Les Psychoses

LES PSYCHOSES

On différencie les psychoses des névroses en fonction de critères précis. D’abord la personnalité des patients psychotiques est atteinte très profondément et dans tous les domaines.

  1. Dans la sphère cognitive, en particulier au niveau des perceptions, il y a hallucination.
  2. Au niveau du raisonnement et du jugement, en particulier il y a délire.
  3. Il y a atteinte au niveau de l’affectivité, de l’humeur et des émotions, l’humeur est constamment pathologique (humeur exaltée ou dépressive).
  4. Au niveau relationnel, le sujet n’a pas conscience du caractère pathologique de son état, on dit qu’il est « aliéné », c’est-à-dire étranger à la réalité.

Le trouble psychotique est tellement profond que le sujet n’arrive plus à s’adapter socialement, une hospitalisation psychiatrique est souvent nécessaire. L’insertion professionnelle est difficilement envisageable et les réactions du malade peuvent devenir dangereuses pour lui-même (mutilations, refus de s’alimenter, tentatives de suicide) et pour les autres (passages à l’acte). On va retenir deux critères pour classer les psychoses :

1) l’origine …

–> Les psychoses exogènes : déclenchées par un facteur externe, par exemple l’alcool, l’utilisation de drogues (ex.: overdose d’extasie).

–> Les psychoses endogènes résultent d’une constitution psychique particulière, liée au refus de la traversée oedipienne et de ce qu’elle sous-tend : acceptation de la différenciation, de l’altérité, de la différence des sexes et des générations (voir chapitre « introduction » du livre « Quand Freud rencontre Hahnemann » consacré à l’oedipe et au surmoi)

2) la durée …

–> Les troubles aigus surviennent chez des sujets sains, ils débutent brusquement du jour au lendemain et en général pour des raisons totalement inconnues. Ils vont bouleverser en profondeur toute la psyché et ils aboutissent à une destruction importante de toutes les fonctions : par exemple, la « bouffée délirante aiguë ». Ces troubles cèdent soit spontanément, soit par des méthodes cliniques, ils peuvent guérir sans séquelles.

–> Les troubles chroniques vont avoir un début lent et progressif. On ne retrouve pas une destruction totale des facultés, mais une sorte de coexistence normale et pathologique. Le trouble mental chronique adhère plus profondément à la personnalité, donc la guérison ne sera jamais complète. Par exemple, les psychoses schizophréniques ou les délires chroniques.

NB. ++ La psychose constitue la limite d’action des remèdes homéopathiques (cf. répertoire de Kent, voir au chapitre « insanity » et le poster d’arborisation diagnostique et thérapeutique à la fin du livre « Quand Freud rencontre Hahnemann »), on ne peut avoir d’effet que :

1 – sur le mécanisme qui sous-tend l’installation du trouble mental :

  • Fièvre ? — Baptisia (as), Belladonna (ca), Bryonia alba (ph)
  • Vasculaire ? — Aconit, Aurum, Bothrops (ge) aphasie, Glonoïnum (s), Helleborus (ba), Secale cornutum (pb)
  • Traumatique ? — Arnica, Natrum sulfuricum, Kalium phos. … manie puerpérale
  • Ischémique ? — Apis mel., Plumbum
  • Sénile ? — Aurum iodatum, Baryta carbonica, Gelsemium (mn) … torpeur et tremblement
  • Hypoxique ? — Carbo vegetabilis
  • Toxique (médicamenteux) ? — Nux vomica, Opium anesthésie, Ethylicum ivrognes …
  • Drogues ? — Agaricus (le LSD), Cannabis indica … exalté, avec loquacité incohérente …
  • Tumoral ? — Viscum album, Carbo animalis

2 – Sur certaines expressions symptomatiques :

  • Agaricus (pb) … si tremblements et incoordination : l’esprit est lent, il ne retient rien
  • Anacardium (am) … indécision et impulsivité contradictoire, sur fond d’insécurité, lenteur de compréhension. Se calme en mangeant.
  • Chamomilla … si déambulation
  • Cuprum … si hypertonie
  • Opium (ba) … si baisse de la vigilance

Et selon le stade évolutif :

1 = Belladonna (ca) … excitation (+ vasculaire), hallucinations : voit des monstres autour de lui

2 = Hyosciamus (ca) … manies (+ neuro-sensoriel), délire furieux : se croit entouré de rats

3 = Stramonium (ca) … démence, hallucinations terrifiantes : se dit entouré de bêtes horribles

Ces trois solanées constituent pour Nash le « trio du délire ».

4 = Veratrum album (as) … délire sensoriel, excité, violent, il frappe l’entourage et blasphème.

Les idées délirantes : elles sont constantes dans les psychoses et comme elles procèdent d’un mécanisme projectif, elles nous renseignent sur l’inconscient du malade. Les thèmes les plus courants : les idées de persécution (paranoïa), de grandeur (mégalomanie), d’influence, de jalousie ou des idées mystiques.

Exemple : « refuse les soins » : Arnica (hg), Apis (hg) pousse un cri tout à coup la nuit, Cinnabaris (hg), Kréosotum (ac), Mercurius, Pulsatilla (si) …


L’AUTISME est un diagnostic qui fait encore débat. Lire : AFLALO Agnès « Autisme » (Navarin, le champ freudien)

Voici quelques-uns des remèdes les plus souvent prescrits dans les cas d’autisme :
Anacardium (am), Baryta carb., Rana bufo. (cu), Carcinosinum., Cannabis-ind. (zn), Helleborus. (ba), Hyosciamus,  Lycopodium (al), Medorrhinum, Mercurius, Natrum mur., Opium (ba), Stramonium (ca), symphilinum,  Thuya occ. (na), Tuberculinum  …


A propos de l'auteur
Jean Yves Henry
Médecin généraliste, homéopathe et acupuncteur. Auteur d'une dizaine d'ouvrages, il coordonne l'enseignement de confrères de toutes spécialités pour promouvoir l'aspect intégré de ce télé-enseignement médical et para-médical.