliste, homéopathe et acupuncteur. Auteur d'une dizaine d'ouvrages, il coordonne l'enseignement de confrères de toutes spécialités pour promouvoir l'aspect intégré de ce télé-enseignement médical et para-médical.