Les premiers mois de la vie

PREMIERS SOURIRES, PREMIERS SOUPIRS, PREMIERS BONHEURS …

MAIS AUSSI PREMIERS SOUCIS : LES SOINS AU JEUNE ENFANT

  • De la naissance à ses 4 ans
  • Le développement physique et cognitif
  • Les petits bobos et l’homéopathie pédiatrique familiale

Sommaire :

LE PREMIER MOIS DE LA VIE : le stade de l’indifférenciation

  • Attente du bébé
  • La femme enceinte
  • L’arrivée de bébé : l’accueil, la fratrie
  • Le stade de l’indifférenciation
  • L’accouchement
  • Les suites de l’accouchement, les rythmes de l’enfant
  • Les vaccins, la fièvre, les rhinopharyngites, l’otite à répétition
  • Les troubles alimentaires

LE DECOUVERTE DE L’AUTRE : le stade oral

  • un bouleversement pour l’enfant
  • un bouleversement pour la mère
  • les relations dyadiques s’installent : étude des interactions réactionnelles
  • les reflux de lait, les douleurs abdominales, les coliques (les pathologies du système digestif)
  • les atopies, l’eczéma, l’allergie au lait.

 L’APPRENTISSAGE DE LA PROPRETE ; le stade anal

  • découverte de la toute puissance : « c’est moi le roi sur mon pot » et « je décide quand je veux ! »
  • le reversement des rôles
  • les pathologies anales : rétention, coliques, diarrhée

 LA DECOUVERTE du ZIZI / de la Zezette : le stade phallique

  • le premier œdipe, la découverte de la différence des sexes et des générations
  • la pathologie des 4 ans : premiers troubles de la socialisation, turbulence, insomnie et troubles associés

 *****

LE PREMIER MOIS DE LA VIE

 Attente de Bébé

Commençons notre parcours en partant du monde de la famille quand bébé est annoncé …

Je souhaiterais insister particulièrement sur le rôle important des facteurs d’environnement, c’est à dire du système relationnel à l’intérieur duquel un enfant, au moment de naître et au cours de son développement, va être accueilli, désiré, investi, signifié. C’est ce qu’on appelle les facteurs externes d’évolution: la programmation qui pèse sur le bébé, c’est à dire le réseau d’attente dans lequel il va devoir se situer. Une négociation va devoir s’effectuer, une transaction tout à fait inconsciente, entre bébé et son environnement : cette problématique concerne la question de l’écart entre son type et son rythme d’évolution et ce qui est attendu de lui. La manière dont cet écart va pouvoir se gérer concrètement sera très importante dans le développement individuel.

La femme enceinte

Lorsque la femme est enceinte, elle est l’objet de modifications qui vont lui permettre de développer une fois l’enfant arrivé, la préoccupation maternelle primaire.

La femme enceinte opère une régression narcissique et réinvestit en elle même  une partie importante de sa libido, elle retire un certain nombre  de ses investissements du dehors pour les porter en dedans. Elle dort beaucoup, rêve beaucoup et à un moment donné de sa grossesse, les phases du sommeil paradoxal de la mère et du fœtus deviennent synchroniques : s’opère donc pendant la grossesse toute une série de modifications psychiques et physiologiques chez la mère, pour la mettre en phase avec son nourrisson, qu’elle lui soit de plus en plus adaptée.

LA GROSSESSE 

Pathologies du premier trimestre

* Les vomissements gravidiques (affection fréquente, d’intensité variable) :

  • Sepia … « le remède de la grossesse », femme déprimée et/ou fatiguée, aggravée par l’odeur des aliments.
  • Ignatia amara (na) … hypersensible et paradoxale, fond de déception

* Menace d’avortement (cas de 10% des grossesses reconnues, précoce ou tardif):

  • Actea racemosa (s) … douleurs utérines expulsives, avec élancements d’un ovaire à l’autre
  • Bellis perennis (hg) … douleurs de tout le corps, suite d’un long trajet en voiture.
  • Sabina (na) … hémorragie de sang rouge, douleurs « du sacrum au pubis » avec irradiation aux cuisses 

Pathologies du second trimestre

* Constipation, hémorroïdes : Sepia + Collinsonia (petites selles dures, sans besoins)

* Vergetures : Calcarea fluorica + Silicea          Localement : Placentor (lab. Sicobel). 

PATHOLOGIES DU TRAVAIL ET DE L’ACCOUCHEMENT 

 La future mère devrait toujours pouvoir bénéficier d’une consultation ostéopathique au troisième trimestre, la mobilité du rachis et du bassin pouvant être notoirement améliorée. Par contre, pas de manœuvre externe de « retournement de l’enfant » hors du milieu hospitalier (monitoring).

Contractions trop précoces / peu efficaces : Actaea racemosa (s) 5 ch ou 30 K … règle la spasmodicité des fibres lisses

La dystocie du col : Caulophyllum (mg) ++ 30 CH une dose (en fin de dilatation)

Une seconde consultation ostéopathique sera nécessaire pour réduire les séquelles fonctionnelles du travail (pubalgies …) et harmoniser la remise en mouvement.

Dépression puerpérale : l’émotionnel ne peut être géré = China 200 K (persistance d’un petit saignement ?).

 

L’ALLAITEMENT

48 heures après l’accouchement, la sécrétion hypophysaire de Prolactine induit la sécrétion lactée, entretenue ensuite par la succion du mamelon.

—> Lait insuffisant : conseillez la tisane « Species lactogènes » (lab. Weleda) qui favorise la lactation (Carum carvi fructus, Foeniculum fructus, Pimpinella anis fructus, Urtica dioica folium)

—> Mammite :

  • Bryonia alba (ph) … sein engorgé, lourd, pâle, la douleur est aggravée au moindre mouvement, mais améliorée par la pression, le port du soutien-gorge.
  • Phytolacca (k) … sein rouge, chaud et dur, risque d’abcès. 

—> Sevrage lacté : Lac caninum (na) une dose suffit 30 CH ou XMK ++ 

 

La fratrie

Il n’y a pas d’âge idéal de l’aîné pour accueillir un second enfant ?, il y a des avantages et des inconvénients quel que soit l’âge. Ce qui compte, c’est la volonté du couple de fonder une famille et son sentiment d’être prêt pour accueillir un deuxième enfant.

Ayez à l’esprit que votre ainé peut percevoir a grossesse de sa mère avant même qu’elle soit annoncée à la famille.

C’est Françoise Dolto qui l’a expérimenté au travers de dessins d’enfants. C’est important de ne pas trop tarder à leur dire. La meilleure période, c’est celle qui succède à la première échographie. Elle permet d’évacuer les premiers risques d’une interruption de grossesse.

Comment lui annoncer la nouvelle ?

Tout dépend de la maturité de l’enfant et de sa relation avec ses parents. Il me semble que l’information doit être présentée en plusieurs couches successives et de la manière la plus simple possible. Ce qu’il faut éviter, c’est de l’annoncer comme un projet pour l’enfant ou de s’en excuser auprès de lui. C’est un projet familial dont il fait partie, mais pour lequel il n’est pas décisionnaire. Il faut également le rassurer sur sa place dans la famille, sur l’affection qu’on lui porte et que l’on continuera à lui porter.

La relation fraternelle est par nature ambivalente, cohabitent des sentiments négatifs, tels que la jalousie, avec des sentiments positifs comme l’affection, la complicité. Mais à ce stade, il lui faudra du temps pour intégrer l’annonce. Souvent, il n’y a pas de réaction au début. Par la suite, il peut exprimer sa contrariété par davantage de caprices, par un besoin constant d’être rassuré. Il peut y avoir également des petits troubles du sommeil ou de l’alimentation, mais il ne faut pas tout attribuer à la grossesse, il peut y avoir d’autres raisons. Le meilleur service à lui rendre, c’est de rester ferme sur ses principes d’éducation : on ne donne pas de coup de pied dans le ventre de maman, on ne dort pas dans le lit parental… Mais j’observe que les phases de régression ont surtout lieu après la naissance.

Conseils lors de la naissance :

Il va falloir savoir accorder du temps à l’aîné de la fratrie lors d’une activité qu’il partagera seul avec l’un des deux parents et de ne pas trop le charger de responsabilités, de progrès à réaliser. Ce n’est pas parce qu’il est l’aîné qu’il devient grand, il peut avoir envie de rester l’enfant de ses parents et cela est légitime. Jusqu’à trois ans, voire au-delà, il a encore besoin d’être porté, câliné, il voudra s’assurer qu’il est encore votre « bébé ». Quant à la maman, elle ne doit pas hésiter à solliciter le père. Il n’y pas de schéma préétabli de la paternité, ce qui compte c’est d’arriver à trouver la bonne complémentarité dans le couple.

L’arrivée de bébé et la vie de couple

 Ce n’est pas simple de rester un couple, la maman, toute consacrée à la péoccupation maternelle primaire, elle est peu disponible pour autre chose que bébé. Mais il faudra pourtant qu’elle fasse une place dans son esprit au « géniteur » afin de permettre à la triangulation de se mettre en place…  seule garante du développement psychique harmonieux de l’enfant.

Le stade de l’indifférenciation :

Ce qui va caractériser ce stade qui va de la naissance à, environ de 21 jours à 1 mois, c’est ce qu’on appelle le stade de l’indifférenciation, c’est à dire que bébé n’a pas reconnaissance d’un objet extérieur avec lequel il serait en relation. C’est le stade anobjectal.

C’est à dire que dans un premier temps, bébé ne connaît pas et ne reconnaît pas qu’il existe un monde extérieur clairement séparé de lui, un monde extérieur avec lequel il serait en relation

Mais vous allez me dire : quand on observe un bébé et sa mère, on dirait qu’ils communiquent, il y a apparemment interactions…comme si on observait vraiment une relation.

En fait, on est au cœur de la différence entre le manifeste et le latent… je m’explique : il va falloir essayer de comprendre ce qui se passe dans la subjectivité au niveau de ce qu’on appelle le latent (ce qui est présent, mais sous jacent, non visible).

C’est donc l’opposition du niveau manifeste (qui se voit et s’observe) où il y a interaction et d’un niveau latent qui lui, est organisateur de la vie affective, de la subjectivité du bébé, ou il n’y a pas d’interaction… tout  se passe chez bébé  comme si ce que faisait sa mère, il en était le créateur, comme si c’était lui qui « se » prodiguait tous les soins que faisait sa mère, comme s’il en était le créateur : ainsi le « narcissisme primaire de l’enfant » relève d’une illusion dans laquelle et pour laquelle l’enfant se croit le créateur de ce qui lui arrive.

Mais il est important que la mère croie que l’enfant lui sourit à elle…pour que plus tard, ce soit réel.

L‘illusion est nécessaire à la vie, elle exprime l’espoir, le désir et il faut la différencier du leurre.

Les illusions du bébé vont lui permettre d’atténuer sa détresse infinie des premiers jours de la vie… alors, pour que cette illusion puisse se poursuivre, la nature a doté les mères de ce qu’on appelle une préoccupation maternelle primaire grâce à laquelle, les mères vont être capables de soutenir et maintenir l’enfant dans l’illusion qu’il est le créateur du monde.

Et un des processus essentiels de maturation de bébé sera d’apprendre à coder différemment quand c’est le sujet (lui même) qui est l’agent (celui qui agit) et quand c’est l’environnement (l’autre) : c’est à dire, que bébé n’est pas en mesure de différencier ce qu’il produit par son action et ce qui se passe indépendamment de lui.

L’apprentissage de la différence : comment apprend –t-on cette différence, comment va-t-elle naître : l’apprentissage de cette différence va révolutionner la subjectivité. C’est ce qu’on appelle : « l’épigénèse générationnelle », un mot compliqué pour une notion simple. Il s’agit de la manière dont la subjectivité se génère dans les interactions et dans les temps.

L’adaptation maternelle va permettre cette apprentissage de la différence grâce au processus du : « trouvé-crée »

Bébé  est animé par des besoins physiques, mais aussi, et ce dès l’origine par un certain nombre de besoins relationnels qui se traduisent par des états de tension. Par exemple, quand il a faim, il y a une tension non satisfaire qui réclame satisfaction… Bébé possède une certaine compétence de réponse, sans doute innée, qui consiste à halluciner les conditions de satisfaction : mais cette hallucination de satisfaction ne dure pas longtemps. Ce qui est efficace, c’est que la mère, du fait de la préoccupation primaire va arriver avec le biberon, ou bien va lui présenter le sein,  et bébé croit, grâce à cet accordage parfait, qu’il a crée les conditions de sa satisfaction puisqu’il n’a plus faim.

Alors du point de vue de l’enfant, si l’hallucination produit la satisfaction, alors l’hallucination primitive va devenir une illusion de création. C’est important, car la réponse adéquate aux besoins de l’enfant et sa capacité à illusionner la création, est le prototype des interactions précoces (relations mère-enfant et socle de la capacité de bébé à avoir confiance en lui et dans le monde) 

S’il y a un petit décalage dans e temps, ce n’est pas grave, l’enfant va s’adapter. Mais, dans le cas contraire, il se passe quelque chose de catastrophique pour l’enfant : quand le biberon arrive enfin, bébé n’arrive plus à le prendre : il s’est désespéré, il va falloir retrouver et renouer le contact pour qu’il puisse accepter de téter de nouveau…et éviter que se mette en place ce qu’on appelle l’illusion négative….

L’illusion positive constitue sans doute le noyau primaire de la confiance en soi, de l’espoir dans la vie qui repose sur une confiance de base dans le monde. Ça forme la matrice d’un potentiel de créativité, notre créativité repose sur l’illusion de créer un monde satisfaisant, de créer la satisfaction. Les expériences d’illusions négatives, d’inadéquation trop importante aux besoins de l’enfant vont être à l’origine d’un noyau de méfiance dans le rapport dans le rapport au monde et en soi-même, d’un noyau d’un premier affect de culpabilité, d’un noyau d’être mal, culpabilité d’être, sentiment de persécution

Pour conclure, nous dirons que les expériences éprouvées par le bébé, constituent la matrice primaire des éprouvés qui se formuleront plus tard, elles seront constitutives du noyau de notre confiance en nous et de notre confiance en nous…

Développement ultérieur de l’enfant :

Illusions positives ou négatives sont toutes deux des illusions narcissiques primaires qui résultent de la difficulté du bébé de différencier ce qui vient de lui et de ce qui vient du dehors, de l’échec de l’adaptation de son environnement à ses besoins, de l’incertitude dans laquelle il se trouve sur l’origine de ce qui se passe. Et la défense narcissique qu’il met en place face à cette incertitude est qu’il préfère se croire à l’origine de ce qui se passe, que cela soit suffisamment bon ou mauvais pour lui.

La suite de l’évolution va dépendre de la proportion des expériences d’illusions positives et négatives : s’il y a suffisamment d’illusions positives, l’enfant va commencer à croître et à sa développer : s’il y a trop d’expériences négatives, il va commencer à organiser des défenses et des réactions comme le noyau de culpabilité primaire : il va produire des défenses narcissiques pour tenter de survivre subjectivement malgré le sentiment d’être habité par quelque chose de démoniaque…

Le sentiment de soi :

Le « sens de soi » est aussi en relation avec la manière spécifique dont la mère porte son enfant, dont les adéquations de rythme sont faites. L’originalité de notre être prend sa source dans l’originalité de la manière avec laquelle nous avons été investis, traités, manipulés, portés et bien sur de ce que nous avons pu en faire par la suite…

La découverte de l’extériorité de l’objet :

Les bébés manifestent souvent des colères, les mères sont désarmées devant ces manifestations de « haine » de l’enfant… mais les mamans doivent savoir que ces explosions sont salutaires à l’enfant, qu’elles font partie d’un processus de découverte de l’extériorité de l’objet et qu’il est important, qu’elles ne soient pas atteintes par cette colère, elles doivent résister car de leur réaction va dépendre la capacité de bébé à construire la différence entre le sujet et l’objet (moi, non-moi)

En effet, la découverte de l’extériorité de l’objet va accompagner les découvertes par l’enfant qu’il n’est pas tout au monde, qu’il existe au dehors de lui un objet et cette découverte d’effectue dans la douleur « je détruis le monde et je découvre le monde comme étant ce qui résiste à la destruction… »

Autrement dit, bébé est en rage, il détruit tout… mais l’objet (la mère en l’occurrence), survit à l’enfant, à sa colère. C’est une expérience double, celle d’avoir tout détruit d’une part, et de découvrir que quelque chose survit : donc l’objet (l’autre) naît de ce qui résiste à la haine et d’est ce qu’on appelle l’expérience du « détruit/trouvé ».

D’autres réponses de l’environnement

En même temps qu’il y a une maturation perceptive et motrice de l’enfant, il y a des modifications dans les réponses que l’environnement va apporter aux besoins de l’enfant et à l’ensemble de ses mouvements.

Désadaptation partielle de la mère

Pour comprendre ce qui se passe chez l’enfant, il faut comprendre ce qui se passe chez la mère. Petit à petit, on observe une désadaptation partielle de la mère, qui va mettre en difficulté et même en péril l’adéquation partielle du trouvé et du crée.

La mère petit à petit sort de l’état de préoccupation maternelle primaire : elle ressent en elle le réveil d’un certain nombre de désirs  qui ne sont pas satisfaits par le bébé : sa libido sexuelle va se réveiller, elle veut recommencer à travailler, elle va retrouver sa coquetterie. Insensiblement la contrainte à une adaptation sur mesure aux besoins de bébé va lui permettre moins essentielle… et un beau jour, elle va décider qu’elle « n’a plus rien à se mettre » et s’organise pour sortir sans bébé : bébé va être gardé par une voisine, une maie, la grand mère : ce qui est intéressant, c’est que ces comportements visibles révèlent des modifications internes : des modifications intrapsychiques de la mère dans sa relation avec l’enfant.

Et ce que va percevoir l’enfant, c’est que insensiblement quelque chose change : bébé ne suffit plus à la mère et cet écart va aller en s’accentuant dans leur relation. Ça va créer une dérégulation du « trouvé/crée ». L’enfant va réagir avec déplaisir et même colère, car il a la sensation d’avoir détruit sa capacité de satisfaction, d’avoir détruit le monde tout entier.

Il est alors essentiel que la mère sache gérer son sentiment de culpabilité : comment la mère va-t-t-elle réagir à la culpabilité, au sentiment de culpabilité lié à l’impression interne, plus ou moins consciente, que la rage de l’enfant est relative au fait quelle se soit donné du plaisir, quelle ait eu envie de se donner du plaisir en dehors de lui.

Ça va être essentiel d’abord pour permettre à l’enfant de dé-fusionner et d’avoir accès à la triangulation (1+1+1=3)… c’est le désir de la mère pour le père, c’est la place que la mère fait au père dans son espace psychique pour un autre que bébé, qui va permettre à bébé, petit à petit la découverte de l’altérité (ce processus sera développé au stade suivant). L’enfant en conçoit de la colère et le manifeste…

La suite du développement de l’enfant va donc dépendre de la modification affective chez la mère en lien avec son sentiment de culpabilité de ne plus se consacrer exclusivement à bébé : ce sentiment de culpabilité lui même lié à la manière dont elle a éprouvé, dans sa propre conquête, le droit au plaisir tout au long de sa vie (la mère revit ce qui a pu se passer dans sa relation avec ses parents et ce qu’elle a elle même ressenti comme une tyrannie)

Différentes réponses possible :

1 –    La mère ne survit pas à la destruction de l’enfant

La mère tente d’annuler ce qui vient de se passer, pour tenter de faire oublier à l’enfant qu’elle est aussi une femme…, mais avec une certaine hostilité inconsciente : alors, elle surcompense, et c’est l’une des manifestations les plus toxiques dans la relation mère/enfant (modèle de la mère-poule) … car c’est lié à la défense de la mère contre sa propre hostilité, le développement de l’enfant va être étouffé.

Donc, révolte ouverte de la mère contre l’enfant

Deux grands types de révoltes sont observées : la rétorsion active, la rétorsion par retrait

Rétorsion active ; la mère très agacée se met à crier plus fort, pour faire voir qui est le maitre : parce qu’on est dans un système de tyrannie, le problème c’est bien de savoir qui est le maître ?

Rétorsion par retrait : la mère vit la tyrannie de l’enfant comme une ingratitude de l’enfant à son égard ; et la mère ne se sentant pas aimée par l’enfant, pas reconnue comme suffisamment bonne mère, réagit par un mouvement de retrait affectif. Elle récupère ainsi un semblant d’autonomie en se retirant affectivement de la relation avec l’enfant : elle peut aussi se déprimer devant son incapacité à faire face à cette tyrannie.

2 –    La mère « survit » à la destruction de l’enfant

Deux conditions pour la réussite :

    Les expériences antérieures d’illusions positives ont été suffisamment supérieures aux expériences antérieures d’illusions négatives

          La mère vit suffisamment bien sa propre reconquête d’une autonomie, et elle peut rester suffisamment constante affectivement et continuer à réaliser ses désirs de femme adulte.

Alors, l’enfant va faire l’expérience suivante : alors qu’il croyait avoir détruit sa capacité à se satisfaire, il va faire l’expérience que le monde a résisté à sa destruction.

Sur fond de cette expérience que quelque chose ou quelqu’un résiste à la destruction, l’enfant va commencer à découvrir que quelque chose échappe à sa puissance destructrice. On rend service à un enfant à chaque fois qu’on est en mesure de lui monter que son agressivité n’a pas tout détruit.

Voilà donc l’histoire de la découverte de l’extériorité de l’objet, que quelque chose existe en dehors de lui. Il existe du non moi, un autre sujet et le plaisir qu’il croyait se donner lui vient de cet étranger… c’est une naissance à la conscience.

Retardé

 

L’histoire se répète presque chaque semaine au cabinet, toujours la même, attesté par le carnet de santé que chaque maman me présente : le bébé nait sain … puis le pédiatre, dès l’âge de deux mois commence les polyvaccinations. Dès lors, les problèmes apparaissent : rhinopharyngites, otites, bronchites, gastro … sur le conseil de ce spécialiste, ces épisodes sont traités par des fébrifuges et rapidement il doit passer aux antibiotiques. Ces épisodes infectieux se renouvellent presque tous les mois, favorisés par la promiscuité de la crèche et les poussées dentaires. Certaines fois, bébé est mieux : le pédiatre en profite pour faire les rappels des vaccins ! Le cycle recommence alors, jusqu’à l’âge de 3 ans environ, quand commencent les allergies …

Ne croyez pas que je suis contre les vaccinations, mais de façon objective, celles ci sont bien trop nombreuses et faites bien trop tôt, alors que le système immunitaire de l’enfant est immature. Il faut adapter la protection au risque, ainsi, on peut très bien se contenter du tétanos avant l’âge de 1 an, quand l’enfant commence à courir partout. Dans la moitié des pays d’Europe l’obligation vaccinale n’existe pas : les études ont démontré que ces enfants avaient deux fois moins d’infections et trois fois moins d’allergies (ref. Les « non-vaccinés » Nexus 77 (novembre-décembre 2011).

Le symptôme le plus commun de l’enfant, ce sont les « glaires », surtout au niveau rhinopharyngé. Il faudra utiliser un « mouche bébé » avant chaque repas avec du sérum physiologique et on alternera chaque jour deux granules de : CALCAREA IODATA + CALCAREA SULFURICA + PHYTOLACCA 5 CH. Si l’écoulement nasal est permanent, que l’enfant mange mal et qu’il dort la bouche ouverte, on pourra envisager de lui enlever les végétations.

 

Si ce sont les amygdales qui sont hypertrophiées, on passera alors à : BARYTA CARBONICA + CALCAREA PHOSPHORICA + SULFUR IODATUM 5 CH. L’opération des amygdales est bien plus importante et il faudra essayer de l’éviter si possible. En cas d’otite, vous utiliserez : CAPSICUM 9CH (otite aiguë) ou TELLURIUM 9CH (otite chronique avec écoulement de pus). Toujours en stimulant le système immunitaire avec ECHINACEA 3 ou 4CH. Lors du traitement des infections, vous éviterez « l’extrait de pépin de pamplemousse », très à la mode actuellement, pour ces effets néphrotoxiques (bref. “Un antibiotique naturel ?” Schweizer apothezeitung 24/2001). L’argent colloïdal pourra être utilisé sur de brèves périodes.

 

Les épisodes de diarrhées seront traités par une réflexion sur l’alimentation de bébé selon l’âge (riz et carotte), des probiotiques ou de l’argile alimentaire (ex. Smecta). La constipation cèdera au jus de citron (bébé) ou à quelques gouttes de CHOLEODORON (lab. Weleda) si plus âgé. Pour plus de détails pratiques, vous pouvez consulter votre praticien homéopathe ou les chapitres correspondants de ce site (onglet « Hôpital virtuel »).

 

Second point important : c’est la fièvre qui guéri l’enfant  On la maintient au dessous de 39° en le découvrant, le faisant boire, avec éventuellement un bain tiède ou un enveloppement humide. On pourra utiliser des remèdes qui réduisent le risque convulsif, comme BELLADONNA (9CH par exemple, avec transpiration) et CHAMOMILLA (9CH si poussée dentaire). Il faudra remonter l’immunité après ces polyvaccinations. Pour ce faire, on utilise couramment trois « sels de Shüssler » en 6 DH : KALIUM MURIATICUM + FERRUM PHOSPHORICUM + SILICEA.

LA FIEVRE et les inflammations

C’est la fièvre qui guérit l’enfant ! (ce que les médecins apprennent en faculté, mais oublient rapidement). Il convient donc de la respecter au mieux, tout en la maintenant au dessous de 39° afin de réduire le risque convulsif (heureusement bénin la plupart du temps) : découvrir l’enfant, le faire boire, bain de siège tiède ou enveloppement avec une serviette humide.

  • Aconit  … le « coup de froid » : début brutal, face rouge, angoissé, il se découvre mais ne transpire pas, soif (remède à n’utiliser que les premières heures seulement)
  • Belladonna    peau moite (transpire), obnubilé, photophobie
  • Chamomilla  fièvre en cours de poussée dentaire, peau moite
  • Ferrum phosphoricum    fébricule traînant, sueurs nocturnes         

Fièvre2

NB. En prévision des poussées de fièvre, acheter une boite de suppositoires (à garder au frigo.) de : « Chamomilla composé » (lab. Weleda) ou « Viburcol » (lab. Heel – en Suisse), à donner à raison de 1 à 3 suppositoires par jour, qui maintiendront le fièvre au dessous de 39° (mais sans la supprimer artificiellement, car la poussée thermique est essentielle à la réponse anti-infectieuse) et feront disparaître le risque convulsif qui terrifie les mères.

CORYZA ET RHINO-PHARYNGITES DE L’ENFANT :

Les infections ORL dominent la fréquence des consultations pédiatriques à cet âge.

L’ENCOMBREMENT NASAL :                    

* Sécrétions claires :  

  • Kalium muriaticum … pharyngite et otite séreuse (après une vaccination ou prise médicamenteuse ?), langue chargée.
  • Nux vomica … nourrisson trop couvert : le nez coule au lever, sec et bouché la nuit.

* Sécrétions jaunes :   

  • Pulsatilla …  jaune ou verte, non irritante, aggravée le soir et par la chaleur
  • Kalium bichromicum … pus collant visqueux, filant, sinusite frontale, aggravé par l’air froid

 

SIGNES PULMONAIRES DE COMPLICATION :

La propension des nourrissons à présenter des épisodes de sibilants, lors d’épisodes d’infections par un rhinovirus, est influencée par le tabagisme maternel.            

Aiguë :                 Arum triphyllum (si) … écoulement nasal excoriant             

Chronique :         Calcarea phosphorica  … « s’enrhume constamment  »                                  

– tousse plus le jour –            Ipeca  (ph) … bronchite capillaire à langue propre,            

– tousse plus la nuit –            Drosera (cu) … toux sèche et adénopathies cervicales. 

 

 Phytothérapie :  Ribes nigrum / Rosa canina  JP 1D  10 gouttes matin et soir, bourgeons aux effets décongestionnants et immunostimulants.

Oligo-éléments :          Mn-Cuivre + Soufre      Si récidivant, ajouter : Cuivre-Or-Argent 

 

Les VACCINS

Nous ne sommes pas opposés aux vaccinations. Néanmoins, les vaccinations précoces et/ou répétées, en mobilisant les possibilités du SRE pour la production d’AC spécifiques vont réduire en proportion les capacités de détoxication, ainsi que l’effet cyto-trophique du SRE, réalisant un véritable « vieillissement expérimental », que les malades ressentent souvent fort bien (asthénie post-vaccinale, dermite sèche …). Les vaccins, s’ils protègent de quelques maladies graves limitent l’adaptation immunitaire et induisent des manifestations de « sorties » (allergies, poussée ganglionnaire, angine, herpès, zona …) et de non-contrôle des chairs (prise de poids, cellulite, verrues, polypes …). Le mélange de quatre sels de Schüssler est à conseiller les six premières semaines qui suivent la vaccination, afin de limiter la déformation de l’espace immunitaire :

Kalium muriaticum 6 DH + Ferrum phosphoricum 6 DH + Natrum sulfuricum 6 DH + Silicea 6 DH aa trituration un pot de 60 grammes, deux mesurettes à laisser fondre sous la langue chaque jour.

Il est illusoire de croire que le « drainage » des vaccins, c’est-à-dire la prise de doses homéopathiques de ceux-ci après la vaccination, va éviter durablement les effets délétères de ceux-ci.

Lire aussi sur ce site la rubrique « Vaccins » 

Autres problèmes pratiques développés dans la partie « hôpital » de ce site :

Les problèmes du nouveau-né 

L’otite à répétition 

 

A propos de l'auteur
Jean Yves Henry
Médecin généraliste, homéopathe et acupuncteur. Auteur d'une dizaine d'ouvrages, il coordonne l'enseignement de confrères de toutes spécialités pour promouvoir l'aspect intégré de ce télé-enseignement médical et para-médical.