Les prothèses mammaires PIP

 

alt   L’affaire des prothèses mammaires PIP 

Les prothèses mammaires, ces « dispositifs médicaux » (DM), chargés de sérum physiologique ou de silicone sont implantés en position rétro-mamelonaires depuis des dizaines d’années, et ce pour diverses bonnes raisons (esthétique, bien sûr, mais aussi dans une optique de reconstruction après une chirurgie de cancer du sein).  

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Les problèmes que ceux-ci soulèvent « normalement » ne peuvent pas être ignorés :

  1. Risque de rupture (rare), mais surtout apparition plus ou moins rapide de « coques », c’est à dire de cicatrices fibreuses, autour de celles-ci, signalant l’inflammation chronique liée à la réaction du corps a la présence permanente d’un corps étranger.
  2. La présence de ce corps étranger entretient l’inflammation et peut pousser l’organisme au développement d’une maladie auto-immune (cas de polyarthrites anormalement élevé chez les porteuse de prothèses ?)
  3. Enfin, il faut signaler les cas où un petit cancer du sein se développe sous la prothèse (vu en clientèle !) et se révèle par des métastases osseuses … 

En principe, ces dispositifs médicaux sont visés par l’union européenne, qui en contrôle un certain nombre de points (qualité de l’enveloppe, type de gel utilisé …). 

NB. Le phénomène d’évolution vers des « coques » se révèle être identique à ce que nous observons avec les cicatrices chéloïdes : une nette hyperGamma globulinémie au protidogramme BNS. Les sels qui se sont révélés les plus actifs dans ces cas sont les sels de silice : EFFICOMPLEX n°6.

Nous déconseillons systématiquement la pose d’implants mammaires aux femmes présentant ce type de profil sérologique, avant d’avoir corrigé cette tendance immunitaire (6 mois environ) et nous les suivons avec un bilan annuel après la pose.

Dans l’affaire qui nous intéresse, Jean-Claude Mas, président de « Poly Implant Prothèse » entreprise de La Seyne-sur-Mer, s’était rendu compte que le gel médical coûte dix fois plus cher que l’huile de silicone à usage industriel… Ce personnage malhonnête commercialisa des prothèses de qualité médiocre, en cassant les prix … Le 6 janvier 2012, les donnés de matério-vigilance indiquaient 1143 ruptures de prothèses PIP et 495 cas de réactions inflammatoires importantes. Vingt cas de cancers ont été rapportés chez ces femmes : 

  • Un lymphome anaplasique, un lymphome folliculaire, un lymphome amygdalien,
  • Un adénocarcinome du poumon, une leucémie myéloblastique,
  • Quinze cas d’adénocarcinome mammaires !

Sur les quelques 672 explantations préventives effectuées à la demande des patientes, on a aussi pu observer : 23 ruptures et 14 perspirations de silicone !

Or, 30 000 françaises sont porteuses de prothèses mammaires PIP, dont 20% environ (6 000) après un cancer du sein. Les ventes export dans 65 pays représentaient 84% de l’activité de l’entreprise PIP, un temps numéro 3 sur ce marché mondial : quelques 450 000 femmes portent ces implants, surtout en Amérique du sud !

Les plaintes se succèdent pour « tromperie aggravée et escroquerie » (gel de silicone non homologué – fait qui a été caché pendant 10 ans à l’organisme certificateur). La commission européenne en charge du dossier travaille sur une révision de la directive de 2007, afin de renforcer la traçabilité et l’échange d’informations sur les DM, entre états. 

Bibliographie : « Le quotidien du médecin  » n° 9061 le 9 janvier 2012

PIP

 

A propos de l'auteur
Jean Yves Henry
Médecin généraliste, homéopathe et acupuncteur. Auteur d'une dizaine d'ouvrages, il coordonne l'enseignement de confrères de toutes spécialités pour promouvoir l'aspect intégré de ce télé-enseignement médical et para-médical.