Les rayonnements ionisants

Question : Quel risque y-a-t’il à l’utilisation des rayonnements ionisants en médecine ?

Réponse : Depuis la radiographie de la main de madame Röntgen (1895) et les applications de la radioactivité de Pierre et Marie Curie (1898), l’utilisation des rayonnements ionisants en médecine ne cesse de s’étendre, bien que leurs effets nocifs, en particulier les cancers radio-induits, aient été mis en évidence peu de temps après leur découverte.

La radiographie classique, le scanner à rayons X et la scintigraphie délivrent des doses de rayonnements qui vont de 0,02 (radio du thorax) à 10 mSv (scanner abdomino-pelvien). Quand ces faibles doses (par rapport aux irradiés des explosions nucléaires) endommagent l’ADN d’un petit nombre de cellules, celles-ci sont facilement éliminées.

Pour des doses dépassant 100 mSv, les systèmes de réparation de l’ADN sont activés, mais celle-ci peut être imparfaite et conduire à la cancérogène. Les études épidémiologiques n’ont pas décelé d’effets significatifs pour les doses cumulées inférieures à 100 mSv. La grossesse est cependant une contre-indication de la plupart des procédures utilisant des rayonnements ionisants, l’embryon – être en phase de croissance rapide – étant particulièrement sensible aux rayonnements ionisants.

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La radiothérapie, qui fait au contraire appel à de fortes doses, généralement de plusieurs dizaines de grays, concerne presque toujours des cancers. C’est une radiothérapie externe (cobalt ou accélérateur  de particules) ou Curiethérapie (aiguilles de radium), méthodes utilisées seules ou en complément avec la chimiothérapie … Les cancers radio-induits par cette radiothérapie ne sont pas rares : l’évaluation du rapport « bénéfice / risque » est un élément fondamental des décisions de concertation en cancérologie.

En pratique : tout examen (ou traitement) irradiant doit être justifié par le bénéfice que l’on peut en attendre et on doit toujours lui préférer un examen non irradiant (échographie ou IRM) quand celui-ci apporte des informations similaires.

A propos de l'auteur
Jean Yves Henry
Médecin généraliste, homéopathe et acupuncteur. Auteur d'une dizaine d'ouvrages, il coordonne l'enseignement de confrères de toutes spécialités pour promouvoir l'aspect intégré de ce télé-enseignement médical et para-médical.