Les ombellifères (dicotylédones dialypétales)

H.6 – Les Ombellifères comptent 2600 espèces. C’est une famille homogène de dispersion étendue, surtout des régions tempérées de l’hémisphère nord. Elles se caractérisent « dans l’espace » (= choix des structures sur lesquelles elles vont agir) par :

a – leur aspect d’herbes annuelles, à appareil souterrain varié (racine pivotante, rhizome, tubercule),

b – leur tige cannellée et creuse, parcourue de canaux sécréteurs riches en essences et résines,

c – une grande richesse de formes foliaires : des feuilles alternes, très découpées, à gaine très développée (comme chez les monocotylédones). La feuille étant – selon R. Steiner – l’organe de coopération entre l’air et l’eau, la lumière et l’obscurité, les ombellifères sont visiblement sensibles à cette confrontation.

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d – des fleurs de dimension réduite (blanches le plus souvent) en ombelle (= grappe dont l’axe se réduit à un point), qui se groupent parfois pour donner l’aspect d’une corolle géante (ex.: la Carotte) et permettent une pollinisation en série par les diptères,

e – leurs fruits : des di-akènes à 5 côtes, parfois ailées, riches en huiles grasses. Cette famille se caractérise aussi « dans le temps » (organisation des fonctions) par :

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  • une inspiration (contraction vitale) intense = développement d’un organe souterrain puissant : racine charnue, rhizome ou tubercule renflé, conservé dans le sol généralement pendant un an (« année de la racine »).
  • une expiration explosive succède (« année de la fleur et du fruit ») = la pousse s’élève rapidement, s’entoure d’autant de feuillage qu’elle peut en porter, puis fait éclater son axe en un faisceau de rayons dont chacun engendrera des faisceaux secondaires (ombelles). Le principe du rayonnement est donc respecté d’un bout à l’autre de ce développement.

Cet épanouissement aérien rompt complètement toute alliance avec l’élément eau, d’autant qu’elles tendent à « s’approprier l’air » : elles l’enferment dans leurs ombelles, leurs tiges creuses, leurs fruits … un tel comportement est anormal chez une plante (qui ne peut gérer par son organisation que le solide et le liquide). Les ombellifères attirent ainsi les forces de chaleur (normalement présents dans la fleur) qui sont à l’origine de la formation de nectar, des essences et des ingrédients épicés, celles-ci descendent dans les graines, tiges et jusque dans les racines, ce qui donne lieu à la formation d’arômes gustatifs.

 

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Polarité d’action principale = Poumon -> Foie : stagnation des liquides

 

Les ombellifères commencent à fleurir et à fructifier dès leurs racines et leurs feuilles, ainsi la famille comprend des légumes : Carotte, Fenouil, Céleri et des condiments : Persil, Cerfeuil, Cumin, Angélique, Carvi, Coriandre …, mais alors la floraison proprement dite s’atrophie : la couleur est généralement absente, le parfum peu perceptible.

Chez les Ombellifères, l’action est nette dans le domaine glandulaire (organisation des liquides qui accumule) où leurs épices vont :

  • favoriser la sécrétion : effets sudorifiques, diurétiques et expectorants,
  • déclencher l’excrétion : sécrétions digestives et lactées,
  • éviter les accumulations : de gaz dans le domaine digestif, de spasmes de l’arbre respiratoire (asthme).

La forme des glandes (division et ramification) est d’ailleurs à comparer avec les formes des ombellifères.

Le choix, sur des critères biologiques, d’une ombellifère nous a toujours donné de remarquables résultats thérapeutiques, confir-mant en cela les données de la tradition, car les médecins des temps anciens avaient appris à se méfier de ces curieuses « ombrelles de sorcières ». Car toutes les plantes chez qui l’on constate une intervention anormalement forte des « éléments chaleur » périphériques dans les processus vitaux ont la possibilité de devenir vénéneuses.

 

— Les Ombellifères de l’eau et des rives ont des formes arrondies, ils sécrètent des AMERS (aux propriétés antispasmodiques).

 

Apium graveolens (ca)       le Céleri odorant

Plante bisannuelle halophyte qui habite les lagunes salées et le bord de mer

COMPOSITION : 20% de NaCl, de l’acide silicique, fer, Mn, Cu et des traces d’Arsenic

INDICATIONS : rétention d’urine (calculs, goutte) et congestion ovarienne et seins.

 

Cicuta virosa (cu)         la Cigüe aquatique, cicutaire ou « persil des fous », au rhizome en forme de carotte contenant un suc aromatique résineux = alcaloïde provoquant vertiges, somnolence, mydriase puis convulsions.

INDICATIONS : anti-spasmodique (hoquet, coqueluche..), anti-épileptique homéopathique (crise à aura gastrique).

PSYCHE : obsessions sexuelles, alternance d’états de stupeur et de haine.

 

Hydrocotyle asiatica (mg)       Hydrocotyle asiatique, au long rhizome rampant, avec feuilles et ombelles simples.

INDICATIONS : dermatose (eczéma, psoriasis, lupus, prurit …), varices et métrite.

 

Oenanthe crocata (cu)     l’Ornante safrannée, à l’aspect proche du Céleri, mais plante (riche en alcaloïdes) qui recherche le soleil.

INDICATIONS : spasme du sanglot, convulsions épileptiformes, éclampsie.

 

Sium angustifolium      la Berle à feuilles étroites (« berle » signifie eau en celte).

INDICATIONS : calmante et diurétique.

 

— Les Ombellifères de la forêt ont un rhizome presque horizontal, ramifié dans l’humus : les TANINS (aux pouvoirs digestifs et cicatrisants) s’accumulent, témoin d’une contraction de l’astral et de son orientation vers le système sanguin et métabolique.

Aegopodium podagraria   la Petite angélique, riche en eau (90%) => diurétique.

INDICATIONS : sédative et diurétique, elle harmonise les phénomènes de déconstructions (dépôt et accumulation de sels) = goutte, sciatique, arthrose …

 

Sanicula europaea (si) la Sanicule d’Europe, Bardane des bois.

COMPOSITION : riche en calcium, silice, saponines, essence et tanins.

INDICATIONS : contusions … arrète les hémor-ragies et suppurations (= Arnica), inflam-mations du tube digestif (gorge, estomac, intestins).

 

— Les Ombellifères des prairies sont des plantes fortement unies à la lumière et à la chaleur.

Anethum graveolens           l’Aneth odorant, dont les graines sont employées comme condiment de la choucroute.

INDICATIONS : anti-spasmodique, stoma-chique, carminatif.

 

Carum carvi (al)                 le Carvi

COMPOSITION : riche en ac. silicique (3%) et en fer (3%), sucres mucilagineux.

INDICATIONS : apéritive et digestive : chola-gogue, cholérétique. Antispasmodique (migrai-nes digestives, aérophagie). Diurétique (sudo-rifique), favorise la sécrétion lactée.

 

Chaerophyllum sativum         le Cerfeuil

COMPOSITION : vit. C, amers et flavones.

INDICATIONS : stimulant digestif. Vasculaire (fibrinolytique, vertiges…). Anti-laiteux

 

Conium maculatum (au)   la grande Ciguë, Ciguë tachetée, renferme un alcaloïde volatil.

INDICATIONS : freine l’activité glandulaire : dégorge les seins et traiterait l’éjaculation précoce. Analgésique et anti-convulsivant (toux, vertiges …)

PSYCHE : abstinence sexuelle mal supportée ?

 

Coriandrum sativum             la Coriandre, Persil arabe. Seuls les akènes sont utilisés pour extraire une HE médicinale.

INDICATIONS : apéritive et digestive (aéro-phagie). Bactéricide. Euphorisante.

 

Cuminum ciminum                  le Cumin ou Carvi de Malte, aux semences grasses qui contiennent essence et résines (H.E. de Cumin)

INDICATIONS : apéritive et digestive (déconstipante, carminative). Diurétique. Anti-oestrogène. Calmante (jusqu’à être stupéfiante !)

 

Daucus carota (al)                     la Carotte

COMPOSITION : sucre (10%), mucilages, pectine, glutamine, carotène (pro-vit. A), fer (1 à 2%), traces de Cu, Co, Ni, Ars., acide silicique (1 à 5 %)

INDICATIONS : apéritive et digestive. Diurétique et aphrodisiaque. Draineur peau (ulcères). L’HE (des akènes) aurait une action anti-tumorale au niveau du sein.

PSYCHE : dépression … se sent trompé, dévalorisé, méprisé ?

 

Ferula glauca (au)            le Fenouil glauque, racine pluri-annuelle riche en silice, grands akènes un peu fades (par rapport à l’anis).

INDICATIONS : vieillissement vasculaire. Indurations de la prostate.

 

Foeniculum vulgare                 le Fenouil

COMPOSITION : riche en vitamines A, B et C et sels minéraux (acide silicique, fer …).

INDICATIONS : apéritif et digestif (délicat aromate), carminatif et anti-spasmodique, diurétique, galactogène.

 

Heracleum sphondylium (al)   Berce spondyle, rhizome au suc anisé.

INDICATIONS : goutte et rhumatismes (avec douleur à l’ovaire droit).

 

Myrrhis odorata              le Cerfeuil musqué, qui remplaçait dans l’antiquité la vraie myrrhe d’arabie, trop coûteuse.

INDICATIONS : tonique, galactogène, antirhumatismale localement.

 

Petroselinum sativum (hg)           le Persil

COMPOSITION : riche en manganèse, oxyde de fer, HE (apiol), flavones, vit. A et C.

INDICATIONS : stimulant uro (lithiase rénale) – génital (antiprolactine) et digestif. Immuno-modulante (sclérodermie, drépanocytose). L’HE (des akènes) fut prétendue abortive et aphrodisiaque. Analgésique (dents et oreilles).

PSYCHE : dépit, désarroi, désespoir ?

 

Pimpinella anisum fruits (na)         l’Anis vert, Boucage anis.

COMPOSITION : fer, silice, HE (2%, proche du Cumin), huile grasse, choline.

INDICATIONS : hormonale (galactogène et régularise les rêgles). Antispasmodique digestif (estomac, aérophagie). Analgésique. Parasiticide. Délicieux goût de pastis … mais attention car augmente l’appétit des obèses !

PSYCHE : prend tout au tragique, joue le rôle du bouc émissaire ?

 

— Chez les Ombellifères des montagnes, l’élément terrestre devient rocher, l’eau ruisselle abondament, la lumière y est plus forte.

Angelica archangelica (na)     l’Angélique vraie, herbe aux anges, herbe du Saint-Esprit.

COMPOSITION : plante vigoureuse contenant sucre (24 %), résine, tanins, HE, amers et coumarine.

INDICATIONS : tonique général et anti-spasmodique : insomnie, stomachique, carmi-natif. Vasculaire : troubles des règles, bouffées de chaleur, vertiges et bourdonnements d’oreilles, hémorroïdes. Inflammations ganglionnaires et intestinales (colibacillose, choléra…).

 

Bupleurum falcatum         Oreilles de lièvre

COMPOSITION : flavones et tanins

INDICATIONS : vulnéraire, régularise les rêgles, fébrifuge (paludisme).

 

Levisticum off.               la Livèche, utilisée pour épicer les mets aqueux (saveur « Maggi »), elle aère et réchauffe nos liquides internes (intestins, syst. lymphatique, sang).

INDICATIONS : digestive, diurétique (albumi-nurie, néphropathie), génitale (bouffées de chaleur), maladies de sclérose : goutte, rhumatismes, calculs rénaux .

Steiner : « la Livèche libère le corps astral du pôle rythmique (sang) où il se dépensait à tort, et l’organisation cérébrale en est fortifiée ».

 

Peucedanum ostruthium (Imperatoria ostruthium)        l’Impératoire, Maître des maléfices

INDICATIONS : tonique digestif et respiratoire, antispasmodique. Vulnéraire.

 

— Les Ombellifères des steppes et des déserts :

Les longues périodes de sécheresse font que « l’inspiration racinaire » dure parfois plus de cinq ans, la floraison étant réduite à quelques semaines. La production d’ESSENCES sulfurées est très intense et donne de remarquables remèdes contre les états convulsifs et l’hystérie.

Amni visnaga                le Khella

INDICATIONS : diurétique et emménagogue, anti-spasmodique vasculaire.

Asa foetida (au)              l’Ase foetide

INDICATIONS : condiment anti-spasmodique (reflux oesophagien), hystérie, hypochondrie.

Eryngium maritimum (al)   le Panicaut maritime, qui ressemble à un chardon, à la racine mucilagineuse.

INDICATIONS : diurétique (rein). Déconstipant (GI). Expectorant (poumon). Hormonale (régu-larise les règles, aphrodisiaque).

 

 

 

 

 

 

 

A propos de l'auteur
Jean Yves Henry
Médecin généraliste, homéopathe et acupuncteur. Auteur d'une dizaine d'ouvrages, il coordonne l'enseignement de confrères de toutes spécialités pour promouvoir l'aspect intégré de ce télé-enseignement médical et para-médical.